Ce socle qui nous unit

Débats d’août 2003 sur VR.

 

 

Message d’Andre Clert"du 15 août 2003

De quoi s'agit-il ? D'essayer de définir ce qui est commun à tous les royalistes, au-delà de leurs sensibilités et fidélités particulières.

Xavier nous propose l'amour de la France et de ses habitants (sauf Séguy, Timmerman et peut-être quelques autres). Deuxièmement, troisièmement, quatrièmement et cinquièmement, il nous invite à reconnaître les liens particuliers de la France avec la religion catholique. Ce thème a été maintes fois abordé sur VR. Il est prioritaire pour un certain nombre des conjurés, et non des moindres, mais il est apparu assez clairement qu'une attitude excessive dans le sens indiqué par Xavier était plus contreproductive qu'autre chose. Que des royalistes soient individuellement de fervents catholiques, tant mieux, et qu'ils prient ensemble comme Paul Turbier les y invite, parfait ! Mais l'idée de fonder au XXIème siècle une royauté "catholiste", à l'instar des régimes islamistes, ne me paraît ni  réaliste, ni raisonnable.

A. Clert

 

 

Message de Claude TIMMERMAN, 15août 2003.

 

Chers amis,

Il ne faut pas faire de contre sens sur l'invitation initiale d'André:

Son propos était bien :

« ce qui nous unit » t on pas « réflexion spirituelle et doctrinale sur les fondements d'une monarchie francaise de droit divin à venir »

C'est en fait bien ce sujet, d'extrême importance en soi, sur lequel Xavier Couvert s'est exprimé en des termes qui ne peuvent que rassembler un large consensus...mais qui a déjà très largement été développé sur VR (au moins depuis deux ans que j'y suis et sans doute bien avant...).

André souligne très justement que la question de ce qui nous unit ne se pose pas exactement en ces termes là.

Je crois avoir jeté une première approche qui semble avoir (d'après les mails privés que j'ai recu...et la présente réponse d'André) la capacité de rassembler le plus grand nombre, voire absolument tout le monde, ce que je souhaiterais par dessus tout!

J'ajoute que je regrette que, par suite d'évènements récents, ma réflexion en P.S.,sans doute mal rédigée, sur les "ennemis de l'intérieur" n'ait laissé pour certains planer une équivoque : il s'agit bien évidemment dans mon esprit de tous ces "bons français de souche " de gauche, membres ou sympathisants des partis politiques, groupuscules et officines bien "françaises" dont l'action favorise, quand elle n'institue, pas la submersion, pour ne pas dire l'éradication, de l'Occident Chrétien ... à commencer par un certain Jacques Chirac qui, seul contre tous (ou à peu près) a réussi à faire opposition à la référence en préambule de la Constitution Européenne aux racines chrétiennes de l'Europe.

Quand on réfléchit que cette référence n'avait en soit aucune incidence politique pratique, mais semblait simplement naturelle à l'ensemble des représentants des autres peuple concernés, on mesure combien la République Française a de "longueurs d'avance" en Europe dans le travail d'éradication chrétienne...C'est le résultat de la Révolution toujours en marche!

On mesurera aussi, non sans un certain espoir, que cette prise de position est loin d'être partagée par nos voisins et frères européens: la "France légale" reste bien considérée comme le vilain petit canard ...

Il faut alors avoir bien conscience que nous nous devons de prendre, en tant que militants monarchistes, une responsabilité terrible: celle d'infléchir la conception philosophique actuelle , voire d'incarner, à l'opposé, la "France réelle".

Je dis bien: NOUS DEVONS LA PRENDRE ...ET L'ASSUMER! Sinon, il nous reste les petits fours, le tricot, la planche à la voile...(j'en oublie d'autres, la liste est très longue!) et les conférences historiques - toutes activités au combien estimables mais qui ne feront jamais évoluer la situation.

