HARRY POTTER, les sorciers parmi nous ?

Un débat qui a suivi des conseils de lecture à "un jeune français"

(repris par ailleurs sur ce site aussi)

 

Laurent Belkacem 11-06-01

Cher Lieutenant,

 

bonjour. J'ai lu dans votre message d'aujourd'hui que vous étiez en train de lire Harry Potter. Je serais assez curieux de connaître votre avis sur cette série. J'avoue avoir été "charmé" (au sens propre du terme) par ces livres. Ils sont en effet extrèmement bien écrits, je dirais presque trop bien écrits.

Je m'explique : on y retrouve, dès qu'on a repris ses esprits, une maîtrise des techniques de manipulation, un sens consommé du rythme, de l'intrigue. Les personnages sont exactement ce qu'ils doivent être... bref, on a l'impression d'un livre qui sortirait d'un labo.

Je n'aborderai pas les différentes thématiques de ces livres (qui effectivement ne sont pas dépourvus d'une *certaine* morale), pour le moins a-chrétiennes. Et j'ai bien peur (après les meurtres et les cérémonies païennes qui ont lieu dans le dernier volume paru) que sous prétexte de "maturité" des jeunes lecteurs, la dérive s'accentue.

On en arrive au même problème que pour le livre d'Agotha Krystof : le livre peut être intéressant, mais est-il vraiment à mettre entre des mains si jeunes (j'ai également apprécié le Grand Cahier, qu'on peut difficilement prendre pour un éloge de la pédophilie, mais qui n'est certainement pas un livre pour des gamins) ?

Je préfère finalement et de loin le Seigneur des Anneaux, qui, bien qu'aussi peu catholique, me semble plus honnête et plus sain.

 

Le Lieutenant, le 11-06-01 :

Cher Laurent,

et chers autres conjurés qui m'avez en privé exprimé la panique où mon aveu vous a jeté,

 

A priori je ne suis pas potterisable. Il est parmi nous un grand seigneur français discret dont la devise familiale me siérait bien (si j'étais mieux né), j'en ai oublié la forme, mais le contenu exprimé avec fort peu d'élégance ici et je m'en excuse, en est plus ou moins : "si tous le veulent, très peu pour moi".

Je vous adjure de croire que je n'ai pas campé dans mon sac de couchage militaire devant les portes des libraires. La vérité est que ma femme, dont ce n'est pourtant pas le genre non plus, succomba pour une fois à la pression publicitaire et acheta le dernier volume. Vu le succès chez tous mes enfants, les autres tômes suivirent, dans l'espoir, entre autres, de susciter d'avantage le goût de la lecture chez le cadet (14 ans quand-même). Comme tout le monde les avait lus et qu'il sied au Pater familias d'être au courant des  dangers auquels sa famille est exposée, je me lançai aussi.

Qu'en pense-je, me demandez vous, cher ami. Il est encore un peu tôt pour juger, je débute au tôme 1.

On se laisse effectivement charmer. Après un début un peu insignifiant à mon goût, avec un contenu fort attendu (une critique un peu Dickensienne d'une famille bourgeoise insupportable avec un petit parent recueilli et maltraité), l'intrusion relativement progressive du magique m'a amusé, mais la où j'en suis, notre Harry n'a pas encore rejoint son école de sorciers et n'a eu qu'un premier contact avec les chemins de traverse.

Il s'agit toutefois, au premier contact d'un produit commercial étudié en ce sens, utilisation de recettes rédactionnelles, forme littéraire facile à lire, sentimentalisme facile à faire partager, idées courantes, manichéisme, bref de la confection de masse. L'ensemble semble même un peu négligé : il me semble avoir lu que le pauvre Harry n'avait jamais eu de montre et quelques pages plus loin qu'il la consultait en se réveillant. Je partage tout à fait la qualification faite par Laurent bien mieux exprimée que par moi.

