AMERTUMES et QUE FAIRE ?

Discussions au coin du zinc fin janvier 2003.

A boire et à manger.

 

Paul T.

Le fleuve qui nous emportera s'enfle et gronde avant que d'inonder la plaine. La plupart des gens qui travaillent ou qui s'amusent à l'entour ne l'entend pas venir et s'étourdit dans le bruit des sonos et dans les lumières des écrans de TV. C'est attristant et le constat vaut pour VR.

    L'actualité nous montre les coups de boutoirs qui sont assénés sur tout ce à quoi nous disons tenir : la Foi catholique, la civilisation chrétienne, la vie, notre langue et notre art de vivre. Et que faisons-nous ? Des calembours cons. Si un correspondant propose une réflexion quelque peu constructive (je m'y essaye parfois), il peut être sûr que les réactions ne satureront pas sa messagerie. Une déconnance, une invective dynastique ont plus de succès.

    La preuve ? Voici une question que je pose à la cantonade : que devrait faire le Roi en tout premier lieu s'il revenait ? Puisqu'il s'agit de rêver et de plaisanter, allons-y.

 

Le Lieutenant :

Assurer la consolidation, la reconnaissance et la survie du nouveau régime. (C'est ce que fit Léopold 1er en Belgique par exemple, les grandes réalisations ayant été reportées à son successeur).

Y-a-t-il des études sur Juan Carlos qui est l'exemple le plus récent d'un retour à la Royauté dans un pays européen à notre époque telle qu'elle est ?

Dans "mon après guerre" de Brigneau en pages 194-195 il y a un texte d'interview du Comte de Paris très intéressant sur les nécessités pour une transition vers un retour à un pouvoir royal dont la continuité a été interrompue. Je n'ai malheureusement pas le temps de le scanner et une réunion professionnelle m'appelle. (1)

C'est là malheureusement la réponse à l'amertume de Paul Turbier : dire des conneries rigolotes est vite fait, une réflexion de fond demande plus de temps et on ne l'a pas souvent, hélas.

 

SdB :

les trois drames de la France sont l'apostasie, la colonisation de peuplement , la dénatalité,

Par conséquent, le roi devrait me semble-t-il avant tout :

1) Replacer solennellement la France sous la protection de N.S.J.C. de Notre Dame  et de Saint Michel par de grandes cérémonies de contrition, de grâce et de propitiation. Déclarer le catholicisme religion d'état. Promulguer un "édit de tolérance" aux termes duquel les autres traditions chrétiennes seraient traités en invités.. les cultes faux seraient tolérés pourvu qu'ils soient discrets et qu'ils s'abstiennent de tout prosélytisme et de toute manifestation publique.

Les mosquées ne seraient tolérées que pour les communautés musulmanes originaires de pays ou l'Eglise est convenablement traitée.

Restauration du gallicanisme avec droit régaliens sur la nomination des évèques.

2) Annuler toutes les naturalisations pour un réexamen. Rétablir le droit du sang. Soumettre les étrangers qui désirent devenir Français à l'examen de leurs motivations et de leurs qualités.

Inviter fermement les autres à rentrer au pays et les inciter à regagner leur pays d'origine notamment en appliquant strictement le principe de réciprocité ( tout étranger sera traité en France selon les mêmes critères qui sont appliqués à l'égard des Français dans son pays d'origine)

3) instaurer des lois permettant aux parents de donner naissance a des enfants qui seront assurés d'une éducation convenable ( allocations familiales, salaire de la mère au foyer gratuité réelle des études et des soins, retraite des vieux parents )

      Le roi pourrait ensuite s'occuper de remettre notre pauvre pays debout en décidant l'abrogation immédiate des lois et traités la république.

 

Le saint :

Cette question est intéressante et  plus au moins  à main levée : je pense que la guerre est économique d'abord. Il s'agirait d'obliger par une loi "anti-trust" l'éclatement des grandes structures financières qui musellent le gouvernement Français.

Cela doit pouvoir se négocier car elles-mêmes étouffent par une structure trop lourde à porter. France-Télécom : 130 000 salariés, La sécurité sociale 85 000 salariés, Le Crédit agricole, BNP, Cap Gémini de plus de 20 000 salariés etc... Choisir et imposer légalement une structure qui à mon avis ne dépasserait pas les 2000 salariés serait un moteur puissant de crédibilité politique et économique en relançant la concurrence et en ouvrant des postes "intelligents" d'encadrement.