OR CE QUI NOUS UNIT DOIT BIEN ETRE D'ABORD LA PRISE DE CONSCIENCE DE NOTRE VOLONTE DE VOIR EVOLUER CETTE SITUATION DANS LE SENS QUE NOUS SOUHAITONS, ET DE RECHERCHER LES MOYENS D'Y PARVENIR.

Il n'est pas question dans ce contexte d'ignorer le rôle de la Foi dans le concept monarchique, mais on ne peut plus en toute logique le mettre en préambule en ce moment.

Pourquoi?

- Parce que l'Eglise institutionnelle, au moins depuis Léon XIII a failli a sa mission politique de soutien au Trône.

- Parce, que depuis Vatican II, ce sont les fondements même de la Foi qui se sont trouvés ébranlés.

- Parce que (corollaire des constats précédents) les chrétiens ne sont plus l'élément fondamental des peuples du roi, mais tout au plus le ferment. (Je dis bien DES peuples, c'était la formule consacrée qui marque la reconnaissance par le Monarque de la pluralité.) On peut le déplorer, mais nous devons absolument prendre ce constat en compte sinon nous irons FATALEMENT à l'échec.

C'est déjà, il y a près d'un siècle, ce que Maurras avait compris ... et il n'a pas connu Vatican II...( mais il avait peut être prévu cet avatar du catholicisme! ).

C'est malheureusement dans "nos milieux cathos tradis" ce que beaucoup, et pas forcément des moindres parmi les penseurs et les théoriciens qui s'y trouvent refusent de comprendre. Cela est dramatique. ( Clin d'oeil à Mary Poppins' qui voici quelques mois avait posé une question sur VR : «Quelles sont ces chaînes que nous traînons et qui nos empêchent d'avancer.». Voici l'un de mes éléments de réponse!) Vous savez tous que j'aime bien les formules un peu lapidaires qui font visiblement la joie de ceux qui « aiment bien ce que j'écris » dans différents journaux.

Durant plus de treize siècles, depuis le baptême / sacre de Clovis, l'Eglise a été le pilier fondateur de la Monarchie. C'est pourquoi j'irai jusqu'à dire que : « Autrefois l'Autel était pilier du Trône - Demain c'est le Trône qui devra être pilier de l'Autel.»

Il faut être conscients de l'ampleur de la reconstruction religieuse à accomplir et ne pas se cacher dans le confort de la prière et de «l'attente de la manifestation de la volonté de Dieu » ...les pieds dans ses pantoufles. Dieu n'aime ni les manchots ni les « âmes faibles » (allusion à l'exergue d'une formation que vous connaissez sans doute tous, du moins j'espère!) C'est pourquoi, quelque soit la profondeur de nos convictions religieuses personnelles, cette conception essentiellement religieuse du contexte monarchique ne peut plus être mise en préalable dans le cadre d'une action politique, ni même dans la réflexion qui la précède : la dégradation a atteint ce niveau!

BHL, Satan n'ait pas son âme, a pondu un opuscule assez abject (pléonasme en ce qui le concerne) intitulé « La pureté dangereuse ». Si ses conclusions en sont insipides, son concept est en incontournable! Il ne s'agit pas certes de faire ou laisser n'importe quoi, mais la recherche de l'orthodoxie politique comme religieuse à tout prix, à travers des dogmes nécessairement stéréotypés parce que figés, conduit nécessairement à la sclérose, à l'immobilisme, à l'effondrement sur soi même. Je regrette que certains de nos théoriciens n'aient pas conscience de cela : on ne peut nier, en tout, la réalité d'une certaine évolution! Et c'est sans doute d'ailleurs une certaine nécessité. Historiquement, politiquement comme ecclésialement, cette évolution a toujours été constatée...et jusqu'à un certain point elle a été souhaitable puisqu'elle a assuré la pérennité du système. L'Ile de France de Charles VII n'a rien à voir avec la France de Louis XIV, la chrétienté de Clément V lors de son retour à Rome (origine du grand Schisme d'Occident) n'est plus celle du temps de Pie XII: l'Eglise a toujours évolué, elle a toujours été le siège de désordres et son histoire est truffée de soubresauts anarchiques! (Il a même fallu le Concile de Trente pour remettre de l'ordre dans l'ordonnancement de la messe! C'est dire!)

