NATIONALITE

 

Il n'y a pas mille façons d'obtenir une nationalité. Soit on en hérite par celle des parents ; soit on prend celle du sol où l'on naît ; soit on la tient d'une autorité qui l'accorde sur des critères qui lui sont propres. La situation qui est la notre est telle qu'aucune de ces méthodes n'est satisfaisantes en soi. Si c'est le droit du sang qui prime : seront de bon français les enfants de nos immigrés récemment venus. Si c'est le droit du sol : en plus de la catégorie précédente, nous aurons les enfants des clandestins qui, en acquérant par leur naissance la nationalité française, rendront impossible l'expulsion de leur famille. Reste la troisième méthode, mais sur quel critère la baser ? On peut l'attribuer à ceux qui sont soldats, à ceux qui ont un certain revenu, à ceux qui répondent à des critères "raciaux" (sur le modèle des concours canins), à ceux qui sont membre du Parti (quel qu'il soit) ou même à tous! 
Je n'ai personnellement pas de réponse arrêtée sur ce sujet. Qu'il y ait des jaunes, des noirs ou n'importe quoi d'autres en France ne me gène pas a priori. Qu'il n'y ait plus de blanc me pose problème... Je n'ai pour autant pas des envies de déportations massives (serait-ce seulement possible ? faute d'être moral...) et je ne rêve pas la nuit de charter ! Je sais que parmi nous, certains pensent peut-être que s'il n'y avait plus d'immigrés en France les choses iraient pour le mieux. Moi, je n'en suis pas certain. D'une part parce qu'il me semble vain de vouloir fermer hermétiquement les frontières (un limes, c'est fait pour être franchi) et d'autre part parce que le mal est en nous.

Je passe l'été à la campagne ; nous sommes loin de tout : pas de noirs, pas de maghrébins, pas de manifestations pédérastiques, pas de banlieue... Et pourtant ! Et pourtant, de jeunes gamins dont les parents étaient de la plus saine paysannerie qui soit portent des casquettes à l'envers, font des "tags", fume la Marie-Jeanne et ne rêve que de jouer aux "rapper gangster". Ce n'est pas l'immigration, ça.
C'est même pas le complot judéo-maçonnique.

Alors ?

Alors, il me semble que se poser la question de la nationalité, du "qui est français" doit s'appuyer sur une claire définition sur ce qu'est "être français" et sur ce que cela implique. Sous l'Ancien Régime, l'identité des régnicoles ne posait pas de problème. Chacun était ce qu'il était. Cela impliquait des devoirs et des droits particuliers et ce n'était que la somme des particularité de chacun, de leurs privilèges, qui formait l'identité française. Il me semble que ce doit être pour nous un modèle même si la situation est bien différente aujourd'hui.
Être français doit impliquer une morale, une langue, une culture et un passé (ce qui peut être, dans une certaine mesure, appris par l'école) commun. Au-delà de cela, chacun peut affirmer sa personnalité, mais il me semble que l'attribution de la nationalité française doit être conditionnée à cela.

Mais j'arrête de trop écrire et j'invite tous les lecteurs de VR que ce problème intéresse à lire ou à relire : Barrès (Maurice) [Présenté par Milza (Pierre)], Les diverses familles spirituelles de la France, Paris, 1997 [1917] ; vous y trouverez beaucoup sur ce qu'est "être français" et le devenir même si ce fut dans de bien tristes circonstances...

Paul le Hérisson

Message du 23-11-2001.

 

Un débat relatif au serment à prêter au Roi suivit ce texte. Il est repris au chapitre débats sous le titre « Sujets du Roi ».