La Guerre d'Algérie est finie…

analyse d'un texte

 

Ce texte a été envoyé par Vincent D S (VR) le 05-06-2001, avec le commentaire suivant :

Voici une tribune que prépare Génération République sur le sujet de la guerre d'Algérie. Je trouve que ce document est très intéressant et me conforte dans l'idée que l'entretien des particularismes et des communautarismes réalisé par la gauche comme l'exclusion pratiquée par l'extrême droite sont des erreurs.

Je vous laisse apprécier ce document qui ne peut laisser indifférent à mon avis. Il reste tout de même à prendre avec un peu de distance.

 

Nous, fils d'immigrés Algériens, savons que nos ancêtres n'étaient ni Gaulois, ni Celtes, ni même mérovingiens ou capétiens, mais sommes absolument certains d'une chose : nous sommes Français.

Intégralement. Passionnément. Sans renier certes nos origines, sans cesser d'aimer les pays d'où vinrent nos parents, sans oublier les paysages, les senteurs, les lumières éblouissantes des oasis de Biskra et de Touggourt, la Kabylie et la Casbah. Mais sans complexe aucun : nous sommes citoyens Français à part entière et fiers de l'être.

Nous aimons notre pays, mais nous l'aimons sans aveuglement : comme toutes les grandes nations, elle a connu des égarements, à commencer par l'impérialisme colonial, et commis des crimes, comme ceux dont l'Algérie a pu souffrir. Notre attachement à la république française ressemble, pour tout dire, à celui dont parlait Simone Weil dans L'Enracinement : "Un tel amour, écrivait-elle, peut avoir les yeux ouverts sur les injustices, les cruautés, les erreurs, les mensonges, les crimes, les hontes contenus dans le passé, le présent et les appétits du pays, sans dissimulation ni réticence. " Nous aimons la France les yeux ouverts, grands ouverts. Inutile, dès lors, de tourner autour du pot : oui, la France a torturé en Algérie. La France, c'est-à-dire certaines de ses unités, parfois de façon systématique, et sous le commandement des autorités françaises de l'époque. Cela, nous le savons de longue date. Cela nous le regretterons toujours. Dans nos familles, certains ont souffert de cette guerre ; ils en ont souffert dans leur chair. Nous, Français fils du Maghreb, nous portons et la douleur de ces souvenirs de guerre, et la honte que notre pays – nous disons bien : notre pays - se soit abandonné à de telles pratiques.

Pourtant, combien de temps encore allons nous devoir subir le traumatisme de cette guerre fratricide ? Combien de temps allons-nous être pris en otages par des " révélations " orchestrées, et sommés de choisir un camp ? Jusqu'à quand allons nous devoir, dans ces moments pénibles, justifier notre identité et notre appartenance à la nation française ? Combien de temps, enfin, allons-nous assister à la dérive de la mémoire qui voit certains de nos compatriotes – presque toujours " Français de souche ", du reste… - n'avoir, semble-t-il, qu'une seule obsession : établir une équivalence entre les crimes de guerre perpétrés en Algérie par la France et les crimes contre l'humanité du IIIe Reich - comme si une entreprise délibérée d'extermination des Algériens avait alors était ne serait-ce qu'envisagée ! Un tel manichéisme, une telle confusion, sinon manipulation, de l'Histoire nous répugne. Il faut donc mettre le holà. Et décréter le temps de la réconciliation : la guerre d'Algérie est finie. Finie ! Cet inutile et stupide massacre dont on sait pratiquement tout, hélas, remonte à un demi-siècle. La société française en a amplement tiré les leçons et les Algériens, plus que tout, se préoccupent aujourd'hui de retrouver la possibilité de vivre en paix dans une démocratie digne de ce nom. Pourquoi, dès lors, y revenir de façon systématique ? Pourquoi, à intervalles réguliers, sortir de sa naphtaline le général Aussaresses, ce tortionnaire indigne et sénile ? Interviewé voilà bientôt un an, puis derechef il y a six mois, il avait déjà tout avoué : ses crimes comme son absence de remords et même de regrets. Car ses " révélations " n'en sont pas. Nous savions. Tout le monde savait. Dans le courant des années 80, jouant les fiers à bras, Le Pen, lui aussi, fanfaronnait avoir fait son " devoir " en torturant - sur l'air : il fallait bien pour soutirer des informations susceptibles d'éviter des attentats.

