DROIT DIVIN, LETTRES DE CACHET, MISERE NOIRE DU PEUPLE.

 

 

Extrait d'un message de Chouanne (VR) relatif à des échanges sur YAHOO le 21 août 2001.

Sur le sujet: "Vive notre Roi de FRANCE !"

 

Message de Azotarian :

Je suis d'accord, la France doit retourner à ses anciennes valeurs et à sa gloire passée!!!!

 

Message de Versange :

C'est cela, oui, le droit divin, les lettres de cachet, les fastes de la cour et la misère noire du peuple.

N'importe quoi.

 

 

Message de Merlinchaz :

Je vous crois assez intelligent, Versange, pour accepter une controverse courtoise et historique.

 

Vous citez, c'est plus simple, le résumé de quelques manuels d'histoire imprégnés de l'esprit révolutionnaire.

 

Permettez-moi quelques explications moins sommaires (encore qu'elles le soient beaucoup, je n'ai pas la place ni le temps de faire un cours ..)

 

Le droit divin, c'est tout simplement le droit de succession par naissance (en France, de mâle en mâle par ordre de primogéniture). Il a l'avantage, énorme, de ne pas soumettre le souverain à se préparer, tous les quatre, cinq ou (naguère) sept ans, à une campagne électorale qui a pour effet de l'empêcher, pendant au moins la moitié de cette période,  de faire ce qu'il doit faire pour le bien commun pour se consacrer à ne pas contrarier tel ou tel parti, lobby ou personnage influent. Le roi, d'autre part, est élevé depuis son enfance pour faire ce métier de roi : il connaît, mieux qu'aucun de ses sujets, les besoins de son royaume, l'état de celui-ci, le fonctionnement de ses institutions.

 

Les lettres de cachet : certes, elles ont de quoi choquer. Mais en fait, elles ont pour objet de faire remonter à la personne du roi un certain nombre d'arrestations qui, dans un autre régime, seraient le fait par exemple de juges d'instruction (qui n'émanent pas du peuple, faut-il le rappeler) sur la seule "intime conviction" de ceux-ci. Elles ont de plus l'avantage, quand il s'agit (et c'est le plus souvent le cas) de fous ou de "prodigues" (c'est-à-dire de gens qui aujourd'hui seraient mis sous tutelle pour les empêcher de gaspiller leurs biens) d'éviter la notion d'infamie qui s'attache à l'arrestation sur ordre de l'institution judiciaire. C'est ainsi qu'à la Bastille ne se trouvaient, le 14 juillet 1789, sur lettres de cachet, que quatre fous et trois prodigues.

Certes, il est arrivé que des lettres de cachet frappent des écrivains ; mais, jusqu'à une époque très récente, la plume n'a pas réellement été libre: faut-il citer l'exécution d'André Chénier, pour ses poèmes ? ou la condamnation de Baudelaire pour les siens ? Il n'y avait pourtant plus de lettres de cachet, ni dans un cas ni dans l'autre.

D'ailleurs, je ne crois pas qu'il y ait des royalistes qui demandent le retour de l'ensemble des institutions de l'ancien régime, lettres de cachet comprises. Il s'est écoulé plus de deux siècles, et tout le monde en tient compte.

 

Les fastes de la cour et la misère noire du peuple. Encore un cliché qui ne tient pas tout à fait la route : la Révolution a éclaté, non pas quand Louis XIV (qui, en construisant Versailles "nous mettait "d'ailleurs "notre argent de côté") ou Louis XV avaient la cour la plus fastueuse, mais bien quand Louis XVI en a eu diminué l'importance de près de moitié ... sans pouvoir faire plus, puisque les titulaires de charges à la cour les avaient achetées, qu'il fallait donc les rembourser, ce qui évidemment ne pouvait se faire que progressivement, car les finances de l'Etat ne l'auraient pas supporté.

 

La misère du peuple fut immense à certaines dates, pour des raisons essentiellement climatiques (le roi y a d'ailleurs remédié autant que possible en diminuant sa dépense personnelle : c'est ainsi qu'il est presque impossible de trouver en France une seule pièce d'argenterie antérieure au XVIIIème siècle, parce que le roi a fait, pour limiter les charges imposées au peuple, fondre toute son argenterie et a imposé aux nobles et bourgeois d'en faire de même : il ne reste plus que quelques exemplaires dans des musées, la plupart étrangers : c'était des cadeaux offerts aux souverains étrangers). En revanche, en dehors des époques de famine climatique, la France était le pays du monde où le peuple vivait le mieux, car, contrairement à ce que l'on raconte, les impôts étaient très bas, ayant à peine varié en plus de deux siècles, alors que les prix des denrées et les salaires avaient très fortement augmenté. C'est d'ailleurs la principale cause de la réunion des Etats-Généraux : ces impôts ne permettaient pas, malgré les restrictions faites sur les dépenses de la cour, de faire face aux dépenses de la guerre d'indépendance des Etats-Unis.

 

Au demeurant, les fastes de la cour de Louis XVI étaient loin de coûter aussi cher que l'entretien, la garde, les cérémonies et les voyages d'un président de la République comme Mitterrand. Un seul voyage en Concorde privé coûte plus cher que toute la garde-robe d'un roi .

 

Je suis bien entendu prête à vous indiquer quelques ouvrages où vous trouverez confirmation (d'après des documents authentiques et non selon l'opinion de leurs auteurs) de ce que je vous dis là.

 

Et bien, Vive le ROI !

 

"Courage"