Serviam diffuse la traduction française du commentaire du célèbre critique Paul Harvey à propos du film " La Passion " de Mel Gibson. (Transmis par annelysdefrance, 28-02-04)


            Paul Harvey, 84 ans, est un présentateur bien connu de la station de radio ABC. Son émission, "Nouvelles et commentaires", est reprise par 1600 autres stations dans tout le pays. Sa carrière radiophonique dure depuis soixante ans. Il est connu comme "la voix la plus écoutée de l'histoire de la radio"

            Cet article a été traduit de l'américain

            La plupart des média critiquent le film de Mel Gibson « LA PASSION ». Maintenant, Paul Harvey en parle dans « The rest of the story » et David Limbaugh fait l'éloge de Gibson. La plupart des gens préféreront attendre pour regarder un film plutôt que de donner crédit aux critiques des gens des média qui leur disent ce qu'ils doivent penser et croire!

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            Voici les propos de Paul Harvey :


            Je ne savais vraiment pas à quoi m'attendre! J'étais inquiet d'avoir été invité à une représentation privée du film de Mel Gibson « LA PASSION », mais j'avais aussi lu tous les commentaires très réservés et j'étais très indécis! J'ai grandi dans une ville juive et ma foi en a été très influencée. Tout au long de ma vie, j'ai eu une aversion profonde pour tout ce qui pouvait encourager, même indirectement, toute forme de pensée, de paroles ou d'actions antisémites.

            J'allai à cette projection privée de « LA PASSION », se déroulant à Washington (dans le District de Columbia) et je saluai quelques visages familiers. L'environnement était typiquement « washingtonien », avec des gens qui vous saluent d'un sourire, mais semblent presque absents, ayant un objectif inavoué. Le film fut présenté très brièvement, sans tambour ni trompette, puis les lumières s'éteignirent et le film commença. Depuis la première scène émouvante du Jardin de Gethsémani, en passant par le portrait si tendre et humain de la mission sur terre de Jésus, à travers la trahison, son arrestation, la flagellation, le Chemin de la Croix, la rencontre avec les deux larrons, la mort sur la Croix, jusqu'à la scène finale du tombeau désert, ce n'était pas un film comme un autre; c'était une rencontre ne ressemblant à rien de ce que j'avais pu expérimenter jusque là!


            En plus d'être un chef-d'oeuvre au plan de la réalisation cinématographique mais aussi un chef-d'oeuvre artistique, « LA PASSION » m'a entraîné dans des réflexions plus profondes, plus douloureuses, plus intenses que tout ce que j'avais éprouvé jusqu'ici, y compris même mon mariage, mon ordination et la naissance de mon enfant. Franchement je ne serai plus jamais le même. Quand le film se termina, tous ces gens influents de Washington (District de Columbia) qui avaient été invités pour cette projection privée s'agitaient encore mais cette fois parce qu'ils étaient réellement saisis par l'émotion et pris de sanglots. Je ne suis pas sûr qu'il y ait alors eu une seule personne n'ayant pas les larmes aux yeux! La foule qui avait été accueillie chaleureusement avant le film était maintenant plus que silencieuse! Plus personne ne pouvait parler parce que les mots ne pouvaient exprimer ce que l'on ressentait. Nous avions expérimenté une forme d'art si exceptionnelle et qui n'arrive quasi jamais dans une vie : celle qui permet au ciel de toucher terre!

            Une scène du film est maintenant gravée à tout jamais dans ma mémoire. Un Jésus, brutalisé, blessé, qui va bientôt encore retomber sous le poids de la Croix. Sa mère s'est frayé un chemin sur la Via Dolorosa. Comme elle court vers lui, elle revoit dans un « flash-back » Jésus enfant, tombant sur la route de terre à l'extérieur de leur maison. Alors qu'elle cherche à le protéger de cette chute, elle tente de toucher son visage d'adulte meurtri.

