Le Seigneur des Anneaux est bien plus qu'une adaptation loyale de l'oeuvre immense de J.R.R. Tolkien

C'est un message providentiel.

Une somptueuse exaltation du patrimoine humain et spirituel de l'Occident Chrétien.

Si le Créateur et Rédempteur n'est jamais explicitement nommé, Il habite chaque image du film comme Il est présent dans chaque page écrite par le catholique de tradition que fut John Ronald Reuel Tolkien.

Dans cette histoire d'anneau maléfique qui envoûte son porteur et le tire vers le bas comme la Croix fit trébucher le Christ ; dans le récit terrible de la montée du Porteur et de sa Communauté vers la cime enténébrée d'où l'anneau qui lie les hommes comme le péché les entrave, pourra être jeté au feu primordial, le spectateur occidental catholique ne peut pas ne pas retrouver, sous une forme qui évoque la grande littérature scaldique, le drame de la marche au Golgotha les souffrances de la Passion, les pérégrination des Quêteurs du Graal et les exigences de la mission de Jeanne. Mais le Seigneur des Anneaux porte un autre message. Humain celui-ci, et d'une actualité brûlante. Avec audace, méprisant les petits flics de la pensée, l'oeuvre dit et montre que le ressort principal de l'Histoire est la race, réceptacle, réservoir et source de ce qu'il y a de meilleur (et de pire) dans les créatures. Comme aime à le dire Nicolas Pérégrin : " Comparé au Seigneur des Anneaux, Mein Kampf est un sketch de Popeck. "

Ce n'est pas comme pétitionnaire citoyen que Frodon, le porteur de l'anneau se surpasse avec une héroïque humilité.

C'est parce qu'il est de la race des Hobbits.

Ce n'est pas son harmonie avec l'ordre naturel qui confère une indicible sérénité à Légolas.

C'est son appartenance à la race des Elfes.

Ce n'est pas une minorité défavorisée que le Nain Gimli représente.

C'est une race industrieuse, guerrière, puissante, vaillante, et fidèle, prompte à la colère et au rire.

C'est parce qu'ils tiennent à la race des hommes que Boromir, tenaillé par le doute et tenté par l'éternelle trahison de Judas, fait don de sa vie et qu'Aragorn au regard clair repousse la tentation du Pouvoir pour ne pas souiller sa Royauté cachée.

C'est enfin parce qu'ils sont nés des races de seigneurs que, tous, sont frappés jusqu'au fond du coeur par la splendeur surhumaine de Dame Galadriel, reine des Elfes.

À l'inverse, c'est parce qu'ils sont orcs ou goblins et métissés d'hommes avilis que les gangs ethniques au service du Mal grouillent dans les sombres abysses, caquetant et ricanant, contrefaits et désarticulés comme des rappeurs de banlieues occupées et qu'ils traquent, tuent et dévorent leurs proies fussent-elles Hommes, Hobbits, Elfes ou Nains.

Par la splendeur de ses paysages qui proclament la Gloire du Créateur, par la noble beauté des comédiens qui incarnent les serviteurs du Bien, par son adhésion sans nuance aux valeurs fortes de l'Occident : courage, loyauté, fraternité chevaleresque, humour, sens du sacrifice, vénération de la Dame, Le Seigneur des Anneaux est une oeuvre unique.

Une oeuvre qui élève l'âme, bronze le coeur, et purifie le regard.

S.de B. 13-1-02