Indigestion d'immigration

 

Septembre 2001 ayant vu un débat animé sur l'immigration dont sont également tiré les textes Immigration, quelle solution ?  et Insécurité, quelle solution ? repris en 4. Politique, ou Le chien et le chacal repris en 10). humour  Paul Turbier envoya cette analyse qui peut faire une bonne conclusion.

 

 

     Quelqu'un qui verrait la liste des messages arrivés sur mon écran ces  trois jours derniers n'aurait pas besoin de les lire pour deviner le sujet vedette de la semaine: c'est l'immigration. Une lecture attentive lui permettrait d'affiner sa déduction et de dire: c'est l'immigration musulmane (blanche ou noire). Tout le monde le sait, politiques compris, mais eux font une démonstration de langue de bois qui me laisse médusé. Quelle maîtrise.

        Le problème est perçu de façon diverse, religieux pour les uns, racial pour d'autre, comportemental etc. etc.. Je pense, en ce qui me concerne qu'il est avant tout quantitatif. Nous faisons une indigestion d'immigration.

        L'école, par exemple. Quand, dans une classe de 25 marmots, 2 ou trois parlent mal la langue locale, l'environnement (maîtresse + autres élèves) leur fait rapidement acquérir un minimum suffisant, aidé en cela par la formidable faculté d'apprendre des enfants.  Mais s'ils sont  5, voire 10, la mission est impossible et la transmission d'un savoir et d'une culture n'est plus effectuée pour personne. Ceux qui parviennent à une réussite scolaire appréciable ont un soutien familial important. Pour ceux  qui n'en bénéficient pas, c'est l'échec.

        L'usine (milieu peu ou pas connu sur VR, mais très pratiqué par Paul T.), vit des problèmes analogues. Nécessité de plus d'encadrement, constat de plus de malfaçons, impossibilité de fixer les process par une littérature technique, problèmes relationnels permanents. Moins de 3% d'immigrés peu francophones : on vit et on travaille. Plus de 5%, la maîtrise d'atelier passe plus de temps à régler les difficultés relationnelles qu'à s'atteler aux problèmes technologiques. La productivité et la qualité s'en ressentent. Dans l'absolu la robotisation n'est pas toujours économiquement justifiée, loin s'en faut. Mais dans le contexte actuel, c'et la seule possibilité.

        Mais ce qui gène le plus n'est pas du domaine chiffrable, c'est "l'incompatibilité d'humeur". Le différentiel culturel est trop grand et le fossé est incomblable. La société pluri-culturelle est une fumisterie et "qui se ressemble s'assemble" est une grande vérité.

        En France,  les siècles ont établit une harmonie subtile entre le terroir et ses habitants. Les français se sont peu a peu mis à parler une langue suave, fluide et subtile, ont construit de magnifiques cathédrales et ont fabriqué un art de vivre envié partout. Le tout a constitué pour eux un environnement indipensable à leur vie, comme l'air qu'ils respirent et l'eau dont ils s'abreuvent. Le bonheur. Et le tout est piétiné. Là est le drame.

        Je n'ai pas de haine pour Mamadou ou pour Mohamed ou Chang, Jeanne n'en avait pas pour les Anglais. Je suis même prêt à les aider de quelque façon. Mais comme il est évident que leur assimilation est impossible et que notre effacement est intolérable, il n'y a donc qu'une possibilité : que chacun soit chez soi près de ses racines. Où est notre crime?

 

Texte de Paul Turbier du 6-09-2001.