Etonnements.

 

Paul Turbier, le 17 janvier 2003 :

 J'écris étonnements au pluriel car, si la cinquantaine de messages VRgiens que je me force à lire chaque jour (pour faire honneur à ma fonction de co-modérateur, le terme est de Richard) m'amène son lot de bon mots, de mouvement d'humeur, d'éclats d'érudition, de jaillissement de science(s), en revanche le royalisme s'y fait rare. Voilà ce qui m'étonne..

    Or pour dire vrai, le royalisme est le seul sujet qui m'intéresse vraiment et qui été le motif unique de  mon arrivée sur la liste.

 

Mahoud, le 17 janvier 2004 :

Moui...les quelques messages que j'ai émis à propos des fiançailles du Prince Louis n'ont éveillé aucune réaction...et pourtant, l'avenir du Légitimisme au moins dépend du choix qu'il va faire !

   Que voulez-vous...on préfère parler de la gnose, sur VR ces temps-ci !

 

Roger Dubois, le 18 janvier 2004 :

Mahoud parle d'or... Quand va-t-on enfin se recentrer sur l'essentiel ?

1. Le(s) Prince(s).

2. L'édifice social et royal (il faudrait trouver un mot pour rendre ces deux concepts inséparables).

3. Nos moyens présents pour faire avancer la chôse (je n'ai pas écrit "gn", tout le monde a bien lu, j'espère).

4. Les moyens futurs que nous pourrions mettre raisonnablement en travaux.

La semaine dernière, coup de fil à la maison. Un jeune garçon sympathique, étudiant en histoire, rencontré lors de mon stage aux carottes (note de l'auteur : "Ce n'est pas parce que l'on gagne sa vie en enseignant l'histoire pendant dix ans que l'on ne peut pas mouiller sa chemise pour bosser et gagner honnêtement sa vie lorsque l'on s'est fait remercier pour motif économique et qu'on est dans la mouise avec femme et enfants sur le dos... Je dis cela à l'attention de certains salisseurs de réputation qui sauront se reconnaître et qui ont cru, par personne interposée en plus, me faire passer pour un fainéant... C'est peut-être sybillin pour tous, ça ne l'est pas pour le principal intéressé fin de la parenthèse") me dit que sa meilleure amie en licence d'histoire de l'art a un sujet bizarre à traiter et qu'elle ne peut pas s'en sortir : "La famille royale de 1848 à nos jours"... Vous vous imaginez que je me suis empressé de recevoir ce petit monde : mariée depuis peu, la jeune femme est pentecôtiste. Ah, je rajoute, elle a épousé un noir, que j'ai reçu en même temps qu'elle (nous avions travaillé ensemble dans notre usine de carottes à empiler des sacs dix ou douze heures par jour. Ca crée des liens). Pentecôtiste lui aussi, se formant pour devenir pasteur, un garçon très fin et d'une remarquable culture religieuse. L'expérience en fut des plus intéressante : ces gens qui n'ont accès aux monde monarchiste que dans les médias et dans les livres pouvaient voir et toucher de vrais royalistes. Ayant rapidement traité le sujet (le travail accompli par cette étudiante était sur le fond remarquable, mais il manquait un peu de méthode dans l'exploitation des documents), nous en sommes venus à parler de l'essentiel. Je peux vous dire que peu de choses étaient à faire pour les gagner à la cause, tous les deux.

Pensons-y, et sachons qu'internet c'est bien, mais ne doit pas remplacer l'action concrète, sous peine de laisser à l'état virtuel d'excellentes idées que d'autres nous piquerons pour le pire.

Amitiés,

Roger.

 

Le Schtroumpf du Roi, le 18 janvier 2004 :

1 - Si la clef du problème résidait là, il y a beau temps que la pléthore de princes aurait réglé le problème. Alas, alas ! Epouser un coffre-fort vénézuélien (la formule est du marquis, celui de SdB) ne va sans doute pas le rapprocher de la France.

