North Atlantic Empire !

 

 

 

Message du schtroumpf du Roi (VR) du 21-10-2001.

 

 

Cher Loup  Blanc,

 

(Le titre c'est une bête provocation... enfin peut-être pas si bête... et peut-être pas une telle provocation...)

 

Ce n'est pas vraiment que la perspective d'expliquer tout ça me réjouisse, mais je vais quand même le faire, ma réponse "Amen" à notre précédent message étant peut-être un peu lapidaire et risquant d'être mal interprétée.

 

Puisque l'origine de toute cette affaire est dans la supposée appartenance au méchant mossad de sos-raccailles, partons de là : j'avoue être plus proche en termes de civilisation comme de pensée des juifs et d'Israël que des palestiniens. Certes il y a des chrétiens palestiniens. J'entends déjà l'argument... Proposons donc une expérience : enfermez dans un Etat des palestiniens chrétiens avec des palestiniens FPLP, des palestiniens Hamas, des palestiniens Hezbollah (soit avec des gauchistes mâtinés de national-socialisme version pacte d'avant Barbarossa et des islamistes fous furieux) Question : calculez le nombre de survivants chrétiens après 10 ans. Si vous en trouvez plus de 2 prévenez-moi.

Résumons :  les palestiniens "ont droit à" un état, les juifs probablement aussi. Le concept de l'état-nation tel que s'acharnent à le défendre nos souverainistes (1) est parfaitement incapable de résoudre cette question, sinon en imaginant des charpies de territoires entremêlées de telle façon que même un armée de bureaucrates de l'ONU n'y retrouveraient pas un sens quelconque autre que de préparer la prochaine guerre. Le concept d'état-nation est donc en train de mourir du côté de Jérusalem. Du moins c'est là bas que ça se voit le plus (remarquez, en Seine-Saint-Denis ça se remarque aussi quand on est attentif...).

Conclusion (toute provisoire) : la terre de l'Incarnation est l'un des endroits du monde où se fait un basculement qui, en gros, est en train de remettre en cause l'organisation politique telle qu'elle s'imposait depuis plusieurs siècles. Quiconque y verrait une coïncidence fortuite se verrait opposer un franc éclat de rire et un rappel de ce qu'est la providence. Cela rend la question autrement passionnante que de savoir qui gardera Jérusalem (perso je préférerais que ce soient les juifs...j'ai plus confiance qu'en les arabes, peut-être à tort... disons que dans l'histoire les arabes ont dû faire plus de victimes chrétiennes que les juifs, il me semble...)

 

En Europe c'est un peu la même chose, mais d'une autre manière ; la faillite est double :

1 - l'état-nation entre aussi en crise, mais la réponse apportée (européenne) est inadaptée. Une entité (à défaut de pouvoir dire Etat ou nation) disons un empire européen à la Charlemagne n'aurait pu se faire qu'avec une force militaire capable de lui imposer l'unité autre que de façade, faite de dimensions de cages à poules et de textes réglementaires inapplicables empilés les uns sur les autres. Cette force militaire personne ne l'a (la France seule aurait pu l'avoir, elle a laissé passer sa chance, l'Europe ne se fera pas autour d'elle avec son armée croupion et sa dissuasion amputée). Donc l'Europe ne se fera pas, ou si mal que c'est la faillite assurée après une persévérance idéologique plus ou moins longue. (Quant à une "fédération d'états-nation", ça ne veut strictement rien dire ; comme les médecins de Molière, ces gens inventent des mots quand ils se sentent dépassés.)

2 - l'argent va finir par manquer : le "modèle capitaliste rhénan" est somme toute un cache sexe pour une social-démocratie partout régnante et qui partout court à la faillite. En France spécialement, cette faillite s'annonce gravissime, toute réforme visant à rétablir un peu de bon sens (id est un peu de sain capitalisme américain qui marche et absorbe toutes les crises depuis 50 ans) étant impossible. La sclérose idéologique gauchiste n'arrange rien... il va bien y avoir un moment où à force de partager de plus en plus une richesse produite de plus en plus faible il n'y aura plus grand chose pour grand monde. Je passe sur les problèmes ethniques, religieux, et d'appartenance diverses qui vont fleurir sur les ruines de l'antiracisme obligatoire et à côté desquels la Bosnie va sembler un havre de paix et de douceur de vivre.

