ON PEUT REVER...

Texte de Henri de Fersan,  texte envoyé le 25 juillet 2003.

 

Voici Paris 20 ans après notre prise de pouvoir...


Editorial du Libre Arverne n°30 (15 mai 2003)


            A quoi ressemblera la France dans vingt-cinq ans ? L'hebdomadaire Marianne (pas un Gaulois dans les postes clés) nous livre ses espérances : une France métissée, colonisée, avec des Gaulois citoyens de seconde zone (voir l'article en rubrique presse-médiats). Projetons-nous dans l'avenir en partant du principe que nos idées de sécession ont été reprises, amplifiées, diffusées et que les événements se soient déroulés exactement comme dans Le Printemps de Strasbourg. Nous sommes en l'an de grâce 2028, 20 ans après notre prise de pouvoir. Une personne qui reviendrait à Paris après 25 ans d'absence ne reconnaîtrait plus la capitale. On est bien loin du cloaque cosmopolite, métissé et pour tout dire criminogène du tout début du XXIe siècle. Tout a changé, dans tous les domaines. A l'arrivée à l'aéroport de Roissy (et non plus Roissy-Charles-de-Gaulle, tout ce qui faisait référence à Charles-le-dérisoire a été supprimé, à l'exception de Colombay-les-deux-Eglises : on parle de « La Place de l'Etoile », du « porte-avion François Darlan ».), Monsieur X remarque que le drapeau français s'est orné en son blanc de deux symboles : un Sacré-cour rouge et une croix celtique noire. A ses côtés, flotte le drapeau du Saint-Empire Romain d'Occident et le drapeau azur aux trois lys d'or de la région Ile-de-France.  En effet, la nouvelle loi de 2008 a fait de la France un état fédéral. En passant la douane, il remarque des policiers vêtus d'un uniforme qu'il ne connaît pas, couleur tabac. C'est le corps des frontières, une unité d'élite qui a pour mission exclusive de traquer d'éventuels immigrants clandestins. Leur tâche est beaucoup plus aisée qu'elle ne l'aurait été à la fin du XXe siècle : la France est beaucoup moins métissée qu'en 2003. Pour tout dire, les visages noirs ou basanés sont exceptionnels. L'expulsion de tous les non-européens et l'indépendance accordée aux Antilles avaient fait baisser la population de la France de 61 millions à 47 millions, mais celle-ci a remonté dans les prochaines années. Dès 2010, l'apport de 3 millions de réfugiés blancs de la République Populaire d'Azanie (anciennement Afrique du Sud) faisait repasser la France au-dessus de la barre des 50 millions. La ministre de la famille est formelle : l'arrivée aux affaires depuis 20 ans du gouvernement de coalition Bleu Horizon regroupant toutes les familles nationalistes a amené une explosion de la natalité en France. Le taux de fécondité des Gaulois est ainsi passé de 1,2 enfant par femme en 2002 à 2,8 en 2028. Ce n'est qu'une moyenne car lorsqu'on étudie la natalité par conviction religieuse, on remarque que ceux que l'on appelait avant 2008 « les traditionalistes » (par opposition à la Secte conciliaire, éliminée définitivement en 2026 lorsque le pape hérétique Paul VII fut déposé par le Concile de Vatican III et remplacé par le Pape Pierre II, « Pape d'Avignon » depuis 2008 et qui vient juste de mourir, laissant sa place à son successeur Pie XIII.) ont un taux de natalité de 5,9 enfants par femmes, le taux de natalité de ceux se réclamant des anciens rites païens étant de 3,7. L'interdiction de l'avortement et une grande campagne de sensibilisation des femmes, ainsi que l'instauration du salaire maternel, ont rendu possible ce retournement de tendance que l'on constate également en Allemagne et dans les Etats connus au XXe siècle sous les noms de Royaume-Uni et d'Italie, la population française devrait quant à elle retrouver le chiffre de 61 millions pour 2040. Contrairement à ce qu'on aurait pu croire, cette « blanchisation » du pays n'a pas provoqué de catastrophe sportive. Les JO de 2028 à Londres ont été plutôt bons et la France a perdu en finale de l'Euro 2028 (en Pologne) contre la Russie avec une équipe entièrement leucoderme (mais avec trois joueurs portant des noms étrangers : le meneur de jeu Solecki, le gardien de but Markovic et le défenseur central Tardelli.). Le football a perdu de son importance en France depuis 2008 et a été forcé de partager son audimat avec un nouveau sport extrêmement populaire : le Rollerball. Ce sport, qui n'a rien à voir avec le film du même nom, est né de l'imagination fertile de Henri de Fersan dans Vive le Roy (Le Printemps de Strasbourg, IV) et ressemble à du hockey sur glace en beaucoup plus violent. Quittant Roissy, notre Monsieur X prend le RER B en direction du centre de Paris et compte descendre à la station « Gare du Nord ». Lorsqu'il sort dans la rue, c'est le choc. Le quartier crasseux a fait peau neuve. Les anciens immeubles haussmanniens, qui ont souffert des combats de 2006-2008 ont été rénovés et ont retrouvé l'aspect qui était le leur au XIXe siècle. Quartier en voie de tiers-mondisation en 2003, le Xe arrondissement est en 2028 celui des classes