J'ai eu la chance de rencontrer assez longuement il y a  quelques mois l'ancien archevêque (blanc) de Kinshasa, évêque "conciliaire" certes, mais pas des plus "avancés" loin s'en faut! C'est tout à fait un homme de la tradition en fait! Il eut cette phrase si lourde de conséquences, à la quelle nous devons tous réfléchir: « Le grand péril qui guette la tradition catholique, telle qu'elle est incarnée dans la Fraternité Saint Pie X par exemple, c'est de chercher à restaurer l'Eglise du XIX° siècle. Cela ne sera jamais possible, et sans doute pas même souhaitable dans le contexte actuel.» Je pense, quelque soit l'attachement que j'ai personnellement pour la Fraternité, qu'il ne faut pas ignorer ce péril très réel. C'est pourquoi, entre une conception religieuse qui risque de sombrer dans la sclérose, et une conception monarchique repliée sur sa continuité historique, nous n'avons aucune chance d'avancer.

Il nous faut donc en revenir à la recherche d'une nouvelle conception susceptible de recevoir l'assentiment du plus grand nombre.

La pluralité de VR est en ce sens une très grande chance et un vivier intellectuel (quand on arrête de se défouler sur nos claviers, ce qui est parfois pénible, mais parfois fort sympathique!) à développer.

Politiquement nous avons la chance d'évoluer à l'instant historique où la démocratie s'effondre, convertie en ce que je nomme "démagocratie", où la République n'est plus même une gueuse! Le peuple le ressent très fortement! De plus en plus de gens se détournent des élections, sont révolté des combines et des magouilles politiciennes...etc... C'est le contexte politique à saisir! C'est pourquoi nous devons accepter de "ratisser large", c'est un devoir!

Poser des préalables religieux trop stricts et aujourd'hui mal assurés pour les raisons précédemment exposées est une erreur profonde!

Il est indéniable que la monarchie est liée à la chrétienté, mais aujourd'hui je reste convaincu que c'est par la Restauration que viendra la souhaitable et nécessaire Rechristianisation que nous appelons de nos voeux, et non pas l'inverse!

D'où la proposition que j'ai faite, remise en forme par André. Je ne dis pas qu'elle a valeur de dogme, loin de là, mais elle le mérite de rassembler et de permettre d'avancer réellement sans heurter personne de bonne volonté.

C'est bien là, je crois le but!

J'espère que ce développement n'aura pas été trop long.

En ce jour de l'Assomption, de la Dormition, de la Vierge (je juxtapose ces deux termes à dessein), que chacun y songe et prie :

- pour l'Eglise qui s'est dévoyée en France (Marie est reine du Clergé je le rappelle),

- pour l'unité des Monarchistes au delà de la satisfaction d'intérêts particularistes de chapelles par des luttes stériles,

- et pour éclairer nos coeurs dans notre combat pour le retour du ROI.

Alors seulement pourra être entreprise l'oeuvre ultime: «Omnia restaurare in Christo»

 

Claude T.

 

 

Message de Kudplomb du 30 août 2003.

