Débat de septembre 2003 sur l’Alliance Royale

 

Un résumé par Paul Turbier, le 14-09-2003.

 

Je ne vais pas bouder le plaisir de voir se développer un vrai débat royaliste surtout lorsqu'il provoque d'entrée un déferlement d'idées. Il faut commencer par trier. Je discerne dans les mesages que j'ai reçu :

    - l'AR est une tentative pour remettre le royalisme sur la scène politique. ( Pierre Van O)

    - Elle n'a probablement pas les moyens financiers de son ambition électorale et je dirais que c'est tout à son honneur, un pactole prénatal sentirait un peu trop le fromage. ( Loup Blanc et Gérard )

    - Le temps ne joue pas dans son camp. ( Paul Le H) J'ajouterai qu'il ne joue dans aucun des camps nationalo-souverainistes ni dans le nôtre en général.

    - Le royalisme est engoncé dans des idées toutes faites soit archaïques ( la restauration conforme à un statu-quo ante, vive Louis) , soit utopiques et folles (les 200 avions)

    Tout est intéressant et mériterait débat mais les conclusions qui en sortiraient seraient probablement caduques dès qu'énoncées car une carte nouvelle interdit toute comparaison avec des situations antérieures ou même récentes . Cette carte est l'immigration-invasion. Comparer l'AR avec l'AF même avec de corrections calendaires est donc un faux débat , l'AF de Maurras ignorait le problème; se crêper le chignon sur la question Orléano-légitimo-survivanto-busseto- trukchose est tristement hilarant; imaginer que tout va se régler au fil de l'épée est inepte.

    Pierre Van O nous dit justement qu'un point réunit l'ensemble des royalistes, c'est la conviction que seul un Roi peut résoudre le fondamental problème que pose l'immigration. Je le crois. En effet les moyens à mettre en oeuvre pour y apporter une solution sont complètement hors de portée d'une action républicaine car le combat est religieux.  Tout les français savent intuitivement deux choses, à savoir

        - L'immigration qui pose le plus important problème est celle d'origine arabo-maghrébine.

        - Cette immigration n'est ni intégrable ni assimilable justement à cause de l'Islam.

Ils voient donc cette immigration comme un forme nouvelle et insidieuse d'invasion et ils la réprouvent. Il n'est que d'entendre leurs réactions face au signes ostentatoires que posent ici ou là les musulmans pour s'en convaincre. Que pensent-il TRES MAJORITAIREMENT du voile à l'école, de l'édification de mosquées, du ramadan; de l'aït-el-kebir, de la prière sur la voie publique à Paris . Rien de positif, c'est le moins que je puisse dire.

    Le combat est clairement religieux et les laïcards républicains sont donc incapables de le mener. Au contraire, sous prétexte d'humanisme et de tolérance, ils soufflent sur les braises car leur véritable ennemi c'est la religion catholique et ils voient dans l'islamisme un allié contre elle plus qu'un envahisseur contre eux. Ils n'organiseront par conséquent aucune défense, sur aucun terrain, ni civilisationnel, ni culturel, ni comportemental. Avec un aveuglement imbécile, les candidats aux élections lorgnent vers les voix immigrées, toute vergogne oubliée sans voir que le moment venu, ils passeront à la trappe comme tout le monde.

    Seul un roi explicitement et visiblement catholique peut prendre les quelques mesures qui rendront la vie religieuse des musulmans inconfortable sur notre sol, réserver les aides sociales à ses seuls sujets  (quelque soient leur confession par ailleurs) de sorte que la tendance naturelle s'inverse et que le flux change de sens de lui-même.

        Ce langage, le seul qui soit fédérateur, ne peut être, en France et à cause de lois qui sont des atteintes à la liberté, tenu publiquement par personne et surtout pas par un parti politique. Il ne pourra et ne sera dont pas tenu par l'AR. Dommage ! Voilà un premier point qui fonde ma circonspection.