moyennes de Paris. Les classes moyennes ont pris beaucoup d'importance depuis la révolution de 2008, dont elles ont constitué le gros des troupes, ainsi que du Bloc National, le principal courant de la coalition et héritier du Front National. Les magasins de fringues et les bouis-bouis exotiques ont fait place à des commerces de proximité et à des restaurants français. Ça et là, quelques pizzeria, un « fast-food » franco-belge et deux restaurants chinois (on compte à Paris deux « comptoirs » de la diaspora chinoise qui font pendant aux deux comptoirs français en Chine, la communauté asiatique étant, et de loin, la plus nombreuse chez les extra-européens) rappellent le côté cosmopolite qu'eut jadis ce quartier. Ce qui surprend dans le Paris de 2028 , c'est la disparition quasi-totale des clochards et autres marginaux. Il est vrai que l'Education Nationale a été totalement réformée. 73 % des profs votant à gauche, ces derniers ont payé un lourd tribut à l'épuration de 2009. L'abrogation de la loi Debré de 1959 et l'instauration du bon scolaire a permis aux parents de choisir eux-mêmes l'école de leurs enfants. La réhabilitation du travail manuel et la baisse de l'âge maximal de la scolarité de 16 à 14 ans a permis de réduire le manque de qualification à la sortie de l'école et la pénurie d'artisans. La suppression de l'URSSAF a d'ailleurs favorisé la création des PME-PMI, permettant une amélioration très nette de la situation économique. Décidant de poursuivre à pied, l'homme remonte la rue du 20 avril 2008 (anciennement 8 mai 1945) pour se rendre place Franz Liszt, via la rue François Brigneau (anciennement de Hauteville) Le Libre Journal de la France Courtoise, toujours dirigé par Serge de Beketch, bon pied bon oil malgré ses 83 ans, a depuis longtemps déménagé avenue Hoche, dans les anciens locaux de L'Express réquisitionnés en 2008 selon une ordonnance du 30 septembre 1944 remise à l'ordre du jour. Les voisins de Rivarol ont également déménagé en lieu et place du Nouvel Observateur, l'hebdomadaire anticonformiste étant désormais le plus lu en France sous la direction de Jérôme Bourbon (Le Libre Arverne, lui, s'est installé dans les locaux de La Montagne à Clermont-Ferrand et on y voit apparaître les premiers articles de Hermine de Fersan.). L'édition et le cinéma ont connu le même changement.  Sur les Grands Boulevards, un policier municipal règle la circulation et laisse passer un convoi de camions militaires flambant neufs. Ce sont des éléments du 675e régiment de la Garde Nationale Sébastien Deyzieu qui partent en manœuvres. Il est fortement question d'entamer la mobilisation de la 62e division de réserve car la situation internationale n'est pas très bonne. La Russie est menacée sur son flanc sud par les poussées conjointes des républiques islamiques du Pakistan, d'Afghanistan, d'Iran, d'Irak, d'Ouzbekistan, du Tadjikistan et de Turquie. Le Kazakhstan est au bord de la guerre civile et la Russie vient d'y acheminer d'urgence la 106e division aéroportée et les 4e et 15e divisions blindées de la Garde en provenance du district de Moscou. La France y a envoyé la 7e division blindée Turenne ainsi que le 1er REC. La guerre qui s'annonce risque d'être longue, aussi le gouvernement s'y prépare. Une bonne part de l'armée française est impliquée dans d'autres conflits : la marine surveille dans l'Océan Indien l'évolution de la guerre civile qui ravage l'Inde, la 9e division de Marine est dans les Antilles où elle essaie de remettre de l'ordre entre la Guadeloupe et la République Dominicaine en quasi état de guerre et 5 divisions françaises sont impliquées dans les forces de paix qui veillent à la partition de ce qui fut jadis les Etats-Unis d'Amérique et le Canada, durement frappés par la guerre raciale de 2024-2027, amenant la partition de ces deux pays en plusieurs états indépendants : le Heartland, le Northland, le Black Emirat, New Israël, le Texas, le Québec, la Californie, les Etats-Unis du Pacifique et la Nouvelle-Angleterre. La France entretient des rapports privilégiés avec le Québec et le Heartland (capital : Denver) comme le prouve la présence du porte-avions Richelieu dans les eaux de la Belle Province. Comme la France, les terres à population blanche d'Amérique se sont débarrassées de ceux qui voulaient les coloniser. La question juive aussi est définitivement réglée. Il n'y a plus d'antisémitisme depuis que la totalité de la population juive vit à  New Israël (qui recouvre l'ancien état du Maryland et une grosse partie de l'ancien état de New York) après la submersion démographique de l'Etat hébreu. Ces deux états avaient d'ailleurs recueilli la quasi-totalité des 650.000 Juifs de France déclarés « indésirables » en 2008 car accusés de « collaboration ».  Et dans tout le Saint-Empire, de Lisbonne à Vladivostok,  c'est tout un continent qui a retrouvé sa fierté, sa gloire, sa dignité, en éradiquant tout ce qui l'avait propulsé dans la décadence.