 

Bonsoir à tous chers conjurés

 

il y a longtemps que je voulais revenir sur les échanges entre Couvert, Timmerman et Clert d'il y a quelques semaines et Grosso modo, à brûle pourpoing voilà ma reflexion :

 

Je sépare mon commentaire en deux parties :

 

1 les principes fondamentaux vrais, et pas discutables (en principe)

2 les opinions personnelles qui sont donc discutables (en principe aussi)

 

1 PRINCIPE

 

1 il n'y pas de régime politique parfait

 

2 la politique est sans doute l'art humain le plus noble puisque 'il concerne le plus grand bien terrestre, à savoir le bien commun

 

3 néanmoins il n'y a pas d'absolu en politique

 

4 une vision supérieure de la politique permet de comprendre qu'elle permet aux hommes d'apprendre à tâcher d'établir ensemble les conditions et la culture pour vivre ensemble sur terre, et que c'est donc le lieu privilégié pour développer la charité politique

 

5 une vision supérieure permet de comprendre que la politique nous permet de comprendre, par analogie, à travers des réalités terrestre, des réalités célestes infiniment supérieure : l'exercice de la liberté, du service, la justice, le gouvernement, l'autorité divine, le gouvernement du maître et créateur de l'univers.

 

6 pour la monarchie : elle est un gouvernement parmi d'autres gouvernement possibles.

 

7 le but de tout gouvernement est de construire ou développer la paix sociale entre les peuples, et d'établir les conditions d'une certaine prospérité matérielle et d'une culture qui permette aux âme de se tourner vers l'autre monde et les réalités transcendantales (le Vrai, le Beau, le Bien), mais c'est le rôle de l'Eglise d'évangéliser.

 

8 l'action politique  ne vise donc pas à établir un paradis sur terre mais est surtout un moyen de perfection de la société mais aussi de sanctification personnelle.

 

9 la politique par le gouvernement du Prince, (ou autre formes de gouvernement) doit permettre d'établir les règles générales conformes à la raison droite (selon les règles du droit naturel) : ce sont les lois.

Mais, les lois, et donc la politique ne suffisent pas : il faut aussi une bonté intérieure de l'homme qui le pousse de lui-même à agir bien et cela ne peut se faire que par l'instrument de l'éducation à la vie vertueuse et de la civilisation. En effet, un peuple mauvais avec des lois bonnes ne tourne rond que par la force policière ce qui ne peut être un idéal ultime (même si cela peut être une transition) ceci manifeste l'indispensable union de la morale et de la politique et l'union de l'éducation des peuples à leur gouvernement.

 

10 le gouvernement politique a  pour but le salut (terrestre) du peuple tandis que l'action de l'Eglise a pour but le salut de l'âme personnelle des hommes pour les conduire vers Dieu, terme original et ultime de toute vie.

 

11 la monarchie n'est pas partout réalisable, et lorsqu'elle l'est, elle doit idéalement correspondre au gouvernement d'un homme bon, reconnaissant que son autorité ne vient pas de lui, mais qu'il est au service d'une autorité supérieure et qu'il doit essayer de gouverner et d'imposer des lois conformes aux lois de cette autorité supérieure, à savoir Dieu. Il y a différentes formes de monarchies mais dans chacune, le monarque doit reconnaître qu'il tient lieu d'un Monarque supérieur (lieutenant du Christ diront les cités chrétiennes qui reconnaissent la divinité du Christ).

 

12 mais la monarchie s'entend de la relation de gouvernement entre le gouvernant et les gouvernés. Cette relation ne doit donc pas faire oublier qu'il n' y pas non plus de monarchie sans l'obéissance des peuples et la reconnaissance de l'autorité du monarque. La monarchie ne saurait donc pas se dispenser de la vertu du peuple, même si cela peut paraître moins indispensable que dans la démocratie par exemple. Mais, dans le même temps, il est plus difficile de trouver tout un peuple vertueux qu'un seul homme.

 

13 le pays, la patrie voire la cité (qui n'est pas nécessairement calquée sur la nation) est une société naturelle qui peut se satisfaire à elle-même et à laquelle ses habitants doivent tout à travers la terre sur laquelle ils vivent et le travail des générations précédentes. Sans patrie, sans la terre et le fruit du travail des générations précédentes, l'homme ne serait qu'un sauvage tout nu dans la jungle. Chaque homme doit donc tout, hormis ce qui concerne la vie spirituelle et la grâce que l'on ne doit qu'à Dieu seul à travers l'Eglise, à la patrie, c 'est à dire aux générations anciennes et à ses propres parents.