L'état montrerait bien sur l'exemple.

Cela vaut aussi bien sur pour l'éducation nationale et la création de diplômes moins généralistes et plus spécialisés dans l'enseignement supérieur.  On pourrait par exemple imaginer des structure mixtes avec les entreprises avec des cours assurés obligatoirement par des professionnels en activité.

Et bien sûr la libre concurrence entre les établissements avec le chèque scolaire pour tous.

Mais bien sûr un tel programme se travaille et en particulier sur les techniques de consolidation des valeurs et les modalités de comparaison, d'encadrement et d'incitation à aller vers telle ou telle activité dans l'intérêt commun.

Je ne vous parle pas de l'inéluctable fin des privilèges acquis qui me paraît être la conclusion de ces mesures plus qu'un objectif proprement dit.

Par privilège acquis j'entends les situations qui ne sont pas liées à l'intérêt général mais à celle des lobbies.

Catholiquement vôtre

LESAINT

 

Olivier :

Bien...

Un mot : n'ayez pas peur, et faîtes confiance un peu plus à la providence.

Pour les calembours, c'est comme le vin : chacun à son goût...

Pour votre question, je vous propose ma réponse : le Roi aurait une mission : appliquer la doctrine sociale de l'Église dans le gouvernement de la nation.

 

Marie :

Que la France ne s'enrhume plus lorsque la bourse tousse,

pour les sans papiers un billet de retour aller-simple..... un peu d'air, siouplait !!!

Fini le gaspi de nos élus.....

Comme les conseilleurs ne sont pas les payeurs instaurons le référendum local pour l'aménagement de structures (Orléans, les halles nouvellement construites sont désertes, les maraîchers et commerçants préfèrent la rue pour installer leurs stands (plus de 100 millions de francs qui ne servent à rien. les commerçants dénoncent le manque de parking pour stationner leurs véhicules et les lieux de déchargement des denrées exiguës)

<<On pourrait par exemple imaginer des structure mixtes avec les entreprises avec des cours assurés obligatoirement par des professionnels en activité.>>

Ca existe déjà ......ce pourrait être développé à plus grande envergure et surtout dans les facultés très timides en la matière.

 

Frédéric :

Bonjour à vous,

j'ai un jeu, peut être un peu plus drôle, puisque les jeux ont plus de faveurs que la réflexion nous dit Paul.

Que pensez vous de demander à nos Princes ce qu'ils en pensent? Puisque nous parlons des premières mesures que le Roi devrait prendre, quel est leur point de vue la dessus ?

Alors ensuite la deuxième étape, la plus ardue peut être, rassembler leurs mesures, les mettre à plat sur un papier, et humblement se repositionner.

D princes ont réussi à se rencontrer à l'occasion de la manifestation de Versailles, pourquoi pas 4 ou 5 ? L'idée n'est pas de les mettre dans une pièce pour les mettre au défi, savoir qui en sortira vainqueur, mais de faire le constat que sans leur mutuel message à propos du fameux PRINCIPE, nous ne faisons que carabistouilles, et partisannerie.

Qu'en pensez vous ?

 

Annelysdefrance :

Pour moi, la première action du roi, c'est d'être et de montrer qu'il est un roi chrétien et catholique - je n'ai pas dit théocratique. Car incontestablement, je préférerais une République chrétienne à un roi

musulman.

Le seul fait de proclamer que la France est chrétienne et catholique (sans bien entendu brimer la liberté de penser, d'écrire ou de célébrer un culte de ceux qui ne sont pas catholiques) et que désormais les lois seront rédigées et la justice sera rendue de façon à être conformes aux dix commandements et aux enseignements de l'Évangile (sans rendre passibles de condamnations les comportements privés, lorsqu'ils ne causent pas de tort à autrui), me paraîtrait extrêmement utile ... à condition de tenir parole, bien entendu.

Amitiés

Anne

 

Henri de Fersan :

La première chose à faire ? Liquider sans pitié (mais après procès) 97.000 anciens dignitaires de la République (Préfets, élus, ministres, journalistes aux ordres, intellectuels de gauche, francs-maçons de haut rang...)