Conclusion (provisoire) : là aussi l'état nation se porte mal, mais à l'inverse de la Palestine, on est encore assez riches et pas assez sanguinaires encore pour que le problème s'exacerbe au même point.

 

Question après ces deux point : qu'est-ce qui peut bien amener la résolution de ces deux problèmes, le palestinien et l'européen ? (j'aurais pu parler sur le même air du Cachemire, de la Chine face à ses forces centrifuges, de l'afrique en proie au rois nègres ben de chez nous au point qu'on les finance, de la Russie aux prises avec les miettes de son empire et minée par les régions autonomes, spéciales, sur-spéciales, spéciales-autonomes et autres joyeusetés héritées de l'absurdie soviétique qui marchent nettement moins bien sans le parti pour chapeauter le tout.)

 

Passons les solutions  :

1 - l'ONU : permettez moi de m'écarter un instant de mon bureau pour éclater de rire sans me cogner la tête...  ces tragiques débiles imprégnés de gauchisme tiers-mondiste jusqu'à l'os n'ont jamais rien su faire de bon, on voit ce qu'ils ont fait de l'Afrique : je prie pour qu'ils n'aient jamais à s'occuper de mon pays.

2 - l'Europe : évidemment s'il y avait une Europe unie de l'Atlantique à l'Oural, forte et, disons le, impériale (et pourquoi pas un empire centré sur la France ? François 1er au moins y a un peu rêvé à une ambition impériale pour la France)... alors cette Europe, adossée aux ressources Russes et enfin dotée d'une armée qui ne fasse pas rire mais trembler pourrais imposer ses solutions. Mais non, ça n'arrivera pas. Ou alors que l'on m'explique comment et quel signe il y aurait de cela.

3 - Les Etats-Unis via l'Otan : ça reste me semble-t-il la seule puissance militaire capable d'imposer ses vues (bonnes ou mauvaises, ce n'est pas la question pour l'instant).

 

Donc je le redis : l'Otan américain, fait par les américains pour les américains me paraît plus sérieux que le reste, seul en mesure d'imposer ses solutions quand le moment sera venu. Je peux le regretter, mais chanter le contraire sur tous les tons ne me permet pas de faire une autre analyse.

 

Question subsidiaire : imposer quelles solutions ? Je n'en sais rien. Pour la simple raison que personne ne sais ce qui remplacera l'état-nation en train de crever. Je remarque néanmoins deux choses :

1 - La contestation la plus visible de l'état-nation ce sont les réseaux informatiques. Il n'y a qu'à regarder la frénésie réglementaire qui prend nos états européens, qui voudraient tout contrôler, qui heureusement n'y arriveront pas. Il suffit d'avoir lu quelques textes hallucinés de Bourges, alors patron du CSA, qui réclamait une vraie censure préventive de l'internet pour savoir comment cela fait claquer les dents de tous ces petits apparatchiks au point de leur en faire tomber le pantalon sur les mollets. Or où est le centre de cette révolution numérique ? Bingo, dans le pays qui est le patron de l'Otan, dans l'Empire qui a établi sa capitale aux rives du Potomac. (Pitié pas de couplet sur je ne sais quelle décadence technologique américaine à venir, on nous l'a déjà fait si souvent, y compris sous Reagan qui forgeait les instruments de la puissance des USA d'aujourd'hui, que c'en est ridicule pour longtemps.)

2 - Quelle sera la nouvelle frontière du monde de demain, la contestation la plus radicale d'une certaine manière de l'état-nation ? L'espace, vous avez gagné. Exercice : allez sur un moteur de recherche, comparez les programmes américains (qui intègrent les données russes maintenant) et les programmes européens. Et rigolons ensemble. Cette bataille là nous l'avons déjà perdue en préférant consacrer notre argent à notre système social ruineux et en faisant prendre nos décisions par des fonctionnaires et pas par des entrepreneurs (car ne croyez pas que la Nasa soit seule, les programmes qui comptent aujourd'hui vers la Lune et Mars, c'est Lockheed-Martin, Boeing MacDonnell Douglas...)