A qui profite donc cette hypermnésie ? A qui profite, c'est-à-dire qui sert-elle ou à qui fait-elle plaisir ? Au gouvernement algérien, peu glorieux de son palmarès : combien de morts, combien de disparus depuis dix ans ? A certaines élites françaises, qui ont érigé la culpabilité collective de notre peuple comme système de gouvernement ("  Tu es médiocre et criminel, alors silence : laisse-nous gouverner à notre guise ! "), trop heureux de dresser les Français contres les Français, et les souvenirs contre les souvenirs?

Si la France veut manifester son repentir qu'elle aide le peuple algérien. Vigoureusement, amplement. Mais sans soutenir un " gouvernement " qui joue du chantage à l'intégrisme pour priver les Algériens de leurs droits démocratiques et du partage des richesses auxquels ils aspirent ; sans, non plus, bien sûr, favoriser l'intégrisme.

Si la France veut prouver sa répugnance pour ce passé, qu'elle prenne sur le champ quelques mesures simples : saisir un livre qui fait l'apologie de crimes de guerre ; dégrader le général "  n'a-qu'un-œil " (elle aurait, ce faisant, moins de chance de se tromper qu'avec Alfred D.) et lui assigner la pire des prisons imaginable pour un vieillard : le silence, l'ignorance et le mépris - barreaux qui jamais ne se brisent. Si la France veut accomplir un travail de mémoire, qu'elle crée, à l'image des États-Unis sortant de la guerre du Vietnam, un musée de l'immigration, capable d'exprimer le souvenir et la repentance, marque des grandes civilisations. Mais enfin que nos dirigeants, nos élites, nos intellectuels , indiquent aussi au pays, à notre pays à nous, fils d'engagés récalcitrants, fils de Harkis, fils de FLN, et fils de pauvres gens de tous bords pris dans la tourmente de cette sale guerre, qu'elle est finie. La Guerre d'Algérie est finie ! L'exploitation historique de cette guerre, comme la scénarisation de certaines " révélations ", devient malsaines. On ne cherche plus à instruire - tout le monde sait… - ni à provoquer le remords - chose faite, là encore : deux tiers des Français approuvent d'ores et déjà la repentance – ni même la réconciliation.

De quoi souffrent, en mai 2001, les Algériens ? De la misère morale et matérielle qu'on impose à ce pays aux mille ressources - et que trouvent à dire nos élites ? Pas grand-chose… si ce n'est que certains tortionnaires d'aujourd'hui auraient été formés par ceux d'hier, et donc que la France serait encore coupable des exactions actuelles ! On se pince… De quoi se plaignent, en mai 2001, les Français nés de parents Algériens ? Du chômage, de la déréliction culturelle et économique qui les frappent, et du difficile accès à la citoyenneté active. Songeons à l'exemple de la citoyenneté : le droit de vote ? Formidable. Mais combien de ministres PS, de députés PC, de maires RPR, de conseillers régionaux UDF issus de l'immigration ? Et de préfets, de juges, de commissaires ? Combien ? On sait beaucoup de la Guerre d'Algérie, conduite par la France entre 1954 et 1962 - ou, en tous cas, ont en connaît l'essentiel. Et c'est horriblement suffisant. Personne ne prêche l'oubli ou la minoration de ces crimes. Alors, nous, Français et fils d'Algériens, posons la question : à quoi et à qui sert ce soi-disant " déballage " programmé, planifié et instrumentalisé ? Qui, en France, en mai 2001, à intérêt à ce que la société française fixe fiévreusement son attention, son potentiel de générosité et de mémoire, sur hier, et sur ailleurs ? Nous le demandons : qui ?

 

Kamel HAMZA, Génération République

Zaïr KEDADOUCHE, France Intégration

Karim ZIN EL ABIDINE, Mouvement des Citoyens

 

Le Lieutenant ayant exprimé une certaine perplexité devant ce texte et demandé un commentaire d'une tête pensante de VR, S.de B.(VR) répondit le 06-06-2001 :

 

Ce texte est un exemple parfait de manipulation mentale. Il faut l'étudier phrase par phrase pour constater à quel point il crépite littéralement de mensonges, de contre-vérités, d'omissions d'approximations, de phrases convenues, de truismes, de trucages, d'esquives, de glissements sémantiques.