... OU DESESPERER

Texte de Loup Blanc, 25-07-2003.

 

" Septembre 2017. Cour des Invalides à Paris. Le général attend seul, le fusil Pentchak à canon court bien calé dans la main droite. Sur sa propre décision, il est le dernier du QG à se replier. La rumeur des mitrailles s'est rapprochée. L'Armée de Mahomet avance. Dans quelques minutes, la cour sera remplie de moujahidins. Le général épie le ciel. Il lui reste quelques minutes, pas davantage.


            Enfin une silhouette sombre se profile dans le ciel. L'hélicoptère Ivan IV approche à grande vitesse des Invalides. Son sifflement envahit la cour. L'appareil de dernière génération russe se stabilise puis se pose au milieu de la cour. Le général approche et fait coulisser la lourde porte avant de monter à bord. Le pilote se retourne et lui crie avec un accent russe : « Vous êtes le dernier, mon général ? ». Le général hoche la tête sans ajouter un mot. L'hélicoptère s'élève à nouveau puissamment dans les airs et s'éloigne des Invalides. De ces hauteurs, le général découvre des hordes sauvages déjà en train de saccager les commerces abandonnés à quelques centaines de mètres. Dans moins d'une demi-heure, le drapeau à croissant rouge flottera sur les Invalides.


Sous l'appareil, les rues défilent. Bientôt, combien de places Khomeyni, de boulevards Mahomet, de rues de l'Islam conquérant ?


Par-dessus le sifflement de l'Ivan IV, les bruits de fusillades continuent à lui parvenir. Des Infidèles sont exécutés en ce moment même. Le général tourne la tête. Les ruines de Notre-Dame sont encore visibles derrière eux. Dans la lumière orangée du soleil déclinant, les restes de la façade gothique les regardent s'éloigner.


            Des images lui reviennent à l'esprit.