Mais cela garde un certain plaisir à lire, comme les romans populaires du siècle passé, mystères de Paris, Chéri-Bibi ou choses de ce style comme Harry Dikson si on ne se défend pas d'une certaine âme d'enfant sans chercher plus loin. De l'aspect nocif ou non, je ne puis encore juger, j'y reviendrai après lecture.

Quant au Seigneur de l'Anneau, effectivement c'est une grande saga d'un tout autre niveau, l'auteur (Tolkien) y a consacré sa vie et créé un univers magique d'une grande cohérence,et moral dans ses aboutissements. Si on se méfie du genre "fantasy" et veut cependant y tâter pour voir, c'est LE livre en la matière….

 

Le Lieutenant, le 13-06-01 :

 

Chose promise…

Je viens de finir mon Harry Potter tôme 1. "Harry Potter à l'école des sorciers" et voici mon opinion :

Je reste sur ma première impression : un produit commercial destiné à plaire au plus grand nombre.

Par ailleurs, il me semble pouvoir être mis dans toutes les mains. C'est une histoire de sorciers, mais l'ésotérisme n'y est pas particulièrement promu, c'est assez amusant et farfelu sans satanisme ou autre surnoise influence.

Une histoire de collège en somme, avec les problèmes classiques d'amitié ou de concurrence entre de jeunes pensionnaires.

Le sorcellerie n'intervient que pour faire des compétitions sportives entre collèges de genre base-ball amélioré en volant sur des balais, ou des croche-pieds en jetant un sort qui colle les pieds. Une tentative d'adoption de dragon indique bien les risques de prendre un animal de compagnie sans trop réfléchir. Le plus immoral à mon avis se résume à l'usage d'une cape d'invisibilité pour des visites clandestines à la cuisine du collège, les méchants sont méchants et pas sympa ou pitoyables..

Il y a des trouvailles assez amusantes, comme le quai secret pour aller à l'école des sorciers en train : le quai 9 3/4, entre les quais 9 et 10, ou l'envoi du courrier par hiboux porteurs....

Cela ne me semble pas particulièrement formatif, mais pas plus dangereux que nos contes classiques ou que de la science-fiction, et plus lié à notre héritage historique que cette dernière, on y évoque par exemple Nicolas Flamel avec quelques considérations sur le bonheur d'être mortel..

A mon avis une lecture facile et délassante, qui ne justifie ni mise au programme scolaire ou à la liste des indispensables à lire pour son éducation, ni condamnation au feu de l'enfer.

 

Mac Gama, le 13 juin 2001 :

 

Ci-joint, à titre d'information,un article d'Yves Chiron sur la saga Harry Potter, extrait de FIDELITER.

Je n'ai personnellement pas lu Harry Potter, mais le sujet semble controversé.

 

CULTURE CHRÉTIENNE

 

Harry Potter :

diaboliquement fabriqué

 

Yves Chiron

 

 

On ne parlera sans doute plus des Pokémons et autres

Digimons, que les enfants et les adolescents liront encore les

aventures d’Harry Potter.  Le succès mondial des livres de

J.K. Rowling - des dizaines de millions d'exemplaires ven-

dus dans le monde - masque mal un des pires produits de la

sous-culture New Age, aux relents de satanisme.

 

 

Quatre volumes des aventures d'Harry Potter sont déjà parus, trois autres sont encore à paraître.  Au début de la série, Harry Potter est un jeune garçon, orphelin de père et de mère, qui vit chez son oncle et sa tante, de méchantes personnes qui ne l'entourent d'aucune affection.  A partir du jour de son onzième anniversaire, la vie du jeune Potter est bouleversée. Il va peu à peu apprendre que ses parents étaient des sorciers, qu'il est le  « survivant » d'un terrible assassinat perpétré par Lord Voldemort, « le seigneur des Ténèbres », et qu'il lui faut rejoindre le collège de Poudlard, « l'école des sorciers », pour devenir lui-même un sorcier.