C'est un modèle.

Je suis absolument certain qu'il a été forgé dans une officine de communication spécialisée et que les signatures ne sont pas celles des vrais auteurs.

Les amateurs d'onomastique remarqueront d'ailleurs que, comme par hasard, les trois principales composantes ethniques du peuple algérien sont représentées : population kabyle, population arabo-berbère et population saharienne ( fortement negro-métissée).

J'espère trouver le temps, si cela intéresse quelqu'un, de procéder à une analyse sémantique phrase par phrase de ce texte. Cela permettrait de comprendre précisément à quoi il sert.

En tous cas, je ne partage pas du tout l'analyse de Vincent qui renvoie dos a dos le communautarisme de la gauche et l'exclusion de l'extrême droite. c'est un artifice tactique. La réalité est que ce texte est nettement communautariste mais que cette intention est masquée par une sorte de pathos barrèsien tout a fait incongru.

Exemple : Nous, fils d'immigrés Algériens, savons que nos  ancêtres n'étaient ni Gaulois, ni Celtes, ni même mérovingiens ou capétiens, Cette phrase n'a aucun sens. Les français originaire d'Algérie ne sont pas tous des fils d'immigrés. Ils peuvent être des fils de français d'avant l'indépendance ou des fils de harkis ou des fils d'immigrés économiques. ce n'est pas du tout la même chose. le statut de chacun n'est pas le même au sein de la communauté maghrebine en France car, croyez moi, eux, ils font la différence. (demandez donc aux petits-fils de harkis comment ils sont traités par les fils de "martyrs"... Au surplus Les Gaulois sont des Celtes. Certains nord-africains sont des Celtes. Ne serait-ce que par métissage. D'autre part inscrire dans la même progression "logique" Gaulois, Celte, mérovingien et capétien montre une méconnaissance des réalités ethniques et historiques française qui enlève tout crédit a la prétention des auteurs d'être "passionnément français".

Etre passionnément Français cela veut dire, même si l'on est, comme votre serviteur, un "métis", savoir exactement le sens des mots qui jalonnent l'histoire multi-millénaire de notre pays. Ce qui interdit de considérer le fait d'être Gaulois comme un statut dynastique  ou le fait d'être capétien comme un trait ethnique.

C'est en outre ne pas ignorer totalement, comme le font les signataires de ce texte, la dimension catholique de la France des cathédrales, des églises, des chapelles, des calvaires, de l'art plastique français essentiellement catholique, de la littérature française toute entière préoccupée de catholicisme (pour le servir ou pour le combattre), de la musique française, religieuse elle aussi.

 

Mais d'autres avis existent : Pierre Van Ommeslaeghe (VR) 06-06-2001.

 

Bien des critiques pour un texte qui me semble juste. Je n'ai pas remarqué de citation de Barrès (même s'il en a des accents), par contre on y cite Simone Weil. Plutôt bon signe, probablement une idée d'agence de communication.

Résumons. Il y a des fils et petit-fils d'immigrés en France. Ils sont légalement français. Il faut qu'ils le soient de coeur. Ceux-ci ne le sont-ils pas ? Ils ne sont pas royalistes ou nationalistes ? Comme nombre de nos compatriotes "de souche" me semble-t-il. En cas de Restauration, faudra-t-il les rejeter à la mer, aux risques d'une guerre sanglante, de se priver du concours des meilleurs d'entre eux, de se couper de la tradition d'acceuil de la royauté (tradition critique j'entend, qui n'acceptais pas n'importe qui, ceci pour couper court aux cris d'orfraie de certains).

De plus, certains immigrés ou fils d'immigrés sont plus proches du royalisme que nombre de nos concitoyens (tradition nationale comme chez les marocains, spiritualité vécue même si elle est musulmane). J'ajoute que lors des élections cantonales, le plus haut score de France royaliste s'est fait à Lille-sud, canton à trés forte proportion d'immigrés, alors que le pus faible s'est fait dans le centre-ville.

 

Ou Thribette (VR) le 07-06-01.

 

…il me semble que nous ferions mieux, nous "vieux chrétiens" de méditer la comparaison que donnait le Christ entre Sodome et les villes contemporaines telles Capharnaum : nous sommes si attachés à notre petit confort que, si la Foi se rallumait comme une traînée de poudre, je ne suis pas sûre que nous serions les premiers  à nous embraser; ce pourraient bien être les banlieues, y-compris ces musulmans dont la religion actuelle est aussi abominable à nos yeux (à juste titre) que le paganisme des Romains du temps du Christ. La "faim et soif de justice" peut rendre comme l'étoupe, au contraire de l'attachement au confort.

