14 juillet

Texte transmis par Alain Texier, 28 mars 2005.

 

 

 

Fêtons aussi le 14 juillet 1456, victoire  que nous devons à Saint Jean de Capistran, comme vous le verrez  ci-dessous.


Les Turcs, par terre et par mer, s'avançaient vers Belgrade, forteresse de la frontière hongroise, ceinte des eaux de la Save et du Danube. Jean de Capistran se hâta d'appeler les croisés sous les armes, fit préparer quelques barques avec des vivres, et, accompagné de quelques franciscains, avec un petit nombre de croisés, descendit le Danube vers Belgrade. A Peterwardein, comme il célébrait la messe, tomba du ciel une flèche où étaient écrits en lettres d'or : « Jean, ne crains pas, poursuis avec assurance ce que tu as commencé, car par la vertu de mon nom et de la sainte croix tu remporteras la victoire sur les Turcs. » Il imposa la croix à ceux qui ne l'avaient pas encore, en fit tous les ornements sacerdotaux et ordonna de fabriquer un étendard où l'on mit la croix et la figure de saint Bernardin. Entré à Belgrade le 2 juillet, alors fête de la Visitation, il trouva les habitants pleins de joie, ne redoutant plus l'attaque des Turcs, du moment que Jean de Capistran était dans leurs murs. Le quatrième jour, la ville fut investie par les infidèles. Déterminé à chercher du secours, Jean célébra la messe, adressa aux croisés une exhortation pour les animer au courage et à la résistance. De Peterwardein, il écrivit à Hunyade, retiré dans un de ses châteaux, pour lui annoncer le grand péril et le supplier de lui venir en aide, pour l'amour de Dieu, pour l'honneur du nom chrétien, et pour son propre honneur. Hunyade réunit tous les croisés à Semlin, avec quelques vaisseaux pour forcer le blocus et ravitailler la ville.


Jean écrivit des lettres et députa ses religieux pour inviter les prélats et les barons à venir conjurer le péril. Les croisés affluèrent près de Jean de Capistran qui ne se donna plus le temps de manger ni de dormir, tout entier à la rupture du blocus. Debout sur le rivage, tenant en main l'étendard sacré, il ne cessait d'invoquer le nom de Jésus. Vaincus sur le fleuve, les infidèles redoublaient leurs efforts par terre : pendant les onze jours qui suivirent la victoire navale, Jean resta nuit et jour au milieu des croisés.


Les Turcs se décidèrent à donner un assaut général et Jean Hunyade vint pendant la nuit dire à Capistran : « Mon Père, nous allons infailliblement succomber ! - Ne craignez point, illustre seigneur, lui répondit Jean de Capistran, Dieu est puissant ; il peut avec des faibles instruments briser la force des Turcs, défendre la ville et confondre nos ennemis. Et comme Hunyade répliquait qu'il considérait la citadelle comme perdue : Ne craignez point, lui dit Jean de Capistran, la citadelle sera à nous, nous défendons la cause de Dieu et le nom du Christ, je suis certain que Dieu fera triompher sa cause. »


Il choisit quatre mille croisés parmi les plus forts, les plus courageux et les plus fidèles, les conduisit dans la citadelle où il leur ordonna d'invoquer le nom de Jésus. Pendant la soirée et la nuit, on résista : les Turcs prirent la première enceinte ; un combat acharné s'engagea près du pont-levis de la seconde enceinte. Les croisés jetèrent des broussailles enflammées sur les assaillants qui se retirèrent en criant : « Retirons-nous, car le Dieu des chrétiens combat pour eux. » Au jour, on vit dans les fossés de nombreux cadavres turcs, alors que seulement soixante chrétiens étaient morts. Quelques jours plus tard, précédé de son étendard, Jean de Capistran sortit de la ville pour un nouveau combat ; les chrétiens acclamaient le nom de Jésus en lançant leurs flèches et les infidèles terrifiés étaient renversés de leurs chevaux ou prenaient la fuite. La formidable armée du Croissant fut taillée en pièces et laissa, dit-on, quarante mille morts sur le terrain ; Mahomet II lui-même, qui se faisait appeler la terreur de l'univers, blessé d'une flèche, fut obligé de fuir (14 juillet 1456).