Communisme – fascisme-nazisme – royalisme

Débat issu d'une demande de photo et aboutissant au portrait des grandes idéologies du XXème siècle.

 

 

Le Schtroumpf du Roi 25/03/2002 :

 Quelqu'un aurait-il sur son disque dur un portrait de Philippe Henriot ?

Amicalement.

Le schtroumpf du roi 

 

Suisse des Tuileries 25-03-2002 :

Cher SSchtroumpf, vous semblez l'être de moins en moins "du roi" et de plus en plus "du fuehrer". Achtung !

Quant à votre question, voulez-vous parler du patron des faïenceries de Quimper ? Dans ce cas, vous trouverez son portrait à l'adresse suivante :

www.faience-de-quimper.com/histfab_fr.html

 

Le Schtoumpf du Roi 25/03/2002 :

Pour vous rassurer, je suis tout à fait fasciste. Même nazi si cela vous fait plaisir. Et je n'y vois pas de contradiction avec le royalisme. Bien au contraire dans la mesure où précisément ce qui aujourd'hui fait le plus peur à nos bons démocrates ce n'est pas le royalisme façon Lieutenant du Christ ou prince éclairé. Hélas. Croyez bien que cela me peine autant que vous.

Ce qui fait que je suis royaliste, ce n'est pas l'impossible restauration d'un ordre ancien qui n'a été idéal que dans les rêveries de quelques-uns. A l'usage, vous savez, le XIIIe siècle, je ne crois pas que beaucoup d'entre nous supporteraient d'y vivre. Ou même le XVIIIe. L'avenir m'intéresse beaucoup plus. Et de ce point de vue, il y a trois expériences fascinantes : le communisme, le fascisme-nazisme-franquisme et tout ce que l'on met généralement dans ce sac, et depuis quelques années la grande expérience de démantèlement de l'Etat-nation que mènent quelques pays plus éclairés que le nôtre, généralement anglo-saxons.

Les deux premiers ont échoué. Le communisme avait des défauts épouvantables malgré quelques réussites ponctuelles. Le deuxième n'a pas réussi, mais il a eu quelques élans, quelques grandeurs, quelques épisodes précieux pour secouer la poussière étouffante d'un XIXe siècle qui n'en finissait pas de crever sous les cadavres de 14. Disons qu'il a fini de nous déniaiser après la virginité qu'on avait voulu nous refaire en 89-93. (Il a aussi eu quelques très grands auteurs.)

Le troisième, avec quelques facteurs propres comme le capitalisme et les techno-sciences, est en passe de réussir, et au moment où nous nous battons picrocholesquement en France entre idolâtres du super-Etat européen et sectateurs de l'Etat-national à la papa, nos amis anglo-saxons inventent des sociétés où l'Etat n'a plus de place que par une sorte d'habitude historique qui finira bien par céder, et où la nation est révoquée : monde éclaté, souple, qui s'organise spontanément à la manière du vivant. Il y a eu la pyramide, puis l'arbre, nous avons le rhizome. Evidemment la France a tout à y perdre puisqu'elle ne comprend rien à cela, bloquée dans ses petits conflits d'intérêts catégoriels, effrayants au point de devenir le degré zéro de la politique (un parti des chasseurs ! imagine-t-on pire ridiculerie que ça ? pourquoi pas un parti des plombiers ? ou de chômeurs, ce qui ne saurait tarder.) Il me semble qu'il y a une petite chance - oh pas bien grande - qu'entre les fervent du catholicisme tout puissant (désolé, ça ne reviendra pas, du moins pas sous cette forme) et les fervents de la nation-Etat-administration, la royauté puisse faire entendre la voie de la raison et faire entrer la France dans un temps nouveau. Il me semble même que seule la royauté aurait les qualités pour cela. C'est en ce sens que je suis royaliste, en aucun autre, et surtout pas pour restaurer un ordre ancien qui n'a jamais dépassé personne.

Alors effectivement, vous trouverez dans mes messages des références à l'Allemagne nationale-socialiste et d'une manière générale aux régimes "autoritaires de droite" du XXe siècle (il devrait y avoir une rue von Braun dans toutes les villes du monde), au communisme (le jour où les royalistes voudront bien lire Mao plutôt que Gustave Thibon, ils feront un grand pas, pour ne pas dire une longue marche), au techno-capitalisme mondialiste le plus affreux (Lisez Jeremy Narby ou Popper ou Eccles, c'est beaucoup plus important pour comprendre le monde où nous vivons que le testament de Louis XVI).

Ajoutez y un petit goût de la provocation qui se cultive plus facilement avec des références nationales-socialistes qu'avec la lecture commentée de l'AF-canal-pujoïque ou du Légitimiste, lectures qui figurent sans doute parmi les peines les plus affreuses de l'Enfer.

Ces précisions données, je cherche donc un portrait de Philippe Henriot mort en 44 sous les balles de quelques personnes fort courageuses qui s'y mirent à un commando pour tuer un homme seul sous les yeux de sa femme. Cet homme seul n'avait jamais tué personne, il se contentait de parler. Trop et trop bien semble-t-il pour quelques planqués londoniens, lesquels bramaient dans le poste qu'il fallait tuer celui qui causait dans le poste d'en face. En face, à Paris, où l'on était un peu moins planqué qu'à Londres, les événements de l'année 44 obligent.