2 - Royal-socialisme ? beurk ! que voulez vous, quand j'entends le mot sozial je deviens allergique et me couvre de boutons écarlates. Sans doute parce que les plus grands charniers du siècle passé ont tous été creusés sur des intentions soziales. Et quand je vois la CGT je ne peux pas m'empêcher de me dire que les royalistes sociaux auraient mieux faits de se casser un bras ou même un prétendant que d'aller réveiller ces trucs là par de vieilles nostalgies éculées de corps intermédiaires... ils voulaient les corporations, ils ont eu les soviets, ça devrait servir de leçon, non ?

3 et 4 - Avez-vous vu que la Poste organise un concours de mariannes ? pour mettre la figure de la femme sans tête sur des timbres. Je me disais l'autre jour devant un guichet de poste (et les timbres du Malinow dont parler Vialatte me trottaient aussi un peu dans la tête) qu'un concours pour avoir un timbre royco unique, reconnaissable, aisément imprimable à coller ou imprimer sur nos enveloppe à côté des timbres légaux serait peut-être une bonne idée. D'autant que RF peut aussi bien dire Rex Francorum ou Royaume de France que République Française. Evidemment ce n'est pas de la haulte politique.  C'est juste manière de montrer plaisamment qu'un contournement de l'Etat est possible plutôt qu'une prise d'iceluy pour le Roy, difficilement praticable. Si quelqu'un veut créer une Surtintendance des postes... un truc moderne, sans clinquant ni quincaille roycotte, affûté et qui organise ça de manière plus propre à unir qu'à diviser, ce serait sans doute une idée amusante.

 

Annelysdefrance, même jour :

«  Si la clef du problème résidait là, il y a beau temps que la pléthore de princes aurait réglé le problème. Alas, alas ! Epouser un coffre-fort vénézuélien (la formule est du marquis, celui de SdB) ne va sans doute pas le rapprocher de la France. »

N'en déplaise au marquis, qui a bien des qualités, c'est vraiment un raisonnement qui ignore l'histoire. Aucun (ou presque aucun de nos rois capétiens ou de nos dauphins n'a épousé une princesse française (parfois les filles de grands feudataires indépendants) , et deux d'entre eux, Henri II et Henri IV ont épousé des "coffre-forts" étrangers, les deux Médicis dont la noblesse était petite, mais la famille fort riche ... Que je sache, aucun de ces mariages étrangers, politiques ou financiers, n'a éloigné nos rois de la France.

Vive le Christ-Roi ! vive le roi !

Anne

 

Le Schtroumpf du Roi, toujours le 18 janvier 2004 :

Certes certes. Mais eux étaient régnants et leur titre ne se limitait pas à une sorte de chimère juridique (dit équitablement pour tous les prétendants d'ailleurs) que la plupart des Français ignorent purement et simplement...

 

Roger Dubois, à nouveau le 18 janvier 2004 :

Pour le 1, je crois que l'on vous a répondu.

Pour le 2, il me semble qu'il faille "nuancer" (je vois le Schtroumpf en train de commencer à bondir un peu partout). En effet, que voulons-nous ? Un roi de France sacré à Reims, ou un Reichkanzler ayant besoin de militariser la société pour se faire obéir ? Remarquez, vu le bordel actuel, je ne suis pas certain que la seconde solution soit la pire. Mais enfin, il me semble que nous sommes monarchistes et que nos références sont autres que celles du Duce ou du Führer (quand on a le courage de sortir du "mythe" pour réfléchir à tête reposée).

"Tout pouvoir vient de Dieu", nous dit saint Paul. Celui du Roi, en premier lieu, puisqu'il est à la tête du corps social. Mais est-ce que tous les pouvoirs dépendent du Roi ? En République, il est clair que tous les pouvoirs dépendent du peuple, puisque c'est lui qui légifère par ses représentants, c'est-à-dire très peu de monde, donc que c'est une oligarchie qui dirige de manière tyrannique une nation de moutons moutonnisés. Exemple : ce n'est que par le contrat de mariage civil que les époux s'engagent, contrat pouvant être, comme tout contrat, rompu. Bon. Maintenant, il y a bien un pouvoir civil, en monarchie chrétienne, qui ne
dépend pas du Roi, que le Roi doit protéger, mais qu'il ne peut détruire : celui du père de famille. En effet, son autorité lui vient directement de Dieu, avec les grâces d'état qui en découlent, par l'intermédiaire de l'Eglise (je devrais plutôt dire "avec sa bénédiction").

