Montjoie et Saint-Denis ! 

 

Message d'Anne en réponse au Lieutenant, 10-01-2002.

 

La Montjoie, dont on attribue souvent et abusivement l'étymologie à un "Mons Jovis" ou un "Mons Gaudii" inexistant, est un mot dérivé du gaulois et qui signifie "entassement de pierres (placé comme repère en un point élevé")".

 

En particulier, sont  des Montjoies, les points élevés d'où les pèlerins de Saint-Jacques (et d'autres pèlerinages) pouvaient apercevoir pour la première fois l'église de pèlerinage la plus proche. C'est le cas de l'emplacement de ma maison qui depuis le XVIIème siècle portait le nom (que j'ai redonné à ma maison) de "La Vive Montjoie" et d'où, avant l'implantation de propriétés plantées d'arbres là où il y avait des champs, on apercevait pour la première fois l'église de la paroisse voisine, étape sur la route de Saint-Jacques.

 

L'origine du cri peut donc être, soit un cri poussé en apercevant la basilique Saint-Denis de la "montjoie" la plus proche, soit, par contamination avec le mot "joie", un simple cri de joie.

 

On peut lire Marcel Baudot, "Études d'onomastique et d'histoire normande..."Société parisienne d'histoire et d'archéologie normande, 1982, p. 146-148 et aussi ses principalement sources : Laura Hibbard Loomis, "L'oriflamme de France et le cri Monjoie au XIIe siècle", dans "Le Moyen Age", t. LXV (1959), p. 469 ; A. Lombard-Jourdan, "Montjoies et Montjoie dans la plaine Saint-Denis" dans "Paris et Ile-de-France" [sans doute "Mémoires de la Société d'histoire de Paris et de l'Ile de France"], t. 25

(1974) p. 141-181.

 

Il y avait une Montjoie dans la plaine Saint-Denis, ce qui conforte mon hypothèse que les pèlerins de Saint-Denis s'exclamaient, en y arrivant, "Montjoie et Saint-Denis"

 

Donc, "Montjoie et Saint-Denis !"

 

Vive le Christ-Roi ! vive le roi !

 

Amitiés

 

Anne

 

ANNEXE :

Information trouvée sur Internet par le Lieutenant :

Selon le Dictionnaire universel d'histoire et de géographie. M.N BOUILLET. Librairie Hachette. 1863 : "... jadis on appelait montjoies les monceaux de pierre entassées sur les chemins pour marquer les routes. De même, à la guerre, montjoie signifiait la bannière qui indiquait marche de l'armée. Ainsi ce cri de Montjoie Saint-Denis voulait dire qu'il fallait suivre la bannière de Saint-Denis (c'est-à-dire l'oriflamme). Les Bourguignons se servaient de Montjoie Saint André, et les ducs de Bourgogne de celui de Montjoie-Notre-Dame."

citation tirée de l'ENCYCLOPÉDIE GÉOGRAPHIQUE et HISTORIQUE DU MONDE CELTIQUE

http://marikavel.net/lieux-accueil.htm

 

ANNEXE 2 :

Information trouvée dans le Littré par Montgarnaud :

HISTORIQUE :

    XIIe s. Franceiz crient : monjoie, et Normanz : Dex aïe, WACE, Rou, V. 4666.

    XIIIe s. Tant i ot pierres aportées, Qu'une monjoie i fut fondée, DU CANGE, mons gaudii. Mort sont Ogier et Charlemaine ; Loiautez est morte et perie ; C'estoit sa monjoie et s'ensaigne, C'estoit sa dame de compaigne, RUTEB. 106.

    XVe s. Merciez Dieu, pensez de le servir, Il vous garde de tous biens grant montjoye, Et vous fera avoir vostre desir, CH. D'ORL. Bal. 126. France qui a longtemps souffert meschief, Qui se plaingnoit et regrettoit montjoye, E. DESCH. Poés. mss. f° 131.

    XVIe s. Les passans pelerins Alloient semans roses et romarins, Faisans de fleurs mainte belle montjoye, MAROT, I, 164. Nous voyons de grandes montjoies d'arene mouvante qui marchent d'une demie lieue devant la mer et gaignent païs, MONT. I, 232. Un de ses predecesseurs avoit autrefois esté deffait en Grenade, comme il paroissoit par une grande monjoie d'os gardez ensemble pour la memoire, D'AUB. Hist. I, 353.

ÉTYMOLOGIE :

    Mont, et joie. La Mont-joie Saint-Denis, ou, simplement la Mont-joie, était le nom de la colline près Paris où saint Denis subit le martyre ; ainsi dite, parce qu'un lieu de martyre était un lieu de joie pour le saint qui recevait sa récompense. La Mont-joie Saint-Denis signifie la Mont-joie de saint Denis, selon l'ancienne règle qui rendait le génitif latin par le cas oblique. Le nom de mont-joie s'étendit à tous les monceaux, et se prit même figurément. D'un autre côté les Français prirent pour cri de guerre Mont-joie Saint-Denis ou, simplement, Mont-joie ; enfin ce cri de guerre devint le nom du roi d'armes en France. C'est par erreur qu'on a dit quelquefois de notre temps, par forme d'archaïsme, Mont-joie et Saint-Denis ! ce qui ne signifie rien ; par exemple, Casimir Delavigne (Louis XI, III, 13) : Montjoie et Saint-Denis ! Dunois, à nous les chances !