Le schtroumpf du roi, qui s'excuse de cette longue explication sur le pourquoi du comment de son plus grand intérêt pour l'étude de Speer que pour celle des catholiques sociaux.

 

Paul Turbier  28/03/2002 :

Très long message de SdR,  brillant, très calé, appuyé sur de solides lectures bien référencées mais surtout polémiste car la polémique est un exercice dans lequel il excelle. Malgré l'admiration éperdue que j'éprouve pour son immense érudition, je m'étonne de quelques contradictions que je décèle dans son exposé.

        Mon cher Nicolas (reprenons la bonne habitude du discours direct, et laissons à d'autres la componction du sous-entendu feutré), la première concerne la distinction que vous faites entre communisme, que nous sommes unanimes à exécrer ce Forum et le national-socialisme devant lequel moins d'une dizaine de VRgiens s'extasient. Cette distinction ne me parait pas justifiée.

        Le national-socialisme ou communisme ont tant de traits en commun qu'il m'étonnerait qu'ils ne soient pas frères ou cousins proches. Dressons une courte liste de quelques convergences : parti unique, pensée unique, idôlatrisme du chef (différent de l'admiration ou de l'amour), chef un brin parano-mégalo (Hitler/Staline), goût prononcé pour le kolossal et pour les bruits de bottes sur les pavés des villes, embrigadement des jeunes (HitlerJugend, Komsommols), nettoyage par le vide, domination par la peur, j'en oublie certainement. Ils sont tellement proches qu'ils furent longtemps très amis (Pacte germano-soviétique, Ribentrop-Staline) avant de devenir, courant 1942, concurrents sur la question de savoir qui mangerait plus de Pologne que l'autre et avant de finir ennemis faute d'avoir pu surmonter leurs contradictions confraternelles. Les défauts épouvantables du communisme que vous évoquez, le national-socialisme les avait tous à un degré ou à un autre et vice-versa. Comment donc les séparer comme s'ils étaient différents.

        Secondement, vous nous parlez des " fervents de l'Etat-Nation-Administration" . Pourquoi assembler ces trois termes par des traits d'union artificiels ? Je ne suis pas de ces fervents-là et je vais devoir creuser un peu.

        - L'Etat puisque vous le citez en premier, existe à un niveau ou à un autre partout, en tout temps et en tout lieu. C'est l'autorité et nous serons vite d'accord pour reconnaître qu'il en faut. " L'Etat c'est moué " disait un royaliste célèbre, Louis, quatorzième du nom. Quelques techno-économites rêvent (ils sont bien les seuls) d'un super-Etat Européen, nos "amis"(*) anglo-saxons eux rêvent d'un super-super-Etat mondial (qu'ils seraient seuls à diriger, bien entendu) qui sent un peu trop le franc-mac et le pétrole à mon goût. Visible ou invisible, donc, l'Etat existe.

        - La Nation est bien la seule entité qui ai une justification naturelle et physique, celle d'un ensemble de gens qui veulent vivre ensemble avec les mêmes usages, coutumes et Lois en parlant une même langue et en habitant un même territoire. Elle est porteuse d'un héritage et a le devoir de le transmettre. Elle porte ce nom lorsqu'elle est regardée sous son aspect concret et pratique, mais en change lorsqu'elle est vue avec les yeux attendris du coeur pour devenir la Patrie. Un peu comme une épouse que son mari appelle "ma femme" quand elle est affairée à la préparation du dîner, mais qui sera l'amante adorée, peu après, quand elle aura pris le simple et beau visage de l'amour. La France qui est notre nation est singulière, nous n'y pouvons rien et c'est sa singularité fascinante qui m'empêche de la voir joyeusement se dissoudre dans quoi que se soit, Europe ou "monde souple qui s'organise spontanément..."

        - Je comparerais aisément l'administration au sel de la soupe. Il en faut un peu, certes, mais trop rendrait le brouet immangeable. Nous avons sûrement l'estomac solide en France. Donc j'élimine l'administration même si elle est depuis peu dotée d'une école nationale. C'est une utilité accessoire, un outil, sans plus qui n'a rien a voir avec votre propos. Exit, l'administration.

         Avec votre permission, mon cher Nicolas, je fais donc sauter les traits d'union pour ne garder que le mot Nation comme un lapidaire élimine la gangue pour isoler la pierre. Je n'oserais pas lui accoler le mot de socialisme ( socialisme! quelle horreur!), ni aucun autre mot en "isme" de peur d'une contagion pernicieuse.

        Vous envisagez, un peu plus loin de " Faire entrer la France dans un temps nouveau ". Après vous, cher ami, je vous en prie! Passez le premier! Après vous car je n'en ferrai rien! Les temps nouveaux, les lendemains qui chantent, les aurores qui se lèvent, et autres mirages, voilà des images dont vous vous détacherez avant que je m'y recolle si tant est que j'y ait réellement adhéré.

        Reste pour finir, la " notion de parti autoritaires de droite " qui auraient existés dans la seonde partie du XXéme siècle.  Où donc en avez-vous vu sauf, peut-être, un court moment, en Espagne ou au Portugal.