Serge de Beketch voulait parler de la forme du communiqué, sur lequel il m'a ouvert les yeux. Ne trouvez-vous pas, vous aussi, que cela dépasse la simple "trouvaille d'agence de communication"?

 

Et Richard (VR) le  07-06-01.

 

Je laisserai aux spécialistes de la sémantique le soin de décortiquer ce texte et de nous prouver ainsi la manipulation.. A la première lecture, on a, il faut bien l'avouer, une opinion favorable et ce n'est pas les quelques mélanges entre les premiers peuples et les dynasties qui l'infléchissent ...  Alors, que peut il avoir de gênant dans ce texte?

Il est dit :"Inutile, dès lors, de tourner autour du pot : oui, la France a torturé en Algérie. La France, c'est-à-dire certaines de ses unités, parfois de façon systématique, et sous le commandement des autorités françaises de l'époque. Cela, nous le savons de longue date." Voila où le bat blesse... car si ces trois signataires avaient été totalement honnêtes... ils auraient aussi avoué qu'il y a eu des exactions du coté du FLN.

Autre passage : "Nous, Français fils du Maghreb, nous portons et la douleur de ces souvenirs de guerre, et la honte que notre pays – nous disons bien : notre pays - se soit abandonné à de telles pratiques." Il est étonnant que ces individus ne parlent  pas du massacre des harkis, bien qu'il y est un signataire fils de harkis... Donc ces tristes sires.. se disent francais..  et font "repentance"  comme "francais" du Maghreb, en voulant ainsi forcer la main des métropolitains... mais ils n'ont aucune "honte" pour les tortures infligées à nos soldats par le FLN, ni aucun souvenir du devenir des Harkis après 1962.. avouez que cela étonne ...

Donc, il s'agit bien d'une manipulation très subtile...

 

Par contre : Anne Merlinchaz (VR) le 07-06-01.

 

Kamel HAMZA, Génération République, Zaïr KEDADOUCHE, France Intégration, Karim ZIN EL ABIDINE, Mouvement des Citoyens écrivent :

<< Dans le courant des années 80, jouant les fiers à bras, Le Pen, lui aussi, fanfaronnait avoir fait son " devoir " en torturant - sur l'air : il fallait bien pour soutirer des informations susceptibles d'éviter des attentats. >>

Je crois qu'ils commettent une erreur historique (et c'est dommage dans cet excellent papier) : Le Pen s'est toujours défendu d'avoir participé à des actes de torture et a fait condamner pour diffamation tous ceux qui l'en ont accusé. Sa prise de position sur la nécessité de la torture pour découvrir des bombes déjà posées susceptibles de provoquer de nombreuses morts dans un avenir immédiat ne concernait donc pas ses actions personnelles.

 

S.deB. nous transmit son analyse le 17 juillet 2001 :

 

Il y a plusieurs semaines, j'avais proposé de tenter l' analyse d'un texte sur la situation des "Algériens Français" à propos duquel certains conjurés s'interrogeaient.

En voici une première ébauche pour réflexion et éventuels commentaires.

Analyse d'un texte sur la situation des "Algériens Français" .

 

Nous, fils d'immigrés Algériens, savons que nos ancêtres n'étaient ni Gaulois, ni Celtes, ni même mérovingiens ou capétiens, mais sommes absolument certains d'une chose : nous sommes Français.

Ce premier propos est ridiculement confus. Il mélange une race royale, une dynastie, une ethnie, et une tribu (les Gaulois sont des celtes, les premiers mérovingiens étaient évidemment des gaulois.

Tout cela n'a aucun sens. Mais vise à convaincre l'interlocuteur que l'auteur (les auteurs) est imprégné de références françaises.

: nous sommes Français. Intégralement. Passionnément.

C'est faux. Un maghrébin ne peut pas être intégralement français.  Il peut l'être par choix, par culture, par citoyenneté, par amour; il ne peut pas l'être par le sang, il ne l'est généralement pas par la religion.

