Liberté, égalité, fraternité

 

 

Il est toujours bon de définir ces mots avant de nous enflammer pour les expliquer, les tourner dans tous les sens.

Si l'on consulte par exemple le Dictionnaire de la Révolution française de Tulard et consorts nous trouvons :

Liberté

Premier mot de la devise républicaine, la liberté fut d'abord conçue de façon libérale. La Déclaration des droits de l'homme de 1795 la définissait ainsi : " la liberté consiste à pouvoir faire ce qui ne nuit pas aux droits d'autrui. "

" Vivre libre ou mourir " fut une grande devise républicaine. Sous le règne de Robespierre, la liberté fut réservée à ceux qui étaient au pouvoir : " Pas de liberté pour les ennemis de la liberté " fut la devise de la Terreur.

Égalité

Deuxième terme de la devise de la République, le mot égalité signifie que la loi est la même pour tous, que les distinctions de naissance ou de condition sont abolies et que chacun est tenu à mesure de  ses moyens de contribuer aux dépenses de l'État par ses impôts.

Fraternité

Troisième élément de la devise de la République, la Fraternité est ainsi définie dans la déclaration des droits et devoirs du citoyen figurant en tête de la Constitution de l'an III (1795) : " Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fit ; faites constamment aux autres le bien que vous voudriez en recevoir. "

 

Si nous devons apporter une réponse royaliste à cette devise il faut, à mon sens, pour convaincre la plupart de nos concitoyens républicains que nous tentons d'incliner vers la royauté, éviter de trop philosopher mais de démontrer et démonter la devise par des exemples simples.

 

L'approche de Mahoud est bonne :

"- jamais la Liberté n'a été autant bafouée sur cette ronde planète que depuis qu'elle est écrite partout, et que la liberté pour pousser doit avoir des tuteurs, c'est-à-dire que la liberté du jeune adulte passe par ses fessées d'enfant, par ses privations de dessert et par ses interdictions de sortir suivies plus tard de permissions de minuit.

- l'égalité n'existe pas. Jamais. Quelle que soit la race ou la religion ou l'éducation ou les idées ou tout ce que vous voulez. Dans la même maison, des mêmes parents, avec la même éducation, naissent des crétins et des surdoués.

- La fraternité n'existe qu'entre gens qui ont des raisons supérieures de se supporter : prions mes frères,  mon frère F:.M:. , mon frère chacha dingo comme moi qui fait tutupanpan en me tenant la main en dansant la danse de David autour de l'autel. Sont frères aussi les minorités persécutées, les chrétiens des catacombes... prions pour que nous ne devenions pas trop frères dans les mois qui viennent ! Mais en tout cas jamais ne fraterniseront les produits moyens de la société de consommation télévisuelle et macdonienne. Tous se haïssent (nyaka voir l'affection qu'ont les gens les uns pour les autres quand il s'agit de monter dans LA rame de RER disponible un matin de grève...)."

 

Peut-être faut-il seulement étoffer son propos.

Ainsi " la liberté consiste à pouvoir faire ce qui ne nuit pas aux droits d'autrui. " Comme tentent de le démontrer nos soi-disants frères des impôts qui se mettent en grève au moment où il faut remettre nos déclarations de revenus, au moment où ils doivent faire parvenir les imprimés pour que les indépendants puissent remplir leur 2035, 2035 A & B et être dans les temps pour ne pas subir les foudres de l'administration. Ou quand nos amis prennent en otages tous leurs concitoyens en ne faisant pas circuler les trains, les métros et autres moyens de transports qui font partie de ce que l'on appelle à tort le service public, puisque le service en question n'est public que par son financement, c'est-à-dire par la prétendue égalité devant l'impôt.

 

Si " Vivre libre ou mourir " fut une grande devise républicaine, parlons de nos concitoyens vendéens, bretons, lyonnais, tourangeaux, toulonnais et de toutes les provinces qui durent mourir pour être libres de penser autrement aussi bien entre 1789 et 1814 que plus tard entre 1914 et 1918 ou encore en 1944-1945.

 

" Pas de liberté pour les ennemis de la liberté " semble résumer plus exactement le concept qui surplombe les monuments de la République.

 

Et nous pouvons trouver des exemples multiples et variés et très édifiants. Et puis faire la différence entre la Liberté et les libertés qui constituaient l'Ancien Régime  Au travail!

 

Ainsi de l'Égalité.

La loi est-elle la même pour tous quand elle devient discriminatoire, partisane, quand elle crée des égalités distinctes les unes des autres parmi lesquelles elle choisit des victimes et des bénéficiaires : Roland Dumas, Jacques Chirac et combien d'autres échappent à la loi parce qu'ils ne sont que des politiciens. Il y a peu quelqu'un citait les ministres de l'Ancien Régime qui furent punis du fait de leurs actes délictueux. A-t-on vu l'équivalent sous une de nos cinq républiques ? Les différences de naissance ou de condition sont-elles respectées quand il y a des lois Pleven, Gayssot ou Lellouche privilégiant certains ? L'égalité existe-t-elle quand à peine la moitié des foyers fiscaux paie l'impôt alors que chacun devait être tenu, à mesure de  ses moyens, de contribuer aux dépenses de l'État par ses impôts et que nombre de vrais et faux citoyens vivent aux crochets des autres ?

Quand à la fraternité, si l'on doit ne pas faire à autrui ce que l'on ne voudrais pas qu'on nous fit ; si l'on fait constamment aux autres le bien que l'on voudrais en recevoir, les exemples abondent qui démontrent son inanité.

 

GdV  le 10-03-2003.

 

 

Voir aussi une analyse politiquement incorrecte.