       De ce qui précède, je tire une interrogation : S. du R. êtes-vous le royaliste que vous croyez être? Car que fait un Roi dans votre monde "souple " sans nation ni patrie?  Réponse: rien! car il n'y a pas de Roi.

        Le Roi, qui laisse vivre mais qui pérennise un peuple dans un territoire muni d'une culture, le tout au service de Dieu, je trouve que c'est déjà bien assez souple. Plus ferait limace, mollusque, quoi!

        Je clos ma petite réflexion avec Philippe Henriot dont j'ai un souvenir très précis malgré le jeune âge que j'avais à l'époque. Il terminait invariablement ses interventions à la radio par une sentence en forme d'exhortation : " l'Angleterre, comme Carthage, doit être détruite" claironnée d'une voix métallique que j'ai encore dans l'oreille. En ce qui le concerne, lui et beaucoup d'autres, le fait d'avoir été assassiné par des criminels imbéciles, ne l'a pas forcément sanctifié car aucun assassinat n'a jamais sanctifié personne qui ne soit pas auparavant déjà un peu saint.

Amitiés du soir,

Paul T.

(*) "nos amis" est pour moi excessif. Relations de voisinage, polies, mais sans plus, en ce qui me concerne.

 

Le Schtroumpf du Roi 28/03/2002 :

Cher Paul,

Je suis tout à fait d'accord sur la parenté. Il n'en reste pas moins qu'au sein d'une même perversion extrême du démocratisme qui a engendré national-socialisme et communisme (voir Le Totalitarisme de Claude Polin, dans la collection Que sais-je, il est très éclairant en peu de pages) le communisme et le national-socialisme avaient des traits différents. Prenons par exemple le caractère d'état policier qu'avaient les eux. Mais à des degrés différents : certes il était assez inconfortable d'être communiste ou juif à Munich entre 33 et 44. Mais si l'on y était allemand, si l'on ne s'opposait pas spécialement au régime en place, c'était tout à fait vivable. Le caractère policier de l'Etat était, si l'on peut dire, délimité assez strictement. Rien en Allemagne qui ressemble aux purges staliniennes et à ses cercles concentriques, où la terreur est instituée pour elle-même, où après avoir arrêté un homme on arrête le premier cercle de ses amis seulement parce qu'ils étaient ses amis ou connaissances, puis les amis des amis dans un deuxième cercle, etc. Et tout ce monde se retrouve à Solovki sans avoir ce qui lui arrive, sans jamais avoir seulement su pourquoi ils étaient internés dans des camps où la mortalité n'avait rien à envier aux camps nationaux-socialistes.

Prenons un autre domaine, celui des héritiers. Là encore on trouve des similitudes (même s'il est moins bien vu de se réclamer du Führer de bienheureuse mémoire que du petit Père des peuples, ce qui fait qu'on est plus facilement contestataire pour choquer le bourgeois en étant nazi, d'autant que les bourgeois sont devenus largement communistes). Ainsi la vieille rengaine sur le communisme vrai jamais appliqué. On pourrait citer quelques textes de Brasillach, sur la fin, où il regrette que le fascisme, le vrai, n'ait pas pu être appliqué en raison de circonstances historiques malheureuses. Mais là encore, s'il y a plus que des similitudes, il faut remarquer les différences : d'abord le communisme a été largement appliqué, et cette propension à promettre un paradis toujours repoussé n'est pas du tout une conséquence tirée de cette application. Dès Marx le communisme promettait un monde meilleur tout en en repoussant la réalisation dans des brumes si lointaines qu'elles seraient toujours repoussées, comme l'horizon.

On ne peut donc croire en la sincérité de l'argument dans la bouche d'un marxiste ou d'un communiste. En revanche, il me semble que l'argument est moins suspect de la part d'un fasciste, d'autant qu'il n'est pas un argument constitutif du fascisme même, qui ne promet pas le bonheur universel ou je ne sais quelle libération messianique des peuples.

Bref un peu comme un mien arrière grand père, je choisis (moralement... vu les temps où nous vivons) d'être dans le camp fasciste plutôt que dans le camp communiste. Et comme j'ai très mauvais esprit, quand on me rabat les oreilles de je ne sais quelles histoires de doctrine sociale ou de corporatisme médiéval à restaurer de toute urgence, j'y vais de ma petite louange de Heydrich et de Goebbels, histoire d'agacer et quitte à vouloir une restauration impossible qui ne viendra jamais, celle du IIIe Reich en vaut bien une autre... "l'histoire ne repasse pas les plats", celui qui l'a dit le premier c'est l'horrible fâchiste Céline. Moi je préfère le dessert qui ne repasse pas à la venaison qui ne repasse pas non plus. Question de goût personnel, de caprice, de ce qu'on veut. Comme ceux qui veulent le retour du Lieutenant du Christ qui guérit les écrouelles en protégent un blanc manteau de monastères prospères étendu sur la France. Pourquoi serais-je tenu de préférer une fiction impossible à une autre ? quitte à en entretenir un peu une, je préfère celle qui heurte le plus de front ce qui aujourd'hui nous oppresse, ce qui est marqué de la plus grande marque d'infamie.