La France est, qu'on le veuille ou non, un pays de race blanche non métissée et d'essence catholique. Je le dis sans mépris puisque moi même, étant d'origine alsacienne, bourguignonne, bretonne, mais aussi russe, polonaise et hongroise et ayant reçu le baptême orthodoxe avant de réintégrer l'Eglise de Pierre, je sens bien que je ne suis pas "intégralement" Français même si je le suis "passionnément".

Sans renier certes nos origines, sans cesser d'aimer les pays d'où vinrent nos parents, sans oublier les paysages, les senteurs, les lumières éblouissantes des oasis de Biskra et de Touggourt, la Kabylie et la Casbah. Mais sans complexe aucun

 Sans complexe, c'est l'évidence. C'est d'ailleurs le cas de bien des immigrés qui profitent de notre législation imbécile pour venir, sans complexe, profiter des fruits du travail et des efforts de soixante générations de Français de France qui ont bâti ce pays .

: nous sommes citoyens Français à part entière et fiers de l'être.

Citoyens, c'est possible, c'est affaire de papiers et encore. Au sens profond, un citoyen est un membre de la cité.

Ces Algériens sont-ils dans la cité ? Que font-ils pour la cité ? L'aiment-ils ? La servent-ils ? Sont-ils prêts à la défendre au prix de leur vie ? Paient-ils l'impôt Votent-ils ? S'ils sont citoyens, c'est à ce prix.

Sinon, ils ne sont pas plus citoyens que moi qui me fous absolument de la citoyenneté qui n'est qu'une valeur (?) républicaine.

Français à part entière, certainement pas. Etre Français a part entière, c'est, répétons le être Français par le sang, la terre, la naissance, la filiation, l'intelligence, la langue, le coeur, la culture, les tropismes, le références, tout cela. Et d'autres choses encore..

Quand nos "Français a part entière" célèbrent les senteurs, les lumières éblouissantes des oasis de Biskra et de Touggourt, la Kabylie et la Casbah, alors que les parfums des alpages, la lumière argentée des marais du Poitou, les verts éclatants des vergers de Normandie et les murs de nos vieilles villes les laissent indifférents, ils montrent, (ils en ont le droit) qu'ils ne sont pas Français à part entière mais Algériens un peu à part.

Fiers de l'être, La suite démontre que ce propos est une pure figure de rhétorique puisqu'ils écrivent cinq lignes plus loin : nous portons (?) la honte que notre pays

Etre fier de quelque chose dont on porte la honte, c'est du pliploul mercerisé, pas de la pensée droite et claire, française en somme.

Nous aimons notre pays, mais nous l'aimons sans aveuglement : comme toutes les grandes nations, elle a connu des égarements, à commencer par l'impérialisme colonial, et commis des crimes, comme ceux dont l'Algérie a pu souffrir.

Quand on sait ce qu'était, avant l'arrivée des Français, la pouillerie de la province ottomane du Maghreb, la plus oubliée, la plus négligée, la plus méprisée de la Sublime Porte ; Quand on sait ce qui s'y passait de tueries sordides, de massacres, de rezzou, de réductions en esclavages ; Quand on sait que c'était le repaire des barbaresques, des esclavagistes et des pires prédateurs cosmopolites, quand on sait comment y étaient (y sont ?) traités la femme, l'enfant, l'esclave et l'animal domestique, on a du mal à supporter d'entendre des gens dont nous avons tiré les ancêtres de la servitude la plus abjecte et du quotidien le plus sordide nous jeter à la figure "les crimes de l'impérialisme colonial.
Lorsque l'on entend parler des "crimes dont l'Algérie a eu à souffrir" alors que, vingt siècles après Rome qui en avait fait le grenier à blé de l'Empire avant de l'abandonner à la sauvagerie, la France a transformé un gigantesque terrain vague stérilisé par des siècles d'abandon en terre de cocagne et qu'en trente ans "d'indépendance" ses habitants "légitimes" l'ont rendu à sa sauvagerie primitive, à sa saleté atavique, à sa misère initiale, et à ses sanglants antagonismes, on a du mal à garder son sang froid devant l'arrogance inculte des auteurs de cette note.
Auteurs qui se prétendent Français mais n'ont pas un mot pour les souffrances de la France et des rapatriés alors qu'ils ne cessent de geindre sur celles des Algériens qui ont voulu cette guerre, en ont fait une tuerie sanglante, n'ont jamais respecté les accords d'Evian et qui, aujourd'hui, ne doivent leur malheur qu'à leur ancestrale, atavique, génétique et culturelle incapacité à se gouverner autrement qu'en s'entretuant.

