GARDE DE LA MANCHE DU ROY


Vers 1750, les "Gardes du Corps " du Roy sont divisés en 4 compagnies, la 1° en rang de marche, et donc compagnie colonelle étant la compagnie écossaise (remontant aux gendarmes écossais de Charles VII).


Elle était composée à l'origine essentiellement d'écossais, mais pas uniquement. Son capitaine était écossais, jusqu'à la démission de  Gabriel de Lorges, Cte de Montmorency, qui blessa à mort Henri II. Elle a conservé un officier écossais jusqu'en 1663, mort de James Seyton.


Ses membres portaient l'uniforme des Gardes du Corps : bleu et rouge, avec la distinctive ARGENT.


Tous les gardes du corps, étaient plus que des maîtres de cavalerie. Le garde de base avait rang de Lieutenant. Mais cette compagnie avait des privilèges par rapport aux 3 autres.


En particulier, les 24 Gardes de la Manche en faisaient partie. Ils 'étaient recrutés parmi les plus valeureux officiers. Quatre hommes se trouvaient rattachés à chacun d'eux. En service, ils revêtaient sur l'uniforme un "hoqueton", sorte de dalmatique blanche brodée d'argent, armés  d'une pertuisane (il doit en exister encore une aux Invalides).


Mais lors de grandes cérémonies (sacre, mariage) l'uniforme était remplacé pour eux par un habit de satin blanc, et le hoqueton était alors une cotte d'armes  en drap d'argent brodé d'or.


Leur service de parage, consistait à se occuper les premières places à proximité du Roi, où que celui-ci se trouve. L'un d'entre eux portait le titre de "premier homme d'armes de France". Il commandait de plein droit n'importe laquelle des troupes de la Maison du
Roi. Il se tenait le plus proche du Roi lors du Sacre, recevait du Roi un cheval
chaque jour de bataille, et recevait les clefs des villes où le Roi faisait son entrée.


A la différence des autres troupes de la maison du Roi, ils portaient au combat la forte épée écossaise, comme toute la compagnie écossaise, au lieu de la forte épée dite "wallone".


En tenue de ville, leur épée est celle de tous les Cardes du Corps (avec mention sur la lame, cependant, de la compagnie).


Les Gardes de la Manche sont donc la crème des troupes d'élite du Roi. Aucun adversaire du Roi ne pouvait savoir le sort de la bataille, tant que la Maison du Roi n'avait pas donné (Seneffe 10 août 1674, Leuze 1690, Nerwinden 26 juillet 1693, Fontenoy 11 mai 1745).


L'entrée au Gardes du Corps était fondé sur les aptitudes au combat, et la grande taille, avec recrutement noble, ou de "personnes vivant noblement". Au fond, le Roi essayait d'attirer dans ce corps d'élite des personnes disposées à "en chier" (veuillez gentes dames et demoiselles, pardonner cette expression argotique) qui serviraient pour l'honneur et la gloire, plus que pour l'argent. Quitte à pensionner certains qui auraient été trop peu fortunés, pour servir en parade avec l'éclat requis. 


La documentation est difficile, et le seul ouvrage à ma connaissance, qui fasse le point a été tiré (en 1949) à 50 exemplaires :20 pages, historique, représentations intéressantes, bien qu'en  noir et blanc, dessins des armes.

 

Texte de Ber.Bre (VR) 30-05-2001, en réponse à plusieurs conjurés, sur demande du lieutenant, il ajouta le 02-06-2001 une explication sur les épées wallonnes et écossaises.

 

Je vous joins en pièce attachée  4 photos de fortes épées , en espérant que vous puissiez l'ouvrir. (n.b.: les photos ont été recoupées et titrées par le lieutenant)

 

 

Les deux de gauche sont  des WALLONES, réputées correspondre à la 1° arme "réglementaire" française, celle de LOUVOIS. Il est très probable que ce modèle était en service bien avant.
Très rapidement est intervenu le problème du coût de la forge. Et début 18° siècle, l'arme réglementaire a une garde en laiton coulé. La notion d'arme réglementaire n'a pas le sens napoléonien, ni même encore le sens qu'elle prendra sous Choiseul. Il s'agit d'une arme en stock dans les arsenaux royaux. Les "propriétaires" de troupes (pour limiter les abus notamment des financiers propriétaires de régiments) doivent les acheter pour leur troupes, à titre de minimum : ils peuvent leur donner des armes meilleures.

Par contre, ce type d'épée restera en vigueur dans la gendarmerie et la maison royale, jusque sous Louis XVI (puisque c'est lui qui et ses ministres qui ont remanié, et mis au point l'armée formidable qui pourra combattre l'Europe).

En bas à droite, il s'agit encore d'une WALLONE dont la garde est augmentée de branches supplémentaires (beauté, protection de la main, technique du "poing américain"). Elle dote à partir de 1730 environ les Gardes du Corps (sauf la compagnie écossaise), et fait envie aux autres troupes de la maison du Roi, à qui elle n'est pas interdite.

En haut à droite, un exemple (la fantaisie existe, puisqu'il s'agit d'officiers, et que le réglementaire ne s'y oppose pas) de forte épée écossaise : garde beaucoup plus complexe, intérieurement garnie de buffle (ici manquant) : ce type d'arme (un peu camelote, comme les sabres des officiers français de nos jours) est encore en service en tenue de parade dans les troupes écossaises du Royaume Uni.