Ce que je veux signifier par là, et je me permets de répondre aussi à Serge sur sa parabole des poulets qui est fort bien trouvée, mais ne cadre pas exactement avec le réel : si la tête du corps social n'existe plus, l'autorité légitime conférée aux pères de famille, sans pouvoir y suppléer, peut continuer à transmettre les valeurs humaines qui permettront la reconstruction. Je ne veux pas faire de machisme, je suis bien placé pour savoir, Mesdames, que sans la collaboration étroite de l'épouse, l'autorité du père n'est qu'une coquille vide. Je crois que nous négligeons trop la grandeur de ce fait. Les Princes sont ce que nous sommes : soyons des saints, soyons des hommes, tout court, alors se lèvera celui qui sera désigné par la Providence. Tant que nous resterons de petits bourgeois médiocres accrochés à leurs souvenirs et à leur confort, rien ne pourra venir. C'est un problème de cohérence et de bon sens. De courage aussi. Mais ne nous plaignons pas en disant que nous n'avons plus les moyens de quoi que ce soit, parce que ce n'est ABSOLUMENT pas vrai.

Sachons nous coller de bons coups de pieds où je pense, et le prince qui surgira, d'où qu'il vienne, saura faire fermer leur gueule aux autres, qui essaieront alors de prétendre. Et nous serons là pour l'aider.

Amitiés,

Roger.

 

Le Schtroumpf du Roi, encore le 18 janvier 2004 :

Pour le 1 j'ai répondu à la réponse.

Pour le 2, le problème, c'est qu'une ambition sociale, même au nom du roi, a toutes les chances de finir en Reichkanzler (voire en entrée de blockhaus qui sent l'essence) : il me semble que quelques auteurs (à commencer par Foucault - je veux dire Michel Foucault) ont bien montré comment toute ambition sociale au sens où on comprend là dessous la gestion d'une grande partie des aspects divers de la vie d'une population sur une territoire donné vient du concept allemand (baptisé en Allemagne, mais il a une origine plus diffuse) de Polizeiwissenschaft. Et que ce concept même porte en lui un gonflement totalitaire de l'Etat. On lira aussi avec profit le pénétrant petit Que sais-je ? de Claude Polin sur "le totalitarisme".

De plus, que l'autorité des pères de famille existe c'est sans doute vrai. Mais il ne faudrait pas l'exagérer. Il y a beau temps que la société des hommes n'est plus, et fort heureusement, une juxtaposition de familles mais est devenue une société, c'est à dire que d'autres règles plus hautes que la simple autorité du père sur ses enfants y priment, ont donné un autre sens à cette autorité paternelle (et maternelle) en la laissant subsister sous elles.

Dit autrement : les princes sont ce que nous sommes, sans doute. (Encore que s'ils étaient un peu plus, nous serions un peu plus aussi. Je ne sais pas moi, l'un ou l'autre prince, cet été, à l'enterrement des victimes abandonnées  de la canicule, ça aurait quand même eu de la gueule, et d'autant plus qu'il aurait été relégué dans le tout venant du public.) Mais justement : si les princes sont ce que nous sommes, est-ce bien raisonnable de défendre mordicus des théories sociales aussi datées tant
dans leur contenu que dans leur expression ? Je veux dire : c'est bien joli l'autorité du père de famille, si je me souviens bien il y a d'admirables passages classiques sur le sujet dans saint Thomas d'Aquin. Mais voilà : saint Thomas c'est le 13e siècle, dans une société qui n'a plus grand chose (en fait presque plus rien) à voir avec la nôtre. Ca pose quand même un léger problème. Ne serait-ce que d'exposition et d'adhésion possible des gens à qui l'on parle. Sans compter l'effet désastreux d'un discours qui consiste à dire : "nous autres savons la vérité, rejoignez-nous."