            Jésus la regarde alors avec des yeux si pleins d'amour pur, une expression si sincère (et c'est comme s'il regardait chacun de nous à travers l'écran) et il dit « Voici que je fais toutes choses nouvelles ».


            Ces mots sont extraits du dernier livre du Nouveau Testament : le livre des Révélations. Soudainement, le sens de toute cette souffrance devenait si clair et les blessures, plus tôt dans le film qui étaient si difficiles à voir sur son visage, son dos, en fait sur tout son corps, prenaient une dimension d'une beauté si intense. Toutes ses souffrances avaient été offertes volontairement par amour.


            Après la fin du film et que nous ayons eu la chance de récupérer un peu de toutes ses émotions, une période de questions et de réponses s'ensuivit.

            Les éloges unanimes pour le film, venant d'une foule très disparate, furent aussi stupéfiants que les compliments étaient démonstratifs. Parmi les questions posées, inévitablement la fameuse question qui semble rattachée à ce film, même s'il n'est pas encore à l'affiche pour le grand public. « Pourquoi ce film est-il considéré par certains comme antisémite? »

            Franchement, après avoir vu « LA PASSION » (mais vous vous ne l'avez pas encore vu), c'est une question à laquelle il est impossible de répondre. Un « homme de loi » pour qui j'ai beaucoup d'admiration était assis en avant de moi. Il leva la main et répondit : « Après avoir vu ce film, je ne puis comprendre comment quiconque peut insinuer qu'il est même suggéré que ce sont les juifs qui ont tué Jésus. Ce n'est pas du tout cela. » Et il continua : « Ce film m'a permis de réaliser que ce sont mes péchés qui ont tué Jésus »


            Je partage cet avis. Il n'y pas une parcelle d'antisémitisme qui puisse être relevée dans ce film si puissant. S'il y en avait eu j'aurais été le premier à le clamer. Ce film raconte avec une grande foi l'histoire de l'Évangile d'une manière dramatiquement belle, sensible et avec un engagement profond. Ceux qui allèguent cela, ou bien n'ont pas été voir le film, ou bien ont un but inavoué qui expliquent leurs critiques.

            Ce n'est pas un film « chrétien », dans le sens qu'il va toucher seulement ceux qui s'identifient comme disciples du Christ. C'est une histoire profondément humaine, si belle, qui touchera profondément tous les hommes et toutes les femmes. C'est une oeuvre d'art merveilleuse. Oui, il est vrai que le producteur est un catholique et que, Dieu merci, il est resté fidèle aux textes des Évangiles; si cela n'est pas un comportement acceptable, alors nous sommes tous dans le pétrin! La vérité historique demande d'être fidèle aux sources et les Chrétiens ont le droit de le proclamer.


            Après tout, nous croyons que c'est la plus grande histoire jamais racontée et que le message d'amour qui en découle est destiné à tous les hommes et à toutes les femmes. Le plus grand de tous les droits est celui d'écouter et d'entendre la vérité.


            Nous serions bien avisés de nous rappeler que les textes des Évangiles auxquels « LA PASSION » est si fidèle ont été écrits par des juifs qui suivaient un autre juif dont la vie et les écrits ont changé à tout jamais l'histoire du monde. Le problème n'est pas le message mais ceux qui l'ont déformé et utilisé plus pour la haine que pour l'amour. La solution n'est pas de censurer le message, mais plutôt de promouvoir le genre de merveilleux cadeau d'amour qu'est le plus grand film de Mel Gibson « LA PASSION ». Il doit être vu par le plus grand nombre possible de personnes. J'ai l'intention de faire tout ce que je peux pour que ce soit le cas. Je suis passionné par ce film « LA PASSION »


            Faites-le aussi. Ne ratez surtout pas ce film. Voici maintenant les commentaires de DAVID LIMBAUGH à propos du film très controversé de Mel Gibson sur la crucifixion du Christ. C'est, aussi, très vivement recommandé de lire ce qu'il dit.

