Islam et Patrimoine

Débat

 

S. de B. (VR) a écrit le 15-03-01 :

 

L'Islam, c'est ça !


Les médias nous rebattent les oreilles avec les statues géantes de Bouddha que les taliban d'Afghanistan font sauter au nom du Coran.

Or, ce qu'on nous présente comme d'admirables chefs-d'oeuvre ne paraît pas justifier de telles alarmes. Ces bouddhas-là ne sont tout de même pas la huitième merveille du monde et l'enthousiasme médiatique soudain pour ces ouvrages primitifs a quelque chose de suspect. Au moment de la célébration du bicentenaire, il ne paraît pas que l'on ait aussi bruyamment condamné le saccage, par les vandales républicains, des cathédrales de France. Ce sont pourtant des témoignages du génie humain au moins aussi éloquent que les grands machins de pierre des montagnes afghanes. Quand, plus récemment, Jospin, interrogé sur le monument de Paris qu'il ferait détruire s'il en avait le pouvoir, a désigné le Sacré-Coeur, personne n'a bronché. Cependant, sans être le morceau d'architecture le plus exaltant de la capitale, la basilique de Montmartre vaut bien les Bouddhas de l'Hindu Kuch. De même quand, voilà quelques mois, la Justice a ordonné la destruction de la statue géante du Mandarom érigée par la secte du même nom au-dessus d'un village de Provence, nul n'a protesté au nom de l'art et de la liberté du culte. On a dit que la statue était laide. Sans doute. Mais en quoi les abrutis qui, par ailleurs, s'extasient devant les rayures de Buren et laissent la mafia maçonnique dresser une grande roue de fête foraine au coeur de Paris, sont ils qualifiés pour décider des qualités esthétiques d'une oeuvre quelconque ? Et puis, par quel mystère l'image géante d'un faux dieu serait-elle un joyau en Afghanistan et une insulte au paysage en France ? Au nom de quelle logique les mêmes qui nous serinent que les arts premiers valent les arts classiques, qu'une racine grattouillée par un aborigène est aussi importante qu'une sculpture de Michel-Ange ou qu'un roulement de tam-tam bantou n'est pas inférieur à un concerto Brandebourgeois, décrètent-ils que la statue du Mandarom est hideuse et celle de Bouddha splendide ?

La vérité c'est que cette campagne médiatique n'a aucune motivation artistique ou patrimoniale. Elle participe du bourrage de crâne qui fait du bouddhisme un sujet de bavardage pour dîner en ville, une mode, un art de vivre "cool", une façon "chébrane" de respirer, de ratisser le gravier, de faire pousser des arbres nains, de se raser le crâne, de bouffer macro-bio et de sculpter des statues... Or le Bouddhisme n'est pas cela. C'est une philosophie du néant et le monde se passera facilement de l'image monumentale du fondateur de ce piège diabolique Au surplus, le vandalisme des taliban est utile par sa portée pédagogique. Ce saccage hénaurme renvoie en effet les rêveurs à la dure réalité. Il ridiculise les propagandistes de l'immigration musulmane. Il fait taire les crétins qui ressassent que l'Islam est une religion d'amour et de tolérance. Il crache au visage des benêts la réalité profonde, la nature intrinsèque de cette théocratie. En France sous la botte des mondialistes, la loi fait obligation de dire que l'Islam est un culte respectueux de la laïcité et de la liberté. Les taliban, à l'abri des foudres de Gayssot, nous renseignent avec une précision spectaculaire sur les limites de leur tolérance, de leur respect et de leur libéralisme. S'il ne font pas la démonstration chez nous, c'est qu'en Afghanistan, ils sont au pouvoir et qu'en France, ils n'y sont pas. Pas encore ! Héritiers d'une terre qui est à la fois la plus riche par son patrimoine catholique et la première d'Occident où l'Islam est en passe de devenir la première religion par le nombre des fidèles, nous devons nous féliciter que ce qui se passe du côté de Kaboul offre un aussi riche sujet de méditation...

 

Naillac (VR) répondit :

 

Vous voudrez bien me pardonner mais je ne suis pas d'accord avec vous sur le sujet des Bouddhas d'Afghanistan. Le patrimoine mondial se contrefiche des guerres sectaires inutiles. Il faut sauver le patrimoine comme le reste et prier que Massoud vienne à bout de la peste.

Que penser des destructions des premiers chrétiens sur les trésors de la Grèce antique et de Rome ? Les Polythéistes méprisaient à raison une secte palestinienne juive de leur point de vue. Tel Pilate qui se considérait en tant qu'aristocrate civilisé comme détenteur de la vraie foi.