    Le second est simplement électoral et le l'ai bien souvent exposé sur VR. Je le redis encore. Une structure jeune, démunie d'accès aux moyens d'information de masse, pauvre de surcroît, ne peut espérer d'emblée un résultat électoral flatteur, dans un terrain aussi miné par la propagande républicaine que l'est le corps électoral. Or un résultat décevant sera, et pour longtemps, le rejet dans l'ombre de la cause ce qui est à l'opposé du but poursuivi. Et voici le second point sur lequel j'achoppe.

    Il ne faudrait pas croire que ce que je viens d'exposer soit une acceptation résignée de l'impuissance, mais je pense que d'autres moyens de combat existent, plus accessibles, et qu'il est dommage de n'y point recourir.

    Ceci dit , bonne chance , et comptez-sur moi pour bien voter le jour venu.

 

Paul T.

 

     Je prédis un franc succès à celui des prétendants qui publiera un livre blanc sur ce seul sujet

 

Quelques échanges (un peu au hasard) :

 

Denis, 13-09-2003 :

Je n'avais jamais pensé m'inscrire à l'A.R., mais les arguments CONTRE me font penser que je devrais peut-être m'inscrire.

Une carte de l'UMP pour le réseau institutionnel, la fête de l'huma pour l'autre moitié du réseau institutionnel, le club de la corbeille pour le réseau entreprises, le Lions pour les contacts avec les franc-macs, ne pas oublier d'être dans le Who's who - ou en tout cas un membre de votre famille - une carte de l'A.R. pour être en accord avec ce que l'on pense, des amis dans le 7ème dont une qui couche avec un ex-ministre socialiste, pour tout savoir de leur intentions et de leurs rancoeurs, tous mes collègues des médias au téléphone chaque semaine, un pote aux R.G. pour le faire boire et parler, un bon confesseur, de préférence de l'Opus Dei, un ami prêtre à St-Nic, une paroisse tenue par les charismatiques, une "hénaurme" collection de livres doctrinaux politiques et religieux, trois ou quatre noms de plume, autant de noms de guerre, une coiffure et un rasage de trois jours qui persuade tous les juifs que vous en êtes et les fait parler en confiance, bref bref bref, un mode d'emploi de la vie compliquée d'un type qui déteste tout ce qu'il voit grandir et qui adule tout ce qu'il voit disparaître, pas par principe comme Raspail, mais par constatation que ce qui monte est du diable...

Denis.

 

Denis, 13-09-2003, un peu plus tard :

N'oublions pas une chose :

- être candidat UMP quelque part, c'est risquer au pire les foudres de quelques employés dans son entreprise

- être candidat PS, c'est recevoir de nombreuses félicitations et messages d'amitié

- être candidat FN, c'est supporter les menaces physiques, les insultes anonymes, et votre concierge qui jette la moitié de votre courrier

- être candidat royaliste, c'est bien pire : c'est accepter d'être RI-DI-CU-LE devant le monde.

Et SEULE cette acceptation, faisant fi du terrible respect humain, peut faire que cet état de fait change un jour. Les premiers chrétiens passèrent par là, et la couronne - à propos de laquelle j'écrivais il y a quelques jours - a été la première arme jouant du ridicule contre Notre Seigneur.

Le ridicule, ou supposé tel, est la pire des armes, et probablement l'une des plus tranchantes dans le monde actuel - depuis 2000 ans. Les guignols ont tué la politique et les hommes à la langue de bois grâce au ridicule.

L'autre jour, un type qui bosse pour moi a voulu déclencher les rires en suggérant lors d'une réunion que j'étais peut-être royaliste. Le partenaire avec lequel nous étions en réunion a levé les yeux, a dit "qui est royaliste ?" silence. je dis : "moi." le type me fait un grand sourire, dit "ah bon...?" et je vois sa main qui se tourne lentement pour que je découvre sa chevalière.... Le moqueur n'avait réussi qu'à révéler un lien tenu secret entre deux personnes, ce dont il est resté bien marri.

J'accepte solennellement d'être ridicule devant ma boulangère. Jeanne d'Arc l'a été longtemps et elle entendait des voix, moi pas encore.