Mais être royaliste c'est autre chose, cela regarde pour moi l'avenir, cela ne consiste pas à préférer un retour impossible à un autre. Je suis donc parfaitement royaliste (qui regarde l'avenir) même si je préfère quand je regarde le passé qui ne reviendra plus être naziste plutôt que royaliste nostalgique (ach, Sehnsucht ! :o)

Et à l'occasion, je ne refuse pas une référence communiste. Il se trouve que j'ai emporté Drieu ce matin avec moi : "Hitler périt du 30 juin : ce jour là il s'est privé de son aile gauche, des Strasser, des Röhm au lieu de se débarrasser des Papen, des généraux, etc. Il y a chez lui un côté snob comme chez Napoléon, un petit conformisme de la vieille Autriche. Ah communisme où es-tu ?" ["21 juillet 44, huit heures du soir"] (cela mis là uniquement pour choquer, je ne m'en explique pas, ce serait trop long d'expliquer que le communisme a aussi eu des côtés intéressants, que "l'empire du mal" est une fumisterie propagandiste fausse comme toutes les propagandes utiles, même si le communisme est mauvais. Stop, je ne vais pas me lancer là dedans dans ce message déjà trop long).

Je répondrai d'un autre côté à la suite, pour ne pas faire trop long, et parce que je n'en ai pas le temps ce matin.

 

Suite de la réponse à Paul, la 1ere partie étant passée ce matin sous le titre "Nazisme et communisme".

 - L'Etat existe partout ? Ah non. Il existe partout depuis que les hommes sont constitués en sociétés plutôt qu'en clans ou en familles élargies. Ce qui est un peu différent. Le tout est de savoir si nous sommes en train de voir prendre fin le mouvement qui a mené du clan ou de la famille élargie à la société. Je renvoie encore une fois à Zinoviev et à son analyse de la suprasociété : nous subissons dit Zinoviev un passage de la société à la supra-société aussi important que le passage du clan à la société dans l'antiquité lointaine. Il se trouve que le modèle de suprasociété qui a gagné la guerre froide est le modèle qui s'était incarné dans les USA. D'où une confusion qui fait que la suprasociété en cours d'installation est confondue avec un état particulier, les USA. Le tout est de savoir si c'est un accident ou non.

Il me semble que lorsqu'on voit par exemple l'imbrication du Japon et des USA, au point qu'aujourd'hui les USA estiment que tout problème au Japon les touche presque directement, l'Etat-nation en prend un coup. Si Zinoviev a vu juste, il n'en sortira pas un super Etat mondial. Mais quelque chose qui n'aura plus besoin d'Etat (comprenez : quelque chose qui s'appellera peut-être encore Etat par habitude, mais ce mot désignera quelque chose de nouveau). Quelque chose de radicalement nouveau que nous pouvons penser mais pas sur des modèles anciens. Le modèle ancien, c'est justement le super-Etat européen, avec sa bureaucratie céleste qui décide de tout, se mêle de tout.

Il y a bien deux logiques des deux côtés de l'Atlantique : d'un côté le saut dans l'inconnu, avec ses risques, mais aussi ses richesses, de l'autre côté deux crispations jumelles, l'une sur un Etat-nation dépassé ou c'est la nation historique qui fait l'Etat (et pour ma part je ne trouve pas ça dommage du tout à la vue du point où cela nous a menés) l'autre sur une sorte de nation-Etat européenne où c'est l'Etat artificiellement construit dont on espère qu'il sortira une nation (ce qui est proprement stupide à mon avis).

D'autre part, il y a eu des périodes où l'Etat n'a pas existé ou a existé comme une fiction sans pouvoir réel. Elles ont parfois été très heureuses : qu'on pense à cette période de l'histoire japonaise où les empereur avaient abdiqué leur pouvoir dans les mains de régents Fujiwara dont la seule occupation était à peu près d'envoyer une ambassade en Chine tous les cinq ou six ans et d'attendre qu'elle revienne. Qu'on pense aussi aux dynasties du Sud, pratiquement sans pouvoir, après l'invasion mandchoue en Chine, où pendant un temps s'était établi un modus vivendi où le sud échappait à tout pouvoir du nord en ayant de son côté un pouvoir étatique à peu près inexistant.

 - Sur la nation, j'ai déjà dit que je n'aime pas ce terme. Il est extrêmement vague. Ainsi les juifs avant la création d'Israël, constituaient-ils une nation ? mais ils n'avaient pas de territoire... et pourtant... Il faut je crois séparer du reste la notion de territoire, qui est appelée à devenir de moins en moins pertinente dans sa formulation simple, juridique. Le chiffons de papier ne tiennent qu'un temps, la terre appartient à celui qui la défend et l'occupe, pas à celui qui a un papier qui lui dit qu'elle est à lui (voir Cisjordanie... ou Seine-Saint-Denis).