            Ce qui est tellement ironique avec la passion de Mel Gibson pour « LA PASSION » c'est que, lorsqu'un réalisateur de film prend des libertés artistiques avec la vérité historique on le porte aux nues en disant combien il est créatif et brillant, mais, si un autre réalisateur prend soin d'être fidèle à cette même vérité historique il est vilipendé.


            L'acteur réalisateur Mel Gibson est en train de découvrir ces dures réalités alors qu'il a eu de la difficulté à trouver un studio ou un distributeur américain pour son nouveau film « LA PASSION » qui décrit les 12 dernières heures de la vie de Jésus Christ.

            Gibson a co-écrit le scénario et financé, dirigé et produit le film.

            Pour le scénario, lui et son co-auteur se sont basés sur les textes des 4 Évangélistes : Matthieu, Marc, Luc et Jean, mais aussi sur les Visions de Ste Anne-Catherine Emmerich (1774-1824) et de Marie d'Agreda dans son récit « LA CITÉ DE DIEU ».


            Gibson ne voulait pas que son récit soit aseptisé comme tant d'autres oeuvres religieuses.

            « J'ai essayé de raconter cette histoire de manière très personnelle tout en voulant être le plus près possible de la réalité ».

            Pour être le plus fidèle possible à ce que beaucoup considèrent comme les 12 heures les plus importantes de l'histoire de l'humanité, Gibson a même tourné son film en utilisant la langue araméenne de l'époque. En réponse aux objections disant que les spectateurs ne pourraient pas comprendre cette langue, Gibson répond : « Heureusement, j'ai pu transcender les barrières de langue avec mon récit très visuel; si j'ai échoué, j'ai échoué, mais alors ce serait un échec monumental. »

            Pour pousser encore plus loin le souci de vérité, Gibson s'est entouré des conseils de pasteurs, théologiens et a reçu leurs critiques. Don Hodel, président de « Focus on the family » dit « J'ai été très impressionné. Le film est historiquement et théologiquement exact. » Ted Haggard, pasteur de « NEW LIFE CHURCH » à Colorado Springs, Colorado, et président de l'Association Nationale Évangélique, s'enflamme «Ce film montre avec beaucoup de vérité, plus que n'importe quel autre film, qui était Jésus. »


            Durant le tournage du film, Gibson, un catholique fervent, assistait à la messe chaque matin parce que «nous devions être parfaitement disposés intérieurement pour travailler sur un tel sujet. »

            Du point de vue de Gibson, ce film n'est pas un film de Mel Gibson. C'est plus que cela. « Je ne suis pas un prêcheur ni un pasteur » dit-il. « Mais j'ai vraiment senti qu'au stade où j'en étais rendu dans ma carrière c'est cela que je devais faire. Le Saint-Esprit m'accompagnait tout au long du film et j'avais juste à diriger le tout. Je souhaite que ce film ait la force d'évangéliser. »


            Avant même que le film ne sorte, programmé pour mars 2004, Gibson a vu son souhait réalisé « Tous ceux qui ont travaillé pour ce film ont été transformés. Il y avait des agnostiques et des musulmans en train de se convertir à la chrétienté et des personnes qui ont été guéris de maladies »

            Gibson veut que les gens comprennent à travers ce film si ce n'est pas déjà fait, l'influence incalculable que le Christ a eue sur l'humanité.

            Et il insiste pour dire que le CHRIST est objet de controverse précisément à cause de ce qu'il est : DIEU INCARNÉ. « Et C'est cela le point central de mon film : montrer le bouleversement extrême qu'il entraîna parmi les hommes politiques, les chefs religieux et le peuple, par ce QU'IL EST.

            Gibson commence à expérimenter combien la figure du Christ est controversée.