 

Richard, le 13-09-2003 :

Je ne pense pas que Maurras et Daudet furent ridicules.. et pourtant ils étaient, avec d'autres,  candidats puis élus sous l'étiquette royaliste. A l'époque tout le monde s'en félicitait.. Alors pourquoi il n'en serait pas de même aujourd'hui? Qu'est ce qui a changé à part que de Gaulle a anéanti le courant royaliste en l'assimilant en 45 à la collaboration? Qu'est ce qui empêche aujourd'hui  de ne pas avoir un parti royaliste? Ceux qui luttent de toute leur force contre cette idée de peur que les français la trouve a leur goût? Ceux qui pensent que seul Dieu peut rétablir le roi?

Si nous restons confinés entre nous, si nous refusons de clamer qu'il y a encore des royalistes en France.. alors tous ce que vous pouvez dire, tous les débats ne serviront à rien. Faisons admettre que nous existons, soyons convaincant et nous le serons si nous sommes convaincu ;-), alors le reste viendra après...

Donc il n'est pas RIDICULE d'être candidat royaliste .......

Richard

 

Claude TIMMERMAN 13-09-2003 :

Bravo à Richard et à Denis...

La difficulté reste la division des mouvements monarchiques et leur captation par des ultras confessionnels: ce qui serait effectivement ridicule, pour ne pas dire grotesque, ce serait la présentation de candidats qui ne représentent pas une plate forme commune de l'alternative monarchique.

L'union politique préalable, pour être crédible aux yeux DES peuples du royaume, est donc absolument vitale! L'heure est venue! N'en déplaise à ceux dont la sensibilité monarchique dérive du crucifix et non pas de la couronne et qui maintiennent autant les divisions que les conceptions les plus archaïques de l'idée royaliste...

Ceux qui veulent bien réfléchir à quoi je fais allusion comprendront!

Claude T.

 

Denis, 13-09-2003, en réponse à C.T. qui avait écrit : « il ne faut surtout pas négliger la capacité d'écoute et d'accueil de l'idée monarchique dans les milieux communistes... Sans parler de la clientèle ouvrière, beaucoup plus importante qu'on le croit dans la mouvance monarchique... il ne faut donc pas à mon sens revendiquer une étiquette de "droite" pour la Royauté. »

J'ai participé il y a quelques années à l'émission du midi de Canal, à l'époque présentée par Anne de Petrini et Philippe Gildas. Le sujet en était "je suis jeune et royaliste" - ils auraient pu rajouter "et je me porte bien et je vous emm...".

Bon. Tout ça pour dire qu'à l'issue de cette émission de 30 minutes, plutôt confidentielle a priori, j'ai été submergé de témoignages de solidarité de gens qui venaient vers moi - des gens que je connaissais, ou croyais connaître - tel pour me montrer sa fdl cachée sur une bague, tel autre pour me dire, les yeux baissés, discrètement "nous sommes plus nombreux que vous ne le croyez...", et tel autre - mon maire de l'époque, pour m'envoyer ses félicitations, à en-tête de la Mairie, République Française !!!!!

Noam Chomsky, qu'on devrait lire chaque jour un petit peu, explique très bien tous les principes de la "dictature molle". Entre autres, l'un des plus connus est de laisser croire à ceux qui pensent différemment qu'ils sont seuls, isolés, et que personne ou peu ne pensent comme eux. Seulement est arrivé Internet....

Regardez ce qui s'est passé avec la manif anti-grèves. Seul le net a permis de réunir plein de gens qui étaient tous persuadés de se retrouver quasi-seuls sur place... et finalement, surprise !

Amis du Roi ! Réveillez-vous ! Nous sommes nombreux. Très nombreux, et nous avons FAIM.

 

Loup Blanc, 14-09-2003 :

En réponse à Denis qui a dit : « Noam Chomsky, qu'on devrait lire chaque jour un petit peu, explique très bien tous les principes de la "dictature molle". Entre autres, l'un des plus connus est de laisser croire à ceux qui  pensent différemment qu'ils sont seuls, isolés, et que personne ou peu ne pensent comme eux ».

    Raison de plus pour ne pas les isoler encore plus en répétant le discours ambiant, sur l'immigration en particulier. Si on suit cette analyse, Adeline est un complice de la "dictature molle".

    Quelle horreur de mettre des références royalistes au service de cette dictature molle. Il s'agit d'un processus de récupération-trahison.