Autant suis-je d'accord pour dire que le génie du Christianisme et de la foi catholique romaine est cette fusion réussie et bonne entre le message du Christ et la civilisation polythéiste européenne (divisée par la suite avec Byzance pour les slaves orthodoxes et la décadence protestante puis la décadence tout court d'être humains qui ne croient plus en rien.)

Enfin vous avez raison de dire que le sentiment Bouddhiste aujourd'hui est une décadence social démocrate de fumeurs de joints sur le retour et que les babas cool anti catho et antipapistes soutiennent un Monarque théocratique Tibétain (le Dalaï Lama) représentant d'une société traditionnelle pure et ultra hiérarchisée... Un comble ! Mais de grâce ne minimisez pas la barbarie ignoble de l'islam satanique parce que wahhabite des Taliban. J'aime et je respecte les us et coutumes des autres peuples même si je ne les tolère plus chez moi et sur le sol de nos ancêtres.

 

Richard jrap (VR) approuva :

 

Je suis tout a fait d'accord avec vous...

On détruit les Bouddha car on s'attaque au passé d'un peuple.. et en plus pour faire pression sur l'Occident..

Après les bouddha, ce sera les statues militaires et religieuses à Paris.. C'est dans le programme de M Delanoë...

Aux Armes!

 

S. de B. (VR) répondit :

 

Je crois que je me fais mal comprendre. C'est bien entendu parce que ce saccage fait éclater la vérité sur l'Islam que je me félicite de cette affaire. Je crois que payer la vérité sur l'Islam de quelques pierres que personne ne voit jamais n'est pas hors de prix.

 

 

Le Lieutenant (VR) ajouta :

 

Si je partage l'avis de S. de B. sur l'Islam et les conclusions politiques à tirer de ce dossier quant à notre avenir en France et autres pays occidentaux, je partage aussi celui de Naillac sur la sauvegarde du patrimoine que constitue Bâmyân.

Pour fonder ces deux points de vue je vous transmets le petit récit de voyage qui suit ; il illustre la valeur du site et le fait que déjà dans le passé les musulmans s'y soient attaqués, bien avant les Taliban qui ne constituent donc pas une interprétation fanatique exceptionnelle et nouvellement parue de l'Islam.

La perte d'oeuvres d'art monumentales qui ont survécu depuis le Vème siècle après J-C.serait regrettable et irréversible. Ce n'est pas un patrimoine proche de nous, c'est vrai, et de semblables destructions à connotation idéologique ont eu lieu chez nous dans un passé pas tellement lointain. Ne pas les avoir rappelées lors des célébrations récentes des évènements qui en furent l'origine est révoltant. Je ne crois pas toutefois qu'il y ait ici complot pour détourner l'attention de notre patrimoine culturel vers une culture étrangère. L'arbre qu'on abat fait plus de bruit que la forêt qui subsiste, tout simplement. Et une telle oeuvre ne repoussera malheureusement plus au contraire de l'arbre.

 

Récit d'un voyageur :

http://pages.infinit.net/leonceb/bamyan.htm (extrait)

 

....L'émerveillement vint à l'aube. Réveillé tôt, je pousse les rideaux de ma chambre: la falaise aux deux bouddhas et aux cent grottes est là.

Je me trouve un autre guide pour me conduire à travers ces centaines de grottes jusqu'au sommet de la principale statue appelée dans la région Shir Sal. Ses dimensions ne me viennent tangibles que lorsque j'arrive à ses pieds et lève la tête vers elle.

Elle mesure 53 mètres . Je peux distinguer sa figure massacrée par les musulmans vers le dixième siècle. Suivant mon guide, je commence la lente ascension à travers de nombreuses grottes reliées par des escaliers et des passages étroits, tantôt à l'intérieur de la montagne, tantôt sur le flanc.

 

Arrivé au sommet, je sors pas un étroit orifice et me hisse sur la tête du bouddha. La vallée s'étend devant moi, silencieuse, paisible, immobile. Ce paysage est le même que contemplaient autrefois les moines bouddhistes. Une grande sérénité émane de ces lieux.

J'examine la voûte au- dessus de la tête de Shir Sal. Le peu qui reste des fresques illustre bien le mélange étonnant des civilisations dont Bamyan fut le témoin. La partie le mieux conservée représente un dieu lunaire, vêtu d'une longue robe, une lance à la main et le pied gauche reposant sur une épée, debout dans un chariot conduit par des chevaux ailés. Trois civilisations se retrouvent dans cette fresque: le chariot et les chevaux sont grecs, les vêtements sont de l'Asie centrale, les armes sons sassanides, et l'image totale de cet apsara volant est bouddhiste. Carrefour des grandes routes par lesquelles passèrent les voyageurs de l'Occident à l'Orient, Bamyan fut aussi le carrefour des civilisations.

