Lettre de la RN nov2005 :

LE PROBLEME DES BANLIEUES

transmis par Eugène de Normandie, 12-11-2005.

 

 

Les évènements dramatiques qui depuis dix jours ensanglantent certaines des banlieues de nos grandes villes étaient prévisibles. Depuis des années la situation dans certaines de ces agglomérations devient de pire en pire et la langue de bois et les oeillères politiquement correctes empêchaient seules le petit monde politico-médiatique qui nous gouverne de voir la réalité.

Les causes de ce phénomène sont bien connues. Depuis 1975, une immigration massive et incontrôlée est acceptée et même encouragée : C'est ainsi que le « regroupement familial » décidé par Messieurs Giscard d'Estaing et Chirac et la « couverture maladie universelle » décidée par Messieurs Jospin et Hollande, ne sont pas autre chose que des pompes à immigrés. Bien mieux, certains politiciens, journalistes et intellectuels de gauche et de droite pour des raisons idéologiques, sans compter certains patrons pour des raisons purement financières, encourageaient ouvertement une telle immigration. Rappelez-vous la phrase : « L'immigration est une chance pour la France ». C'est curieux, on entend moins cette antienne ces jours-ci !

En plus de son caractère massif ( environ dix millions d'étrangers entrés en France depuis trente ans ), cette immigration a changé de nature. Au lieu de concerner majoritairement des populations provenant de pays latins et catholiques comme dans les décennies précédentes, elle a concerné essentiellement des populations venant de pays africains ou même asiatiques et moyen-orientaux. Ne voyez nul racisme dans cette remarque, mais seulement une considération relative à la facilité d'intégration, phénomène qui est toujours essentiellement d'ordre culturel. N'en déplaise à Monsieur Chirac, un turc a, sur le plan culturel, peu de chose en commun avec un français de souche.

Malheureusement, pendant la période où se produisait cette immigration massive, un autre phénomène, purement français celui-la, entrait en jeu. Un des organes les plus importants pour favoriser l'intégration des nouveaux arrivants et de leurs enfants, l'Education Nationale, était gangrenée par l' idéologie anti-nationale sous prétexte d'anti-colonialisme et d'anti-militarisme. Il fallait culpabiliser les français par ce moyen. Le malheur, c'est que ce faisant, ces personnes retiraient un argument de poids pour l'intégration culturelle des immigrés : la fierté de faire partie d'un pays puissant et respecté. Comparez cette position négative avec l'attitude des américains qui font sentir très fortement aux personnes qui viennent s'installer chez eux tout le respect qu'ils doivent porter à leur pays d'accueil, à son armée et à son drapeau. Pour les vagues d'immigrés qui sont venus s'installer en France depuis trente ans, une telle considération n'existe plus. Dès lors, la seule chose qui justifie leur entrée dans notre pays, ce sont les avantages matériels et financiers qu'ils entendent en retirer !

Or l'homme ne vit pas seulement de pain. L'argent et l'abondance de biens matériels ne suffisent pas à le rendre heureux ; il lui faut aussi des biens spirituels, et notamment le respect de soi-même et l'amour de son pays. De ces richesses non matérielles, les idéologues modernes et post-modernes ont privé les immigrés. Il n'est pas étonnant dès lors que la plupart des jeunes des banlieues n'ont qu'une idée en tête : l'argent. Comme la mondialisation et l'Europe ont, pendant la même période, tué notre industrie et aboutit à un chômage record, frappant encore plus durement ces populations, les jeunes issus de l'immigration se sont tournés vers des moyens faciles de devenir les riches, c'est-à-dire vers les nombreux trafics engendrés par une économie souterraine : la drogue, les voitures volées, les faux papiers. etc. Etant donné que le montant des loyers ne permet à ces populations que d'habiter dans certaines banlieues et que, pour des raisons électorales, certaines municipalités ont multiplié les logements sociaux destinés prioritairement aux immigrés de seconde génération, ces villes n'ont pas tardé à abriter majoritairement ces populations ; à l'intérieur de ses communes, certains quartiers sont devenus des repaires de trafiquants, en fait des « zones de non-droit » dans lesquelles les gangsters et leurs jeunes séides font la loi et où les policiers hésitent à pénétrer. Ils ont même reçus des ordres dans ce sens : >surtout pas de vagues ! Cette situation était connue depuis longtemps, non seulement des collectivités locales concernées, mais de toutes les autorités de l'Etat, à tous les niveaux . Pour des considérations idéologiques et électorales ( On n'allait pas donner raison à Le Pen, tout de même ! ) celles-ci n'ont rien fait, sinon essayer de désamorcer la bombe à retardement en créant des emplois privés de justifications et en arrosant les associations de ces localités.

Pour quelles raisons notre ministre de l'Intérieur, Monsieur Nicolas Sarkozy, a-t-il décidé d'annonce r son intention de frapper ces « zones de non-droit » ? Sans doute en partie pour des effets d'annonces car, en prévision des élections présidentielles de 2007, il est condamné à se droitiser, à la fois pour se distinguer de Monsieur de Villepin et pour tenter de rafler au deuxième tour les voix de Jean-Marie Le Pen et de Philippe de Villiers.Quoiqu'il en soit et sans doute sans le vouloir, il a allumé la mèche sur le baril de poudre ! Pourtant, sachant que l'économie souterraine fait vivre une partie non négligeable de la population de ces zones, et surtout des jeunes, il était facile de prévoir que laisser la police s'installer dans celles-ci aboutirait à les priver de ressources, et que de ce fait , des réactions désespérées étaient à prévoir. C'est ainsi que de véritables émeutes ont vu s'affronter aux forces de l'ordre les « dealers » et les voyous de ces quartiers. A ces casseurs professionnels se sont joints des jeunes et parfois des très jeunes, décidés à bien s'amuser sans grands risques, les plus de dix-huit ans comptant sur la faiblesse des politiques et des juges et les moins de dix-huit ans étant intouchables. Jamais de tels désordres n'avaient atteint une telle intensité. Songez que pour la première fois, des coups de feu ont été tirés, non par les forces de l'ordre, mais par les insurgés ! Il est intéressant de constater que, alors que tout le monde attendait un incendie islamiste, autre mouvance attirant les populations de tradition musulmanes en raison du matérialisme et de l'amoralisme ambiant, les imans de ces localités, y compris les imans radicaux, ont appelé au calme. Il est encore plus intéressant de constater que la seule mesure qu'a trouvé le gouvernement pour juguler l'insurrection ait été une loi prise en 1955 au début de la guerre d'Algérie !

Alors que faut-il faire ? Certainement pas jeter l'éponge et faire le jeux des voyous et des casseurs. Ramener l'ordre est une obligation pour nos gouvernants car le premier devoir de l'Etat est d'assurer la protection des populations. Les désordres de banlieue frappent d'abord les populations les plus démunies : les voitures qui brûlent appartiennent aux voisins des casseurs. Il faut donc souhaiter une action forte et en particulier de lourdes sanctions à l'encontre des voyous arrêtés en flagrant délit. Une modification du Code Pénal assimilant aux majeurs les mineurs de seize à dix-huit ans est aussi souhaitable. En tous cas, il faut une fois de plus constater que la nature élective de la République la rend aveugle devant les réalités - les faits, dirait Maurras - et incapable de prendre les mesures qui s'imposent. Il faut ramener le Roi et vite.

Georges Rousseau