            Il se rappelle le corps de sa femme violée et trucidée au début de la guerre. Le visage des coupables avant qu'il ne les défigure vivants au chalumeau. Le froid intérieur.


            Il se rappelle la limousine trafiquée du président Gayssac. Gayssac était le président de la République française finissante, nommé par le Comité d'EuropAmérique. Il s'était assis à la table de négociation avec les envoyés du grand mufti. Il avait accepté les propositions américaines. Il avait ratifié l'abandon de 37 % du territoire français à la European Islamic Republic du mufti Kater et 20 autres pour cents à la tutelle états-unienne. Gayssac s'était engagé à « combattre vigoureusement le racisme séculaire du peuple français », sans réclamer la restitution des esclaves détenus par les musulmans. Il avait promis que la République resterait « une terre d'accueil et de multiculturalisme ». De retour des « négociations » de Bruxelles, descendant de l'avion, Gayssac avait salué fièrement la foule de journalistes avant de monter dans sa limousine et d'exploser avec elle. Les débris flamboyants voltigèrent longuement avant de retomber lourdement sur le ciment. Une fois le président transformé en particules, les médias regrettèrent ce « grand artisan de la paix mort pour ses idées ». Ce fut également le début de la célébrité pour le général et ses « dangereux terroristes ».


            Il se rappelle sa propre photo, diffusée en boucle sur CNN. Il avait interrompu le « processus de paix ». Un homme s'était levé. Le tribunal de La Haye, officiellement financé par les pétromonarchies islamiques et le gouvernement américain, le déclarèrent : « plus grand criminel de guerre de toute l'ex-France ». Son existence était décrétée incompatible avec les Droadloms et les intérêts américains.


            Il se rappelle ces rues encombrées de cadavres de Français, morts de faim ou de la peste. Cette maladie était réapparue au plus fort de la guerre. Seuls les blancs moururent. Les Sémites et les noirs furent épargnés. Aucun média ne parla de guerre bactériologique. L'enthousiasme exterminateur de l'opinion publique anglo-saxonne ne cessait pas. La famine était effroyable. Déjà appliqué en Grèce, l'embargo alimentaire avait fait des merveilles dans les enclaves françaises. Des dizaines de milliers de victimes tombaient d'inanition. Bientôt ce seraient des centaines de milliers. Les nourrissons mouraient sans exception. Des enfants aux yeux bleus et au ventre arrondi erraient entre les décombres. Cette extermination des populations française entraîna une extension géographique fulgurante de l'Islam. La géostratégie américaine triomphait.


            Il se rappelle ses derniers échanges avec Iaroslav. Ils venaient de prendre La Décision. Le général avait interrogé une dernière fois Iaroslav :


-         Combien de temps faudra-t-il attendre ?


-         Trente, peut-être trente-cinq ans et Paris sera à nouveau à vous.


Le général n'avait rien ajouté. Iaroslav avait cru bon d'insister : « Vous ne pouvez reconquérir le terrain. Pour chaque rue reprise, il vous faudrait sacrifier des milliers d'hommes. et vous ne les avez plus. Si vous leur laissez Paris, toute la France sera à eux d'ici trois ans. » Le général savait déjà tout cela. En le quittant, Iaroslav avait encore ajouté : « Nous, les russes, nous savons ce qu'il en coûte.» Et le général français était parti avec sa mallette noire.


            Les rues défilent toujours sous l'Ivan IV.


            Les Droadloms étaient enfin appliqués sur le sol français. Le commerce d'esclave battait son plein sur les territoires occupés. A peine à cinquante kilomètres à l'Est de Paris, le général savait qu'une multinationale américaine utilisait secrètement des milliers d'esclaves français sous tutelle islamique, pour construire un premier réseau d'usine. Les pestiférés et les blessés, sans intérêt commercial, étaient abattus. La demande était par contre particulièrement forte pour les blondes et les très jeunes enfants.


            L'Ivan IV s'éloigne de Paris. Versailles avait bien tenu le coup, vaille que vaille. Le château de Versailles avait plutôt mieux résisté aux bombardements de l'OTAN que Notre-Dame. Mais l'évacuation a déjà commencé, sans que les populations soient informées de la cause véritable.


