8 juin 2004, Louis XVII à Saint Denis

 

C'EST HISTORIQUE à Saint-Denis. La basilique de la cité communiste sera, le 8 juin prochain, le théâtre de funérailles royales en l'honneur de Louis XVII, mort en... 1795 ! Le deuxième fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette, dont il ne subsiste que le coeur, actuellement conservé dans la chapelle des Princes (lire ci-dessous), rejoindra alors la crypte royale, 209 ans après sa disparition. C'est l'Etat, propriétaire du lieu de culte, qui vient, via le ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon, d'autoriser ce déplacement symbolique. L'odyssée du mystérieux organe touchera ainsi à sa fin. Emprisonné à l'âge de 7 ans, le dauphin-orphelin Louis XVII avait succombé des suites d'une tuberculose osseuse dans les geôles du Temple. Son coeur avait été subtilisé par un médecin qui l'avait plongé dans l'alcool avant de le dissimuler dans sa bibliothèque. Le précieux viscère avait atterri dans la nécropole dionysienne en 1975. Mais était-ce bien celui du jeune Bourbon ? Les partisans des thèses « survivantistes » (croyant à une évasion du garçon de sa prison) étaient persuadés que non. Pour en avoir le coeur net, royalistes et historiens ont alors demandé à la science de parler. Des tests ADN ont été effectués en décembre 1999. Au printemps suivant, les analyses étaient formelles : le coeur était bien celui de Louis XVII. La passionnante énigme était enfin résolue. Plus de trois après le verdict, les représentants de la République ont officiellement admis, en octobre dernier, les conclusions des experts en acceptant le transfert de la relique.

Le 8 juin, jour anniversaire du dauphin A condition d'un accord des hautes autorités de l'Etat, la date des obsèques a été fixée au 8 juin, jour anniversaire de la naissance de celui qui n'a jamais régné. « Nous préparons une belle cérémonie religieuse, avec, je l'espère, la présence des cardinaux romains », explique le duc de Bauffremont, 82 ans, président (depuis un demi-siècle) du Mémorial de France. Le grand ordonnateur de l'événement entend bien faire déplacer dans la cité des Rois un aréopage de têtes couronnées du monde entier. Dont le roi d'Espagne, Juan Carlos, descendant des Bourbons ? « S'il n'est pas là, il se fera au moins représenter », assure monsieur le duc. Les Cincinatti américains, descendants des officiers qui ont bataillé lors de la guerre d'Indépendance aux Etats-Unis, conflit financé par Louis XVI, enverront une délégation. Pour autant, les funérailles ne seront pas réservées au gotha. « C'est un événement national ouvert à tout le monde. S'il y a 20 000 fidèles sur la place de la Mairie, je serai très content », explique Jacques de Bauffremont. L'enterrement en grande pompe - la dernière inhumation d'un Bourbon remonte à Louis XVIII en 1824 - sera aux frais de la princesse, ou plutôt du Mémorial de France, qui s'apprête à lancer une souscription.


http://www.leparisien.fr/home/maville/seinesaintdenis/article.htm?articleid=220926885

Note: Seront aussi présents des membres de la famille royale britannique.

 

Transmis par Ulianov, 30-12-2003.