Les pays qui aujourd'hui défendent le mieux leur "identité nationale" sont souvent ceux où cette identité n'est pas essentiellement défendue par des lois (Etat) ou des frontières (territoire), mais bien où le corps social lui même refuse les greffes étrangères. Regardez le Japon, l'Inde, les communautés chinoises d'Asie du sud-est : ce qui les définit ce n'est pas tant un territoire ou un Etat qu'une cohésion culturelle et raciale (désolé de prononcer cette gossièreté pourtant incontournable). Le jour où les français feront preuve envers tout ce qui ne leur ressemble pas de la violence et de l'absence de pitié dont font preuve par exemple les communautés chinoises, ils auront gagné et les envahisseurs partiront d'eux mêmes, ils n'auront plus de place chez nous. A l'usage, la violence nécessaire de l'Etat s'émousse puisque l'Etat est démocratique et cherche des voix, ou est totalitaire et ne veut pas être renversé par le nombre. La violence native des peuples qui refusent de se laisser menacer par ce qui n'est pas eux est bien plus fondamentale est c'est elle qu'il faudrait retrouver, entretenir. Ce qui n'exclut pas de bonnes relations avec les autres, mais chez eux. Et en leur tapant dessus préventivement, par la force ou sournoisement, quand ils relèvent trop la tête. A ce prix être Français voudra encore dire quelque chose dans le monde sans Etat de la suprasociété, où les frontières ne protègeront plus, où les choses s'échangeront sans cesse. Et quoi de mieux pour cela qu'un repère, une incarnation stable, un roi ?

-  Quant à l'administration, il en faut. Mais là encore, pourquoi confier celà à l'Etat ? Prenons l'exemple de la police, je préférerais payer la police que je choisis - encadrée par des règles puisqu'il en faut pour vivre en société et que la suprasociété n'abolira pas plus la société que la société n'a aboli la famille, mais la dépassera - plutôt que d'être contraint par l'impôt de payer une police qui m'est étrangère et applique des lois qui ne me plaisent pas au nom d'un Etat qui m'oppresse avec mon propre argent.

"Temps nouveaux" j'avoue que j'ai mal choisi l'expression. Ce qui me gène c'est la perpétuelle référence au passé. Le monde change, aussi vite qu'à la Renaissance, plus vite peut-être. Comment croire qu'il est possible de perpétuer les modèles du passé, même ne les adaptant un peu ? qu'il faille tenir compte du passé, le connaître, bien entendu, c'est même fondamental. Mais n'y a-t-il pas une naïveté surprenante à croire que nous pourrons perpétuer sans fin, comme indépassables, ces concepts tels que la nation, l'Etat, qui ont eu une naissance, qui auront une mort ? ou qui au mieux se perpétueront comme mots, mais en recouvrant une autre réalité.

Nous ne savons pas ce qui sera. La seule certitude, c'est que cela ne ressemblera ni au présent, ni à fortiori au passé. Le restauration est un leurre, on ne restaure jamais rien, on instaure ou on se fait balayer. Voir la parenthèse 1815-1830, somme toute assez lamentable. Ajoutons à cela que les rares puissances qui font une prospective sérieuse (USA, OTAN) ou celles qui ont le souci de tracer des perspectives à un horizon de 200 ans environ (Chine) ne sont ni françaises, ni francophones, ni essentiellement européennes. Ce qui ne facilite pas les choses. En revanche, ce qui est évident, c'est que la France s'en tirera mieux avec un régime qui avant de se fossiliser au point d'aboutir à 1789 avait su très pragmatiquement se faire à tous les changements, et que ce régime c'est la royauté. Une famille qui par sa perpétuation même incarne celle de la France, ni de l'Etat, ni de la nation, ni de la patrie ni d'aucun de ces termes artificiels qui sont je crois appelés à disparaître même s'ils auront quelques sursauts (Viguerie montre très bien comment ils se sont substitués à l'appellation "France" de manière sournoise au long de l'histoire des idées).

Vous le dites bien : une culture sur un territoire. Mais croire que les vieux réflexes étatiques ou nationaux pourront encore arriver à ce résultat, cela me semble un leurre car le monde change. Au reste, si ces vieux réflexes suffisaient, quel besoin d'un roi ? l'Empire ou la IIIe république ne faisaient pas cela si mal... Demain ni les frontières ni les lois nationales ne permettront plus de défendre une culture ou un territoire. Il faudra je crois compter sur autre chose, sur une cohésion plus haute, plus forte et plus viscérale que les cohésions qui ont fonctionné en France par le passé sous l'égide de l'Etat ou de l'idéologie nationale. Le roi, la foi, certaine culture sont sans doute des solutions, mais pas comme des pièces de musées, des choses à ressortir du passé telles quelles, en les époussetant un peu, en espérant que ça marchera une fois encore. Parce que ça n'a jamais marché une fois encore, quand cela a marché par le passé, c'est parce qu'alors cela correspondait aux réalités nouvelles du temps. Devant des changements si rapides et importants que ceux que nous subissons, cela doit encore changer, s'adapter (sans se renier), pour marcher encore une fois. Pour perpétuer une chose qui n'est ni l'Etat, ni la nation, ni la patrie, ni je ne sais quoi, mais plus simplement et beaucoup plus fondamentalement la France. Du moins il me semble.

 

Le Lieutenant 28-03-2002 :

Très passionnants échanges entre deux grands penseurs de VR.

Leurs points de vue sont également intéressant et les échanges étant de haut niveau, j'hésite un peu à ajouter mon grain de sel.

Néanmoins, si je partage en grande partie les avis du S. du R. et de Paul T. sur les similitudes et différences du national socialisme et du socialisme soviétique, il me semble utile d'attirer l'attention sur une similitude et sur une différence qui me semblent assez essentielles et ont été peu évoquées.

