La clef des contes

Message de SdB du 10-10-2003.

 

 

Permettez moi de vous soumettre quelques réflexions sur "le petit chaperon rouge" ...

 

Le conte est la mise en images d'une très vieille tentation des occultistes, magiciens et sorciers de revenir aux cultes primitifs La forêt, lac sylve primitive est, dans le conte, l'image du monde d'avant l’Incarnation ,ténébreux et peuplé de dangers, de forces mauvaises Les loups, ogres, etc représentent ces puissances du mal contre lesquelles luttent cependant les évangélisateurs représentées par les chasseurs, bûcherons, paysans, représentatifs de l’action civilisatrice de l’homme « jardinier de Dieu » au service de la Bonne Nouvelle. Que représente le « chaperon rouge » ? Le chapeau de l'initié ancien qui se croit suffisamment armé pour affronter les puissances des ténèbres.. Dans "Châteaux Forts Magiques de France", Roger Facon et Jean-Marie Parent écrivent :

- "Se jeter dans la gueule du loup, c'est avant tout entrer dans la caverne initiatique, se soumettre aux rites, aux épreuves implacables. Car le loup est celui qui dévore. Comme le feu des adeptes, comme la lumière de Lug. Et il n'y a guère que le sage ayant réalisé l'oeuvre au rouge pour triompher du loup."

Dans son innocence, la fillette mésestime le danger qu’il y a à écouter les entités mauvaises croisées sur son chemin; elle croit que l'on peut lutter avec le loup. Elle pense pouvoir le battre à la course. Perrault indique que Mère-Grand habite « par delà le moulin ».

Par hasard d’écriture ? Non !

Mère-Grand, c’est la divinité païenne des temps de ténèbres, c’est La Grande Mère. La Mère primitive, Maya. Et le moulin symbolise le Christ (la croix des ailes, le vent de l’Esprit, le froment moulu) « Par delà le moulin», signifie « avant l’Incarnation.» Envoyer la fillette «par delà le moulin», c’est engager quelqu’un qui n'y est pas préparé a affronter les puissances primitives. Et à le faire sans le secours du Sauveur incarné dans l’eucharistie puisque, justement, «par delà le moulin», le froment n’existe pas encore.

D’ailleurs, Perrault y insiste : il munit le fillette d’une galette et d’un pot de beurre, ( hostie et huile sacrée) Pour autant, ce viatique ne protège pas de leur propre erreur ceux qui ignorent que les cultes antiques sont corrompus. Lorsqu'elle rencontre le loup, la fillette croit qu'elle peut le battre à la course comme les adeptes des rituels occultistes croient qu'ils peuvent soumettre les forces mauvaises Le loup, lui, ne se trompe pas sur les forces en présence; Il sait qu'il ne l'emportera que par ruse et mensonge./ C’est pourquoi, après la fameuse injonction "tire la chevillette et la bobinette cherra" que les goliards traduisaient par la devise maçonnique Vitriol (mais ça serait vraiment trop long expliquer) le loup-Mère Grand se garde bien d’affronter le sacrement et le sacramentel transportés par l’enfant.

Il commence par l’en démunir (la désarmer) :

- "Mets la galette et le petit pot de beurre sur la huche et viens te coucher avec moi."

Et le Petit Chaperon Rouge obéit sans comprendre qu'il se prive de sa seule protection.

Pire, avant de se coucher dans le lit de Mère Grand, l'enfant ne se contente pas d'enlever son chaperon d'initiée, elle ôte aussi tous ses habits, c'est à dire le vêtement sacerdotal.

Sur quoi, privée de toute protection, elle se trouve affrontée sans défense ni protection aux rituels compliqués de ce que Saint Paul appelle la religion de l'esclave...

Ne comprenant pas ce qu'elle voit, elle accumule les questions Pourquoi les grands yeux ? Pourquoi les grands bras? Pourquoi les grandes dents ? Ce à quoi le loup lui même privé des connaissances initiatiques que la vraie religion a définitivement ravalée au rang de singeries mécaniques, ne peut que répondre par des banalités matérielles.

Enragé par cette défaite qui signe la victoire de la vraie foi sur les anciens cultes dont les sectateurs eux mêmes ont perdu le sens, il dévore l’enfant.( comme les romains tueront les chrétiens alors que leur religion était jusque là d'une tolérance sans limite puisqu'un autel était réservé «au dieu inconnu» !!!))

Ensevelie dans les entrailles de la terre (Maya, la Mère-Grand) en clair : le tombeau, la fillette sera délivrée (allégorie de la résurrection) par les bûcherons et chasseurs (qui, domestiquant la sylve primitive et lui imposant la marque de l’homme apparaissent comme des évangélisateurs)

Le chaperon rouge peut donc être lu comme une leçon sur l’invincibilité de la religion chrétienne face a la sauvagerie des cultes primitifs.

 

SdeB