 

Chacun des quatre volumes parus à ce jour répond à une unité de temps précise (une année scolaire) et à une unité de lieu bien définie (le collège de Poudlard, principalement).  A chaque tome, le jeune Harry est âgé d'un an de plus ; le jeune lecteur, donc, pourra grandir avec son héros puisque J.K. Rowling ne publie qu'un volume par an. On remarque que les volumes sont de plus en plus épais: 300 pages pour le premier (Harry Potter et l'école des sorciers), 360 pour le second (Harry Potter et la chambre des secrets), 462 pour le troisième (Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban), 652 pour le quatrième (Harry Potter et la coupe de feu).  Est-ce l'imagination toujours plus débridée de Madame Rowling qui lui permet de mettre en scène toujours plus de personnages et d'êtres magiques ou fantastiques (trolls, elfes, géants, gnomes, dragons, vampires, licornes, etc.) ou cela relève-t-il d'une entreprise plus calculée : faire en sorte que le jeune lecteur ne passe pas simplement quelques heures avec Harry Potter mais plusieurs mois voire toute une année ? Car quel jeune lecteur les livres sont destinés aux enfants à partir de 1 0 ans - va être capable de lire, en quelques jours, les 652 pages, grand format, du dernier volume ? A l'évidence, le travail scolaire et d'autres occupations lui prenant du temps, il risque de mettre plusieurs semaines à lire ce gros livre.  Les aventures d'Harry Potter, dès lors, ne le divertissent plus, elles l'obnubilent, le hantent.  Le premier « effet Harry Potter » est là: retenir toute l'attention de l'enfant, le captiver au sens littéral.

 

Un produit

« marketing »

 

Nombre d'articles qui ont été consacrés à l'auteur de la série, J.K. Rowling, nous l'ont dépeinte comme une jeune mère, divorcée et au chômage, qui, un jour de 1990, dans un train, a eu l'idée d'écrire les aventures d'un jeune garçon, aventures qui s'étaieraient sur les sept années de sa scolarité dans un collège.  Le premier volume des aventures d'Harry Potter est dédié à sa fille: « Pour Jessica, qui adore les histoires ». Après bien des difficultés, ce premier volume aurait trouvé un éditeur, aurait rencontré du succès en Écosse d'abord, en 1997, puis dans toute la Grande Bretagne, avant de s'imposer, l'année suivante, aux États-Unis et en Europe parmi les meilleures ventes.

 

Cette success story ne correspond pas vraiment à la réalité.  La série des Harry Potter est un produit marketing réussi. J.K. Rowling rêvait d'écrire depuis l'âge de huit ans.  Elle a fait des études de lettres, à l'université, en Angleterre et en France, et l'on sait aussi qu'elle a suivi des cours dans un « atelier d'écriture ». A l'évidence, le premier volume publié n'est pas sorti tel quel de l'imagination de son auteur.  On y trouve un scénario trop bien élaboré pour un premier livre.  Un travail de réécriture a dû être fait sur le premier manuscrit de Madame Rowling (1), ce qui n'enlève rien à son talent.

 

On constate aussi qu'elle s'est abondamment inspirée d'une multitude de contes, de fables, de légendes et d'histoires fantastiques pour en tirer le plus grand nombre possible de personnages imaginaires, farfelus, amusants ou terrifiants.  Ce qui ne l'empêche pas d'ajouter, à son tour, à la panoplie.  Si dans le premier volume, Harry Potter se déplace avec un balai magique, classique pourrait-on dire, dans le second, c'est une voiture volante que lui et ses amis utilisent, dans le troisième un « magicobus » et dans le quatrième un « portoloin ».

 

Dialogues et descriptions alternent habilement.  Hormis le héros, dans chaque volume on retrouve des personnages récurrents; notamment ses amis de collège (Ron et Hermione) et certains de ses professeurs.  Néanmoins, chaque volume peut être lu séparément, de rapides et habiles résumés des épisodes précédents permet-tant de situer l'action.

 

Bref, les aventures d'Harry Potter sont un produit de marketing littéraire, dont on a déjà tiré une multitude de produits dérivés (jouets, objets divers, vêtements), en attendant l'adaptation cinématographique (la Warner Bros a déjà racheté les droits et la sortie du premier film est prévue pour la fin de l'année 2001) et les jeux électroniques.

