AMERIQUE

 

MISSIONAIRE

 

 

Message d'Anne (VR)

14-02-2003

 
  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je lis consciencieusement, j'écoute à la télévision ou à la radio les interventions de Bush, des membres de son gouvernement, des gens du Pentagone. J'écoute et je lis aussi tout ce qui est dit du comportement de l'actuel gouvernement des E.U., même dans d'autres domaines.

 

Et tout ce que je lis et j'entends tend à une même conclusion : c'est le langage, l'attitude des protestants conquérants et missionnaires du XVIème et du XVIIème siècle.

 

Loin de moi l'idée de les en blâmer, c'est une attitude parfaitement cohérente, que les catholiques de la même époque n'étaient pas loin d'adopter. Et si leur forme de croyance n'est pas la mienne, je la respecte néanmoins.

 

Ces protestants s'installèrent sur la terre vierge (enfin, vierge si on ne tient pas compte des Indiens, tenus dès le premier jour pour quantité négligeable et dont l'importance numérique ira en déclinant, tant par l'action des vertueux protestants américains que pour des causes naturelles : épidémies notamment)  de l'Amérique pour y créer un état conforme à leurs idées. Quelle que fût leur orientation (mais surtout les baptistes  - forme de protestantisme à laquelle adhèrent Bush et la plupart des membres de son entourage - et les groupes religieux apparentés comme les adventistes, les mennonites...), ils se sont, dès l'origine, senti investis d'une mission universelle : celle d'imposer, sur la terre entière, le mode de vie dont ils rêvaient.

 

Ce n'est pas parce que quatre siècles et plus ont passé qu'ils y ont renoncé.

 

Tandis que l'Église catholique semble avoir renoncé à sa mission universelle et que d'ailleurs elle est abandonnée, visiblement ou non, par la majorité des habitants du continent européen, eux possèdent toujours cet esprit missionnaire.

 

Ils sont évidemment à contre-courant des opinions européennes (y compris en Grande-Bretagne officiellement protestante - mais non baptiste) et même de celle d'une grande partie des Américains, ils n'en persistent pas moins.

 

Si "hic et nunc", dans l'affaire irakienne, cette pensée conquérante semble les mener (et nous avec) dans le mur, cela pourrait être sujet à réflexion, car dans d'autres domaines c'est cette attitude qui finit par être gagnante, comme nous montre le fait que quelques centaines de milliers de colons du bout du monde, entrés en guerre à la fin du XVIIIème siècle contre la plus grande puissance maritime et militaire de l'époque, sont, en deux siècles, progressivement mais impitoyablement (que l'on se souvienne de la Guerre de Sécession) devenus la seule puissance mondiale : on ne peut même plus dire la première.

 

Amitiés.

Anne