Doctrine Sociale de l'Eglise

 

N'oubliez jamais que la 'Doctrine Sociale de l'Eglise', dont on nous rebat les oreilles en nous la datant  des premiers démocrates chrétiens, c'est à dire de la fin du 19° siècle, s'est formulée en fait dès la fin du 18° et surtout le début du 19° siècle, avec ce qu'on appelait alors les Catholiques Sociaux, c'est à dire les Légitimistes de l'époque (et pas de maintenant), nobles, bourgeois, industriels, prêtres, etc... C'est ainsi que se sont créés (contre la république et les Louis Philippards) les premiers syndicats, notamment agricoles (50 ans avant la Loi sur les Syndicats), les premières associations (70 ans avant la loi sur les Associations), les premières coopératives, (notamment agricoles, pour les achats, et les ventes), les premières Mutuelles (Santé) et Systèmes de Retraite, les patronages, les organisations de vacances (Les petits Berrichons prenant le train à Austerlitz avec leurs drapeaux corporatifs et / ou paroissiaux pour passer leurs vacances au pays, dans les châteaux, souvent, parce que les parents - par exemple agriculteurs, ou viticulteurs ruinés par le phylloxéra - devenus ouvriers, ne pouvaient payer ces vacances, ces séjours, que les grands parents étaient parfois morts), etc., les organisations de secours (malades, orphelins, etc... dès la 2° moitié du 18° siècle, etc...

Idem pour les organisations collectives (et non collectivistes) d'Organisation de la Production (en vue de la qualité et de la labellisation, pour prendre des mots modernes)...

Il n' a été écrit sur ces sujets que des ouvrages qui peuvent servir d' "introduction"... Rien encore de construit et de général, qui soit suffisamment approfondi. Si un jour, j'ai le temps, je ferai une thèse en économie, ou en histoire sur ce sujet..

Je souligne que je ne parle évidemment pas là des systèmes de nature caritative, donc religieux, mais bien de systèmes économiques, dont l'organisation était inspirée par des principes politiques, devenus ultérieurement la base d'une 'doctrine sociale' de l'Eglise, quand celle-ci en a ressenti le besoin, tant (quand) les consensus antérieurs - qui n'avaient pas besoin d'être formulés - se sont (s'étaient) effilochés

 

Une remarque, toutefois, ce n'est pas la République qui  lors de la naissance de l'industrie envoyait les enfants travailler dans les mines, qui n'accordait que le dimanche comme jour de repos aux ouvriers, mais les Libéraux!

Ce n'est pas pour défendre la République, mais pour souligner que ces libéraux, hommes de peu de moeurs, de peu de foi, de peu de loi, et en tout cas n'ayant aucun sens social, égoïstes et athées, voire héritiers de 'biens nationaux', se sont toujours débrouillés pour prendre le pouvoir, ce que la république (élective, censitaire, etc... maçonnique même) leur permettait, et que la monarchie traditionnelle leur a toujours interdit [et surtout a constamment tenté de les contrer dans leurs tentatives de gérer l'économie industrielle agricole et sociale... ]. C'est pourquoi, bien souvent Monarchistes légitimistes (au vrai sens du terme, j'insiste) et Révolutionnaires ou Socialistes ou Syndicalistes révolutionnaires, se sont retrouvés sur des sujets concrets, pour faire évoluer les choses dans le bon sens, c'est à dire contre la dictature libérale... L'avènement et la multiplications des tenants de la 'dictature du prolétariat' (souvent financés par les libéraux) a malheureusement troublé les choses, la crise religieuse de 1900, la maçonnerie, la crise religieuse de 29, la prise de pouvoir des communistes et de leurs alliés en 45, la destruction par l'intérieur des séminaires, la perte des repères et réflexes dans les familles de par les saignées des guerres (les meilleurs chefs, les courageux, les meilleurs professeurs, les plus patriotes, antilibéraux, antimaçonniques, font que ce sont maintenant les plus antisociaux qui s'approprient ce beau mot de social, ou de catholique social, qu'ils ne font que caricaturer...]

[(Il est bien clair qu'avant la révolution, les heures de travail étaient celles du jour, et qu'il n'y avait jamais tant eu de jours de congés, (jours de fêtes, fêtes chômées, fêtes de corporation, etc...)... et qu'il n'y avait pas de temps de transport... Plus encore de temps de repos que maintenant avec les 35 h.00, la RTT et autres sornettes... (on en supprime même pour se rattraper, l'une des dernières journées qui nous restaient, le Lundi de Pentecôte... A quand le Lundi de Pâques, le saint jour de Noël, etc....)]

 

Un petit livre de Vallat, qui ne fait que survoler, est très incomplet, très insuffisant, mais qui a eu l'immense avantage de remettre - à l'époque – un éclairage sur ces périodes et cette genèse.

Son titre (de mémoire): "La Croix, les Lys et la Peine des Hommes", de Xavier Vallat, et c'était édité aux "Quatre fils Aymon", si ma mémoire est bonne. Ce livre était fondé sur des souvenirs d'amis, et sur l'exploitation de la fabuleuse bibliothèque du Marquis de Guigné, maintenant décédé lui aussi, plus que sur une bibliographie travaillée de manière exhaustive et historique...

 

Textes de Bertrand Lambert, 24-12-2003.

 

NB : information fournie par Montgarnaud :

Cet ouvrage a été réédité aux Editions Ulysse (Bordeaux) en 1982.

Je rappelle que Xavier Vallat a fait l'objet d'une biographie assez poussée il y a quelques années. C'est un travail d'historien (plutôt hostile) mais en même temps assez riche. Les archives de Xavier Vallat ont été déposées (aux archives municipales de Lyon, je crois).

Il est évident que le contexte actuel de "politiquement et sémitiquement correct" est beaucoup plus défavorable à notre regretté directeur d' "Aspects de la France" qu'il ne l'était il y a trente ans.