S'il est vrai que la monarchie n'exige pas la vertu du souverain, elle la suscite et, surtout, elle permet l'élévation spirituelle du peuple (donc le salut, quelle que soit la religion considérée).

En effet, le Roi est un héritier et un transmetteur. Il est donc le lien entre les vivants, les morts et les français à venir. En le voyant, les citoyens ne voient pas seulement le détenteur du pouvoir politique, ils voient aussi celui qui les rattache à leur histoire et leur permet de penser à l'avenir. C'est un rôle quasi chamanique et transcendant.

La démocratie elle ne fait que reproduire à un autre niveau les structures de la vie humaine. Elle transpose les mesquineries et les querelles humaines dans le pouvoir politique. En la voyant, les citoyens ne peuvent y voir que leur propres défauts (et qualités, mais c'est plus rare tant il est vrai que c'est toujours le plus petit dénominateur commun d'un groupe qui l'emporte).

La démocratie vit dans l'instant et est immanente. Mais le rôle chamanique du Roi n'est pas suffisant. Il relie les vivants et les morts par sa seule position, mais ne peut, seul, faire accéder au divin. C'est là la fonction du Sacre. Par son onction il devient l'intercesseur politique entre la nation et le divin. Il n'est pas nécessaire que le Roi ait la foi pour que cela fonctionne. L'onction flatte son ego (utilisation des vices en vue du bien commun), cela lui suffit. Par contre il faut que le peuple y croit. Ce qui pose le problème de notre société, non seulement déchristianisée mais surtout désacralisée.

Dans un premier temps, il me semble que le Roi ne pourra jouer ce rôle d'axis mundi entre la terre et le ciel. Mais cela ne veut pas dire qu'il faille attendre une renaissance spirituelle pour réinstaurer la royauté. Ses avantages temporels et "chamaniques" sont suffisants.

 

 

Pierre Van Ommeslaeghe  (VR) 19-11-2000.