Qu'a apporté l'Inquisition ?

 

A force de désinformation, plus personne ne le sait.

 

C'est tout simplement l'obligation d'enquêter et dans cette enquête, d'entendre l'accusé, avant de condamner.

 

Cette notion n'est pas tout à fait naturelle.

 

En règle générale, on condamne celui qui ne plait pas, parce qu'il boite, ou qu'il est bossu, ou est trop beau, ou est LE JUSTE (sans parler du Christ) : arrêtons nous sur l'exil dont fut frappé à Athènes, Aristide, surnommé le Juste, et sur les motifs de sa condamnation  :

"j'en ai assez de l'entendre appeler partout le juste"

Là encore, de nombreux exemples.

 

Rome a mis en place une procédure de ce type, qui semble-t-il avait déjà existé dans les anciennes civilisations du bronze : Mésopotamie ?

Mais Rome, comme la 3° République, était gouvernée par des avocats, et le fondement de leur procédure contradictoire peut être critiqué.

 

Au moment où se constitue l'Inquisition, on condamne celui qui ne plaît pas, sans l'entendre, et au moment de l'exécuter, on lui offre de se justifier par une "ordalie" : en gros s'il ne meurt pas, et reste estropié, il n'ira pas en prison....

 

Dans mon innocence candide,amateur d'histoire ancienne iconoclaste, j'ai donc tendance à admirer l'Inquisition.

 

J'ai même fait l'effort de lire des procès-verbaux.

Les pauvres bougres n'y sont pas plus tourmentés que par nos modernes Juges d'instruction, lesquels, tout comme les Inquisiteurs, cherchent à faire se couper leurs justiciables, raffinent sur les questions, savent faire attendre, et décourager même des personnes accusées à tort.

 

Parmi ceux de l'Inquisition, les plus faciles à trouver, ayant été édités encore assez récemment, sont ceux des procès de Jeanne d'Arc.

 

Il est incontestable qu'on la fait souffrir dans son âme et dans sa chair.

 

Mais l'outillage romantique fabriqué en Allemagne au siècle dernier, qu'on trouve actuellement dans toutes les "bonnes" reconstitutions de cachot... il n'en est pas question.

 

Vous savez comme moi que les peines prononcées par le Tribunal Inquisitorial, sont du type des peines prononcées par tout prêtre sur les fidèles qu'ils confessent : un peu plus lourd cependant que 1 pater et 3 Ave, d'accord.

Les peines peuvent être temporelles : donc l'Inquisiteur peut demander une amende à son justiciable, au lieu de l'envoyer à Jérusalem se faire tuer par les musulmans. ...

 

Mais l'essentiel des peines temporelles est prononcé et exécuté par le "bras séculier", car en sus du péché par lui-même, ce péché a heurté l'ordre public : et le fisc y trouve son compte, tant dans les amendes que dans la mort car celle-ci entraîne la confiscation des biens (sauf éventuellement prise en charge de la veuve ou des enfants mineurs).

 

Texte de ber.bre (VR)  21-01-2001.