    Enfin... je suppose que c'est la conséquence naturelle du la stratégie électoraliste lorsqu'on manque de sérieux, de convictions et d'épaisseur pour s'y lancer.

 

Denis, 13-09-2003 :

Le fontionnement interne de l'A.R. peut certainement prêter à rire – je ne sais pas, je n'y suis pas encore - mais finalement... quand un parti est tout petit, les gens sont peu motivés, à part quelques uns, parce qu'il n'y a rien "à croquer"... Et donc les défauts s'exacerbent, les lenteurs s'accumulent, les pros s'en vont et seuls restent quelques amateurs plus ou moins aigris... Certes... Mais dans un "grand" parti, n'est-ce pas exactement la même chose ? A ceci près que dans un grand parti, les gens "en croquent" (pas besoin de faire un dessin), dans un grand parti, les gens sont valorisés (tv, interviews, respect institutionnel (de temps en temps !) ), et dans un grand parti, on peut faire appel à des boîtes pros pour tout : promo, design, pub, discours, tournages, etc. (bon, de temps en temps les pros font des bouses, cf. Séguéla avec Jospine). Et puis, enfin, dans un grand parti, quand 200 personnes ne renouvellent pas leur inscription, ça ne se voit même pas...

Alors l'A.R. ou l'U.M.P., de toutes façons, n'ont que les défauts de la race humaine, rien de plus ni de moins. les gens ont les dents qui rayent le parquet, et dans un cas ils peuvent satisfaire leurs envie, et dans l'autre non.

Enfin, être présent aux élections, toujours, "à temps et à contre-temps", ça ne PEUT PAS - mécaniquement - être mauvais. "faire des concessions", certes, oui... dans le discours pourquoi pas? les royalistes auront tout loisir d'appliquer leur VERITABLE volonté une fois au pouvoir ! Croyez vous que la gauche dit tout ce qu'elle veut faire ? Bien sûr que non.

Faisons élire des gens qui pensent bien. Partout, à tous les postes, tous les conseils d'administration, tous les bords, toutes les associations, même les plus petites, les moins politiques. CHOISISSONS des collaborateurs pour leur origine religieuse, ethnique, sociale, politique. C'est interdit, PARCE QUE les autres en face ne font QUE CA !

Un type d'une maison de disque - juif religieux - me disait hier, après un repas où il a compris d'un regard que je priais avant d'entamer la nourriture, qu'il avait été très étonné. Non qu'on soit religieux, mais qu'un catholique le soit !

Ca en dit long...........

Merci d'avoir lu jusque là.

Amitiés,

Denis.

 

A. Clert, 14-09-2003 :

Très bien vu, tout ça, cher Denis, et votre connaissance du pouvoir médiatique, entre autres, nous est très utile.

J'ai particulièrement apprécié : - la notion de faire des concessions DANS LE DISCOURS, quand les interlocuteurs et les circonstances le rendent nécessaire et utile ; - s'infiltrer partout et influer autant que possible sur les gens et les choses.

Dans le même ordre d'idées, je voudrais rappeler deux ouvrages qui me paraissent particulièrement bien adaptés à nos besoins : du colonel Pierre Château-Jobert, "Manifeste politique et social" et "Doctrine d'action contrerévolutionnaire". On peut compléter avec "La confrontation révolution contrerévolution" du même auteur. Je crois savoir que Chiré en a encore quelques exemplaires.

A. Clert

 

Loup Blanc, 14-09-2003 :

A. Clert a dit « J'ai particulièrement apprécié : - la notion de faire des concessions DANS LE DISCOURS, quand les interlocuteurs et les circonstances le rendent nécessaire et utile »

    C'est effectivement la stratégie de l'AR.

    A quels interlocuteurs adaptez-vous vos discours ?

    Aux médias ou à ces résistants de l'ombre dont parlait Denis ?

    Je présume qu'il s'agit des médias, que rejettent justement les dissidents de l'ombre, la majorité silencieuse. Première contradiction.