La similitude : à une époque où l'on charge le nationalisme de tous les péchés du monde, il n'est pas inutile de constater que les idéologies évoquées incluent toutes deux la volonté de dépasser la notion nationale, au profit dans un cas d'une classe sociale indifféremment à son origine, au profit d'une race ou d'un groupe ethnique qui se trouvait séparé par des frontières nationales (Allemagne-Autriche-Pologne-Hongrie...) pour l'autre ; Hitler était autrichien d'origine, ne l'oublions pas, cela a pesé lourd dans la genèse de son combat ; je me demande parfois si les théories raciales auraient trouvé leur utilité et donc leur raison d'être si le combat d'A.H. s'était situé à l'intérieur de frontières uniques.

Une différence fondamentale ensuite, le communisme est fondé sur une doctrine intellectuelle abstraite, postulant l'égalité, rejetant tout héritage des anciennes sociétés vouées à la destruction révolutionnaire(l'illustration la plus frappante et récente en est le Cambodge), le national socialisme, lui,  a revendiqué l'héritage commun des peuples germaniques et cultivé ses vertus anciennes, allant pour certaines tendances jusqu'à exalter le paganisme germanique et nordique.

Dans la pratique, le communisme doctrinaire et théorique a mené à la lutte des classes et ensuite, malgré un régime autoritaire permettant d'imposer une politique suivie, a inévitablement mené à l'inefficacité totale et à la pénurie, le national socialisme à l'inverse, pragmatique dans sa gestion et unificateur dans l'exaltation de sentiments communs a atteint une forte efficacité que seule la guerre a interrompu, mais mené à des excès liés plus à l'atrophie de sentiments mythologiques et populaires qu'à une théorie abstraite.

 

Paul le Hérisson 28/03/2002 :

Le dernier échange entre le SdR et Paul Turbier m'a beaucoup intéressé. Je voudrais aborder un aspect marginal de leur débat à savoir, l'histoire comme moyen de penser.

Je suis bien d'accord avec le SdR pour dire qu'il n'y aura pas de nouveau un XIIe s. ou un III Reich. L'histoire ne se répète pas de cette façon et ceux qui croient à cela se trompe lourdement. Néanmoins, cela ne doit retirer en rien à l'histoire son rôle de modèle et d'exemple. En effet, l'homme hier comme aujourd'hui obéit aux mêmes impératifs, aux même pulsions, à la même nature mais, par définition, il le fait différemment suivant les époques. Par exemple, un homme pieux n'est pas moins pieux au XXIe siècle qu'au XIIe, mais sa piété aura une forme différente. Être royaliste, c'est penser que la royauté est un système global à la fois suffisamment ancré dans la "nature humaine" pour nous être appliquer et suffisamment souple pour pouvoir s'adapter aux changements.

Quels changements allez-vous me dire, si l'homme ne change pas ? Et bien, je pense aux changements de la technique. Il y a quelques jours, je citais l'ouvrage du père Morgain sur la théologie politique de Pierre de Bérulle ; sans réaction, d'ailleurs... Le père Morgain montre très bien comment Bérulle, a su intégrer, utiliser et sublimer les changements techniques - tels que la faillite du système ptoléméen - ou intellectuels, comme l'Edit de Nantes, pour mieux penser la royauté. Il ne s'agit de faire ce qu'a fait Bérulle, mais de prendre exemple sur la posture intellectuelle qui est la sienne. La tolérance l'emm... mais il lui fallait faire avec et il a fait avec. L'héliocentrisme qui s'opposait, dans une certaine mesure, à l'anthropocentrisme ambiant ne devait pas le réjouir, mais il le savait vrai et il en fit ce que l'on sait et qui trouvera son apogée sous Louis XIV.

Donc, voilà en quoi l'histoire, c'est-à-dire le passé, est utile pour comprendre le présent et le futur. Toutefois, je vois une limite terrible à mon raisonnement. C'est le changement de nature de la technique. Sous Louis XIII, le centre de l'Univers se déplaçait, mais l'homme, lui, restait bien en place. Avec les techniques modernes, c'est l'homme même que nous déplaçons. Nous le déplaçons de sa nature : clonage, techniques embryologiques, etc... bientôt, nous pourrons vraiment faire naître les enfants dans des choux ! Quoique j'ai peur que ce soit plutôt dans des matrices de truies... Nous le déplacerons aussi en lui faisant quitter la Terre. La colonisation de Mars dont parle souvent le SdR -et qui amuse sans doute certains...- est une ânerie... au moins autant que pouvait apparaître de marcher sur la Lune à des gens des années 20 ou 30... De plus, les moyens de transports rendent impossible l'existence de frontières imperméables. L'omniprésence de la télévision comme objet regardé mais aussi comme objet regardant change, elle aussi, radicalement l'attitude que nous avons à l'égard du monde.

Face à cela, moi - pour reprendre ma lecture récente de quelques textes d'Heidegger - je n'ai pas de "chemins pour penser la technique". Il semble que certain en ont. Il est certain que c'est là l'urgence mais je n'arrive pas à trouver mon chemin.

D'où ma réaction, issue de la même lecture récente : le choix de "rester en Province..."

