La morale occidentale

 

La morale occidentale, politiquement correcte, cultive depuis quelques années la repentite aiguë, variété d’autoflagellation destructrice consistant a s’excuser auprès de la terre entière des aléas de l’histoire, comme si les acteurs du monde contemporain, déjà bien peu capables de peser sur le présent, pour ne pas parler de l’avenir, pouvaient influer sur le passé.

Son évocation, jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, fut toujours l’occasion de le glorifier et de tirer de ses réalisations des leçons pour l’avenir... Son rappel aujourd’hui est toujours l’occasion de flétrissures et de condamnations au nom d’une éthique moderne que rien, absolument rien ne nous permet de considérer comme plus “ valable ” ou plus “ correcte ” qu’une autre, en particulier celle de l’époque où les faits évoqués, aujourd’hui jus­tement condamnables, voudraient être rétrospectivement sanctionnés.

Il en fut ainsi à toutes les époques et sous tous les cieux : des guerres sanglantes ont éclaté pour des phrases qui font sourire ; dans certains pays des hommes politiques risquent leur siège parce qu’ils ont des faiblesses pour l’arrivisme de leur secrétaire ; dans la Rome antique, le paterfamilias avait droit de vie ou de mort sur ses enfants ; aujourd’hui, il est infiniment plus condamnable de proposer un rendez-vous à sa standardiste que de tuer une vieille dame...

De petits malins s’engouffrent dans cette lézarde de la muraille sociale, dans cette faille de la cuirasse morale, dans cette opportunité de la mode, pour en tirer culpabilisation, voire profit, et les gouvernements démagocratiques payent... avec nos impôts !

Certains leaders intellectuels et politiques antillais viennent d’en prendre conscience et lancent une vaste opération médiatique sur la responsabi­lisation de la société française du XXe, voire XXIe siècle, pour la traite des esclaves pratiquée du XVIIe au XIXe siècle entre la côte ouest-africaine et les Amériques...

Le développement de cette nouvelle psychose de repentance risque de connaître des rebondissements particulière­ment croustillants qui pourraient bien amener les vrais protagonistes à en exiger l’enterrement: cette nouvelle initiative se révélant… très politiquement incorrecte !

Car, là, les archives sont ouvertes aux chercheurs, il n’y a ni “ Secret-Défense ” ni loi Fabius-Gayssot pour entra­ver la recherche et la connaissance d’une réalité historique qui n’est d’ailleurs nullement contestée par les premiers acteurs de l’affaire : les Africains.

La traites des Nègres n’est pas du tout la simpliste déportation coloniale aux Amériques que les propagandistes de la repentance veulent faire avaler aux âmes simples des démagocraties occidentales : l’esclavage des Noirs est d’abord une affaire typiquement africaine.

De tout temps les Africains ont pratiqué l’asservissement, les légendes traditionnelles de l’empire du Mali comme de celui de Béhanzin au Dahomey (actuel Bénin) s’en font largement l’écho. C’était encore à l’époque de l’entre-deux-guerres une plaie qu’aucun administrateur colonial n’était jamais encore parvenu à soigner au moment de l’indépendance : fréquemment des parents endettés empruntaient de l’argent et laissaient un enfant en gage jusqu’à ce qu’ils aient réglé leurs dettes... c’est-à-dire jamais... Les archives judiciaires coloniales sont pleines de dossiers de ce genre, et les tribunaux africains d’aujourd’hui aussi...

Sur le plan historique, si la traite à destination des Antilles en provenance de Gorée et réalisée par des armateurs français (de Nantes et Bordeaux) et britanniques est la plus médiatisée en France, ce ne fut, hélas, qu’un phénomène secondaire : l’essentiel de la traite fut réalisé entre le fond du golfe de Guinée, qui a gardé le nom de “ Côte des esclaves ”, et la côte est-américaine des possessions britanniques d’alors : Maryland, Géorgie et Carolines.