 

(1)        On croit le deviner à la dédicace du 41 volume : « A Susan Siadden qui a aidé Harry à sortir de son placard. ».

 

Mais Harry Potter est bien plus dangereux que cela.

 

Un monde sans Dieu

 

Le Figaro Magazine a recommandé, dans un grand article, la lecture de cette « formidable saga » et estime que le succès du livre tient, en partie, à ce que les héros y évoluent dans un collège « totalement rétro (... ) régi sur le modèle ultraconservateur d'Eton ». Bref, le collège des sorciers de Poudlard serait quasiment un modèle d'éducation.

 

Après avoir lu les quelque 1 700 pages que comptent les quatre premiers volumes parus, on est, au contraire, effaré de l'univers où évoluent Harry Potter et ses amis.  Dans le collège de Poudlard, les seuls cours que les élèves suivent sont destinés à leur apprendre des potions magiques, à jeter des sorts, à se transformer, et autres pratiques de magie et de sorcellerie.  Ils ne reçoivent aucun autre enseignement, et bien sûr pas de cours d'instruction religieuse ou de catéchisme.  Les seules références religieuses qu'on trouve dans les quatre volumes sont l'évocation des fêtes de Noël et de Pâques: Noël est réduit à un bon repas et à l'échange de cadeaux, sans aucune cérémonie religieuse, et Pâques à une période de congés scolaires.

 

Harry Potter ne prie jamais.  Le seul personnage religieux qui apparaît, très brièvement, dans la série est un « petit moine gras ». Son unique action, dans le livre, est d'être un des fantômes du collège.  Et la seule fois où il sera fait mention d'une église, ce sera dans le quatrième volume, et, nous le verrons, ce sera pour une scène qui a toutes les allures d'un sacrifice satanique !

 

Avant d'en venir à cet univers ténébreux, soulignons encore que, de volume en volume, l'ambiance est, d'un point de vue moral, de plus en plus malsaine.  Si dès le deuxième volume, Harry Potter - qui a 12 ans à ce moment-là - et ses amis boivent de la « bièreaubeurre », il faut attendre le quatrième volume (p. 479) pour comprendre qu'il s'agit d'une boisson alcoolisée et non d'une inoffensive boisson de fantaisie.  A quatorze ans, Harry Potter et ses amis ajoutent à la « bièreaubeurre » l'hydromel, et ils connaissent aussi leurs premiers émois amoureux (et, pour certains, leurs premières aventures).

 

Une initiation au mal

 

Il y a bien pire encore.  Et ce, dès le début.

 

Harry Potter ne va pas dans une école où il apprend d'innocents tours de magie, des tours de passe-passe qui fascinent.  Il va dans une école de sorciers pour apprendre comment faire des sortilèges, envoûtements, métamorphoses ; autant de pratiques qui vont le rendre supérieur aux « Moldus » (les non-sorciers).  Dès les premiers chapitres, il entre dans un univers parallèle où apparaissent des monstres divers, des fantômes, des revenants, des morts-vivants.

 

De volume en volume, les aventures d'Harry Potter sont de plus en plus terrifiantes et sanglantes.  Le quatrième tome est le plus terrible de tous.  Au chapitre 32 e , qui est le plus court du volume, un mage noir, Queudver, tue, dans un cimetière, un camarade d'Harry Potter, sous ses yeux.  Puis, au cours d'un rituel satanique, il fait « renaître » Lord Voldemort, « le Seigneur des Ténèbres ». Il le fait en jetant vivant, dans un chaudron bouillant, une sorte d'enfant monstrueux, et en y ajoutant les ossements d'une tombe profanée et un peu du sang d'Harry Potter; tout cela en prononçant des formules qui rappellent de manière blasphématoire les paroles de la consécration eucharistique.

 

Après une telle scène, on se demande quels épisodes plus horribles et blasphématoires pourront bien contenir les volumes qui restent à paraître.