 

Juste Blanc :

Liquider la vermine? impossible et inutile, si le Roi retrouve sa couronne ce sera à la faveur d'un immense élan populaire, soit par conviction réelle soit à la suite d'une grave crise politique et conjoncturelle, du fait tous les ci-devant cloportes tenant à leur carrière et à leurs privilèges quitte à se renier, ne se risqueront pas à mécontenter le peuple. Ils serviront la monarchie restaurée avec zèle dans les premiers temps du moins, ensuite dans un deuxième temps et par prophylaxie, libre au Roi d'éradiquer la gangrène dans le respect de la nouvelle constitution et la stricte application des lois.

 

Henri de Fersan :

C'est pour cela qu'il nous faudra l'équivalent royaliste des "Commissaires Politiques". Je conçois la réticence des bonnes âmes, mais on ne fait pas la corvée de chiottes en gants blancs...

 

Juste Blanc :

Je le répète encore, mais toutes ces décisions seront de la compétence de notre "jeune" monarque et de lui seul, chacun à sa place.

J.B.

P.S: toutefois et en cas de besoin je suis volontaire pour un poste de commissaire politique, je connais peu les lois et les arcanes du pouvoir certes mais en contrepartie, un "Manurhin 73. 5"1/4" n'a plus de secrets pour moi (les amateurs du genre comprendront).

 

Paul T.

Juste Blanc dit que, que les décisions qui devront être prises ne dépendent que du "jeune" monarque et de lui seul. Bien qu'il y ait du vrai la-dedans, cette déclaration péremptoire appelle  quelques remarques.

    - La plus importante concerne l'état du terrain , je veux dire ce qui résulte des mentalités, des habitudes, des endoctrinements et aussi de la structure démographique actuelle. La conviction royaliste concerne en France aux alentours de 3% dont la moitié sinon plus se contenterait de ce qu'ils appellent une république couronnée. Le reste, dans les rangs duquel Juste Blanc semble se situer, peut s'égosiller à crier " vive le "jeune" Roi", il est à craindre que le cri ne s'étrangle avant que d'être entendu.  Espérer que le peuple (lequel ?) se précipite subitement dans un élan d'adhésion vers un Roi tombé du ciel relève du rêve en station verticale.

   -  Il faut donc, tel un bon jardinier, que le royaliste de cet an 2003 prépare le terrain, "aplanisse les chemins du Seigneur". Le Roi ne reviendra, on peut le craindre, qu'à la faveur d'une sainte trouille générale et, de plus, si son retour est perçu comme une alternative nécessaire et utile . Il y donc à labourer pour que les oreilles qui se tendent vers un appel royal soient de plus en plus nombreuses. Il faudrait en particulier que quelques "signes forts" suscitent l'espoir. Si le "jeune" monarque a quelques idées, qu'il les laisse paraître, grand Dieu. Autrement, qu'il entende les suppliques de ceux de ses futurs sujets qui regardent vers lui.

 

Juste Blanc :

Il va de soi que notre prince héritier devra se montrer distinctement à tous le moment venu pour ne pas manquer son rendez-vous avec l'histoire, situation de crise dans mon  exemple. Qui plus est, même si pour les Français moyens l'idée de restauration monarchique n'effleure pas leur esprit, d'autres personnes plus érudites : sommités politiques, religieuses ou médiatiques par exemple peuvent les persuader, prétextant la nécessité d'un sursaut patriotique et salvateur à l'occasion d'une période de troubles graves. Qui parmi les petites gens, les paysans ou encore les habitants des faubourgs parisiens de 1789 aurait parié sur la gueuse ou même imaginé qu'un tel régime totalitaire gouvernerait d'une main de fer jusqu'à l'assassinat du Roi et de la Reine, pour qu'enfin cette république à peine naissante soit elle même renversée par un général corse le 18 brumaire an VIII? Qui l'eût cru, l'eusses-tu cru? (pardonnez moi je n'ai pu résister). Et encore, qui parmi les ruraux ou les citadins de 1940 aurait imaginé un instant que Pétain serait nommé chef de l'état provisoire du gouvernement de Vichy si les députés et la presse de l'époque ne le leur avaient soufflé à l'oreille pour sauver ce qu'il restait d'orgueil national ?, dans les moments de tensions et de désespoir de notre douce France tout est envisageable.