Seuls ses fidèles compagnons sont au courant de La Décision. Peu de temps avant l'évacuation du QG, la mallette avait été enterrée dans le sous-sol des Invalides. D'après ses informations, le grand mufti Kater supervisera lui-même la « purification » et l'application de la charia à Paris. Aussi arrivera-t-il probablement dans les heures qui suivront la soumission de la ville au Coran. Il ne reste plus qu'à attendre confirmation de son arrivée et des conditions météorologiques favorables. Et la mallette pourra faire son ouvre. Un simple message satellite, une fraction de seconde et Paris ne sera plus qu'une lumière aveuglante.


 

            Le général ferme les yeux. Peut-être qu'en fermant les yeux, le monde cessera d'exister. Peut-être. "

 


AVENIR VIRTUEL.

Texte de Paul Turbier, 26-07-2003.

 

Lu dans un journal immondain qui paraîtra dans quelques années.

 

" St-Denis, vendredi le    Mai 20XX

   A la veille des élections municipales pour lesquelles une liste BBB  e présente à St-Denis, un groupe de jeunes s'est répandu dans la ville vers 19 heures en scandant des slogans et en arborant des pancartes hostiles à la République et à la France. Ils revendiquent une représentation auto-désignée sans passage aux urnes. Une compagnie de CRS qui avait été déployée pour prévenir tout incident a été violemment prise à partie et un des cars de transport a été la cible d'un tir de roquette venant d'une cave. Des renforts ont été dépêchés sur les lieux pour désengager les CRS encerclés place de la préfecture.

Paris, Samedi le , 8 heures.

   On apprend que les incidents de St-Denis ont donné lieu à de violents affrontements et on dénombre 3 morts parmi les forces de l'ordre et 42 blessés dont 5 gravement atteints dans les rangs des manifestants. Ceux-ci se sont retranchés dans les quartiers est de la ville après avoir tenté vainement d'atteindre le stade de France. Des tensions analogues sont apparues à Marseille, à Toulouse et à Lyon. L'armée a été appelée en renfort pour la surveillance des gares et des bâtiments publics.A Valencienns, dans le Nord, la municipalité PRI(*), a fait savoir qu'aucun incident n'est à signaler.

(*) Parti Pour une République Islamique.

St-Germain, samedi  le

   Vers 22 heures, des groupes ont envahi l'artère commerciale principale de la ville et se sont livrés à un saccage des boutiques, au bris des vitrines et au pillage. 36 voitures ont été brûlées. Les émeutiers se sont ensuite dirigés vers le quartiers résidentiels et ont pillé plusieurs villas. Trois d'entre elles ont été incendiées. Les pompiers qui tentaient d'intervenir ont été caillassés et les forces de l'ordres, trop peu nombreuses, ne sont pas parvenues à ramener le calme. Un émeutier a été atteint d'une balle tirée, semble-t-il d'une fenêtre par un habitant du quartier. Il a été conduit à l'hôpital où il est décédé peu après son admission. Au matin, le calme n'était pas encore revenu et d'autant qu'une contre manifestation semble s'être organisée sous la conduite, pense-t-on, d'éléments d'extrème-droite. Le ministre de l'Intérieur est attendu sur place et le gouvernement vient de se réunir en cellule de crise. Le recteur de la Mosquée de Paris appelle à la compréhensions envers des jeunes " victimes permanentes de discrimination sociale" (citation)

   Plusieurs familles des quartiers où ont eu lieu les émeutes ont quitté la ville pour trouver une refuge en province. Les écoles sont fermées.

