LIBERTE-EGALITE-FRATERNITE

analyse politiquement incorrecte :

 

Liberté : oui mais on peut en faire mauvais usage, et l'inscrire dans la devise de l'état, est ce bien pensé ? On ne crée pas la liberté ; l'esclavage oui, la liberté non. La liberté c'est très personnel, le rôle de l'état se résume à en rendre l'exercice possible... en la limitant. En fixant des repères, en posant des limites les plus larges possibles, il rend l'exercice des libertés possible : c'est l'état de droit. C'est important, ça, l'état de droit, bien plus que la démocratie. La démocratie c'est la parole au peuple et le peuple, on lui fait dire ou penser ce qu'on veut, autrement, collectivement, il pense court, il pense bête, il pense facile. Balancer la démocratie, c'est soit renverser une tyrannie voilée, soit virer la médiocrité et la décadence : très bien. Mais jeter l'état de droit avec la démocratie, c'est jeter le bébé avec l'eau du bain. C'est l'état de droit qui nous garantit de l'arbitraire. Et quel droit peut-il être plus légitime, mieux garanti contre l'arbitraire que le droit naturel, le droit divin, le seul droit qu'on ne peut bricoler à sa guise et dont un Roi serait le meilleur gardien ?

 

Egalité maintenant : l'horreur en germe, l'aveuglement doctrinaire, la négation de la réalité. Les hommes naissent et meurent différents et inégaux en santé, en dons, en défauts et en possibilités. Mettez simplement des hommes contre un muret : l'un voit au dessus, l'autre pas, pour l'un le ventre touche d'abord, pour l'autre  les pieds, ou le nez... Et attendez de les entendre parler, s'exprimer ! Le plus moche ne pourra jamais être élevé au niveau du meilleur, l'égalité ne s'obtient qu'en abaissant et l'inégalité reviendra toujours et il faudra toujours la réprimer : l'égalité c'est la graine des états totalitaires. C'est comme une pelouse : une fois que vous l'avez semée (ayant déjà dû faire table rase sur le domaine qui lui est destiné), il faudra toujours et toujours la tondre et la retondre. Et en politique le tas de gazon coupé c'est un charnier, au mieux d'espérances, au pire d'hommes. Non l'égalité c'est le pire ! (*) Mieux vaut la reconnaissance des possibilités de chacun et accorder à chacun une place, toujours différente, toujours adaptée à ses dons, avec une charge équilibrée de devoirs et de droits : une place pour chacun, chacun à sa place. C'est la patrie cela, avec sa diversité, ses richesses et ses interdépendances.

 

Fraternité c'est pas mal, utile même : appartenir à un groupe de façon consciente et positive. Oui, mais c'est une sorte de famille amputée du père, des ancêtres, de l'héritage, de la verticalité, sans hiérarchie. C'est bien si c'est une conséquence de cette famille qui est bien plus riche que la fraternité seule. La fraternité c'est plat, la famille y ajoute une dimension verticale. Non décidément famille, c'est mieux.

 

donc :

ROI-PATRIE-FAMILLE, voilà.

 

Le Lieutenant, philosophe de gargote.

 

 (*) Attention : reconnaître la différence et même l'infériorité, ce n'est pas le mépris  ou le rejet. On peut aimer et respecter les chevaux, par exemple, sans les admettre au salon et les laisser à l'écurie qui est leur place naturelle.

 

Message du 16-02-2002.