            Les critiques n'ont pas seulement mis en doute l'authenticité du film mais ont aussi affirmé qu'il dénigre les Juifs, ce que Gibson dément avec véhémence. « Ce n'est pas du tout une attaque chrétienne contre les Juifs! Jésus est venu dans ce monde et il n'a pas été reconnu. En regardant la crucifixion du Christ, c'est ma propre culpabilité que je vois »


            Le père jésuite William J.Fulco qui a traduit le scénario en Araméen et en latin, dit qu'il ne voit aucune trace d'antisémitisme dans le film. Il ajoute « Je serais atterré d'entendre une quelconque insinuation affirmant que Mel Gibson est antisémite. »

            Pourtant, certains groupes et quelques uns des courants dominants ont été très critiques à l'endroit de la PASSION de Gibson.

            Andrea Payer du New York Post le réprimande « Il est toujours temps, Mel, de dire la vérité. » Le chroniqueur du Boston Globe James Carroll dénonce la lecture littérale des récits bibliques. « Même une reproduction fidèle des récits évangéliques de la mort de Jésus peut faire du mal justement parce que ces récits portent en eux-mêmes le virus de la haine des juifs » écrit Carroll.


            ...( On notera ): si vous voulez que la masse loue votre travail sur le Christ, faites attention de le dépeindre comme un homosexuel ou comme un vulgaire pécheur sans qualité qui rachète ses défauts. Dans notre culture anti-chrétienne, le film blasphématoire « LA DERNIÈRE TENTATION DU CHRIST » est célébré et « LA PASSION » condamné.

            Mais si ce film continue à toucher les gens comme il l'a fait, aucune opposition des média d'information, des gens bien-pensants, ne pourra endiguer sa force et son impact positif dans la vie de tous.

            Mel Gibson est un modèle de foi et de courage.


            Avec les compliments de http://www.serviam.net


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Message de Paul le Hérisson, du 10 mars 2004 :

Un des plus beaux tableaux de George de la Tour est le saint Joseph charpentier du Louvre. On y voit le Christ enfant tenant une bougie qui illumine son visage. Ses yeux son un peu perdu. Son père et si grand, là, devant lui qu'en voulant le regarder, il semble ne pas le voir. Voir au-delà. Joseph est courbé : il travaille. Son regard plein d'amour est posé sur son fils. Un instant il cesse de tourner la tarière. Peut-être attend-il que son fils lui parle ? Des madriers et des instruments de charpenterie sont posés à ses pieds.

Il fabrique une croix.

Très bon article de Michel De Jaeghere, Le Figaro 10 mars 2004.

"On a incriminé Mel Gibson pour avoir interpolé dans son récit une scène absente des écritures, mais inspirée des récits d'une voyante mystique du XVIIIe siècle, la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich. On y voit des charpentiers juifs fabriquer la Croix de Jésus. Qui voudrait-on qui la fabrique ? Le fond des choses est que tout le monde, ou presque, dans cette histoire, est juif : les grands prêtres et la foule qui hurle à la mort, mais aussi les apôtres, les saintes femmes et le bon larron, la Sainte Vierge et le disciple resté seul, avec elle, au pied du crucifix. Les païens n'apparaissent qu'en contrepoint dans l'Evangile : deux centurions, Pilate, une Cananéenne, les soldats qui flagellent le Christ ou tirent au sort sa tunique."


"Religieusement correct"

Michel De Jaeghere [LeFigaro.fr - 10 mars 2004]

L'Inquisition reçut ce nom parce qu'elle introduisait une nouveauté dans la procédure médiévale : celle de faire précéder toute condamnation d'une enquête au cours de laquelle le suspect serait entendu, tandis que seraient examinées les preuves de son crime. Nous n'avons plus de ces délicatesses. Ce qui étonne dans l'étrange procès qui a été fait à Mel Gibson à l'occasion de la sortie de son film, c'est tout de même le nombre de condamnations émanant d'autorités ou d'individus qui ne l'avaient pas vu.

