Altitudes

                          (ou retombons sur terre)

 

 

 

 

Comment convertir Madame Michu ? et Vincent Poursant ? Car Mme Michu ne va pas sans Vincent Poursant, il suffit d'ouvrir "Achille Talon et la loi du bidouble" pour s'en convaincre. Ce qui me permet de verser au passage une larme sur le regretté Greg.

 

Pour Vincent Poursant, c'est facile, et vous avez trouvé la méthode Paul : parlez lui des impôts, des taxes, de tout ce qui mange les bénéfices du petit commerce. Il deviendra royaliste s'il y voit un intérêt, même minime.

 

Pour Madame Michu c'est plus délicat. Elle tient à son porte-monnaie, mais elle tient encore plus à ses opinions. Voire à quelques vieux folklores comme le défilé du 14 Juillet ou les voeux du "P"résident. Il faut employer la médisance pour discréditer la république. C'est l'arme absolue des concierges. Ce ne sont que voleurs, idiots, débiles, traîtres, pédophiles, voire assassins. "Vous ne saviez pas ? Chirac c'est un détraqué, il est soigné par le professeur Zarifian, le grand psychiatre, un sommité de la psychiatrie française, madame Michu..." Et puis vous connaissez un conseiller général qui a fait remplacer la concierge de son immeuble par un digicode pour mettre une permanence de son parti dans la loge, pour y entreposer des tracts et sa maîtresse qui a mauvais genre que tout l'immeuble en est salopé dans l'esprit du quartier, et qu'il faudrait pas que des choses comme ça arrivent dans son immeuble à elle. Plus c'est gros, plus ça passe. Arriver à faire circuler la rumeur que c'est Chirac qui a vendu le France aux Norvégiens pour payer ses vacances lui ferait plus de tort que toutes les affaires réunies. Calomniez atrocement la république, il en restera toujours quelque chose. Et n'ayez crainte, ils sont tellement anesthésiés par la télévision qu'ils n'ont plus aucun esprit critique, ils gobent tout.

 

Enfin je ne saurais que recommander l'amour des chats. Des chiens aussi, et des lapins, voire des pigeons, mais surtout des chats. On n'imagine pas le réseau digne des mafias les plus efficaces que forment les "dames aux chats". Elles donnent à la SPA : faites une obole et parlez du roi ; elles vous font signer une pétition contre la vivisection, signez la des deux mains en précisant que le roi l'a signée aussi, et que d'ailleurs il nourrit deux chats abandonnés en plus de son angora blanc, que vous le savez de la femme de ménage de son secrétaire. Elle vous propose un chaton : prenez le et appelez le "royaliste". Au bout du compte, elle vous classera obligatoirement parmi les gens bien qui ont du coeur. A l'occasion et suivant l'orientation de la dame, pestez contre les allocations accordées aux étrangers et réclamez qu'on les affecte aux refuges pour animaux. Forcez-vous, quoi (ou laissez parler votre penchant naturel pour les boules de poils au regard étonné). Comme il y a très peu de chances pour que quelqu'un d'autre engagé dans un parti ou une cantine quelconque témoigne la même sollicitude que vous, le bruit se répandra dans le quartier : les royalistes aiment les animaux. Si vous êtes habile vous arriverez à glisser : pas comme les politiciens qui prennent un labrador quand ils arrivent à l'Elysée. Sous-entendez qu'on ne sait pas vraiment ce qu'ils deviennent ces animaux. Ils sont nourris, évidemment, mais aimés ? hein ? ça c'est pas sûr... et le petit labrador de Jospin, quand il est arrivé à Matignon, vous l'avez revu, vous ? comme si c'était sérieux d'offrir des animaux comme ça ! bref ils confondent les labradors et les peluches. Et après on s'étonne que les gens fassent pareil et les abandonnent avant les vacances !

 

Je vous assure que vous serez surpris des courants d'opinion qu'arrivent à remuer les dames aux chats, infiltrées dans tous les quartiers, actives comme pas une pour leurs protégés, au courant de tout pour arriver à les retrouver, protéger, opérer, vacciner... Surtout, pour convaincre, ayez toujours sur vous une photo de votre chat. Si vous n'en avez pas, demandez-moi une photo du mien. La sortir au bon moment c'est le mot  de passe, le viatique, l'onction.

 

 

Pour le reste, ma foi, parler de Platon ne fera toujours pas de mal...

 

 

Texte du Schtroumpf du Roi (VR) 13-02-01.

 

 

En ce qui me concerne, et dans mon petit entourage, nettement de gauche et athée,je vante les mérites du Catholicisme et de la Monarchie en des termes très courants et triviaux, les plus banals possible : "Moi, l'Eglise, j'aime bien." ou encore : "Un Roi, après tout, c'était cool.". Texto.

 

Conséquences :

 

1 : Pendant 5 minutes, les gens rigolent ou attaquent : Rester souriant et agréable. Ajouter "Je pense que nous y gagnerions tous," (très important le TOUS) " mais évidemment, je respecte profondément tes/vos convictions.". Si c'est le cas, souligner : "D'ailleurs, j'ai des amis qui pensent comme vous/toi".

 

2 : Viennent les sempiternelles objections idiotes et/ou fausses. Les éviter de façon agréable pour l'interlocuteur : On n'attire pas les mouches avec du vinaigre. Bien faire sentir à la personne quels sont les avantages concrets qu'elle peut retirer en retirer, en termes immédiats, quotidiens, concrets : Impôts, sécurité, paix, espoir, emploi, etc. ... avec des exemples simples, très très légèrement saupoudrés de politiquement correct (C'est capital).

 

3 : Miraculeusement, un éclair de lucidité illumine le visage de la personne : "Et après tout ? Si c'était vrai ? Et si les journaux racontaient des c...ries ?". Et le message passe très bien.

 

Texte de Ulianov (VR) 15-05-01.