Rien ne sert de courir il faut partir à point.

J.B. Qui, s'il pouvait prédire l'avenir avec précision, s'installerait à son compte et à 300 frs la consultation gagnerait bien sa vie pour un investissement minime. Une petite table, deux chaises, un jeu de tarots et une boule de cristal, agrémentés d'un chandelier, le tout installé dans une petite pièce sombre.

 

Chris.  :

1. Instaurer une semaine de deuil national durant laquelle il purgera avec son conseil tout ce qui dans le droit français porte directement atteinte aux lois naturelles et en souvenir des millions de victimes de l'avortement.

2. Arrestation dans le même temps de tous les responsables politiques encore vivants, et qui ont trempé de près ou de loin dans des actions ayant entraîné ou favorisé la destruction du pays (y'aura du monde...), préparation de leur jugement.

3. Purge de la fonction publique.

4. Abaissement des prélèvements sur les PME-PMI d'au moins 50 %.

5. Sacre à Reims...

 

André Clert :

Cher Paul, comme convenu entre nous, voici quelques idées en contribution à votre opuscule " Un roi pour la France... ". Je m'en suis tenu aux principes généraux. J'espère que cela pourra servir de base de discussions, c'est pourquoi VR est en copie.

Bien amicalement,

André

Principes pour la défense du royaume

Le Roi est le chef de ses armées. S'il ne les conduit plus en personne sur le champ de bataille, comme ses lointains et glorieux ancêtres, il joue un rôle central :

- garant de l'indépendance et de la survie du royaume, il veille à ce que la défense reste la première et la plus haute priorité ;

- il définit les menaces sur la France et désigne ses ennemis, en fonction de quoi sont ajustés périodiquement le budget (1) des armées, leur format et les capacités requises d'elles ;

- il nomme les chefs militaires en fonction de leur compétence, de leur aptitude à commander et de leur désir de servir ;

- c'est à sa personne que tous les gens d'armes prêtent serment de fidélité et de dévouement.

Tandis que l'idéologie révolutionnaire exigeait que le peuple soit " levé en masse " pour abattre les " tyrans " et que les fils de France soient sacrifiés en nombre immense dans des guerres idéologiques désastreuses, le service des armes du roi repose sur le volontariat. En effet :

- tout le monde ne peut pas et/ou ne veut pas avoir l'honneur de servir son roi en portant les armes... et un charpentier, un ingénieur, une mère de famille rendent aussi de grands services à la patrie ;

- en dépit des mensonges officiels et des illusions longtemps partagées par de sincères patriotes, le service militaire, faussement dit national et obligatoire, est bien moins efficace et beaucoup plus coûteux qu'une force militaire professionnelle utilisée avec parcimonie et à bon escient.

Cependant, les leçons du passé, l'évaluation des dangers présents et à venir, la nécessité de permettre et d'encourager le service armé de la France par tous ses enfants en cas de besoin, le simple bon sens aussi, tout cela invite à favoriser, organiser et financer dans notre pays, à côté des armées régulières, des réserves crédibles (2) (1) et un véritable esprit collectif de défense.

Pour recruter et conserver des hommes et des femmes dans le service des armes, en nombre suffisant et de la qualité voulue, il faut leur donner des conditions de vie au niveau de leurs sacrifices, des matériels performants, des lieux et des moyens d'entraînement adaptés (1), et par-dessus tout le respect et le prestige qu'ils méritent dans notre société.