Notre attachement à la république française ressemble, pour tout dire, à celui dont parlait Simone Weil dans L'Enracinement : "Un tel amour, écrivait-elle, peut avoir les yeux ouverts sur les injustices, les cruautés, les erreurs, les mensonges, les crimes, les hontes contenus dans le passé, le présent et les appétits du pays, sans dissimulation ni réticence. "

Tout est dit : l'attachement n'est pas à la France mais a la République.

La référence de Simone Weil , femme et juive c'est a dire doublement inférieure aux yeux d'un maghrébin, démontre l'imposture.

Au demeurant, s'il est vrai que l'on peut aimer la France sans aveuglement, ce n'est certes aux convertis a porter la bannière ni aux caleçons breneux à s'exhiber au mat de cocagne. Or , si les Algériens veulent donner des leçons de démocratie, de tempérance, de tolérance et de charité, ils faudrait d'abord qu'il sachent de quoi ils parlent.

En général pour devenir prof, il vaut mieux avoir fait au moins la maternelle !

Nous aimons la France les yeux ouverts, grands ouverts. Inutile, dès lors, de tourner autour du pot : oui, la France a torturé en Algérie. La France, c'est-à-dire certaines de ses unités, parfois de façon systématique, et sous le commandement des autorités françaises de l'époque. Cela, nous le savons de longue date. Cela nous le regretterons toujours. Dans nos familles, certains ont souffert de cette guerre ; ils en ont souffert dans leur chair. Nous, Français fils du Maghreb, nous portons et la douleur de ces souvenirs de guerre, et la honte que notre pays - nous disons bien : notre pays - se soit abandonné à de telles pratiques.

Bullshit ! comme disent nos voisins anglais.

D'abord, ouvrir les yeux c'est considérer aussi (voire en premier) ce que la France a de splendeurs et de réussites. On remarque que, dans ce texte, il n'y a pas un mot qui vienne du coeur, pas un mot de reconnaissance, d'amour pour dire ce que ces "français a part entière" aiment en France. Ils n'ont les yeux ouverts que sur ses prétendus crimes.

Pour le reste, ce n'est évidemment pas la France qui a torturé en Algérie. Ce n'est même pas son Armée. Au pire, ce sont des individus. Encore avaient-ils quelques raisons de le faire.

Encore ne faisaient-ils qu'imiter, en les tempérant, les moeurs locales.

Si l'on veut vraiment savoir ce que fut la torture en Algérie, il suffit de lire le livre de Rondeau et d'examiner les effroyables documents qu'il publie sur les atrocités dont les fellaghas se sont rendus coupables contre leurs frères de race et les européens.

Pourtant, combien de temps encore allons nous devoir subir le traumatisme de cette guerre fratricide ? Combien de temps allons-nous être pris en otages par des " révélations " orchestrées, et sommés de choisir un camp ? Jusqu'à quand allons nous devoir, dans ces moments pénibles, justifier notre identité et notre appartenance à la nation française ? Combien de temps, enfin, allons-nous assister à la dérive de la mémoire qui voit certains de nos compatriotes ­ presque toujours " Français de souche ", du resteŠ - n'avoir, semble-t-il, qu'une seule obsession : établir une équivalence entre les crimes de guerre perpétrés en Algérie par la France et les crimes contre l'humanité du IIIe Reich - comme si une entreprise délibérée d'extermination des Algériens avait alors était ne serait-ce qu'envisagée ! Un tel manichéisme, une telle confusion, sinon manipulation, de l'Histoire nous répugne. Il faut donc mettre le holà. Et décréter le temps de la réconciliation : la guerre d'Algérie est finie. Finie ! Cet inutile et stupide massacre dont on sait pratiquement tout, hélas, remonte à un demi-siècle. La société française en a amplement tiré les leçons et les Algériens, plus que tout, se préoccupent aujourd'hui de retrouver la possibilité de vivre en paix dans une démocratie digne de ce nom. Pourquoi, dès lors, y revenir de façon systématique ? Pourquoi, à intervalles réguliers, sortir de sa naphtaline le général Aussaresses, ce tortionnaire indigne et sénile ? Interviewé voilà bientôt un an, puis derechef il y a six mois, il avait déjà tout avoué : ses crimes comme son absence de remords et même de regrets.

