De la beauté en politique

 

 

Faisant suite à d’autres débats

JML le 29 oct 2003

Si un domaine aussi grave que la direction d'une nation doit reposer essentiellement sur le lyrisme ou l'esthétique plus que sur un principe d'essence surnaturelle ; plus que jamais, j'en appelle à un roi digne avec la foi bien chevillée au corps pour s'occuper de la destinée de l'Etat. Par conséquent, j'appelle de mes voeux le peuple à s'occuper de ses petites affaires quotidiennes esthétiques ou oubliant le politique.

La beauté des choses n'est pas le but exclusif à rechercher, elle est la conséquence évidente d'un état d'esprit pur et serein qui s'applique en toute chose.

 Si vous insistez dans votre sens, je crois que vous allez me renforcer dans ma détermination antidémocratique.

On ne devrait parler que de choses dont on a mûrement mesuré les conséquences et acquis une solide connaissance et expérience. Je vous donne à méditer cela, cher "Ber.bre".

De mon côté, je vais méditer sur le Roi temporel, représentant du Christ-Roi du ciel.

jml.

 

 

Fressinet 29-10-03

JML,

Par rapport a l'esthétisme de la monarchie, je pense qu'il s'agit justement d'une des premières valeurs de la monarchie qu’apprécient les non inities. Dans un monde si laid, la beauté ne peut qu'attirer le regard et faire réfléchir.

Quand je discute avec des non Royalistes, l'esthétisme est le premier argument que j'avance. La beauté est une chose a laquelle nous sommes tous sensibles au delà de nos différences respectives. Elle avance le débat sur un point de rapprochement rend l'oreille de l'interlocuteur plus disposé a entendre le discours politique qui suit. Le contraire n'est pas vrai.

fressinet

 

 

BerBre, le 29-10-2003

Serions-nous en profond désaccord?

La beauté me paraît être un des attributs de la vérité : l'aspect esthétique, certes, mais pourquoi pas? Ne tombons pas dans l'acception absurde des media ou de certains autres contemporains : toute expression n'est pas art, tout mode de vie n'est pas culture.

La beauté, admettons la pour l'instant comme une harmonie qui élève l'âme. Harmonie, et non logique. Nous pourrions la rapprocher d'un "équivalent" spirituel, qui serait la mystique.

De même que l'école est sensée éduquer la raison, elle pourrait aussi éduquer le sens de la beauté.

Ce sens de la beauté existe chez certains spontanément (exemple, Chateaubriand, royaliste totalement illogique), et il existe sous certaines formes plus ou moins frustres ou sommaires chez tous : ainsi la plupart des gens apprécieront-ils un défile militaire (que nos contemporains suppléent en "pompon girls"). Ils apprécient aussi les reportages télévisés de sacres ou cérémonies princières. On pourrait donc par à les sensibiliser, si leur sens esthétique est entretenu ou développé. Cette sensibilisation peut ne pas suffire, elle peut cependant être une introduction.

La vérité est belle, comme elle est bonne et juste. Peut-être certains préfèrent-ils justifier la vérité en raisonnant, héritiers de Descartes ? Mais il me parait difficile d'établir une hiérarchie entre les approches permettant de contempler cette vérité, approches qui nous sont personnelles et à propos desquelles le sens pratique politique devrait considérer, me semble-t-il, que seul le résultat compte.

Pourquoi refuseriez-vous de vous allier avec un royaliste protestant (ou même païen), inconséquent et strictement intuitif, dont le royalisme se contenterait de contempler l'harmonie de la royauté, harmonie qui suffirait a le satisfaire..

La foi du Charbonnier vaut bien celle du philosophe.

L'essentiel n'est-il pas de contempler la vérité, en matière politique comme en matière religieuse ?

Puis-je vous proposer, si vous en trouvez le temps, la lecture de "la réponse du Seigneur", d'Alphonse de Chateaubriant ?

Une semblable approche peut être faite pour le sens de l'Etat, suffisant à faire d'un homme, un vrai royaliste.

