Les funérailles de Serge de Beketch, le 12 octobre 2007.

 

12 octobre 2007, après un échange sur le chant des partisans blancs qui ouvrait les émissions de Serge de Beketch sur Radio Courtoisie

 

Bonjour à tous,

 

Cher Macgama, Correns ,vous avez raison, il y a les versions courtes ... les longues.. nous avons été pris de court, fallait il en douter ?  Le choeur Montjoie St Denis qui était ce matin dans l'église pour la messe de Requiem  a chanté l'originale ! il faut vous dire que cela avait une autre gueule !

 

Un peu avant la cérémonie, nous avons pris un café au Royal Villiers, le temps de nous retrouver et de réchauffer les coeurs qui allaient peiner ...

 

C'était une belle messe, célébrée par le père Argouach, accompagné d'enfants de Riaumont pour le servir. L'église Sainte Odile a effectivement une drôle d'allure, une sorte de minaret rougeâtre qui ne peut pas se louper dès que l'on approche le quartier.

 

L'église qui est pourtant trop grande habituellement, était pleine à craquer, même un républicain n'aurait pu s'y faufiler tant il y avait de monde . Sur le parvis, dans la rue... les amis étaient présents, représentaient d'autres qui n'avaient pu venir... "attendez, je dois noter aussi pour untel..." les feuilles du registre de condoléances s'envolaient les unes après les autres . Les amis étaient là , les personnalités aussi, le Bon Dieu sans aucun doute. Pour tous, la même ferveur l'amitié et l'émotion, émotion dans la voix du père Argouach qui a plusieurs reprises a du se reprendre .

 

Je ne suis pas resté pour attendre la dernière sortie de Serge, Roger Holleindre s'occupait alors de placer ses hommes chargés de drapeaux lourds d'honneurs devant le véhicule funéraire, commençaient aussi les bavardages que je fuis.  Les cérémonies publiques s'arrêteraient après la sortie de l'église, son inhumation dans le carré des Généraux du cimetière du Père Lachaise étant strictement familialle.

 

A mes prières s'ajoutaient celles d'amis et des membres de VR absents, 

Serge,

 

Requiescat in Pace.

 

FB

 

Le 14 octobre 2007 :

Bonjour

je rentre de Paris ce jour et vous rend compte de la journée de vendredi.

La liste était bien représentée pour honorer notre ami Serge. Il y avait quelques parisiens : Paul, Luc, Fred, Lionel P, Chappour auquel s'est ajouté des anciens de VR comme Hervé le Francien et Tannred. Parmi les provinciaux, Claude T et Christine, La Mary-poppins, Dom Eymerich, Gantois et moi même. J'ai aperçu Correns 83 et quelques autres à la sortie messe. Nous étions 9 au déjeuner qui a suivi. La couronne de VR était de bonne tenue et les lys dégageaient un parfum subtil qui a étonné certains mais n'est ce pas le rôle des Lys?.

La cérémonie fut très émouvante. L'homélie superbe. L'hommage rendu à la sortie par des applaudissements au passage du corps de Serge a encore donné une autre dimension à ce départ.

La Mère Agitée avait dressé un buffet où chacun a pu levé un verre à la mémoire de celui qui restera pour tous le leader de la résistance.

Cette cérémonie appelle une réflexion : on peut dire que toute la droite nationale était représentée : le FN avec JMLP et Bruno G, le MNR avec Megret, les Identitaires, Les royalistes avec l'AF, la RN, et plusieurs associations légitimistes. Mais aussi une foule d'anonymes, d'admirateurs, de fidèles. Plus de 2000 personnes. Je ne pense pas que ces gens, a part peut-être un ou deux, n'étaient là que pour la galerie.

Maintenant attendons la suite...

 

Amitiés

Le Chouan

 

 

Le 14 octobre 2007 :

 

...

Bien qu'à l'heure, c'est avec beaucoup de difficulté que j'ai pu entrer seulement dans le fond de l'église tant la densité de l'assistance était importante. J'en suis sorti après l'homélie du Père Argouach car il était évident que suivre la messe derrière la foule était impossible. C'est avec avec beaucoup de mal que l'ai retrouvé  sur le parvis Théorus qui avait renoncé. Nous y fûmes rejoints peu près par La_Mary_Poppins qui m'a parut manquer un peu d'air puis par Claude T. Le seul moment d'émotion que nous avons pu vivre fit la sortie du corps. 