Deux noms maudits des abolitionnistes Anecho (à la frontière du Togo au Dahomey) et New-Port (Virginie, dans la baie de Chesapeake), auxquels s’adjoindra bientôt celui du port de Charleston (Caroline du Sud), résument toute l’ampleur du drame.

Entre ces deux pôles, près de dix millions de Nègres furent achetés, transportés et vendus pour les besoins de main-d’oeuvre des colons immigrés planteurs de tabac, puis de coton et de canne à sucre, en deux cent cinquante ans (1600 -1860).

L’abolition de l’esclavage fut proclamée à la fin de la guerre civile dite de Sécession, en 1865.

Mais qui sont les responsables de ce fructueux marché où tous les intervenants firent de colossales fortunes? Un petit rappel historique est nécessaire : lorsque Christophe Colomb débarque aux Amériques il est accompagné de cinq commerçants israélites : Luis de Torres, Marco, BernaI, Gabriel Sanchez, Alonzo de la Calle, qui lui firent capturer 500 Indiens ramenés à Séville et vendus comme esclaves. Chassés d’Espagne comme du Portugal (1597), ces com­merçants israélites s’installè­rent dans les Provinces Unies (Pays-Bas) où ils fondèrent avec d’autres coreligionnaires la Compagnie des Indes occidentales.

Cent ans plus tard, on retrouvera leurs descendants à Ouidah et à Porto Novo, les deux villes portugaises fortifiées de la côte du Dahomey. Là, ils conclurent des accords avec les rois côtiers, comme avec ceux du Togo voisin, pour l’achat de captifs qui seront rassemblés et parqués sur la lagune à Anecho, la ville frontière, en vue de leur embarquement.

Très vite, la razzia des popu­lations périlagunaires fut insuffisante et les tribus côtières “ montèrent ” plus au nord chasser les esclaves dans le centre des pays. On estime généralement qu’entre les “ pertes ” dues à la capture et les “ freintes de route ”, 50 % des esclaves seulement furent débarqués vivants en Amérique, soit un total approximatif effrayant de près de vingt millions d’êtres humains, hommes, femmes et enfants massacrés et déportés pour la traite.

(Aujourd’hui encore, où les frontières sont taillées perpendiculairement de la côte au Sahel, conséquence de la pénétration coloniale francobritannique du XIXe siècle, on observe un déficit chronique de population dans les zones centrales de ces états.)

Dès le début du XVIIIe siècle, à l’apogée du trafic, la traite était assurée par 128 navires négriers appartenant pratiquement tous à des armateurs juifs de Charleston et de New-Port : Aaron Lopez, Abraham AIl, Moses Lévy, Jacob Frank, Isaac Lévy, David Gomez, Félix De Souza, Sam Levey, etc., qui tro­quaient les esclaves contre de l’alcool provenant des 22 distilleries, à capitaux israélites, de Charleston.

Entre 1726 et 1774, Aaron Lopez contrôlera, à lui seul, 50 % de la traite à destination des colonies américaines.

Dans les Etats du nord, où le commerce des esclaves était interdit, Sandiford Lay, Salomon, Benezet et Woolmann oeuvrèrent pour obtenir sa légalisation.

Tous ces éléments incontestables et bien connus peuvent être consultés et vérifiés à l’Institut Carnegie de Washington et dans les travaux de Malcom Cowley et d’Elisabeth Donnan.

Il est clair que le fameux “ commerce triangulaire ” des Antilles aux ports franco-bri­tanniques puis à Gorée (SénégaI) fait figure, en comparaison, de pâle artisanat.

Dès lors, la seule question qui puisse se poser est simple : qui osera aller exiger un acte de repentance du Congrès juif mondial américain ?

 

 

Article extrait du Libre Journal du 31 Mai 2001

Le Libre Journal - 4, place Franz-Liszt - 75 010 Paris

Article transmis par le Schroumpf du Roi (VR) 09-09-2001, après publication d'un extrait sur VR par le Loup blanc (VR) le même jour.