Paris, le

   Après le report des élections suite aux évènements graves qui en ont empêché le déroulement normal, l'assemblée, réunie en session extraordinaire a entendu la communication du chef du gouvernement et a questionné le ministre de l'intérieur sur les mesures qu'il compte prendre. La situation s'aggrave de jour en jour et la plupart des grandes villes sont le théâtre d'affrontements violents. L'armée protège les aéroports, les ports , les gares et les installations industrielles, particulièrement les raffineries et les stockages de pétroles. Un régiment de parachutiste a été dépêché à Donges en Loire-Atlantique et un autre à Berre dans les Bouches du Rhône. On attend une intervention télévisée du chef de l'état au cours de laquelle il pourrait annoncer des mesures exceptionnelles. Le parti de la gauche démocratique et sociale s'insurge contre les mesures qu'il juges liberticides et xénophobes.

Bordeaux le

   La Chambre, empêchée de siéger à Paris s'est repliée à Versailles pour examiner les conséquences de la démission du Président de la république. Dans l'attente de nouvelles élections qui ne pourraient intervenir au mieux qu'à l'automne,  le président du sénat a été appelé à exercer l'intérim présidentiel. Il a aussitôt pressenti un certain nombre de personnalités pour tenter de former un gouvernement provisoire. La tâche qui l'attends semble difficile car la plupart des leaders politiques sont retournés dans leurs circonscription pour prendre des contacts avec leur électorat. Le secrétaire général du parti nationaliste a été mis en garde à vue pour incitation à la haine raciale. Les partis de gauche ont formés un cartel républicain et lancé un appel au dialogue. Celui-ci semble ne pas avoir été entendu car une bombe artisanale a explosé devant le siège du parti socio-démocrate sans faire, heureusement, de victimes à cause de l'heure tardive.

Versailles le

   Le prince Pharamond a reçu une délégation de parlementaires conduite par le président de la Chambre des Députés. La délégation l'a prié de bien vouloir prendre en considération la volonté populaire qui se manifeste dans l'ensemble du pays pour solliciter son arbitrage. Le prince est en effet très populaire, particulièrement dans les classes moyennes, auprès des agriculteurs et des artisans, à la suite de la parution de son livre blanc sur l'avenir du pays, livre qui a connu un très grand retentissement. Hier soir, 300 000 personnes, d'après les indications des services de police, se sont rassemblées aux abords de la préfecture de Versailles pour réclamer sa médiation.

   Le prince a entendu les parlementaires et a exprimé sa profonde tristesse de voir le pays en état de guerre civile et mis dans l'impossibilité de vivre normalement. Il a toutefois réservé sa réponse jusqu'à ce que la situation juridique et constitutionnelle soit clarifiée.  Le conseil d'Etat et le Conseil Constitutionnel sont réunis pour examiner, chacun en ce qui les concerne, les aspect juridiques créés par le comportement insurrectionnel d'un parie de la population. Ils devraient remettre leurs conclusions, avant demain à midi. Dans l'attente,le prince a été reçu par le président de la république par intérim.

   Suite à cet entretien et en permière urgence, le Prince a appellé les milices de protection locales qui se sont constituées partout le pays et en particulier dans les zones rurales de se mettre sous l'autorité et le commandemant du Général WWWWW, actuel chef d'Etat-Major général des Armées, à qui il a confié la charge de leur intégration dans les forces armées régulières. Il a installé son secrétariat et les services de sa maison dans les locaux de la préfecture de Versailles.

Paris, le

   Les chambres, réunies en congrès ont déclaré caduque la Constitution de 1958 et ont nommé une commission d'experts constitutionalistes pour étudier les modalités d'installation d'un nouveau régime démocratique soumis à l'arbitrage d'une personnalité indiscutée. Le Prince Pharamond, qui assume la continuité du pouvoir depuis les événements de mai 20XX, suit attentivement le déroulement de ces travaux et prononcera une importante allocution télévisée Dimanche soir.  D'après plusieurs personnalités bien informées, ses proches conseillers l'engageraient à déclarer un moratoire général qui concernerait le code de nationalité, le fonctionnement de l'état et des administrations et qui gèlerait les engagements internationaux lorsque ceux-ci s'opposent à la remise en ordre du pays.

   Il semble qu'on se dirige vers la ré-instauration d'une monarchie constitutionnelle moderne."

C'est tout pour aujourd'hui, mais Lundi, j'en remets une petite couche.

Paul T.