Nous avions décidé, Claude et moi, après un bref délibéré en aparté, de lancer les applaudissements d'honneur et c'est avec beaucoup d'émotion que nous avons repris les chants que les gars de Montjoye- St-Denis ont entonnés en faisant la haie sous le porche. Peu avant j'avais vu M. Le Pen sortir de l'église seul, soucieux et fripé, pour se diriger vers sa voiture près de laquelle son chauffeur l'attendait  Je ne connais pas Mr de Lesquen et je ne l'ai donc pas identifié et j'ai cherché en vain quelque prince que j'aurais volontiers applaudi quel qu'il fut. Mais de prince, poinct.

 

Paul T.

 

Le 15 octobre 2007 :

 

Mon cher Paul

...

Je suis resté dans l'église jusqu’à la fin avec Claude. Une prouesse... mais je devais bien cela à Serge. D'ailleurs certaines parties de cette messe m'ont rappelé mon enfance (par exemple le magnifique chant de la promesse que je n'avais pas entendu depuis mes 12 ans et dont les paroles me sont revenues aux lèvres comme par enchantement).... Puis quelqu'un (il me emble que c'était Laurence mais j'étais tellement perdu dans mes pensées que je ne me rappelle plus) m'a murmuré à l'oreille que la couronne de VR était à l'extérieur, alors je suis sorti pour la voir et Claude m'a suivi quelques minutes après. Sur le parvis j'ai retrouvé Paul, Luc et quelques amis. Je suis allé saluer mon consul général (celui de Patagonie), Jean Raspail avec qui j'ai échangé quelques mots... Quant à Henry de Lesquen, que je connais bien puisque nous avons affronté ensemble, il y a quelques années, les foudres tribunalesques de monsieur Ph Ploncart, je suis allé le saluer juste avant de partir. Il était sur le parvis. Je ne l'ai pas vu entrer dans l'église. Avec le départ de Serge, Radio Coutoisie est un peu orpheline. H de Lesquen est aux commandes du navire... laissons lui le temps sans pour cela lui donner un blanc seing, mais c'est lui le chef et à lui de prendre les bonnes décisions en son âme et conscience et tâchons d'aider le plus possible la seule radio libre qui existe encore.

 

Le Chouan

 

Le 15 octobre 2007 : transmis par la Mary-Poppins

 

Non, Serge, t'es pas tout seul.

 

Dire que, pour les obsèques de Serge de Beketch, l'église Saint-Odile, dans le XVIIe arrondissement de Paris, était pleine à craquer, serait mentir. Elle débordait. Jusque sur le parvis où se tenaient des centaines de personnes qui n'avaient pu trouver place à l'intérieur où se pressaient - unis par une même émotion - des milliers de gens venus dire adieu à notre fort boyard.

 

Des « personnalités » ? A foison et au-delà de ce que Serge appelait « la famille ». Mais ne comptez-pas sur moi - à une exception près, l'admirable Père Argouarc'h - pour les énumérer. Car ce sont les petits, les obscurs, les sans-grade qui ont été le véritable cortège, la garde d'honneur, la légion des anges et qui ont donné à cette cérémonie pendant laquelle nous étions partagés entre les larmes et l'espérance, sa véritable dimension. Et aussi les drapeaux du Cercle national des combattants venus s'incliner sur la dépouille de ce combattant, fils, petit-fils, arrière-petit-fils de combattants.

 

Et j'imaginais Serge, avec son bon sourire goguenard, disant : « C'est sympa, les gars, mais fallait pas. » Il fallait, mon camarade. Il fallait parce que ces signes d'amitié et d'affection sont venus traduire tout ce que tu as représenté, tout ce que tu représenteras toujours, pour une multitude de braves gens qui t'aimaient. Un jour de déprime, tu m'as dit : « Ah, on se sent bien seul parfois. » Non, Serge, t'es pas tout seul. La preuve.

 

Il y avait des gerbes. Prestigieuses. Mais je garderai, plus que de ses bouquets magnifiques, l'image d'un petit homme, cassé par les ans, venu avec six roses blanches (« pas des "rouges", hein, il n'aurait pas aimé. »). Le souvenir aussi de ces dizaines de prêtres, connus ou anonymes. Avec la vision de Serge, vivant sa Passion, sur son lit d'hôpital à Beaujon : émacié, marqué, épuisé, il avait ce visage transfiguré que l'on voit aux saints des icônes orthodoxes.

 

Non, Serge, tu n'étais pas tout seul. Et il est bien que tu aies été accompagné par cette foule fervente. Des braves gens, mais surtout des gens braves, à qui ta voix, à qui tes mots ont, depuis des années, annoncé la bonne nouvelle : rien n'est perdu, rien n'est joué, rien n'est consommé tant qu'on est décidé à se battre et à ne lâcher sur rien.