Comme on leur doit tout, on ne pourra jamais leur rendre parfaitement justice, et c'est pourquoi la défense de la patrie peut aller jusqu'au sacrifice de sa vie car même quand on aura donné sa vie on n'aura pas encore rendu tout ce que l'on doit à sa patrie puisqu'elle est la garante de tout
ce que l'on a reçu mais aussi de tout ce qui concerne la postérité. (la famille ou la lignée quant à elle est une société naturelle elle aussi , mais si elle est plus proche elle est moins parfaite en ce sens qu'elle est moins indépendante puisque pour son développement elle a besoin de la patrie ou de la cité ou du village, bref d'une société plus grande, pour se développer).

 

14 toute restauration d'un gouvernement politique sain doit passer par la reconnaissance d'un principe surnaturel supérieur (dont les chrétiens savent que c'est le Dieu de la Trinité mais si tout le monde est appelé à connaître cette réalité qui nous est apprise par mode de révélation, il n'est pas indispensable d'être évangélisé pour reconnaître qu'il y a des principes divins).

Le peuple pour retrouver ses devoirs patriotiques et nationaux doit retrouver l'amour de la patrie et reconnaître tout ce qu'il doit à des réalités naturelles indéniables : ce qu'il doit à ses parents et ce qu'il doit à sa patrie. (mais lorsqu'on est orphelin ou délaissé par ses parents et apatride ou immigré, cela est incontestablement plus dur). Ceci se passe en reprenant contact avec des réalités naturelles et proprement humaine : la tradition, la civilisation, le sentiment d'appartenir à une lignée qui a une histoire et un avenir.

 

15 enfin, en politique, il faut toujours espérer car c'est l'univers non pas de la nécessité, mais du possible, lié à la contingence et à la versatilité des hommes, et que des revirements spectaculaires sont toujours possibles.

 

2 OPINIONS :

 

1 la question monarchique pour nous français est un peu complexe à comprendre car il s'agissait d'un gouvernement chrétien dans un royaume chrétien. Or notre pays a apostasié à plusieurs reprises, notamment sous la révolution et puis sous la loi de 1905 séparation Eglise-Etat.

 

2 de plus l'union constante du principe théorique de monarchie avec un mode de royauté particulier régi par lune loi bien précise du mode d'accès et de la dynastie (loi salique) complexifie la compréhension et le débat sur l'accès au Trône.

 

3 ce qui ne facilita pas non plus forcément la compréhension, c'est que la terre française et la nation française ont beaucoup évoluées dans le temps puisque notre pays a une longue histoire et un passé avec bien des mouvements, mais dans le même temps que le sang français et donc la " race " française si on peut dire , qui constitue la nation, correspond à peu près à la terre sur laquelle vit cette nation.

 

3 je crois en effet qu'il est manifeste que notre pays, qui vit avec le monde des évolutions importantes, n'est pas sous une démocratie au sens acceptable du mot puisque les principes divins ne sont pas reconnus, la loi est en opposition avec la loi naturelle, le peuple est souvent esclave de ses passions, et ceci se manifeste d'une manière générale par une décadence constante du niveau de civilisation (je pense en effet que c'est moins l'état en un instant donné d'une personne ou d'un pays qui compte mais la direction prise (progression ou régression).

 

4 par conséquent, je pense que la paix sociale est véritablement menacée (voir factice) et que la culture est pervertie.

En terme philosophique on dit : culture de mort (expression inventée par le pape) ou en terme théologique on dit : culture diabolique.