Le fond de l'acte d'accusation en dispensait, il est vrai, les accusateurs. Parce qu'il se résumait à ceci : d'avoir présenté les autorités juives comme étant responsables de la condamnation et de la mort du Christ. Nul ne soupçonne en effet la bonne foi de Mel Gibson. Nul ne l'a accusé d'avoir donné un physique déplaisant aux personnages juifs de son film, nul ne l'a soupçonné d'avoir réduit leurs caractères à des archétypes caricaturaux : c'est la trame même de l'histoire qu'il raconte qui a été mise en cause, le fil du scénario (dont les procureurs n'avaient du reste qu'une connaissance imprécise, grâce au vol d'une première ébauche du script) qui a été stigmatisé comme fauteur d'antisémitisme, parce que ce scénario présentait le grand prêtre et le clergé juif du temple de Jérusalem comme les instigateurs de la condamnation à mort de Jésus. Point n'était donc besoin de voir le film. Il suffisait de savoir qu'il mettait en scène cette vision scandaleuse de la Passion du Christ.

On a dit, on a répété qu'il y avait là, de la part de Mel Gibson, un inacceptable obscurantisme. Que le concile Vatican II avait récusé une fois pour toutes l'idée d'une culpabilité des autorités juives dans la mort de Jésus. Le problème est que cela est faux. Par sa déclaration Nostra Aetate, les Pères conciliaires se sont bornés à affirmer que «ce qui a été commis durant (la) Passion ne peut être imputé indistinctement ni à tous les juifs vivant alors, ni aux juifs de notre temps». C'était répudier la tradition patristique selon laquelle le peuple élu porterait, depuis la mort du Christ, le poids de la malédiction divine : ce que l'on a appelé l'accusation de «déicide». Refuser l'idée d'une responsabilité héréditaire et collective (la bizarrerie est qu'on invoque désormais une telle responsabilité pour inviter les chrétiens à la repentance pour les fautes que leurs ancêtres auraient commises – mais cela est une autre histoire).

La même déclaration conciliaire n'en rappelait pas moins que «des autorités juives, avec leurs partisans, (avaient) poussé à la mort du Christ». Comment aurait-elle pu dire le contraire ? Le fait figure en toutes lettres dans les quatre Evangiles !

«Voici que nous montons à Jérusalem et le Fils de l'Homme va être livré aux grands prêtres et aux scribes ; ils le condamneront à mort et le livreront aux païens pour être bafoué, flagellé et mis en croix, et le troisième jour, il ressuscitera.» (Matthieu, 20 18-19)

«Alors les grands prêtres et les anciens du peuple s'assemblèrent dans le Palais du grand prêtre qui s'appelait Caïphe, et se concertèrent en vue d'arrêter Jésus par ruse et de le mettre à mort» (Matthieu 26 3-4)

«Or les grands prêtres et le Sanhédrin tout entier cherchaient un faux témoignage contre Jésus en vue de le faire mourir.» (Matthieu 26 59)

«A dater de ce jour, ils furent résolus à le tuer.» (Jean, 11-48)

«Alors le grand prêtre déchira ses tuniques et dit : «Qu'avons-nous besoin de témoins ? Vous avez entendu le blasphème» (...) Tous prononcèrent qu'il méritait la mort.» (Marc 14 63)

«Ayant convoqué les grands prêtres, les chefs et le peuple, Pilate leur dit : «Vous m'avez présenté cet homme comme poussant le peuple à la révolte ; or j'ai instruit l'affaire devant vous et je n'ai trouvé cet homme coupable d'aucun des crimes dont vous l'accusez (...) Vous le voyez, cet homme n'a rien fait qui mérite la mort. Je le relâcherai donc après l'avoir châtié.» Mais eux se mirent à vociférer tous ensemble : «A mort cet homme. Et relâche-nous Barrabas». (...) Pilate, dans son désir de relâcher Jésus leur adressa de nouveau la parole. Mais eux lui criaient : «Crucifie-le, crucifie-le.» (...) Alors Pilate prononça qu'il fut fait droit à leur demande. Il relâcha celui qui avait été mis en prison pour émeute et pour meurtre, et il livra Jésus à leur bon plaisir.» (Luc 23 20-25).