Mettez vous à leur place. Voilà des royalistes qui grosso modo ont perdu le pouvoir il y a 200 ans et qui continuent invariablement de proclamer : notre système politique, social, intellectuel est le meilleur. Je simplifie, mais c'est à dessein, car c'est comme ça que pensent les gens auxquels nous nous adressons. Que se dit la ménagère de moins de 50 ans ? Elle se dit : "Depuis 200 ans qu'ils ont perdu, ils n'arrêtent pas de dire qu'ils avaient raison, qu'ils avaient Dieu et l'intelligence avec eux. Mais alors pourquoi ont-ils perdu ? et pourquoi s'ils ont un si bon système ce système n'a-t-il pas su s'imposer durant les deux derniers siècles ? alors pourquoi voudriez-vous que j'échange mon baril de république contre deux barils de royalisme ?"

Car il va quand même bien falloir un jour arriver à accepter qu'en politique ce qui n'arrive à rien est mauvais, ou à tout le moins ne peut se targuer sans quelque ridicule de son excellence et de sa supériorité à tout bout de champ et en s'y enfermant...

 

Pierre Van Ommeslaeghe, le lendemain 19 janvier 2004 :

Bonsoir,
sur ce sujet (point 2), lire aussi Hannah Arendt "Condition de l'homme moderne" (que je préfère à Foucault, mais chacun ses goûts). L'auteur montre que la société naît d'une intrusion de la sphère privée dans la sphère publique. Dès lors que le privé demande au public (la puissance politique) de régler ses problèmes. Et l'aboutissement somme toute logique de ce mouvement est le totalitarisme. Mais Arendt souligne l'impossibilité du retour en arrière.D'une certaine manière, la démocratie moderne est l'institutionnalisation des préoccupations privées pour l'État.

Salutations.

 

Le Schtroumpf du Roi, le 19 janvier 2004 :

Arendt a une position de départ plus morale à mon sens. L'avantage de Foucault me semble d'ancrer tout cela, via son Histoire de la Sexualité dans la manière dont se fait le passage du souci de soi antique au souci de soi chrétien et à ses modifications ultérieures, de faire la généalogie de tout cela plus que de mettre d'emblée en avance une cohérence purement abstraite qui s'ancre elle, avec Arendt, dans des conceptions morales, aussi épurées ou traquées dans leur abstraction constitutive qu'on voudra les dire. Dès l'Usage des plaisirs, il montre bien je crois comment la "diététique" est en place pour devenir l'ascèse chrétienne, qui à son tour se videra de son contenu de foi - ce qui ne veut d'ailleurs pas dire que ce contenu justifiait stricto sensu l'ascèse elle même - pour finir dans la constitution de l'Etat comme gardien (économique, prophylactique, racial, etc.) de sa population sur son territoire.

Si bien que si l'on veut bien rentrer dans cette généalogie les choses apparaissent moins irréversibles qu'en restant sur une position plus morale. Ce qui a eu une généalogie peut sinon la remonter du moins s'en distancier. Voire changer de généalogie si l'on est un peu optimiste :o)

Reste à savoir si ce n'est qu'une apparence ou pas... du moins je crois que cela permet de mieux rendre compte d'apparents monstres (au sensétymologique, Sade restant pour moi le prototype mais pour peu qu'on s’attache à la manière dont ils surgissent on en trouverait quantité) dans cet ordre et de leur y faire une place sans les renvoyer pour autant hors d'un cercle prétracé comme purement incompréhensibles, ce qui est bien le cas si l'on dit que le retour en arrière (ou le saut en avant vers autre chose, ce qui revient au même de ce point de vue) est impossible.

Il faut d'ailleurs que ce soit possible. Sinon notre place à tous est d'ores et déjà marquée dans un vaste goulag mondial. Un vaste "Lager zootechnique" comme dit Bonnal dans ses Territoires protocolaires.

 

Jean-Michel Lehaire, le 20 janvier 2004 :

Ce discours sur l'aspect évolutif des choses ne cesse de m'irriter chez la plupart des républicains, mais me désole chez un royaliste évolué.

Qui songerait, royaliste ou républicain à nier la transformation de l'outil, où la machine à laver a remplacé les petits bras actifs des lavandières et où les deux seaux de savon noir labellisés du sceau de la manufacture royale ont été remplacé par le baril de Monsieur Propre lavant plus blanc que blanc ?