 

Je me résume encore : bienvenu, cher Loup Blanc, dans l'empire américain. Non parce que les américains seraient des méchants pas beaux vendus au mossad, mais parce qu'en face, c'est à dire chez nous, il n'y a RIEN. Et cela par notre faute et notre aveuglement, notre incapacité à sortir de schémas poussiéreux qui nous ont menés là où nous en sommes et que nous voulons néanmoins sauvegarder de manière parfaitement absurde.

 

Ou, comme le disait Zinoviev dans un texte que j'avais cité ici : vous voulez maintenir la société alors que l'on est en train de passer à la supra-société. C'est à dire que vous vous trouvez dans la position de quelqu'un qui, une poignée de siècles avant NSJC, aurait voulu empêcher le passage de la famille élargie et clanique à la société. Bref : vous construisez une digue de sable avec vos mains pour vous protéger d'un raz-de-marée.

 

Si l'on veut savoir quelle monarchie peut avoir cours demain (pas laquelle pouvait avoir cours hier, question estimable pour des historiens mais pour eux seuls) il faut peut-être commencer par regarder à quoi ressemblera le monde demain. Non ? Eh bien j'ai un scoop pour vous : il ne ressemblera pas à ce qui a déjà été.

 

 

 

(1) En pure perte : Hegel a publié la Phénoménologie de l'esprit en 1807 si j'ai bonne mémoire, et si je compte bien 194 ans plus tard ces idiots congénitaux n'ont toujours pas compris qu'on ne se sort pas d'un processus dialectique en étayant férocement la thèse ou l'antithèse... quelqu'un peut-il offrir de ma part à Charly Pasqua, à Philippe de Villiers et au Che(vainement) l'introduction à la Phéno d'Alexandre Koyré et une méthode d'apprentissage rapide de la lecture ???

 

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Le schtroumpf du Roi, qui jure solenellement sur la Thora qu'il n'est pas un agent du Mossad.

 

Et de Paul Turbier, le même 21 octobre 2001 :

    De temps en temps, je trouve dans ma boite un message dense qui pousse à la réflexion. Ils sont souvent signés SdR, encore que cette signature ne soit pas la seule dans ce cas. Celui du 21 octobre dernier en est un. et je pense que la démarche que nous propose Anne est judicieuse : relire et digérer. J'ai donc relu et relu. La disgestion étant lente, j'ai donc eu le temps de relire et lire des messages ultérieurs qui m'ont aidé à mastiquer.

    Relire c'est un peu tamiser ou agiter la batte comme un orpailleur et  ce qui compte, c'est ce qui reste au fond de la gamelle. Dans la mienne, il reste : 1- Rien ne sera comme avant, 2- A court moyen terme la seule force préservatrice est , qu'on l'aime ou non, l'américano-atlantisme.

    Allons-y

1- Rien ne sera comme avant.

    En ce qui concerne les structures, certes oui et de toute éternité. Simplement, pendant des millénaires, les changements étaient si lents qu'ils étaient peu perçus et on pouvait, à juste titre avoir l'illusion de la fixité. De nos jour la dérivée étant très fortement positive, cette évidence nous saute aux yeux et nous donne un peu le vertige. Le plus important de ses changements est la cohabitation sur un même territoire de deux peuples que tout oppose. Chypre est un exemple pas trop ancien et le Moyen Orient une actualité brûlante. La Seine-St-Denis, les Minguettes et autres sont celles qui nous attendent.

    Si on prend la situation Israélo-Palestinienne comme sujet d'observation on voit que tout compromis y est actuellement impossible car les revendications des deux parties sont strictement symétriques et englobent la totalité du territoire (ou presque) .C'est: tout pour moi et rien pour l'autre. Rien n'est négociable de ce qui est mien mais accord unanime pour négocier le départ de l'autre.
       Ce type de situation tend à se multiplier partout dans le monde (Rwanda, Indonésie, Nouvelle Calédonie, Corse peut-être) et particulièrement lorsque des autochtones regimbent contre un peuplement submergeant. C'est notre cas aujourd'hui.