 

On le voit, pas une ligne de J.K. Rowling n'est à recommander, et moi qui ai dû lire les quatre volumes des aventures d'Harry Potter pour les besoins de cet article, je n'ai qu'une hâte: m'en débarrasser pour que mes enfants ne tombent pas dessus.   

 

Tiré de FIDELITER – Mai-juin 2001     

 

 Richard jrap le 13-03-2001 :

 

Je n'ai pas lu cette saga.. mais ai lu l'article de Chiron..;

Très sévère cet article.. Je trouve que la critique du Lieutenant est plus nuancée..

Je me souviens des contes de Perrault, de Grimm et autres aventures fantastiques, des différentes bd westerns style Blek le Rock ou Kit Garçon, lus dans ma jeunesse.. Il y avait aussi des sorciers, des elfes, des vampires et autres personnages de ce style, des bons, des méchants.. .. On n'y parlait pas spécialement d'église, ni de curés.. donc rien ne change sous le ciel bleu...

Harry Potter est peut être un peu plus sanglant, un peu plus dur.. mais il faut dire que  Blanche Neige et les 7 nains c'est assez obsolète... du moins dans leur version sage :)

Evidement, on est loin des merveilleux Signes de Piste.. du Prince Eric et autres héros scouts que l'on pouvait prendre comme modèles mais  qui avaient aussi  leurs détracteurs à l'époque... qui disaient que les goûts de Serges Doelens pour les petits scouts transparaissaient dans ses oeuvres (ma grand mère était très retissante lorsqu'elle me voyait lire des livres de cette collection) ...ce qui n'a pas empêché des générations d'adolescents de lire les aventures de tous ces héros sans que cela les pervertissent...

Des gens comme ce M Chiron préférerait  donner a lire a nos adolescents La Grotte de Lourdes, Les Bergers de la Salette..l'Imitation de Jésus Christ  et autres livres d'heure écrit au XIX eme par des chanoines en mal de copie et voulant pour le coup influencer des générations d'enfants...

Au vu de cette article, je crois que je vais me précipiter dans une librairie acheter la collection.. j'adore les histoires de sorciers, de druides et autres personnages de ce style.. et je vous dirai ce que j'en pense…

 

Ivan Kraljic, le 14-06-01:

 

Personnellement, j'aurais fait brûler tous ces livres sataniques.

 

Et quelques digressions suivirent :

 

Frank Gérardin, 14-06-01:

 

Moi, en Anjou je connais une dame royaliste qui a mis en garde toutes ses copines contre le catalogie des Trois Suisses parce qu'il commercialisait de la musique satanique (sic). Il s'agissait d'une merde du genre de Era ou de Enigma, enfin du grégorien de cuisine salopé avec une boîte à rythmes.

Elle y voyait soudain une explication aux TROIS suisses... C'était la main de la franc-maçonnerie prise en flagrant délit de perversion des familles françaises !

Tout cela pour dire que le trouble obsessionnel compulsif de droite de la recherche du complot atteint des sommets ou plutôt des profondeurs abyssales dans le grotesque : il n'y a pas plus de diableries dans une sous-merde littéraire comme "Harry Potter" qu'il n'y a de contenu subliminal dans la "Musique funèbre maçonnique" de Mozart.

La sorcellerie, elle est d'abord dans la tête de ceux qui croient la débusquer de partout…

 

Michel séguy, le 14-06-01 :

 

Vous avez raison, et d'ailleurs on n'est jamais TROP vigilant. Déjà au siècle dernier, Edgar Poe ou Lovecraft plus récemment.

Je note en passant:

* "Harry" est l'un des surnoms du diable dans bon nombre de contrées anglo-saxonnes.

* Harry ne serait il pas un "faux nez" pour  une quelconque manipulation maçonnique?

après tout... "HARRY" inverse (a l'hébreux et les livres de Jean Koska!)  sonne comme YRA(m)... CQFD!