 

5 enfin, il est difficile et prétentieux de juger de la vertu d'un peuple auquel on appartient soi-même, mais si on peut avoir des doutes sur le peuple , on peut en tout cas être persuadé que nos structures politiques sont au minimum mal adaptées, au pire pourries puisqu'elles ôtent les outils indispensables pour une liberté et une souveraineté du pays.

 

6 le peuple français subit (ou parfois consent ce qui et plus grave et relève du suicide) plusieurs attaques en même temps et dans la durée et qui tendent à le détruire dans ses fondements : apostasie des principes sacrés et religieux qui l'ont fait naître, refus de reconnaître la loi naturelle par les gouvernants, dissolution des frontières, attaque contre la famille, invasion par l'immigration, attaque contre la langue française.

 

7 c'est pourquoi je pense que la France n'existe quasiment plus dans les réalités institutionnelles, et le système de République actuel est parfaitement désincarné (système universaliste franc-maçon qui ne vise pas au bien de la France mais au bien de l'Homme planétaire, cet Homme avec un grand H qui n'existe pas en réalité et qui n'est qu'une construction intellectuelle, un être de raison comme on dit en logique). Cet esprit 'universaliste' et franc-maçon est donc à combattre et à détruire dans la République et peut-être même qu'il faut en effet détruire le système Républicain lui-même.

La France n'existant guère plus dans le système institutionnel (on ne s'en rend peut-être par encore bien compte puisque on vit avec l'image du passé récent en tête mais les générations futures n'auront pas cette image du passé en tête et verront donc les choses telles qu'elles sont mieux que nous). La France existe donc surtout davantage dans le cour et le sentiment intérieur des français, dans la culture privée.

Il faut donc la développer, la sauvegarder, la transmettre notamment par la langue française et l'apprentissage de l'histoire.

 

8 mais le peuple étant incapable, à force d'être dévoyé, de vivre en démocratie qui ne soit pas franc-maçonne, et étant également incapable de se doter d'un roi (dans l'immédiat en tout cas mais on peut réellement même si cela paraît fou se demander si on n'y tend pas malgré tout), la seule chose à laquelle on pourrait atteindre aujourd'hui c'est une dictature. Or un tel choix, envisageable en soi en période d'urgence, de péril grave et public, est d'une gravité telle et porterait des conséquences qui me dépassent tellement que si j'en aperçois la possibilité, je ne prendrais pas trop le risque d'émettre une opinion dessus.

L'expérience montre que ce n'est jamais sans conséquence grave et que si cela a pu être utile, cela n'a jamais été parfait (cf. Salazar au Portugal, Pinochet...)

 

9 si tout le monde, loin de là, n'a pas une vocation à émettre des opinions politiques ou à prétendre donner des ordres ou gouverner (c'est d'ailleurs ce qui pousse à la monarchie et les monarchistes eux-mêmes doivent se le rappeler), tout le monde, même les enfants, même les moines, même les mères au foyer coupée de la vie publique, ont un devoir patriotique et politique correspondant à son état et qui commence dès qu'on vit en relation avec d'autres, dès qu'on vit dans une communauté.

La France ne se construit donc pas seulement au niveau des Institutions, mais aussi au niveau de la famille, de l'école, des amis, etc. Je pense donc que il ne faut pas s'affoler et quand on n'y voit plus trop guère sur les principes éloignés, se reporter sur les devoirs les plus proches. Quand on ne peut défendre le pays, il faut du moins défendre sa famille, sa maison personnelle et l'ensemble des biens personnels. En effet, un des premiers devoirs est de vivre ! de défendre sa vie et celle de ceux dont on a la responsabilité (femme, enfant, parents). Par ailleurs, il faut aussi garder en tête que l'on travaille avec le temps et les générations et que s'il faut des générations pour construire une civilisation, il suffit d'un peu de poison pour pourrir tout l'édifice.

Le travail politique se fait avec le temps et se sont les enfants qui profitent ou subissent le travail des pères.