    Certains croient avoir des solutions qui sont soit du type "tous à la porte " soit  "tous dans le même lit". Double utopie. Le bon sens populaire dirait plutôt : "chacun chez soi " ce qui sous-entend des déménagement librement consentis. Ce n'est pas sans espoir parfois.

    Comme le souligne mon homonyme hérissé, il y a des constantes : la famille, cellule soudée par l'amour le plus naturel qui soit, des caractères transmis : culture, langue, usages qui sont inéluctables. Il y a surtout, lentement façonnée par des siècles d'expériences, pas toutes bonnes, une extraordinaire adéquation entre le terroir (terrain plus climat) et le mode de vie. Plus que les exportations de croyances ce sont surtout les exportations de ces constantes qui on généré et génèrent les conflit. De là vient qu'avec le recul, les colonisations étaient probablement des entreprises à risque.

    Ces constantes éternelles peuvent encore aujourd'hui servir de point d'appui. L'expérience de la guerre, que peu de conjurés possèdent, aide à voir comment elles ressurgissent dès que les évènement dramatiques arrivent. Elles permettent d'abord de survivre et ensuite de revivre. Le drame sert de catalyseur. Rassurons-nous, le drame est à nos portes et vous revivrez. Mais beaucoup d'entre nous seront morts.

2- L'Américano-Atlantisme.

    Je discerne dans l'exposé du SdR  et à propos de l'OtanAmérika beaucoup de résignation : "Ce n'est pas terrible, mais c'est concret et il n'y a rien d'autre". Là, je sourcille.

    Je trouve qu'il y a démission à attendre d'autrui (L'OTAN ou autre) un salut qui ne devrait venir que de soi . Aide-toi, le Ciel t'aidera. Même si les forces vives personnelles sont faibles, pourquoi les négliger. Il faudrait les recenser, les fédérer et les mettre en action, toutes dans le même sens. Il semble évident pour beaucoup et pas seulement les royalistes que les gouvernement contemporains en sont incapables. La fréquentation d'un autre forum que VR en compagnie d'Anne M et Anne A. me fait voir que cette conviction est largement partagée. La différence est que certains pensent résoudre le problème en changeant quelques hommes (Chirac sort, Madelin entre, par ex), ou en amendant le système (On vote comme ceci plutôt que comme cela). Seul, le royalisme propose une issue déjà éprouvée qui assure LA VISION ET LA MAITRISE DU  LONG TERME  sans quoi rien n'est possible.

    J'aime bien les paraboles, les images qui parlent, et je vais donc en ressortir une de mes favorites malgré que je l'aie déjà servie sur VR. C'est celle de la mayonnaise loupée (dame ! c'est l'atavisme).

Pour retaper une mayonnaise déstructurée, il faut refaire un petit noyau d'émulsion avec un petit peu de moutarde fraîche et, de proche en proche, en mordant dans la partie manquée, tout le bol redevient lisse, onctueux et ferme. Le secret est là : un petit peu de ferment actif.

    Les royalistes peuvent être en France le ferment actif qui retaperai l'émulsion, mais il leur manque un chef (cuisinier?) . La France, à l'échelle du monde pourrait être le ferment actif qui sortirait du dilemme OTAN/ISLAM, mais il lui manque un chef. ( Entre parenthèse quand le SdR parle de gaullisme, il a tort, s'il accepte le mot dans sa connotation actuelle mais il a raison si sa langue a fourché et qu'il pensait gaullien.)

    Je remarque facilement que si les royalistes avaient un chef, ils sortiraient de leur terrement et ils pourraient faire sortir la France du trou en emmenant le Roi à Reims.  La France sortie du trou, le reste suivrait. C'est là que les querelles dynastiques (Vérité contre Mensonge, Lumière contre Obscurité) se révèlent mesquines et mortelles. Mais hélas ... deux fois hélas....!
    En attendant, ce que vient de faire Anne (M) est révélateur et exemplaire. Elle a mis le nez à la fenêtre et hop, bonjour Patrick, Anne (A) et Pierre. Nous devrions tous en faire autant.

Paul T.