    A quel média exactement allez-vous faire des concessions de discours ? La tendance troskyste Le Monde ? la tendance libéralo-financière TF1 ? la tendance plus stalinienne L'Humanité, Libération ? Ou plus probablement des concessions à tous ces médias simultanément, qui seront au pire indifférent, au mieux, s'ils entendent un jour parler du groupuscule intégrationniste, goguenard devant ces royalistes d'opérette, un groupuscule condamné à resservir le même plat que nous donne les médias depuis des décennies avec un petit drapeau fleur-de-lysée dessus pour faire plus joli, condamné à servir une bouillabaisse intellectuelle et doctrinale à la fois indigente et indigeste.

    Tenez, je vomis sans même avoir avalé.

 

Denis, 14/09-2003.

Loup Blanc a dit : «  A quel média exactement allez-vous faire des concessions de discours ? »

Un media n'est pas un organisme vivant. Un media c'est un ensemble de gens, tous humains, qui ont tous les même  soucis que vous, et entre autres de ne pas se faire virer - ça va plus  vite que dans d'autres métiers - et qui par conséquent disent & écrivent  ce qu'ils croient qu'on doit dire et écrire pour rester correct. Ils le  nient tous, mais c'est exactement ce qu'ils font.

Maintenant, un humain, ça se séduit, on peut discuter avec, ça se convainc. Evidemment, on peut partir vaincu, et donc décider de ne pas agir. Un media, ça n'existe pas. Des dizaines de petites lâchetés, ça existe,  et ça s'appelle une rédaction. A nous de parler, parler, parler, parler, mais surtout pas entre nous.

Denis.

 

Denis, le 14-09-2003 :

Je crois que les royalistes qui refusent les concessions à but politique mélangent deux choses.

En religion, accepter des concessions dans le discours est un péché grave, puisque c'est une atteinte à La Parole, au Christ envoyé étant Le Chemin, La Vérité et La Vie.

En royalisme, le péché serait de ne PAS accepter de concessions dans le discours, puisque ne pas accepter de concession nous éloigne tant et plus du pouvoir réel. C'est la base de la base de tout apprentissage en négociation. Révisons nos classiques.

Quand Yves-Marie fait son "royalisme en questions", je SAIS que les journalistes vont fébrilement chercher des pages où s'étalerait la propagande pro-vie, etc. Et PATATRAS ! Ils trouvent !!!

Comment voulez-vous alors que l'accueil fait au livre soit DIFFERENT de l'accueil fait à tout leader de groupuscule d'extrême-droite ?

Evidemment qu'YMA est contre l'avortement et pour certaines peines de mort.

Est-ce UTILE pour LA CAUSE d'étaler ces opinions-là, ou vaut-il mieux TOUT FAIRE pour prendre le pouvoir d'abord ?

En face, les autres ont trouvé la réponse depuis 150 ans, et ils n'ont jamais perdu le pouvoir.

Se trahir serait refuser d'agir selon ses convictions. Ce qu'on accepte de dire sur ces convictions-là est une autre histoire...

 

Cidene, 14/09/2003 :

Cher Denis,

Nous aurons fait un grand pas lorsque justement, les royalistes ne cacheront plus leur chevalière fleurdelysée...qu'ils ne baisseront plus les yeux discrètement pour affirmer leurs convictions.

Et quand les revues de notre camp enverront leurs exemplaires autrement que sous ce honteux "pli discret" qui fait croire à ma factrice que je reçois des revues suédoises en relief et quadrichromie  pour adultes...(alors qu'il s'agit de Rivarol, Présent, Monde et Vie etc.)

amicalement

Philippe

 

Claude Timmerman, 14-09-2003 :

Le Ciel vous entende!