 

Pour compléter ce que j'écrivais :

A la question que peut faire la pensée* pour influencer le cours des événements, Martin Heidegger répondait en 1966 :"Si vous me permettez une réponse brève et peut-être un peu massive, mais issue d'une longue réflexion : la philosophie ne pourra pas produire d'effet immédiat qui change l'état présent du monde. Cela ne vaut pas seulement pour la philosophie mais pour tout ce qui n'est que préoccupation et aspiration du côté de l'homme. Seulement un dieu peut encore nous sauver. Il nous reste pour seule possibilité de préparer dans la pensée et la poésie une disponibilité pour l'apparition du dieu ou pour l'absence du dieu dans notre déclin, que nous ne fassions pas, pour dire brutalement les choses, que "crever" ; mais si nous déclinons, que nous déclinions à la face du dieu absent."Heidegger (Martin) [éd. Fédier François], Ecrits politiques. 1933-1966, Paris, 1995, p. 260.

Paul le Hérisson qui, entre ça et coller des affiches "les jeunes avec Le Pen", se demande s'il n'y a pas comme un hiatus...

* Pour ceux qui l'auraient oubliés, les perspectives immédiates de coup d'Etat étant relativement limitées, nous nous contentons de penser sur VR...

 

S. de B. 28/03/2002 :

Faisant partie de cette catégorie de " moins d'une dizaine de Vrgiens" dont vous considérez qu'ils "s'extasient" devant le National Socialisme, je m'octroie un droit de parole dans le débat ouvert par S du R.

Il n'y a aucune "extase" dans mon cas. Il y a avant tout le constat de la réussite d'un régime appuyé sur un homme, un seul, qui a réussi en moins de dix ans , à faire d'un peuple humilié, écrasé, vaincu, ruiné, pourri de vices et de corruption, une nation forte, riche et puissante qui a fait trembler l'univers. Uniquement en lui redonnant la fierté.

Il y a ensuite l'écoeurement, la nausée, la haine brûlante que suscite en moi tout pensée unique, toute "political correctness", tout lynchage médiatique, tout mensonge historique obligatoire. Il y a aussi l'idée que, sur deux ou trois points , le communisme et le nazisme ne sont pas comparables.

-Le nazisme n'a jamais été une nuisance universelle.

- Il a tué dix fois moins que le communisme

- enfin, éradiqué depuis un demi siècle, il est toujours en procès alors que le communisme qui règne encore sur un bon tiers de l'humanité ne fait l'objet d'aucune poursuite. Et puis, je confesse, c'est vrai, une certaine fascination esthétique. Face a l'épouvantable vulgarité de la propagande communiste, je trouve une certaine élégance à l'apparat national socialiste. Je préfère Nuremberg et ses tambours à la Fête de l'Huma, les uniformes de la SS aux hardes des partisans et même, si vous voulez tout savoir, la nuit de cristal aux viols et égorgements de religieuses pratiquées par les républicains espagnols".

Mais là n'est pas l'essentiel. A mon sens, on commet un contresens quand on cite Louis XIV "l'état c'est Moué" comme icône du pouvoir personnel totalitaire. On peut soutenir exactement le contraire. L'Etat c'est moi signifie : le principe de l'ordre social, c'est le Roi. Et le roi n'est ni marchand d'allumettes et cigarettes, ni fabricant de voitures, ni propriétaire de chaînes de télévision, ni transporteur, ni médecin, ni comptable. Quant à la Nation, elle n'est pas "un ensemble de gens qui veulent vivre ensemble avec les mêmes usages, coutumes et Lois en parlant une même langue et en habitant un même territoire.." Elle n'a rien à voir avec la volonté de ses composants. Elle est naturellement l'émanation d'une communauté de race, de territoire, de langue et de culture. On n'est pas d'une nation parce qu'on le veut. Mais parce que qu'on y est né ou parce que l'on accepte de payer son intégration au prix le plus fort. La différence entre un natif et un naturalisé devrait être que le premier a reçu la vie de sa nation alors que le second la lui offre. Enfin, l'administration ne devrait être, comme son nom l'indique, que l'outil servant à administrer. Or elle est devenue une puissance autonome de gouvernement qui échappe à tout contrôle, à toute sanction. Quant a l'Europe et aux temps nouveaux, je partage assez l'opinion de Paul T. Ce sont des mots valise. Chacun y met ce qu'il veut.  De vieilles hardes ou des bombes. Pour ma part, j'attends que l'on m'explique comment, après deux cents ans d'impuissance a faire fonctionner correctement la France, on peut avoir le front de prétendre faire fonctionner l'Europe. Lorsque la démocratie aura démontré qu'elle peut assurer la paix et la prospérité d'une co-propriété de huit appartements, j'accepterai d'envisager qu'elle peut gérer une résidence puis un quartier, puis un village, puis un canton, une province et peut être un état. Pour un continent, il faudra attendre quelques siècles ! D'ici là, je reste résolument partisan d'un régime fort, placé sous l'autorité d'un seul homme entouré de lieu-tenants obéissants et zélés qui par délégation, sont porteurs de son autorité personnelle. En cela, je suis fasciste.. Comme catholique, je crois que le choix de cet homme n'incombe ni a la masse, ni aux factions mais à Dieu. En cela je suis royaliste. Enfin comme homme, je vois bien que le seul moyen par lequel Dieu peut nous faire connaître l'homme de son élection sans porter atteinte à notre Libre Arbitre, c'est la naissance.