 

Et puis tes deux fils, Aymeric et Cyril, entourant Danièle perdue dans un chagrin que l'on partage tout en sachant que les mots les plus tendres qu'on peut dire ne sont que de pauvres choses. Serge est entre les mains du Bon Dieu. Danièle sait que l'on tient les siennes et qu'on ne les lâchera pas.

 

S'arracher à cette église, partir vers le jardin des morts. Sourire malgré tout. Il le fallait. Mais pourquoi faut-il que nous subissions de tels arrachements.

 

Serge à été inhumé au cimetière du Père-Lachaise. Un cimetière historique. A sa mesure. Après la cérémonie, je suis allé déjeuner au Daru, rue Daru, un restaurant russe en face de la cathédrale Alexandre-Newsky. Il était là pour une dernière vodka. Na Zdorovié !, Serge.

 

ALAIN SANDERS

 

 

Le 15 octobre 2007 : transmis par la Mary-Poppins

 

Serge de Beketch a rejoint sa patrie

 

 

Ce sont les obsèques que tout le monde voudrait avoir. Sauf que Serge de Beketch justement n'était pas tout le monde. Une très belle messe. Requiem pour un soldat de chez nous. Avec les plus beaux chants de notre répertoire catholique et français qu'il aimait et que nous connaissions tous.

 

Son cercueil remontant lentement l'allée au chant des partisans blancs, interprété par le Chour Montjoie Saint-Denis et qui fut année après année le générique célèbre du journal le plus écouté de Radio Courtoisie. Ce chant détourné du chant bolchevique des partisans de Lénine (et réécrit par Alain Sanders et Bernard Lugan) était un peu l'hymne de Serge, en hommage à Dénikine (dont son grand-père avait été l'aide de camp).

 

Une foule monumentale, impressionnante, profondément émue. Deux mille, trois mille personnes ? Dans une église immense et pourtant archi-pleine où tout le monde n'a pas pu entrer et encore moins s'asseoir. Et toute la droite nationale. De Jean-Marie Le Pen aux représentants du MNR, les directeurs de journaux, les animateurs de Radio Courtoisie. Serge de Beketch qui avait tant fustigé la crise et les dissensions du mouvement national a fait une belle unanimité autour de lui ce jour-là.

 

« Serge a rejoint sa vraie patrie », a dit le père Argouarc'h dans une forte, poignante, mais jamais larmoyante homélie. Dieu sait si Beketch a aimé sa vraie patrie, la France, mais il a rejoint aujourd'hui sa vraie patrie du Ciel. « On nous dit : pourquoi pleurez-vous ? Nous avons la vie éternelle. Mais le Christ lui-même n'a-t-il pas pleuré en apprenant la mort de son ami Lazare ? »

 

Le père Argouarc'h qui a accompagné Serge à l'hôpital dans les derniers instants, luttait à son tour, en parlant, contre une très vive émotion en évoquant avec des mots simples la gentillesse d'un homme foncièrement bon.

 

Serge de Beketch était très aimé et extrêmement populaire comme on le percevait très nettement au milieu de cette foule qui était « la famille » comme il aimait à le dire. Et ce alors qu'il ne faisait rien pour l'être. Il était d'abord sincère, « authentique » comme on dirait aujourd'hui, fidèle jusqu'au bout et intégralement à toutes ses convictions.

 

Serge de Beketch par un concours de circonstances va être enterré au Père Lachaise dans le carré des généraux, ce qui est finalement un juste retour des choses puisqu'il a été un peu notre général à tous, dira encore le père Argouarc'h.

 

Au premier rang, Danièle de Beketch, son épouse, très éprouvée, soutenue par ses deux fils qui n'avaient jamais ressemblé autant à leur père que ce jour-là. A côté d'eux, Patrick Gofman et Jean-Paul Chayrigues de Olmetta, ses deux derniers compagnons, très dignes et très malheureux.

 

L'Ave Maria de Gounod, le chant de la promesse scoute repris par toute l'assemblée et qui ressemblait tellement à Serge. « La Cavalcade » chanté sur le parvis et le salut de Roger Holeindre et du CNC au combattant et au résistant.

 

Nous voulons saluer nous, le journaliste passionné qu'il était, confrère et frère d'armes. C'est un métier où nous ne sommes pas nombreux à mener le même combat. Sa plume et sa voie anticonformistes, anticonventionnelles, anticonscensus, antiplatitudes, ses indignations intactes vont manquer terriblement à la presse d'opposition.

 

CAROLINE PARMENTIER pour Présent