Faut-il rappeler que, tout au long de la semaine sainte, les catholiques entendent debout la lecture de ces textes parce qu'ils les tiennent pour la parole de Dieu ?

Surnaturellement, les chrétiens savent qu'ils sont, par leurs propres péchés, les vrais auteurs de la mort du Christ, venu donner sa vie pour nous racheter de nos faiblesses, de nos trahisons, de nos indignités. Ce que Mel Gibson a manifesté, d'une façon saisissante, en voulant que sa seule apparition à l'écran soit celle de sa main tenant les clous qui s'enfoncent dans les paumes du Christ, lors de sa mise en Croix. Historiquement, cette mort a cependant été provoquée, voulue, consentie par des individus, par des êtres de chair et de sang qui, sauf à admettre qu'ils aient été victimes d'une prédestination par laquelle le Créateur les aurait condamnés à se faire les exécuteurs des basses oeuvres de la justice divine, sont restés jusqu'au bout libres de leurs actes : Judas, qui a livré Jésus, les grands prêtres qui l'ont condamné, Pilate, qui leur a prêté le concours de la force publique.

Si raconter cela, c'est faire acte d'antisémitisme, alors, c'est l'Evangile qu'il faut désormais interdire.

On dira (on a déjà dit) que mettre en cause les grands prêtres, c'est négliger le poids de l'occupation : le fait que les autorités juives n'auraient pu mettre à mort elles-mêmes le Christ sans l'aval des autorités romaines. On n'est pas si regardant lorsque l'on juge les condamnations que l'Eglise faisait exécuter, au Moyen Age, selon le même procédé, par le bras séculier. Ce que dit l'Evangile, ce que saint Paul confirme («Ce sont les Juifs qui ont fait mourir le Seigneur Jésus et les prophètes», Thessaloniciens 15-16) c'est que la mort du Christ a été voulue par les autorités juives, parce que, selon les paroles de Caïphe, «il vaut mieux qu'un seul homme meure pour le peuple» (Jean 18-14)

Marc-Olivier Fogiel s'est demandé, sans rire, si Mel Gibson avait le niveau intellectuel requis pour traiter un sujet aussi complexe, et l'on a vu fleurir, ces derniers jours, théologiens et docteurs de l'Eglise là où on les aurait le moins attendus. Le cinéaste n'avait-il pas, ici, pris des libertés avec le texte des Evangiles ? N'avait-il pas commis au contraire la faute (aggravante) de le retranscrire ailleurs à la lettre ? Des libertaires ont donné leur avis sur la théologie de la Passion. Des agnostiques se sont étonnés de la modestie de l'évocation de la résurrection. La foi de Mel Gibson, a tranché Patrick Sabatier dans Libération, relève d'une «variante chiite du christianisme».

Préfet de la congrégation du clergé, et donc l'un des tout premiers collaborateurs du Pape, le cardinal Castrillon Hoyos a estimé quant à lui après avoir vu le film : «Je troquerais avec joie nombre des homélies que j'ai prononcées sur la Passion contre juste quelques minutes de ce film. (...) C'est un triomphe de l'art et de la foi. Je voudrais que tous les prêtres catholiques, dans le monde, le voient.»