En cela je suis légitimiste.

 

Paul T. 28/03/2002, en réponse aux affirmations de S. de B. reprises en italique :

Il y a avant tout le constat de la réussite d'un régime appuyé sur un homme….

Redonner la fierté est un noble but qui n'excuse pas tout, car sans cela, que dire de votre exécration du général, exécration que je comprends sans la partager à un tel niveau..

Il y a ensuite l'écoeurement, la nausée, la haine brûlante que suscite en moi tout pensée unique, toute "political correctness", tout lynchage médiatique, tout mensonge historique obligatoire. Il y a aussi l'idée que, sur deux ou trois points ,  le communisme et le nazisme ne sont pas comparables.

Oh, tout à fait d'accord (sauf sur le point du politiquement correct pour lesquels communisme et national-socialime n'ont pas été mal du tout ) et c'est la raison pour laquelle je relativise les convergences en disant qu'elle se constatent à un degré plus ou moins grand. Sur le plan purement sémantique, je préfère la locution " National-socialisme-ouvrier-allemand" que le mot nazisme à cause du mot socialisme qui y apparaît clairement, ce qui explique mon éloignement. Par contre, le mot allemand ne me gène pas.

Et puis, je confesse, c'est vrai, une certaine fascination esthétique…

Moi également, je ne suis pas de ceux qui admirent les dits-républicains, loin de là.

A mon sens, on commet un contresens quand on cite Louis XIV "l'état c'est Moué" comme icône du pouvoir personnel totalitaire. On peut soutenir exactement le contraire. L'Etat c'est moi signifie : le principe de l'ordre social, c'est le Roi.

Ce n'est pas ce que le voulais dire et je ne tombe pas dans ce travers. Je voulais simplement faire remarquer au S. du R. que l'Etat dont il rejette l'idée même, existe toujours sur une forme ou sous une autre, personnifiée clairement ou diluée obscurément. Il nous faut donc "faire avec" ce à quoi je me résouds aisément.

Et le roi n'est ni marchand d'allumettes et cigarettes, ni fabricant de voitures, ni propriétaire de chaînes de télévision, ni transporteur, ni médecin, ni comptable.

    C'est évident, mais il est maître du feu (vous voyez bien lequel) et garant de surcroît de l'eau, de l'air et des entrailles de la terre.

Quant à la Nation, elle n'est pas "un ensemble de gens qui veulent vivre ensemble avec les mêmes usages, coutumes et Lois en parlant une même langue et en habitant un même territoire.." Elle n'a rien à voir avec la volonté de ses composants. Elle est naturellement l'émanation d'une communauté de race, de territoire, de langue et de culture. On n'est pas d'une nation parce qu'on le veut. Mais parce que qu'on y est né ou parce que l'on accepte de payer son intégration au prix le plus fort. La différence entre un natif et un naturalisé devrait être que le premier a reçu la vie de sa nation alors que le second la lui offre.

C'est idéalement vrai mais beaucoup trop de ceux qui on reçu la vie sont ingrats et beaucoup de ceux qui aspirent à l'adoption ne demanderont pas mieux que d'en acquitter le prix que vous dites. De sorte que le décompte n'ai pas aisé.

Enfin, l'administration ne devrait être, comme son nom l'indique, que l'outil servant à administrer. Or elle est devenue une puissance autonome de gouvernement qui échappe à tout contrôle, à toute sanction.

Je ne dis pas autre chose, mais sans doute moins bien.

Quant a l'Europe et aux temps nouveaux, je partage assez l'opinion de Paul T.

Merci beaucoup!

Ce sont des mots valise….Lorsque la démocratie aura démontré qu'elle peut assurer la paix et la prospérité d'une co-propriété de huit appartements, j'accepterai d'envisager qu'elle peut gérer une résidence puis un quartier, puis un village, puis un canton, une province et peut être un état.

Si une quelconque probation avait été concevable, ce serait fait depuis longtemps de sorte qu'il vaut mieux ne plus attendre. La seule preuve que la révolution républicaine ait apporté c'est celle de sa nuisance et de son essence criminogène. N'est-elle pas née dans le sang impur de l'assassinat politique ?

D'ici là, je reste résolument partisan d'un régime fort, placé sous l'autorité d'un seul homme entouré de lieu-tenants obéissants et zélés qui par délégation, sont porteurs de son autorité personnelle. En cela, je suis fasciste..

    En cela je suis royaliste mais il me faut un Roi chrétien

Comme catholique, je crois que le choix de cet homme n'incombe ni a la masse, ni aux factions mais à Dieu. En cela je suis royaliste. Enfin comme homme, je vois bien que le seul moyen par lequel Dieu peut nous faire connaître l'homme de son élection sans porter atteinte à notre Libre Arbitre, c'est la naissance. En cela je suis légitimiste.

    Pour moi, c'est l'onction.!  En celà je suis providentialiste.

Allez: à bientôt, nous nous sommes éclairci la voix et ramoné les bronches. pour cela, je vous dis merci!

Paul T.