Lors d'une ballade sur le net j'ai trouvé cette parabole en "http://perso.club-internet.fr/libeco/ar201031.htm" (Il s'agit du toqueville magazine). Cette petite parabole m'a bien plu, elle est d'un certain Paul Turbier. Est-ce notre Paul ? Je n'en sais rien . Si c'est lui j'espère qu'il ne m'en voudra pas de vous communiquer ceci. (envoi du Lieutenant du 7-09-2001) 

 
LE MUR.

(rédigé après la lecture d’une nouvelle de F.KAFKA: Das Gezetz).

 

Le Mur sépare les deux pièces: la Longue, assez étroite et la Large, peu profonde.

Dans le Mur, un épais vitrage permet à ceux qui habitent la Longue de voir ceux qui occupent la Large car celle-ci est éclairée par de puissants et nombreux projecteurs.

Dans la Longue, il fait assez sombre de sorte que ceux de la Large ne voient rien ou presque de ce qui s’y passe.

Une estrade est installée dans la Large et une troupe pas très nombreuse y vaque. Certains délibèrent gravement autour de tables recouvertes de drap vert. Beaucoup écrivent sur de larges pages blanches, d’autres parlent dans des micros, d’autres encore devisent en petits comités sous le regard de caméras.

Tous changent de place de temps en temps. Ainsi, les choses semblent bouger un peu.

De l’autre côté du Mur, la foule est dense. Elle entend ce qui se dit dans les micros, voit sur des écrans ce qui se filme et lit les pages autrefois blanches mais maintenant noircies qu’on lui glisse sous la porte.

Elle ne perçoit rien des conciliabules qui se tiennent autour des tables vertes.

Elle est très occupée à travailler et à glisser de temps à autre des enveloppes dans des fentes: des bulletins de votes ou des chèques.

Ce qu’elle voit, lit ou entend la surprend, l’étonne ou l’inquiète.

Parfois la peur et la colère la saisissent. Alors elle fait de grands signes devant la vitre et pousse de grands cris pour attirer l’attention de ceux de la Large et se faire entendre. Mais en vain: le vitrage est très épais.

Il existe un passage qui conduit de la Longue vers la Large: c’est un labyrinthe.

Une vie d’homme marchant d’un bon pas est nécessaire pour en trouver l’issue.

Certains s’y essaient pourtant et quelques-uns y parviennent à force de courage et d’obstination.

Lorsqu’ils atteignent enfin la grille de communication et qu’ils frappent à l’huis, un homme affable entrouvre un judas: c’est l’éconduiseur.

Par les fissures du plafond de la Longue s’écoule un étrange liquide qui vient de la Large par une mystérieuse conduite. Ceux qui en reçoivent un peu sur la tête ou sur les épaules n’en sont pas mouillés mais seulement humiliés car le liquide qui suinte ainsi, c’est du mépris, rien que du mépris.

Une odeur tenace emplit la Longue: celle de la sueur.

Le Mur est très solide et personne n’a jamais pu le démolir. Des agitateurs font croire qu’il est possible de remplacer ceux de la Large par quelques uns de la Longue à l’aide des outils sanglants d’une révolution. La différence n’est que de quelques millions de morts. Dans la Longue, bien sûr.

Paul Turbier

 

 

Paul Turbier (VR) confirma sa paternité sur le texte le 09-09-2001 :

Réponse : C'est bien de lui et, bien sûr il n'en veut à personne et surtout pas au Lieutenant.

    J'avais écrit ce petit texte pour servir d'introduction liminaire à un livre que j'ambitionnais d'écrire, voici 5 ou 6 ans. Je l'avais communiqué ( le texte, pas le livre) à plusieurs dont Michel de Ponçins, qui m'en avait fait compliment et qui l'a intégré sur le site que signale le Lieutenant.

    Peu après, profitant de la rélation épistolaire succinte qui s'était installée, je lui avais également transmis un dessin un peu humoristique qui m'avait été inspiré par quelques lectures du professeur Allais. J'avais fait la même opération avec Jean-Gilles Maliarakis qui "cause dans le poste" à Radio-Courtoisie. . Ce dessin concernait le libéralisme économique absolu dont ils sont tout deux des défenseurs et, bizarrement, je n'est plus entendu parler ni de l'un ni de l'autre.

    Mes talents littéraires étant ce qu'ils sont, je n'ai pas terminé le livre, convaincu, de plus qu'il dormirait dans un tiroir. pour ce qui est du dessin, je vais tenter de le retrouver pour le passer sur VR.

    Il faut bien rire un peu, même jaune.

 

Voici , en annexe, le dessin promis au Lieutenant. La question secondaire mentionnée ne figurait pas sous cette forme dans la version que j'avais diffusée il y a quelques années.

Bonne réception. Paul T. (Message du 10-09-2001)

 

LIBRE-ECHANGE

                                Petit problème de vases communicants à l'intention d'élèves de 3éme

1-)  Enoncé

            Soit :

            Deux bassins économiques tels que :

                        N1, N2 = niveau de vie   )

                                                               )  respectifs

                        D1, D2 = démographie   )  ,contiennent un mélange richesse + emploi = prospérité.

            On établit une canalisation reliant les deux bassins et munie d'une vanne de contrôle V

2°)  Question.

            Que se passe-t-il dans chacun des bassins quand on ouvre la vanne V ?

3°) Question secondaire

            Un ajutage E dérive x% du flux vers un bassin annexe (non figuré) . Qui profite du liquide ainsi détourné ?

( Les élèves qui répondront  " des requins" à la question secondaire seront conduits au bureau du Principal pour insolence) .

 

P.T 1996, revisé 2001