Candidatures royalistes

Débat et querelle dynastique typique sur VR

 

 

 

14 juin 2005 :

De Olivier Rossi (à l’issue d’autres échanges)

Je peux me tromper, mais il me semble qu'Adeline soutient Louis de Bourbon. Alors on fait comment ?


14 juin 2005 :

Réaction de Paul T.

Comme je ne suis pas spécialement Orléaniste faute de souhaiter une république (mal) couronnée, je me sens très à l'aise pour dire tout le mal que je pense du rêve légitimiste. Je comprends bien le raisonnement et l'attirance naturelle qu'on peut avoir pour le prince Louis, car la vrai royauté, c'est évidement lui qui pourrait l'incarner. Le drame est qu'il n'incarne rien du tout et qu'il a l'air de se préoccuper du royaume de France comme de sa première liquette. De sorte qu'entre un roi qui ne veut pas du Royaume et un Roi qui ne veut pas de la fonction, je me sens orphelin.

    Une solution pourrait venir du côté survivantisme à cause de la personnalité plus que respectable de Charles-Edmond et d'une thèse qui mettrait tout le monde d'accord, mais elle suppose un préalable qui n'est pas actuellement réalisé.

    Il reste donc aux royalistes de défendre le principe en attendant qu'un élément nouveau apparaisse de quelque côté que ce soit.

    Si, du côté Orléaniste, on se met à tourner nettement le dos aux solutions combinardes de la République, je m'alignerais

    Si du côté légitimiste, j'entends une voix qui dise haut et fort, " j'arrive " , je m'alignerais

    Si, du côté survivantiste, on parvient à lever le doute, je m'alignerais.

En attendant je fais sans.

Paul T.

 

Annelysdefrance, 14 juin 2005 :

Cher Monsieur,

vous faites preuve, avec ce message, d'un sectarisme auquel vous ne nous avez pas habitués.

Depuis 1830, les royalistes français sont en droit de ne pas accepter et de ne pas considérer comme définitive l'usurpation de Louis-Philippe. Or, c'est en fait ce que vous nous demandez.

A supposer que le prince Louis fût "espagnol", ce qu'il n'est pas et ne peut pas être - sinon pour les ripoubliques et assimilées - parce que l'aîné de la Maison de France est intrinsèquement français, quel que soit le lieu où il réside et quel que soit son comportement, car cette qualité ne dépend pas de lui, mais de Dieu qui l'a fait l'aîné, - le prince Henri, à qui j'accorde tout le respect dû à un prince de la Maison de France (puisque le comte de Chambord a daigné relevé les descendants de Louis Philippe de l'indignité à laquelle les condamnait les actions de leurs père et grand-père), est le Nième (quarantième je crois) en ligne de succession...

Si Dieu nous manifeste - en l'appelant à s'asseoir sur le trône et à s'y conduire en roi - qu'il l'a choisi, en dépit des règles qui depuis plus de mille ans régissent la succession et manifestent Sa volonté et que donc Sa volonté est différente de ce qu'elle était auparavant, je m'inclinerai sans résistance. En attendant ce signe, j'estime être royaliste sans le considérer comme le roi.

Mille amitiés

Anne

 

Bertrand Lambert, le 14 juin 2005:

Pas du tout. Deux de mes grands pères étaient des proches du Comte de Chambord, à Froshdorf. Son message m'a été retransmis, avec un saut de génération (Ma triste mère, sans éducation politique, était devenue, est gaulliste, et mon père, après 27, n'a pas voulu l'affronter sur ce plan politique).

Lequel Comte de Chambord a clairement désigné comme ses héritiers politiques les Orléans (de mémoire, 'les Orléans sont mes fils'), et a désigné les Bourbon d'Espagne comme ses héritiers matériels (et pas moraux), en tant que 'ainés' de la Branche. 'Ainés' mais pas héritiers politiques. Entre les deux, il y a eu les traités. Qui engagent les Bourbons d'Espagne, et qui engageait Chambord, même si cela déplait. (Et je vous ai longuement lu, à maintes reprises).

Que, depuis, cela n'ait pas plus à certains, et que depuis, certains cherchent à faire revivre en France une tradition qui n'existe plus depuis quelques siècles, c'est leur affaire. Pas la nôtre.

Politiquement, comme Royalistes, et à ce titre, n'ayant pas à choisir notre Prétendant, nous n'en avons qu'un, c'est 'Henri', comme le disait Olivier(?), pas Jean, (comme le voudraient d'autres, histoire de s'en servir comme ascenseur...) et moins encore à ce pauvre Louis, qui devrait prétendre à la Couronne d'Espagne, que lui a soufflé sous le nez Jean Charles, par la main de Franco interposé... Et encore, car sur la Couronne d'Espagne, nous sommes tous en situation de nous y perdre.. En tout cas, c'est le problème des Espagnols et pas le nôtre.

Accessoirement, ce n'est pas sectarisme, mais tout simplement poser les problèmes.

(On m'a rappelé, la semaine dernière, et fort opportunément à ce sujet, la phrase du Colonel Chateau-Jobert, toujours en vie vers Avranches, lequel écrivait à peu près ceci: "Dans la vie, il ne doit pas y avoir de conflits, simplement hiérarchiser les problèmes"! Inutile de vouloir faire revivre des pseudo traditions qui, mortes, n'ont revécu que par haine du soutien du Comte de Paris à De Gaulle, histoire de briguer sa succession... Mais De gaulle n'était pas Franco, il avait Sosthène, certes, mais n'avait pas confiance pour autant, en l'un comme en l'autre)

Cordialement

B.

PS: Et ce n'est certainement pas en voulant revenir sur des querelles éteintes, parce que vaines, et sur un non-prétendant, que vous ferez des royalistes modernes..Tout au contraire, vous les ferez fuir. Je m'étonne de ce que celà ne vous saute pas aux yeux...

 

Annelysdefrance, 14 juin 2005 :

« de mémoire, 'les Orléans sont mes fils') »
1. C'est un peu court pour une désignation d'héritier. S'agirait-il de léguer un livre ou une pièce d'argenterie, aucun tribunal ne l'accepterait.

2. Mais surtout, la Couronne de France n'étant pas disponible, ni le comte de Chambord, ni nul autre n'avait le droit d'en disposer en faveur de qui que ce soit. Si réellement le comte de Chambord s'était cru en droit de le faire (ce dont je doute les preuves me paraissant insuffisantes) cela prouverait qu'il avait reçu une bien mauvaise éducation de roi, comme le prouverait aussi, si on la prend "au pied de la lettre" l'affaire du "drapeau blanc" dont il savait certainement qu'il n'avait jamais existé et ne pouvait donc servir de raison à un refus de recevoir la couronne, tout au plus, dans la meilleure hypothèse, de prétexte pour ne pas la recevoir dans de mauvaises conditions et de telle façon qu'il aurait eu les mains liées.

Et le comte de Chambord savait fort bien qu'aucun pays, aucun royaume n'est lié après plus d'un siècle et demi par les clauses d'un traité quand les circonstances qui ont entouré sa signature ont considérablement changé. S'il avait cru à la valeur permanente et infrangible des traités, il aurait dû proclamer la reine Victoria reine de France en vertu du traité de Troyes (1422).

Le seul argument qui valait alors (et ne vaut plus aujourd'hui) contre l'aîné de la maison de France, c'est que celui-ci était roi d'Espagne, ne pouvait porter les deux couronnes et n'entendait pas renoncer à la possession réelle de la couronne d'Espagne pour la possession virtuelle de la Couronne de France.

Amitiés

Anne