* "Potter, Potter"...

en anglais ça signifie "s'occuper de bagatelles, flâner, jouer, bricoler"... le choix du nom fut donc fait pour pourrir notre belle jeunesse... et la pousser à l'inaction.

* et puis POTTER est aussi le nom du potier... halte la, que voici le mythe du divin potier, mythe typiquement gnostique qui resurgit dans cette oeuvre absconse!

 

Je sors mon scapulaire et vais quérir illico de l'eau bénite a St Nicolas!

 

Le Schtroumpf du Roi

 

Anecdote pour anecdote, je me souviens d'avoir vu à une réunion publique d'Adeline une petite dame très bien (pas de serre-tête, mais un noeud en velours dans les cheveux) qui a brandi une pièce de dix francs et a éructé que ladite pièce représentait Lucifer. Un petit personnage à ailes porteur d'une torche (et par ailleurs placé en haut du monument de la Bastille mais elle n'avait pas l'air d'être au courant) ça ne pouvait être que Lucifer.

 

La tâche du roi, à ce que j'ai compris, était de revenir, de bannir les lucifers des pièces de monnaie, et d'interdire l'usage du chiffre 666. du moins en gros.

 

Ca m'a curieusement rappelé, mais à l'envers, ce personnage de Chesterton qui devient fou à force de vouloir bannir les croix de son quotidien par haine du christianisme : il en trouve sans cesse de nouvelles dans les barrières en bois, dans les croisées de fenêtre, dans les croisements de rues, etc.

 

Merlinchaz, , le 14-06-01 :

 

Avez-vous déjà joué à rechercher le loup ou l'oiseau cachés dans un dessin ?

Eh bien, dans l'église des Essarts-le-Roi, il y a un vitrail où l'on peut trouver "en dessin caché", l'image d'une tête de diable. Est-il là à dessein ou par accident ?

 

Je n'ai jamais pour autant songé à faire exorciser ni l'église, ni le vitrail, mais j'avoue que j'évite de le regarder pendant la messe.

 

Mahoud, le 14-06-01 :

 

Voilà ce qui arrive quand on parle du fruit défendu aux petits druides...Dois-je vous féliciter,ou vous tirer les oreilles,Macgama et Lieutenant ? Vous avez apporté une étrange odeur de soufre sur la liste,là...

 

 

Paul turbier, le 15 juin 2001 :

 

Si Yvan fout le feu aux bouquins en question, je fournis volontiers les alumettes et même un bidon d'essence pour que ça fasse plus gai. .

Pas pour les raisons que j'ai relevées dans les divers messages, mais simplement par refus sytématique, partisan et sectaire de tout ce qui touche de près ou de loin la culture Coca-McDo. Il est possible et même probable d'après ce que j'en ai entendu qu'Harry Potter soit une collection très bien faite et pleine d'attrait . Mais si les enfants se gavent dès leur age tendre de littérature anglo-saxonne, il ne faudra pas s'étonner s'il fêtent Haloween à la Toussaint et que, devenus adultes, ils ne lisent que des traductions américaines (je connais une jeune dame qui est dans ce cas-là). Ils ne sauront même plus qui est La Fontaine et croieront qu'il se prénomme Oskar.

       Je n'exagère qu'à peine. Questionnez un élève de Troisième des collèges à propos de Racine et Corneille.

Quand on a la chance d'avoir une littérature comme la nôtre, il faut en transmettre le goût et l'usage.

Yvan, compte sur moi.

 

Laurent Belkacem , le 14-06-01 :

 

Bonsoir,

 

Pour rester dans le cadre de la littérature, je dois avouer ma grande sympathie pour les inquisiteurs, dont beaucoup furent dominicains.

Par ailleurs, repensez au procès de Gilles de Rais, qui fit pleurer tout le peuple réunit autour de son bûcher par la beauté de sa mort très chrétienne et de son repentir.

 

Les livres ont beaucoup plus à craindre des techniques modernes de l'information (relire F°451 ?), de la marchandisation ou de la récupération de la littérature (relire 1984 ?) que de quelques inquisiteurs pointilleux...