On a accusé Mel Gibson de violence gratuite. On est moins délicat d'ordinaire, et il n'y a pas longtemps que certains célébraient la représentation d'un viol de treize minutes comme un miracle de création artistique. Mais quelle violence fut moins gratuite que celle qui fut subie, acceptée par le fils de Dieu pour le rachat de nos péchés ? Si elle nous choque, c'est peut-être que nous avons pris l'habitude de ce que la Passion du Christ, la flagellation, le couronnement d'épines, la crucifixion soient pour nous des mots vidés de sens. Nous les répétons sans réaliser pleinement ce qu'ils signifient. L'Eglise interdisait autrefois les représentations de la Croix qui oblitéraient les marques de la souffrance du Crucifié. Nous avons oublié le Christ de douleurs de Mathias Grünewald, nous nous satisfaisons du Christ libérateur de Salvador Dali : sur la Croix, il semble avoir déjà ressuscité.

Dans un monde saturé d'images de violence et de détresse, la croix du Christ a cessé de nous apparaître pour ce qu'elle est : l'instrument du plus douloureux et du plus infamant des supplices, «scandale pour les Juifs, folie pour les païens» (Corinthiens, 1-22), l'autel du sacrifice sanglant qui a assuré la rédemption du monde et que perpétue de façon non sanglante le sacrifice de la messe (comme le suggère dans le film un flash-back associant la Croix à la dernière cène dans une parfaite conformité à la théologie définie par le concile de Trente). Or cette violence est pour les Chrétiens le signe même de leur espérance : c'est elle qui leur fait comprendre qu'il n'est pas de crime dont le châtiment du Juste n'ait valu l'expiation. C'est à son aune que se mesure l'amour du Christ. C'est elle aussi qui rend si vaine la recherche des responsables de sa mort sur la Croix : par le caractère unique, exceptionnel du martyre pardonné, consenti par celui qui a dit «Aimez vos ennemis», elle nous fait sentir que ce qui fait pleuvoir les coups sur les épaules de la victime, peser la Croix sur son dos, couler le sang sur son front, ce n'est pas la méchanceté des Romains ou l'infidélité des Juifs, ce sont les nôtres.

On a incriminé Mel Gibson pour avoir interpolé dans son récit une scène absente des écritures, mais inspirée des récits d'une voyante mystique du XVIIIe siècle, la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich. On y voit des charpentiers juifs fabriquer la Croix de Jésus. Qui voudrait-on qui la fabrique ? Le fond des choses est que tout le monde, ou presque, dans cette histoire, est juif : les grands prêtres et la foule qui hurle à la mort, mais aussi les apôtres, les saintes femmes et le bon larron, la Sainte Vierge et le disciple resté seul, avec elle, au pied du crucifix. Les païens n'apparaissent qu'en contrepoint dans l'Evangile : deux centurions, Pilate, une Cananéenne, les soldats qui flagellent le Christ ou tirent au sort sa tunique.

Telle est, aux yeux des catholiques, la destinée singulière du peuple élu qu'il a été choisi pour offrir, comme en un microcosme de la Création tout entière, ceux qui livreraient le Christ à la mort et ceux qui formeraient la primitive Eglise ; qu'il lui a même été donné de compter parmi les siens l'Homme-Dieu venu racheter l'humanité par son supplice. Réduire ce mystère à notre mesure pour en nourrir nos polémiques a quelque chose de dérisoire. L'antisémitisme est un sujet trop sérieux pour qu'il soit tolérable qu'on en instrumentalise la menace à des fins étrangères à la sûreté des Juifs. Qui peut croire qu'elle soit menacée aujourd'hui par un renouveau identitaire du christianisme ? Qui imagine vraiment qu'un tel film pourrait pousser des chrétiens exaltés à persécuter des juifs au motif que leurs grands prêtres ont fait mettre à mort, il y a deux mille ans, le Christ ? La législation française réprimait, sous la Restauration, le blasphème. La suppression de ce délit fut considérée par les Libéraux comme une grande victoire. Un siècle et demi plus tard, la censure nous est présentée comme une idée neuve.

Le paradoxe est que le blasphème de Mel Gibson tient au seul fait d'avoir proclamé, sans égard pour les mots d'ordre du «religieusement correct», la plénitude de sa foi catholique.

