ETAT, NATION, SERVICE, NOBLESSE

Conception de l'Etat selon  José-Antonio Primo de Rivera

 

Extrait du livre de Maurice Bardèche "Qu'est-ce que le fascisme ?" Les Sept Couleurs 1961.

 

 

... l'Etat démocratique n'a pas d'autre fonction que d'assister à ce qui se passe et de compter les coups en s'assurant seulement qu'ils sont joués conformément à une certaine règle. Il ne dirige pas le destin de la nation, il contemple le développement des forces de destruction et attend paisiblement qu'elles aient achevé de détruire la nation et la démocratie elle-même, satisfait seulement de constater que tout se passe selon une procédure réglementaire.

C'est ce processus de destruction que le phalangisme veut arrêter, en confiant un autre rôle à l'Etat et en cherchant un autre destin pour l'individu. Pour le phalangisme, la patrie se définit comme l'ensemble des hommes qui ont par leur naissance le même destin. Chaque patrie a donc une mission historique ou morale à accomplir. L'Etat a pour tâche de réaliser ce destin national. C'est là sa justification et il n'en a pas d'autre. Tout Etat a quelque chose à faire, tout Etat a quelque chose en quoi il croit : et il n'a le droit d'exiger du peuple des sacrifices et même simplement l'obéissance qu'au nom de ce principe, pareil à une foi, qu'il incarne et au nom de la mission qu'il s'est donnée. Tout Etat qui ne s'identifie pas à un destin de la nation, à cette mission qui est la patrie elle-même, n'est qu'un Etat tyrannique et non la représentation et le guide de la nation. Ce sentiment absolu de ce qu'on veut est comme la conscience de la nation : il est aussi ce qui unit le peuple et chaque individu : « ce sentiment absolu, clair dans l'âme, nous dit en toute conjoncture ce que nous devons faire et ce que nous devons préférer. » Et il donne aussi un sens à chaque vie individuelle. Chaque homme réalise son propre destin en participant au destin de la nation. Sa tâche est transformée parce qu'il est au service de la nation, comme le soldat, comme le prêtre sont au service de la patrie et de la religion.  Cette volonté de servir transforme non seulement l'essence du travail accompli chaque jour, mais l'homme lui-même. Car le seigneur est précisément celui qui est capable de « renoncer »pour « servir ». Qui engage sa vie dans cette vocation du service appartient par cela même à la noblesse de son temps, car la noblesse n'a pas été autre chose dans tous les temps que l'ordre de ceux qui acceptent les servitudes et les exigences de la vocation de servir. Cette notion fondamentale ne résout donc pas seulement l'antagonisme qui oppose l'individu à l'Etat, elle donne un contenu à chaque vie humaine, pareil à celui de la vie du soldat et du prêtre, ce que José-Antonio appelle « le sens ascétique et militaire de la vie. »