 

A plusieurs reprises au cours des siècles, Bamyan fut détruite. En l'an 425, les Huns des Sables massacrèrent systématiquement les paisibles moines habitant ces couvents troglodytes. En 1221, ce fut Gengis Khan qui mena lui-même une attaque contre la ville et sa population, et selon les historiens, il ne subsista absolument rien. Mais après chacun de ces massacres, la vallée se repeupla et survécut à toutes les marées du temps....

 

Une contribution de "Le schtroumpf du Roi" (VR)

 

Je dois dire que cette histoire de bouddhas me laisse un peu rêveur...

D'abord je ne sache pas que la Révolution Culturelle chinoise et son cortège de destructions systématiques aient beaucoup remué les bonnes consciences... Il me semble même que beaucoup de nos bons "intellectuels" appelaient alors les morts les plus amusantes sur la Chine Nationaliste qui a quand même pour elle d'avoir sauvé le plus gros du Trésor du Palais. Il me semble même qu'il y eut ensuite quelques débiles profonds pour vouloir rendre à la Chine communiste une partie des collections du Musée Guimet...

Ensuite, pourquoi s'étonner ? l'Islam a toujours agi ainsi. On ne rappellera que pour mémoire l'émir Amrou Ben Al-As qui, bien que fort cultivé et même très urbain puisqu'il avait demandé l'avis de Jean Philopon, n'en obéit pas moins à l'ordre de son calife d'incendier la Bibliothèque. La seule, celle d'Alexandrie. Certes elle ne comptait plus les grands auteurs antiques. Même à Alexandrie il n'y avait sans doute plus, en 640, un seul exemplaire complet de Tite-Live ni de Tacite. Mais elle devait bien compter encore les Hymnes de Callimaque au complet. L'Ibis, l'Hymen d'Arsinoé, le Glaucos, les Helpides, l'Arcadie, Sémélé... il y aurait sans doute eu de quoi reconstituer tout cela en cherchant bien... mais ces pièces dont on ne connaît plus que les noms ont fini à chauffer les bains de la ville... Il reste 5 fragments de la Boucle de Bérénice. Le seul de quelque étendue compte 19 vers. Merci à l'Islam.

Peut-on vivre avec des gens qui ont brûlé Callimaque ? Peut-on être tolérant pour ceux qui ont substitué à la poésie alexandrine la récitation obtuse d'un texte qu'ils ne comprennent même pas ?

Voici comment Amrou annonçait sa victoire à Omar :

"J'ai conquis la Grande Ville de l'Occident, et il ne m'est pas facile d'énumérer ses richesses et ses beautés. Je me bornerai à rappeler qu'elle compte quatre mille palais, quatre mille bains publics, quatre cents théâtres ou lieux de divertissement, douze mille magasins de fruits et quarante mille juifs payant tribut. La ville a été conquise à la force des armes et sans aucun traité. Les musulmans sont impatients de jouir du fruit de leur victoire."

 

Amicalement.

Le schtroumpf de Ptolémée.

 

Et effectivement :

(texte du Journal Le Soir 27-03-01) transmis par le lieutenant :

 

 

 Les bouddhas géants sculptés dans la falaise de Bamyan il y a plus de 1.500ans ont été presque complète­ment détruits par les taliban. Pour ceux quii avaient encore le moindre doute sur leur jusqu'au-boutisme, les "étudiants en reliqion "- qui contrôlent environ 80% de l'Afganistan- avaient organisé lundi un "voyage de presse" à l'attention de quelques correspondants. ils ont vu: il ne reste rien de la plus grande statue, qui mesurait 55 mètres de haut, tandis que ne subsistent qu'une partie de l'épaule droite et de la robe de la plus petite statue, qui mesurait 38 mètres de haut. Les responsables taliban ont affirmé que, á coups de dynamite, de roquettes et de canons de blindés, une vingtaine de jours avaient été nécessaires pour réduire à l'état de gravats ces statues sculptées dans la falaise entre le IIe et le Ve siècle. La destruction de la statuaire afghane préislamique, qui a soulevé une vive émotion dans le monde entier, est destinée, selon le chef des taliban, le mollah Mohamed Omar, à prévenir un retour de l'idolâtrie. Lundi, un reporter japonais a d'ailleurs été sévèrement rappelé à l'ordre par les gardes taliban pour avoir ramassé des débris des statues au pied de la falaise... Le Sri Lanka, un des principaux pays du bouddhisme Théravada, a offert de racheter ce qui restait des œuvres préislamiques afghanes en Afghanistan. En attendant, une organisation privée sri-lankaise a annoncé le lancement d'une collecte destinée à financer la construction de copies des bouddhas de Bamyan, qui étaient les plus grands du monde.  Photo AP.