Mais j'ai maintenant la conviction hélas que ce n'est pas pour demain! Je suis sûr aujourd'hui - et les échanges ou les bagarres sur VR m'ont largement ouvert les yeux là-dessus - que l'idée monarchique veut être confisquée par une caste qui voit en la monarchie restaurée le moyen d'assouvir ses fantasmes sociaux et surtout religieux. Ce qui l'intéresse, ce n'est pas le retour du roi à priori, c'est la capacité de restauration, à cette occasion, du parti des dévots et de la société de madame de Maintenon couplée avec une Eglise obsolète psychorigide hors du temps auprès de la quelle les Quakers passeraient pour de dangereux dépravés: la nouvelle caste des catholibans. Numériquement s'ils sont peu nombreux, on les retrouve partout, principalement dans la mouvance légitimiste d'ailleurs. L'un de leurs théoriciens les plus virulents serait bien Hubert Rémy, l'homme qui explique que Maurras n'a rien compris par ce qu'il ne met pas en préalable la primauté nécessaire du Royaume de Dieu sur terre. L'idée d'une restauration religieuse préalable est totalement absurde de nos jours, mais ils s'y raccrochent! Je ne suis pas sûr d'ailleurs que se soient réellement des royalistes sincères: allez leur expliquer que toute l'Histoire de la France Monarchique est émaillée de celle des Rois en lutte contre le pape pour ne pas laisser l'Eglise empiéter sur le pouvoir royal et vous allez voir leurs réactions! IL est d'ailleurs symptomatique de constater historiquement que cette mouvance fondamentaliste religieuse est récente et coïncide comme par hasard avec l'émergence du courant "légitimiste pur et dur" qui est apparu sur le devant de la scène depuis trente ans, avec notamment l'IMB. Ce courant était quasi absent à la grande époque des combats monarchistes de l'AF, Maurras et Daudet...disons pour simplifier de toute la première moitié du XX° siècle Il est évident qu'YMA a tort, pour les satisfaire, de souligner des positions de société qui "fâchent" et qui n'ont rien à voir avec le fond du problème monarchique. Pour preuve, je rappellerai que les monarchies européennes en Scandinavie, en Angleterre, au Bénélux et en Espagne, ont été à la pointe du combat pour la contraception puis l'avortement... Je sais bien que ce ne sont pas des :monarchies...mais celles-là au moins existent! Alors il faut savoir ce que l'on veut:

- ou bien on recherche efficacement un consensus populaire pour faire revenir sur le devant de la scène politique le concept monarchique - quitte, comme je l'ai déjà souligné à prendre ULTERIEUREMENT des mesures plus conformes à l'orthodoxie religieuse et on évite des préalables qui fâchent inutilement.

- ou bien on fonde une nouvelle secte type Amish qui satisfera les fantasmes de tout ce petit monde...et permettra aux monarchistes de tous poils de se retrouver enfin sans qu'on leur balance en préalable un crucifix dans les gencives ou un chapelet dans la figure. TANT QUE L'ON FERA DU RELIGIEUX UN PREALABLE A LA RECONSTRUCTION MONARCHIQUE ON ARRIVERA A RIEN!

J'ajouterai que cette attitude catholibane joue contre ses propres intérêts: il est évident que ses outrances ne peuvent que faire fuir les sympathisants. Le seul moyen de parvenir à ses fins, pour elle, serait justement de "se fondre" dans un consensus large et de peser sur la monarchie reconstruite APRES...

C'est aujourd'hui à mon sens le principal obstacle à la progression de nos idées en milieu populaire.

J'ajouterai que si idéologiquement et spirituellement le Roi doit être catholique, rien n'y a obligé SES PEUPLES.

Une évidence que l'on a de plus en plus de mal à faire passer! Ce qui n'est pas le moindre des paradoxes!

CT

P.S. Tant pis pour ceux qui vont hurler : la fin justifie les moyens! Ce n'est pas nouveau : « Paris vaut bien une messe »...

On a déjà vu cela il y a 400 ans!!!

 

A. Clert, 14/09/2003 :

Me sentant véritablement écartelé par des réactions, des sentiments et des idées plus ou moins contradictoires, j'ai besoin de prendre un peu de recul, quelques heures ou quelques jours. Pour autant, je ne suis pas sûr d'envier ceux d'entre vous qui s'affirment tellement monolithes dans leurs convictions et définitifs dans leurs prises de position. Mais je continuerai de les lire avec attention.

Amitiés à tous

A. Clert

 

Montgarnaud, 14/09/2003 :

Ne serait-il possible à ce propos d'interroger nos Princes, et de savoir vraiment ce qu'il en pensent ?

"Parle, Seigneur, Ton serviteur écoute."

Amitiés.

M.