 

10 à mon sens, il faut organiser la vie de manière à célébrer en privé, à honorer en privé, ou par l'union des familles (sans attendre que cela vienne de l'Etat franc-maçon dans son esprit et ses structures même si cela ne l'était pas par ses personnes) la France, notre terre et donc la nature qui va avec, notre culture et l'histoire qui va avec. Il y a un culte de la patrie accompagné d'un culte des ancêtres qui est bon et qui est nécessaire pour un progression à venir et que l'on peut déjà mettre en pratique à titre privé.

A titre personnel, c'est un des devoirs que je ressens comme utiles.

 

11 la France s'est rendue criminelle sous la Révolution en assassinant le souverain légitime Louis XVI, s'est rebellé contre elle-même en sabordant ses principes fondateurs avec la monarchie et la loi salique, mais surtout et c'est le plus fondamental et donc le plus grave : a apostasié en se détourant de Dieu et des promesses de son baptême chrétien.

Très logiquement, quand on se détourne de Dieu, on en subit les conséquences.

 

12 et cette vision chrétienne donne une vision supérieure et la solution à tout ce discours : la France ne se retrouvera qu'en se tournant vers Dieu, qu'en se retournant vers Dieu puisqu'elle s'En est détourné. Sans conversion, que faire ?

Mais, il ne s'agit pas d'une conversion proprement dite, mais d'un retour. A mon sens, il faudrait une démarche publique de repentir, de demande de pardon et de  réparation. Ceci passe par une conversion personnelle, en comprenant que le but ultime n'est pas la reconnaissance d'un roi terrestre qui passera à sa mort ou à la nôtre, mais la reconnaissance du Roi qui ne passera pas : le Christ-Roi.

 

13 pour se faire, on ne peut se passer de l'Eglise et en ce sens il n'y a ni salut personnel ni collectif sans recevoir les fruits de l'Eglise dont les baptisés sont les membres.

 

14 je ne suis pas trop d'accord avec la vision à l’emporte-pièce portée dans le débat par C.Timmerman sur l'Eglise. Dans un premier temps il faut se rappeler que c'est un principe catholique de la foi de croire en l'Eglise.

Ensuite de considérer que la sainteté de l'Eglise ne tient pas tant en ses hommes qu'en Celui qui en est la tête et dont nous sommes les membre : le Christ.

Cette considération sera aidée en observant que Dieu nous donne la grâce de mettre comme vicaire du Christ un pape remarquable qui est un génie, un héros et un saint (ce qui n'est pas nécessairement le cas car on pourrait avoir un pape bête, pleutre et vicieux).

Enfin, il faut creuser la réalité de l'Eglise et considérer que c'est aussi nous et voir que si elle est parfois laide, c'est aussi à cause de nous et de notre péché et que l'on étend l'Eglise en intensifiant la vie du St Esprit en nous, par la pratique des sacrements, ce qui est tout de même encore possible car on n'a quand même encore de bons prêtres (tradis et non tradis)

 

15 qu'il ne faut pas attendre de l'Eglise qu'elle fasse le travail à notre place en s'investissant de la vie politique nationale (au contraire elle ne cesse d'enseigner que c'est le devoir impérieux des laïques) mais qu'on ne s'en tirera pas non plus en la cassant, on ne défendra pas la terre des pères et cassant Celle qui est notre propre Mère, car l'Eglise est véritablement notre Mère au sens spirituel.

 

16 pour conclure, je n'écarte pas du tout l'idée de monarchie même si pour l'instant je pense qu'il faut s'impliquer dans les partis qui essayent d'agir sur le système en en acceptant les règles, ( le FN ou Villiers par ex.), parce que c'est ce qui avec la raison pratique m'a paru pour moi le meilleur engagement, bon, réellement possible, et concret.

 

17 enfin, je suis écoeuré de voir que notre système apporte en masse des immigrés et ne permet même pas les conditions pour que tous les français puissent eux-mêmes travailler.