Apres tout, on peut être catholique sans être royaliste, ou sans croire aux miracles de Lourdes ? On peut constater la qualité des guérisons de Lourdes, sans croire aux miracles ? Et bien, de même on peut être royaliste sans croire aux miracles du baptême de Clovis et en la religion catholique.

 

 

JMichelL, 30-10-2003 :

Vous parliez d'esthétique en politique. A part le nettoyage de peau dont elle a bigrement besoin, je ne voyais pas où vous vouliez en venir. Maintenant, si vous parlez de beauté dans le sens de ce qui élève l'âme en excitant un sentiment de plaisir esthétique et d'admiration, nous ne pouvons qu'être en parfait accord. La vérité est bien de cette essence à mes yeux.

 

<<<<< Pourquoi refuseriez-vous de vous allier avec un royaliste protestant (ou même païen), inconséquent et strictement intuitif, dont le royalisme se contenterait de contempler l'harmonie de la royauté, harmonie qui suffirait à le satisfaire... >>>>>

Je ne refuserai sans doute pas de m'allier avec un royaliste protestant, mais je doute qu'un païen puisse être autre chose qu'un pseudo-royaliste. Il se suffirait de l'harmonie, mais l'harmonie ne saurait se suffire de lui.

 

<<<<< La foi du Charbonnier vaut bien celle du philosophe. >>>>>

Permettez-moi d'être ici en profond désaccord avec vous. A moins que vous puissiez me fournir une explication valable sur les apparitions mariales qui, à ma connaissance, ne se sont produites qu'auprès de "Charbonniers" et non de philosophes.

 

<<<<< Apres tout, on peut être catholique sans être royaliste, ou sans croire aux miracles de Lourdes ? On peut constater la qualité des guérisons de Lourdes, sans croire aux miracles ? Et bien, de même on peut être royaliste sans croire aux miracles du baptême de Clovis et en la religion catholique. >>>>>

Vous partez de l'axiome de base : "on peut être catholique sans être royaliste". Que signifie donc le "Royaume" de Dieu, la "Reine" du Ciel, le Christ-Roi" ? N'est-ce qu'une image esthétique, un délire lyrique ? En l'absence d'une réponse satisfaisante, je ne vois guère de sens pour le reste de votre démonstration.

Gérard de Villèle, 30-10-2003

 

 

Paul Turbier, 1er novembre 2003.

« Pour parler clair, au XXIe siècle, en France, tout mouvement royaliste qui ne se réclamerait pas du décalogue et de l'enseignement de notre Seigneur Jésus-Christ, m'apparaîtrait un avatar des lumières éteintes, donc un sous-marin révolutionnaire. Si cela ne vous apparaît pas évident, J'en suis désolé pour vous et pour le roi qui ne pourra compter que sur un tout petit carré. jml. »

Désolé de vous contrarier.

Le politique étant l'art du mieux possible, et non de la recherche de l'idéal, je me contenterai des alliés que je trouverai sur mon chemin, pour essayer de rebâtir la France. Ce qui ne m'empêche pas de tenter courtoisement de les amener aux autres vérités dont je suis conscient, y compris en matière religieuse. Mais je ne saurais en faire un préalable.

Maurras fut en son temps, dès avant sa conversion, un pilier de notre bord, même si certains peuvent le trouver libéral. Ses approches restent très satisfaisantes intellectuellement, pour un chercheur honnête en politique, dont la conscience religieuse n'est pas encore éveillée. On peut bien sûr lui préférer Bonald, Maistre, ou d'autres ... mais qui resteront moins convaincants aux yeux de certains.

Par contre je suis bien d'accord avec vous sur le fait qu'une conscience religieuse éclairée, sera un puissant soutien pour amener quelqu'un au royalisme français traditionnel.

Mais symétriquement, le royalisme peut permettre a quelqu'un de venir ou revenir au catholicisme.

Enfin et surtout, je suis tout dispose a être plus royaliste que le Roi, et si celui-ci devait se contenter de n'être dans un premier temps que l'équivalent français d'un Roi des Belges, ou d'un Roi d'Espagne, je m'efforcerai de faire évoluer ensuite cette situation. Mais évoluer, et non renverser. Car cette situation me paraîtrait une amélioration, un progrès, une étape vers un mieux plus grand.