Je n'ai aucune envie d'envoyer Potter aux flammes, mais je me refuse à le considérer comme totalement anodin. Certes, le premier volume est assez doucereux, et la description qu'en a fait le Lieutenant est exacte. Cela dit, la suite se corse.

 

Ce que je reproche à Potter, ce ne sont pas ses qualités littéraires discutables ou son satanisme éventuel. Non, il participe tout simplement de cette offensive anti-chrétienne d'une grande partie de la culture actuelle. Pour faire un parallèle, je n'ai pas peur de Burroughs : son écriture, et donc sa corruption morale le rend innacessible au nombre, et son impact limité.

 

Sans même rentrer dans la critique d'une morale (car ces enfants, comparés aux infâmes sauvageons que je me coltine au collège sont indéniablement moraux) a-chrétienne (et donc bancale par essence, centrée uniquement sur l'homme et ses petits moyens), je trouve assez dommageable ce retour à la superstition : je ne contrôle plus ma vie, alors je me remets à croire aux leprechauns, aux fées, et autres esprits familiers qui me volent mes clefs, me projettent des tâches de bolognaise sur ma chemise blanche, pourraient me faire gagner au loto si je savais leur parler... e tutti quanti (de toutes

façons, les magiciens sont jeunes, beaux et riches).

 

Mais a-t-on le droit aujourd'hui de reprocher à quelqu'un de pratiquer sabbat, incantations et magie ? Il semblerait que non, et en tant que catholique, ça me fait un peu mal au ventre. Notre-Seigneur ne nous appelait-il pas à nous défier des magiciens ?

 

Et nouveaux développements au débat :

 

Rembarre, le 14 juin 2001:

 

Laurent Belkacem  a écrit:

"Par ailleurs, repensez au procès de Gilles de Rais, qui fit >pleurer tout le peuple réunit autour de son bûcher par la >beauté de sa mort très chrétienne et de son repentir."

 

Il est vrai que  le théâtre de son supplice à Nantes devint un lieu de pélérinage : Notre Dame de Créé-lait, recommandé pour les femmes à lactation parcimonieuse.

 

Gilles de Rais  fut condamné à être "pendu et ars"  au terme d'un procès inique qu' Henri Laborit a défini comme " le premier procès Stalinien de l'histoire ". Curieux que l'on ait jamais retouvé - même au moment du procès -  aucune trace de la moindre victime , les squelettes calcinés étant censés joncher les  douves de Tiffauges et de Pouzauges. Pour ma part, ayant souvent joué enfant  dans les dites douves de Pouzauges, j'atteste  n'y avoir trouvé  nul autre ossement que de chiens .

 

Il est dommage que la mémoire collective  ne retienne que cette image falsifiée de Gilles de Rais , alors qu'il fut la fleur de la chevalerie française : immensément riche, bien plus que son pauvre roi Charles VII, il était la première fortune européenne. On fait des jaloux pour moins que ça . Les chroniques de l'époque le désignent comme  le plus proche compagnon de Jeanne  . On le retrouve  en  premier  sur les remparts d'orléans , où il tue de sa propre main le commandant de la place . Après la mort de Jeanne , il dilapide sa fortune en représentation sompteuses. Hardi chevalier, mais aussi  lettré , c'était déjà un homme de la Renaissance .

 

 S'il avait eu la bonne heur de ne pas survivre à  Jeanne, sa réputation aurait au moins été l'égale  de celle du Chevalier Bayard. Au fait, 2 ans après  sa mort, Gilles de Rais a été réhabilité par Charles VII. Curieux, non, pour un monstre  sanguinaire, sorcier et sodomite ?

 

Frank Gérardin, le 15 juin 2001 :

 

Sauf erreur, on a retrouvé à la fin du siècle dernier une foultitude de restes humains dans l'une des tours du château de Tiffauges, celle qui donne sur la route de Montaigu.

Des restes de 80 ou 90 corps enfantins, ce qui fait beaucoup pour un innocent.