Là où nous a conduit le monstre

Texte d'André Clert, 18-06-2003.

 

"L'Etat socialiste peut demain nous dépouiller, nous opprimer : sa tyrannie est sans limite, et c'est la pire de toutes parce qu'elle est anonyme, impersonnelle, insaisissable. L'autorité du prince est limitée non seulement par l'intérêt public et par l'intérêt personnel, mais par essence. D'abord, à la différence de celles du dictateur ou de l'opinion, elle n'embrasse pas tous les domaines. Elle est définie. Elle est bornée aux quelques intérêts qui sont évidemment communs à tous les membres du corps social : armée, marine, police, diplomatie, finances et travaux publics. Elle ne se mêle ni d'instruire les enfants, ni de vendre des cigares, ni de gérer les téléphones, monstrueux abus de l'Etat moderne. L'Etat doit m'assurer la paix et l'ordre, ce n'est pas à lui de se mêler de ce qui ne le regarde pas, notre santé, nos économies, l'intime de notre vie. Ne vous y trompez pas, si vous ne faites pas la monarchie, c'est là que vous conduit le monstre : instruction, assistance, hygiène, sport, il avalera tout. Avant longtemps, le médecin sera fonctionnaire. Puis l'épicier y passera. Si la France dure jusque-là, il n'y a qu'à attendre : la monarchie paraîtra, un jour qui n'est pas loin, le dernier refuge de la liberté. "

Lucien DUBECH, Pourquoi je suis royaliste, Librairie d'Action française, 1928.

Nos pères n'ont pas fait la monarchie, le monstre a conduit les Français encore plus bas que ne l'imaginait ce  pauvre Dubech, et pourtant la monarchie n'apparaît toujours pas comme le dernier refuge de la liberté.

L'argument reste bon, me semble-t-il, mais comment l'adapter pour le rendre plus efficace et mieux vendable aujourd'hui ?

A. Clert

 

Réponse de Paul Turbier du 19 juin 2003 :

Bonne et je dirais même très bonne question. La seule peut-être qui vaille d'être posée et pour répondre à laquelle nous devrions consacrer tout nos efforts.

    La confiscation des moyens de communication nous prive d'une arme pourtant indispensable, alors que nous sommes à même de bâtir et de prononcer publiquement un réquisitoire implacable.

    Nous souffrons cependant d'un mal pernicieux; la division. Alors que sur l'essentiel, nous pourrions monter un front très uni, nous nous chamaillons sur des questions de dynastiques qui n'apportent rien aux fondements du principe royal. Une bonne partie de l'essentiel est déjà contenu dans le texte que nous propose André.  A chaque fois que je lis les prises de position légitimistes ici ou orléanistes ailleurs ( je ne parle pas des survivantistes, ils ont également mon respect mais ils ne revendiquent rien), je lève les bras en signe de désespoir. Malheur de malheur. Louis nième ou Jean le combien ne sont-ils en fin de compte que des facteurs de divisions qu'on nous a mis sous le nez afin que nous nous mordions. Avant que cette querelle ne cesse il coulera encore des torrents d'eau sous les ponts.

     L'espérance de Mr Dubech ne serait pas folle sans cette pomme de discorde.

   Personnellement je suis las des prétendants qui s'informent et qui voyagent sans nous dire clairement, fortement et rapidement : " voilà où nous devons aller, je me mets en route, suivez-moi". S'il ne le savent pas, qu'ils lisent le livre de M. DUBECH.

   Je suis également las des bouches béates qui me disent : " le Roi n'a pas à dire ce qu'il va faire mais à le faire le moment venu." Ouate! Nous ne sommes plus au 18ème siècle et les français intoxiqués par 210 ans de socialisme républicain ne pourront pas  ouvrir les yeux obscurcis avec de fadaises ou des expositions dogmatiques de ce genre. Les français ont un urgent besoin d'air pur et ils suivraient certainement le premier qui ouvrira la fenêtre pour leur montrer les verts pâturages.

    Je ne suis pas trop exigeant, je relèverais déjà la tête si un de ces bons jeunes hommes se décidait à se marier et avoir des enfants car je verrais là, en attendant plus,  un signe de confiance en l'avenir. Ce serait le début de la route vers Reims, quelque soit le pèlerin qui la prendrait.

Je redis avec Serge : "le premier à Reims ..."