JEANNE D'ARC

Chef de Guerre

 

Message du Lieutenant du 14 juillet 2002 :

 

Chers tous,

je vous avais signalé il y a quelque temps déjà être occupé à numériser le l'intéressant livre de "Jeanne d'Arc chef de guerre" du Lt-Colonel de LANCESSEUR. Ce livre abordant un aspect rarement analysé de l'aventure de Jeanne est épuisé et les éditions Debresse, contactées par la personne qui m'a fourni le livre et proposé de le mettre sur Internet, n'ont pas l'intention de le rééditer.

Le voici donc à votre disposition.

Je le mets sur mon site sous forme pdf, ses 192 pages font 1,3 Mbytes sous cette forme , cliquez sur l'image ci-dessous pour le télécharger :

 

 

Vous lirez ici une présentation du livre extraite de celui-ci.



LETTRE-PREFACE

 

DE MONSIEUR LE CENERAL DE CORPS D'ARMEE

POYDENOT

(C.R.) ANCIEN DIRECTEUR

DE L'ECOLE SUPERIEURE DE GUERRE

_______

 

Mon Colonel,

 

De votre bel ouvrage se dégage, avec un puissant relief, la personnalité de Jeanne, d'Arc, Chef de Guerre.

 

L'humble bergère de Domremy domine de très haut tous les capitaines de son temps.

 

Avec les qualités morales de caractère, de rayonnement, d'autorité, elle possède une connaissance parfaite de l'art militaire.  Cette science tient proprement du miracle.  Sa source ne peut être que surnaturelle, car les concepts stratégiques et tactiques de Jeanne d'Arc sont en avance de plus de 200 ans sur son époque. Il faut attendre Turenne pour les retrouver...

 

Dans le domaine de la conduite de, la guerre, vous exposez magistralement comment Jeanne a, d'emblée, la claire notion du but à atteindre :

 

Refaire l'unité du pays autour du son Roi légitime et, pour cela, reprendre aux Anglo-Bourguignons la capitale du Royaume – ce qui exigera, sur le plan des opérations, deux campagnes successives : Campagne de la Loire, Campagne de l'Oise.

 

La stratégie mise en manœuvres pour la réalisation de cet objectif révèle, tout ensemble, le grand capitaine et le grand politique.

 

- Le Grand Capitaine, qui applique aux manœuvres qu'il conçoit et dirige, les principes, qui ne seront dégagés que des siècles plus tard ; la liberté d'action, l'économie des forces.

 

- Le Grand Politique, qui néglige le secondaire pour aller à l'essentiel, qui préfère à l'exploitation facile des succès contre les Anglais battus à Orléans, la consécration du Roi à Reims ; le sacre de Charles VII n'aura-t-il pas, en effet, une résonance profonde à l'intérieur et à l'extérieur du Royaume ?

 

Dans le domaine de la tactique, vous montrez d'excellente façon la véritable révolution apportée par Jeanne d'Arc aux procédés de combat assez simplistes pratiqués au XVe siècle.

 

Jeanne inaugure la combinaisons des armes: des forces légères reconnaissent et fixent l'adversaire. L'artillerie prépare L'assaut est exécuté avec le maximum de puissance.

 

Oserai-je dire que, vieil artilleur, je suis singulièrement sensible à l'intérêt porté par Jeanne à ses bombardiers.

Enfin sur le plan de la « logistique » - pour user d'un terme à la mode – Jeanne organise ses ravitaillements, utilise ses divers moyens de transports, articule ses bases avec la plus rare maîtrise.

 

Voire livre est plein d'enseignements. Ses lecteurs y prendront le plus vil intérêt. Ils y trouveront une preuve tangible de la mission divine de la sainte de la Patrie, qui, sans préparation guerrière d'aucune. Sorte, s'est haussée, d'un seul coup, au rang des plus grands chefs de guerre.

 

En vous remerciant sincèrement de m'avoir donné la primeur de votre manuscrit, je vous prie d'agréer, mon Colonel, l'assurance de mes très fidèles sentiments.

 

POYDENOT,

Général de C.A. (C.R.)

 

Versailles, 14 février 1958.