Logorrhée, mélopée orientale.

On sait qui intrumentalise ces campagnes. On sait pourquoi.

Entre autres des cabinets d'avocats qui se sont formidablement engraissés en volant 90% des indemnités versées aux juifs et qui comptent bien recommencer le coup en réamorçant la pompe a fric avec les algériens

Car ses " révélations " n'en sont pas. Nous savions. Tout le monde savait. Dans le courant des années 80, jouant les fiers à bras, Le Pen, lui aussi, fanfaronnait avoir fait son " devoir " en torturant - sur l'air : il fallait bien pour soutirer des informations susceptibles d'éviter des attentats.

Faux. Le Pen a au contraire soutenu et démontré par ses états de service et de nombreux témoignages qu'il n'a jamais torturé personne. Les tribunaux lui ont chaque fois donné raison en condamnant ses diffamateurs.

Je rappelle, pour montrer leur sérieux, que Libération assurait avoir retrouvé à Alger, dans le tiroir du buffet d'un "torturé" le " poignard SS de Le Pen , dont le nom était gravé sur la lame et qu'il avait oublié en partant "

A qui profite donc cette hypermnésie ? A qui profite, c'est-à-dire qui sert-elle ou à qui fait-elle plaisir ? Au gouvernement algérien, peu glorieux de son palmarès : combien de morts, combien de disparus depuis dix ans ? A certaines élites françaises, qui ont érigé la culpabilité collective de notre peuple comme système de gouvernement ("  Tu es médiocre et criminel, alors silence : laisse-nous gouverner à notre guise ! "), trop heureux de dresser les Français contres les Français, et les souvenirs contre les souvenirs?

Exact mais incomplet : elle profite aussi aux milliers d'immigrés qui arrivent chez nous en pays conquis, la revendication a la bouche, la haine au coeur et qui considèrent que nous n'avons rien à leur refuser si nous voulons expier le crime d'avoir tenté d'en faire des hommes libres et civilisés.

Si la France veut manifester son repentir qu'elle aide le peuple algérien. Vigoureusement, amplement.

Nous y voilà ! C'est exactement ce que je disait plus haut: "réamorcer la pompe a fric qui a si bien marché avec les Juifs".

Mais sans soutenir un " gouvernement " qui joue du chantage à l'intégrisme pour priver les Algériens de leurs droits démocratiques et du partage des richesses auxquels ils aspirent ; sans, non plus, bien sûr, favoriser l'intégrisme.

En bref : donnez nous le fric que jusqu'ici vous donniez aux autres mafias.

Si la France veut prouver sa répugnance pour ce passé, qu'elle prenne sur le champ quelques mesures simples : saisir un livre qui fait l'apologie de crimes de guerre ; dégrader le général " n'a-qu'un-oeil " (elle aurait, ce faisant, moins de chance de se tromper qu'avec Alfred D.)

Et hop ! Une petite génuflexion talmudique au passage ! A moins que ces gens là entendent par ces mots, faire comprendre que la France s'est trompée en acceptant sans révision l'arrêt de la Cour de Cassation cassant les deux condamnations de Dreyfus sans pour autant le renvoyer devant la première instance ce qui, aujourd'hui fait de Dreyfus un inculpé dont le procès reste à refaire.

et lui assigner la pire des prisons imaginable pour un vieillard : le silence, l'ignorance et le mépris - barreaux qui jamais ne se brisent. Si la France veut accomplir un travail de mémoire, qu'elle crée, à l'image des États-Unis sortant de la guerre du Vietnam, un musée de l'immigration, capable d'exprimer le souvenir et la repentance, marque des grandes civilisations.

On pourrait peut-être l'installer sur l'île Saint Louis, juste à coté du Mémorial juif ? Avant de recommencer avec un Mémorial des gitans, puis des protestants, des Francs maçons, des homos, des déportés du travail, des malgaches, des Viets, des Antillais, des Canaques, des Africains d'AOF, des Indiens de Louisiane ?

Mais enfin que nos dirigeants, nos élites, nos intellectuels , indiquent aussi au pays, à notre pays à nous, fils d'engagés récalcitrants, fils de Harkis, fils de FLN, et fils de pauvres gens de tous bords pris dans la tourmente de cette sale guerre, qu'elle est finie. La Guerre d'Algérie est finie !