Ceci dit, il y a parfois en France des gens qui travaille mais qui sont contraints de travailler pour une oeuvre qui va à l'opposé d'une oeuvre patriotique.

 

Voilà pour ma pensée du jour !

 

Je m'inspire pour cela de réflexions personnelles mais surtout de l'enseignement des philosophes et de l'Eglise dont je discute souvent avec un de mes proches (ma béquille cérébrale en terme de matière grise ! ;-)

 

désolé de ce long mail (mon premier sur VR !) que j'ai essayé de rendre clair à lire.

 

mais j'ai remarqué que les échanges verbeux n'effrayent pas certains d'entres vous !!!

 

K.

 

 

Message d’Andre Clert"du 30 août 2003

 

Kudplomb nous a envoyé le samedi 30 août 2003 le fruit de ses réflexions. Il y a là du grain à moudre et les membres de VR pourront à leur gré commenter et discuter tel ou tel paragraphe numéroté.

 

Permettez-moi, parce que je n'ai aucun mandat pour le faire, d'essayer d'orienter le débat. De quoi avons-nous un besoin urgent ? D'un faisceau de propositions, brèves et claires, qui nous aideraient à dire autour de nous : "Vous voyez dans quel état lamentable se trouvent notre pays et notre société. Voilà ce que nous proposons pour y remédier."

 

Ce n'est pas autre chose que ce que fait l'extrême gauche en ce moment. Allons-nous les laisser seuls sur le champ de bataille ? Et il ne suffirait pas de "réagir" à leurs propositions. Il nous faut concevoir hardiment, sans entraves, et les esprits ouverts sur le monde réel. Que nous rêvions de ceci ou de cela, le monde réel s'en moque. Nous avons besoin de solutions concrètes et réalisables, pas d'incantations.

 

A. Clert

 

 

Message de Claude Timmerman, 30 août 2003.

 

    Est ce de Jean Paul II, le pape d'Assise, le pape des Droits de l'Homme, celui de la reculade de Reims lors de l'anniversaire du baptême de Clovis dont vous parlez quand vous évoquez "un génie un héros et un saint" ??? Effectivement, si j'ai lu avec énormément d'intérêt votre développement auquel j'adhère en très grande partie, là nous ne serons jamais d'accord! Pour moi Jean Paul II reste un hérétique, schismatique (au sens où il crée les conditions du maintient d'un schisme)  puisqu'il continue la politique d'exclusion de la Fraternité St Pie X et des autres mouvements traditionalistes séparés et maintient en pratique toutes les outrances issues des débordements de Vatican II....

Très cordialement

Claude qui préfèrera toujours Jules II, Pie X ou Pie XII...

 

 

Message de Fcingala, 31 août 2003.

 

Je ne peux qu'adhérer aux propos de Claude. C'est à se demander si Jean Paul II n'est pas manipulé. La religion catholique n'a jamais été aussi dénigrée et si les églises sont vides aujourd'hui, ce n'est pas par hasard.

 

André Clert a écrit à propos de l’extrème gauche: Allons-nous les laisser seuls sur le champ de bataille ?

- Entrevoyez-vous une guerre civile ?

Il nous faut concevoir hardiment, sans entraves, et les esprits ouverts sur le monde réel. Que nous rêvions de ceci ou de cela, le monde réel s'en moque. Nous avons besoin de solutions concrètes et réalisables, pas d'incantations.

- Désolée, mais sur ce dernier point je pense que nous avons avec nous  une force et une "arme" supplémentaire face aux bataillons gauchistes révolutionnaires athées : notre foi inébranlable. Certes de nos jours, notre France s'en moque, mais cette force spirituelle (et non pas "incantation") fait partie d'un monde bien réel et est plus redoutable que tous leurs pamphlets !

- Frédérique (qui entend s'élever les lamentations d'un peuple en quête d'un idéal auquel nous aurons beaucoup à apporter !)