Les querelles sur la légitimité me font penser à ceci :

deux hommes abandonnés sur une île déserte sont condamnés à bouffer des cailloux.

Bientôt, leurs conversations anémiques se bornent au sujet qui les obsède : la nourriture.

Où trouver de quoi manger, comment échapper a la famine, à l'inanition, à la mort inéluctable qui approche ?

Les voilà d'accord : si seulement ils pouvaient trouver un peu de nourriture, n'importe laquelle. Quelques pommes de terre feraient l'affaire.

- Oui, dit le premier, cuites a l'étouffé, sous la braise.

- j'aimerais mieux bouillies !

- Vous n'y pensez pas ! Cuites, vous dis-je

- Hérésie, bouillies c'est bien meilleur.

- Mais la pomme de terre bouillie n'est plus vraiment de la pomme de terre.

- Et votre pomme de terre sous la cendre est une nourriture de sauvage.

- Sauvage vous même !

- Bouilleur !

- Abruti, prends ça.

- Et toi, ça !

Ad libitum .

Il n'y a toujours pas de pommes de terre et bien peu de perspective d'en trouver jamais mais nos deux gars ont déjà une bonne indigestion de marrons. Qui, malheureusement, ne va pas les empêcher de crever de faim.

 

S. de B., 15-12-2000

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P.S. du lieutenant : 

                                entre nous fi des querelles,

 et surtout, au clavier restons courtois !