Donc dans cette mesure,  il ne paraît pas impossible de laisser collaborer avec moi un partisan d’une royauté constitutionnelle. Mais loyalement, qu'il sache bien que son idéal n'est pas la fin que je recherche.

Et peu à peu j'essayerai, me semble-t-il, de l'amener a réfléchir a d'autres aspects qu'il n'a pas vus.

Le royalisme n'est pas nécessairement la monarchie, et surtout n'est pas nécessairement absolutisme. Le seul point a mes yeux fondamental : le Roi est de Droit divin, et doit faire profession de catholicisme en France.

Pour mieux développer, je vous propose de relire "Du Roi" de Volkof, et je demande au Lieutenant les références, s'il en a, des propos déjà échanges sur VR a ces sujets.

 

 

jml, 1er novembre 2003.

Vous êtes bien bon. Vous êtes plus charitable que moi. Néanmoins, votre raisonnement se tient. Il est dangereux, mais ne manque pas d'attrait. Il est clair que le roi se trouvera dans la situation actuelle de la droite nationaliste. Comment trouver un consensus large, sans faire de concession sur l'essentiel, tout en n'y laissant point son âme ?

jml.

 

 

Fcingala, 1er novembre 2003.

Cher jml,

Je pense que l'on ne laisse point son "âme" lorsque l'on défend sa  nation, sa terre et son patrimoine dans la connaissance et dans l'amour que l'on a de l'histoire de son pays.

Ensuite, je rejoins totalement  Ber.bre dont je copie les écrits : "je me contenterai d'alliés que je trouverai sur mon chemin, pour  essayer de rebâtir la France.  Ce qui ne m'empêche pas de tenter courtoisement de les amener aux autres  vérités dont je suis conscient, y compris en matière religieuse."

C'est déjà pas mal, non ?

fc

 

 

jml 2 novembre 2003.

Chère FC,

Lorsque vous dites : "Je pense que l'on ne laisse point son "âme" lorsque l'on défend sa nation, sa terre et son patrimoine dans la connaissance et dans l'amour que l'on a de l'histoire de son pays."

Je ne peux qu'être en parfait accord avec vous et je ne crois pas avoir dit le contraire. Je comprends bien votre réaction généreuse, bienveillante et charitable ; conforme aux principes chrétiens. Mais, la question qui se pose : avec qui partager ces beaux sentiments ? C'est là que je ne suis plus d'accord avec vous et Ber.bre. Je ne suis pas partant pour m'allier avec n'importe qui. Il est déjà prudent de se méfier de ses amis qui sont mieux placés pour vous trahir que vos ennemis. Je n'ai donc pas besoin d'être trop disert sur les faux amis. De quoi s'agit-il, me direz-vous ? Hé bien ! Par exemple, à part quelques rarissimes exceptions, je ne ferai pas confiance à un "Nulzulman" pour se faire une haute idée de la France. Non pas parce qu'il n'aimerait pas la France, mais parce que nous n'aimerions pas la même France. Je n'arrive pas à entrevoir des passerelles possibles entre une France chrétienne et une France "nullezulmanne". Ceci sur tous les plans : philosophique, religieux, artistique, économique, culinaire, architectural, urbain, politique, etc... Peut-être avez-vous assez d'orgueil pour affirmer que vous vous chargerez de convertir tous les "Nulzulmans" à la religion catholique. Je n'ai pas une telle prétention. Autre question : Les "Nulzulmans", combien de prix Nobel ? Croyez ma petite expérience, il nous faut trier nos alliés sur le volet. Votre remarque est peut être valable que pour quelques Français non encore convertis à l'Islam, au bolchevisme, au sionisme, aux sectes... donc à Satan. Une recette : dans ma cuisine, point de beur daubeur, que le labeur au beurre. Par tout temps : Il vaut mieux être à l'heure, qu'au leurre. N'est-ce pas ?

Cordialement,

jml.