Non la guerre d'Algérie n'est pas finie. .Elle s'est continue des deux cotés de la méditerranée, comme hier.

On connaît l'histoire du belge quid débarquant à la gare du Nord, interroge un taxi : "dites voir, vous avez bien perdu la guerre d'Algérie, vous autre français, non ? Alors pourquoi vous avez gardé tous ces prisonniers ? "

L'exploitation historique de cette guerre, comme la scénarisation de certaines " révélations ", devient malsaines. On ne cherche plus à instruire - tout le monde saitŠ - ni à provoquer le remords - chose faite, là encore : deux tiers des Français approuvent d'ores et déjà la repentance  ni même la réconciliation.

C'est exactement ce que je dis. Mais les auteurs de cette note sont les premiers a pratiquer ce qu'ils font mine de condamner. Vieux truc d'escroc qui fait penser aux unes de la presse pourrie :«Assez de saletés à la télé ! (en page intérieure toutes les photos répugnantes que l'on a osé vous montrer hier soir )»

De quoi souffrent, en mai 2001, les Algériens ? De la misère morale et matérielle qu'on impose à ce pays aux mille ressources - et que trouvent à dire nos élites ? Pas grand-choseŠ si ce n'est que certains tortionnaires d'aujourd'hui auraient été formés par ceux d'hier, et donc que la France serait encore coupable des exactions actuelles ! On se pinceŠ De quoi se plaignent, en mai 2001, les Français nés de parents Algériens ? Du chômage, de la déréliction culturelle et économique qui les frappent, et du difficile accès à la citoyenneté active. Songeons à l'exemple de la citoyenneté : le droit de vote ? Formidable. Mais combien de ministres PS, de députés PC, de maires RPR, de conseillers régionaux UDF issus de l'immigration ? Et de préfets, de juges, de commissaires ? Combien ?

Encore une fois, nous voilà au coeur du problème : ces gens là réclament la communautarisation. Ce qui signe les auteurs vrais de ce texte. La proportionnalité des emplois officiels a la race, à la nationalité d'origine ou à la religion. C'est déjà fait pour le sexe avec la fameuse et imbécile "parité" faudra-t-il arriver à une loi sur le thème :. 10% de maghrébins en France, cela impose10% des préfets, de ministres, de députés, de fonctionnaires maghrébins. Même chose pour les Juifs.

Et pour les auvergnats, les pédés, les blonds, les coprophages, les pieds-plats, les grands les petits.

C'est purement et simplement du délire.

 On sait beaucoup de la Guerre d'Algérie, conduite par la France entre 1954 et 1962 - ou, en tous cas, ont en connaît l'essentiel.

Eh bien non, justement, "on" ne sait rien et même pas l'essentiel La preuve c'est que les auteurs écrivent : la Guerre d'Algérie, conduite par la France entre 1954 et 196. Alors que la guerre d'Algérie a commencé a cause du décret Crémieux accordant aux juifs maghrébins la nationalité française refusée aux arabes maghrébins et que les évènements finaux ont commencé a cause des fellaghas a la Toussaint 54 par l'assassinat d'un couple d'instituteurs européens venu, justement, apporter dans les départements d'Algérie, la Liberté, l'Egalité et la fraternité (mais pas la nationalité)

Et c'est horriblement suffisant. Personne ne prêche l'oubli ou la minoration de ces crimes. Alors, nous, Français et fils d'Algériens, posons la question : à quoi et à qui sert ce soi-disant " déballage " programmé, planifié et instrumentalisé ? Qui, en France, en mai 2001, à intérêt à ce que la société française fixe fiévreusement son attention, son potentiel de générosité et de mémoire, sur hier, et sur ailleurs ? Nous le demandons : qui ?

Mais ceux là même qui posent la question ! Si l'on relit ce texte ahurissant, on voit que sous prétexte de mettre un point final, il alimente les chicayas.

Kamel HAMZA, Génération République

Zaïr KEDADOUCHE, France Intégration

Karim ZIN EL ABIDINE, Mouvement des Citoyens

Pour finir, on remarque que d'une manière sans doute très calculée, ce texte est signé par des membres des trois principales ethnies du Maghreb qui se réclament d'associations qui puent littéralement le politiquement correct .