Les menaces étendues maintenant au niveau continental et mondial, les matériels et les techniques d'aujourd'hui -- et de demain plus encore, les besoins d'interopérabilité, les réalités économiques et, une fois encore, le bon sens font qu'aucune puissance militaire, si grande ou " super " soit-elle, ne peut compter que sur ses seules forces et se développer en cercle fermé. Il est notamment indispensable que la France  reprenne une place entière et ambitieuse au sein de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord afin de donner plus de poids à sa voix politique et de ramener nos forces armées au plus haut niveau mondial d'équipement, de compétence et d'efficacité. (voir aussi Addenda B)

(1) " Il faut trois choses pour gagner une guerre, De l'argent, de l'argent et plus d'argent. " Marquis de Trivulce (1441-1518) Italien, Maréchal de France

(2) A des forces régulières, en nombre relativement réduit, doivent naturellement s'ajouter des réserves :

- des réserves " régulières ", composées des militaires ayant quitté le service actif et qui, avec ou sans entraînement complémentaire, sont susceptibles de porter les effectifs réguliers à leur niveau " crise " ;

- d'une " garde nationale ", ou " armée territoriale ", composée de volontaires servant quelques 45 jours par an, contre rétribution et compensations diverses, dans des spécialités rares et/ou dans des unités locales, dotées des mêmes matériels que les forces régulières qu'elles sont appelées à renforcer. Cette réserve doit permettre de doubler ou tripler l'ordre de bataille. De plus, recrutée et implantée localement, elle est engagée prioritairement en cas de catastrophes naturelles, de troubles graves à l'ordre public, voire d'insurrection nécessitant la mise en ouvre de la défense opérationnelle du territoire (voir aussi Addenda A) ;

- des " cadets " : élèves des écoles d'officiers et de sous-officiers, élèves des préparations militaires, certains étudiants ...

Addenda

A.La Gendarmerie Nationale, corps d'élite ancien et prestigieux, pose un problème particulier. En plus du comportement suicidaire des gendarmes qui ont cru bon de revendiquer comme les civils, il est depuis longtemps évident qu'il n'appartient pas aux membres des forces armées de faire souffler les automobilistes dans des éthylomètres, de courir après les malfrats, de se colleter avec les infirmières en colère ou avec les supporters déçus du PSG, le tout sur le dos budgétaire de la défense (1). Plus soucieux de la bonne utilisation de ses ressources militaires et moins lâche politiquement que les actuels dirigeants républicains, le souverain choisira probablement de remettre les choses en place : la police à la police, et aux gendarmes leur mission de prévôté (police militaire) au sein des trois armées. Toutefois, afin de ne pas gaspiller des moyens importants et le précieux savoir-faire des gendarmes en matière de défense du territoire, on peut imaginer qu'une partie de l'actuelle gendarmerie participe à la mise en place de la nouvelle " garde nationale "...

B.La langue anglaise est l'outil indispensable aux militaires du monde entier pour travailler ensemble (comme pour les contrôleurs aériens, les diplomates et mille autres professions). Que cela plaise ou non, c'est une réalité. Les Portugais ou les Lituaniens le comprennent aisément, mais pas un nombre important de " patriotes " gaulois. Ne pas tout faire pour qu'à 16 ans au plus tard nos enfants parlent couramment anglais, c'est shooter contre son camp.

 

(1) Interview du Comte de Paris par François Brigneau

Extrait de "Mon après-guerre" Editions du Clan 1966, réédition  les Editions du Présent 1985 ISBN 2-905781-00-9

… j'ai été l'invité de "Coeur-Volant" où le Comte de Paris et sa famille nombreuse s'étaient installés après 1'abrogation de la Loi d'Exil.  Semaine du Monde fut le premier magazine à publier pendant trois semaines un reportage-feuilleton sur la Maison de France, couvertures-couleurs de leurs Altesses Royales à l'appui, Paris-Match préférant attendre prudemment les réactions avant de faire tonner les canons d'argent de sa grosse artillerie.

