Poèmes de René de Kerviler

 

Transmis à VR par son arrière-petit fils c/o le Lieutenant.

« Etant en train de finaliser un livre sur René de Kerviler, mon arrière grand-père, écrivain, historien, ingenieur,  .... je ne résiste pas au plaisir de vous envoyer ces deux poèmes en avant première, parmi une vingtaine de la même eau qui font allusion aux évènements antireligieux de 1870 a 1914, dus aux décisions sectaires des gouvernements républicains radicaux de la IIIeme république. »

 

 

Les nouveaux Tartuffes

Res, non verba

 

Quelle riche moisson d’hypocrites épis

S’offrirait de nos jours à la faux de Molière !

Qu’on entendrait crier, sous sa rude lanière ;

Après les faux  dévots, de tribuns accomplis !

 

L’un de la Liberté prétend qu’il est épris

Mais il ne peut souffrir église ni prière ;

L’autre tout cousu d’or, et niant la misère,

De la Fraternité vante partout le prix.

 

Quant à l’Egalité, c’est une humble déesse

Pour qui nos radicaux n’ont que feinte tendresse :

Ils préfèrent plumets, croix, galons, maroquin.

 

A l’assaut du pouvoir ils grimpent avec rage,

Ecrasant les naïfs qu’étonne leur courage …

Tartuffe en vieillissant s’est fait républicain.

 

 

Chronomètre politique

 

En assistant à la curée de l’année 1879

 

 

A dix ans, n’ayant point souci de politique,

On suit sans hésiter la foi de ses parents :

Bientôt l’on sent en soi de généreux accents,

Et l’on crie à vingt ans : Vive la République !

 

Mais quand on a vécu dans le monde pratique,

Les rêves d’utopie accourent moins ardents :

On voit les hommes tels qu’ils sont : et vers trente ans

On ne méprise plus le soleil monarchique.

 

Puis les excès commis par les fous furieux,

Font, si l’ambition n’aveugle point les yeux,

Chercher, à quarante ans, un roi de longue vie ;

 

On jure pour jamais haine au clan radical ;

Le suffrage sans frein paraît une folie :

On n’est, à cinquante ans, qu’un affreux clérical.