Mais, la nécessité de laver son linge sale en famille a-t-elle fondamentalement changée ? Monsieur Propre prospère grâce à une connaissance acquise auprès de l'inventeur du savon qui l'a précédé il y a fort longtemps, et sur la nécessité toujours constante d'avoir du linge propre.

Si vous vous situez au niveau mécaniste du monde, tout à changé irrémédiablement, et pour tout le monde. Si vous vous situez sur le plan des principes qui régissent la vie des hommes, rien n'a fondamentalement changé depuis l'apparition de l'homme sur la terre.

En cela, l'éternel débat entre les anciens et les modernes n'a aucun sens si on ne précise pas à quel niveau on place celui-ci. C'est d'ailleurs au niveau de l'essence vitale de l'homme que la royauté prend tout son sens et son sel. Cette philosophie politique laisse toute la place à l'action, la responsabilité et le mérite de l'homme. Tandis, que la démocratie républicaine a su enfermé l'homme dans un matérialisme absolu avilissant, dont nous voyons quotidiennement les effets, où le plus "malin" l'emporte.

Alors !? Restons propres sur nous sans être lessivés par les turpitudes élaborées au siècle des lumières éteintes.

Très cordialement,

jml.

 

Le Schtroumpf du Roi, le 20 janvier 2004 :

Je vais vous faire deux confidences :

- Je ne crois pas beaucoup à une "essence vitale de l'homme", disons plus simplement une nature humaine, qui aurait un autre contenu que celle là : l'homme est désormais ce qui maîtrise son destin, ce qui peut modifier sa propre nature et qui peut agir sur son environnement à la taille d'une planète. Libre à vous de croire que cela ne change rien par rapport au moyen-age. Je crains cependant que cette fixette fixiste ne vous bouche quelque peu la vue.

- Je crains aussi que si tout ce que vous avez à proposer aux Français c'est "détachez vous du matérialisme, consommez moins, vivez moins bien" le royalisme n'ait pas de très beaux jours politiques devant lui. Il est rare qu'on adhère spontanément à un système qui vous propose le frigo vide et le chapelet tous les soirs. C'est peut-être (disons au moins un petit peu pour le chapelet) fort dommage, mais je crains que ce ne soit la réalité. Or la politique se fait sur les réalités, pas à partir de desiderata  lancés en l'air ou de présupposés sur là où les choses prennent leur sel. Laissez donc chacun prendre le sel de sa vie là où il veut, il me semble qu'ils savent mieux que vous où est le sel de leur vie. Un siècle entier passé à patauger dans des charniers où volent des mouches parce que quelques illuminés ont voulu expliquer aux autres où était le sel de leur vie, le leur montrer là-et-pas-ailleurs, cela ne vous a donc pas suffit à condamner définitivement tout ce qui y ressemble ?

Mon étonnement est toujours, face à certains royalistes, le même : constater qu'ils restent névrotiquement attachés à certaines choses, en particulier à certaines idées sociales formulées entre 1890 et 1920 en gros (soit notons le bien à un moment où la royauité n'était déjà plus que le souvenir magnifié d'un passé rêvé), bien qu'ils aient expérimenté depuis longtemps que cela est à peu près unanimement rejeté. Il est vrai que se poser en royalistes de thébaïde, incompris et rejetés par un peuple méchant, est assez confortable intellectuellement. Il suffit alors de dire partout qu'on a raison, et qu'il n'y a rien d'aussi méprisable qu'un fait. C'est une position de doctrinaire royaliste. L'ennui c'est que depuis qu'il existe des doctrinaires royalistes, le royalisme réel, lui, semble peiner un peu. D'aucuns finiront bien par y voir une relation de cause à effet.

Parce que malgré tout ne voir des royalistes que le jour où l'un de leurs rois (pas le meilleur à mon avis... pas le pire non plus... passons) a été raccourci, on ne peut pas dire que ce soit une très grande réussite... disons qu'il faudrait au moins changer d'urgence de plan com et marketing, sauf si le royalisme veut ouvrir une agence de pompes funèbres. Et encore, même dans les pompes funèbres, la tendance est légèrement inverse, à plus de couleur et de fantaisie. Disons qu'en l'Etat le royalisme peut ouvrir une agence de pompes funèbres dans une province reculée et devra se dépêcher de revendre l'affaire pour faire un bénef.