Le prince se prêta à l'interview avec autant de simplicité que d'intelligence et après l'entretien, me garda à déjeuner. Contrairement à ce que j'avais dit à Pierre Boutang, je lui donnai du Monseigneur tout naturellement, sans gêne ni affectation. Cette aisance, qui ne m'est pas familière, je la devais à mon hôte, car il entre dans le privilège des grands de vous prêter un peu de leurs vertus. Le Comte de Paris me fit grande impression par la manière dont il dominait les problèmes, distinguait 1'essentiel du détail, proposait les solutions en avertissant des obstacles. II me plut aussi par son refus de se payer de mots et de se bercer d'illusions, malgré 1'agitation des flatteurs optimistes qui ne cessaient de bourdonner alentour. Mieux que quiconque, la difficulté de son entreprise lui apparaissait, même s'il ne le montrait pas. Que peut faire un Roi, pour retrouver son trône, après que d'aussi longues vacances de la monarchie aient affaibli, sinon tué l'amour du peuple, condition première de son pouvoir ? II lui est difficile de le conquérir par coup d'Etat, à 1'aide d'un groupe de conjurés décidés, l'affaire ne pouvant se passer sans effusion de sang, à quoi la monarchie française a toujours répugné. Mais il ne peut, non plus, le devoir à 1'élection, puisque le Roi est le symbole incarné du principe contraire : l'hérédité, opposé au nombre. Le processus possible eût été qu'il succédât à vingt ou trente ans de despotisme éclairé, le temps d'imposer à la nation des moeurs, des manières de penser nouvelles - je veux dire anciennes. Outre que trente ans, c'est très long pour un candidat monarque, quelles étaient, en France, les forces capables d'imposer trente ans ce genre de despotisme ? Il n'y en avait pas. A moins de renoncer à sa mission, le comte de Paris se trouvait donc contraint de chercher d'autres voies. Elles 1'ont mené on 1'on sait. Les âmes sensibles se demanderont si le Prince François est mort pour que son père donne sa caution à Evian. Les esprits plus positifs répondront que, dans ce domaine, le seul critère est la réussite. je le leur accorde. C'est d'ailleurs pourquoi je crains que le comte de Paris ne soit sévèrement jugé, son échec me semblant inévitable, ses talents seraient-ils encore supérieurs. Les systèmes politiques, A ce que je crois tout au moins, ressemblent aux nations dont l'éclat dépend des saisons de l'histoire. Quand tel ou tel autre pays surgit en tête du peloton, c'est toujours parce qu'il répond mieux que les autres aux exigences de ce moment précis de la course - aux exigences de ce moment précis de l'évolution des techniques et des morales. La conjonction d'éléments favorables dans le rapport des forces mondiales (population, richesse), d'un ordre accordé à la réalité d'un peuple et d'une époque, de grands monarques servis par de grands commis, et d'une croissance nationale précoce ont fait de la France le premier pays du monde pendant cent ou cent cinquante ans. Il y eut ensuite le siècle de l'Angleterre et celui de l'Allemagne, comme l'Espagne avait eu son temps, comme l'Amérique domine le nôtre. La même loi parait régler la vie et la mort, l'activité et le sommeil des systèmes politiques. Il y a trois siècles, la France pastorale, artisanale, hiérarchisée, où 1'ordre familial et 1'ordre religieux s'interpénétraient au point que la crainte et l'amour du père procédaient de la crainte et de l'amour de Dieu, allait tout naturellement vers le gouvernement d'une famille désignée par le Ciel. A quoi correspondrait ce système aujourd'hui ? Comme les gigantesques villes mortes de la région parisienne, les familles sont devenues des familles-dortoirs où l'on ne vient plus que pour brouter, dormir et copuler, un oeil fixé sur le barème des allocations. L'ordre religieux a été remplacé par une morale aseptisée, vaguement laïco-chrétienne, fondée sur l'utilitarisme et la non-douleur, fonctionnelle, cela va sans dire, légèrement laxative et très joliment présentée sous emballage de cellophane. Le formidable embrasement de la science, limitant la puissance à une caste étroite d'initiés, transforme inéluctablement les nations en des sociétés nationalisées où, sous tous les oripeaux qu'on voudra, la réalité du pouvoir sera exercée par une collégialité de grands prêtres technocrates. La monarchie est morte, car son existence dépendait d'un faisceau d'idées, de croyances, d'attitudes devant la vie et son mystère, de sentiments, de goût du particularisme et de la singularité que la révolution de 89, l'avènement d'une civilisation industrielle et mercantile, l'ère des Empires enfin ont détruit. Même si le comte de Paris, au bénéfice d'une rouerie de dernière heure du Général, toujours amateur d'humour noir, prenait le pays en charge, il lui manquerait les moteurs sans lesquels la royauté n'est qu'une mascarade folklorique : l'amour et la foi. La cité moderne ne se compose plus que d'automobilistes téléspectateurs et de femmes despotiques qui ne trouvent de ménagements que pour les Arts Ménagers. Nous serons donc gérés par des ingénieurs et des techniciens de la publicité…