 

 

 

Raphaël-M.(VR) Je sors du film « La Passion », 3 mars 2004 :

Oui, c'est un film qui remue fort l'intérieur, c'est en même temps «excessif » et « souvent grotesque » (je persiste et signe). Je n'ai pas du tout accroché dés le début et en même temps j'étais bouleversé. Je n'ai pas trouvé la réalisation si superbe.

Est-ce un chef-d'oeuvre ? Si un chef-d'oeuvre sur la Passion du Christ peut être grotesque, maladroit et gore, ha bon ? Alors peut-être.

Ce film a le mérite indiscutable de faire réfléchir à sa foi. Dans la même scène, l'image inspirée succédera au burlesque.  J'ai aimé ce Ponce Pilate à qui je ne saurai rien reprocher puisque je ferais exactement la même chose. J'ai aimé la scène sur le chemin de croix, lorsque Jésus se relevant dit à sa Mère : « Voici que je renouvelle le monde. ».

J'ai détesté, entre autres, Barrabas (représentation puérile et simiesque). J'ai détesté la « cascade » de sang jaillissant du flanc de Jésus sur la croix et tous ces trucs grotesques ou gore qui cassent la comédie et notre empathie.

Oui, apportez vos mouchoirs (en sortant vous verrez, il y en a partout dans les allées).

Amitiés montréalaises,

Raphaël-M.

Gerfaut (VR), 3 mars 2004 :

"Excessif" est le mot : mais le film est à l'image du traitement réservé au Christ, le fait qu'il soit excessif est donc tout à fait de circonstance. Ponce Pilate est particulièrement sympathique dans le film, et il est vrai que le meurtrier Barabbas est particulièrement répugnant.

Grotesque, maladroit et gore n'est pas selon moi le trait majeur du film : on peut ne pas aimer les représentations crues de faits historiques, mais la Passion du Christ est dépeinte ici dans toute sa dimension tragique ET historique.

Ce n'est pas une cascade de sang mais de l'eau qui jaillit à la fin sur le soldat romain le plus proche, qui tombe à genoux : conversion foudroyante. Le Christ n'est-il pas la Source de Vie ? Cette allégorie est au contraire très puissante.

Je vous rappelle tout de même qu'il ne s'agit pas ici d'une comédie mais d'une tragédie, et en cela, Gibson touche au but. La très pénible scène de la flagellation n'est pas grotesque mais souligne le caractère tragique de cet épisode : on se surprend à souhaiter qu'elle finisse vite devant tant de souffrances, et c'est bien là le but recherché puisque c'est en frappant les yeux que Gibson espère toucher les coeurs : ici encore, un bon croquis vaut mieux qu'un long discours.

Je n'ai rien trouvé de grotesque dans ce film, bien au contraire, mais c'est affaire de sensibilité personnelle : je n'ai jamais aimé les films à l'eau de rose et le Christ lui-même a dit "Soyez chauds ou froids mais pas tièdes, car je les vomirai de ma bouche". Non, Gibson a traité son sujet, et il l'a bien traité.

Raphaël (VR), 3 mars 2004 :

Ce film est génial non par ce qu'il contient mais par ce qu'il provoque : D'où ma déception et mon émerveillement.

Je persiste à souligner que de nombreux points sont excellents par leur touchante justesse, d'autres grotesques (caricaturaux) et gore (c'est à dire maladroit et peu crédible par leur excès). Je n'aime pas non plus les films à l'eau de rose, mais ce n'est pas de cela dont il s'agit. Il s'agit d'une "interprétation" par l'équipe de Mel Gibson de la "dimension tragique ET historique" de la Passion,  donc pas de la "présentation des faits réels". Valeur de symbole = oui.  "Représentations crues de faits historiques" proche de la vérité factuelle = non (pas dans les excès = cause de ma déception).

Enfin, si c'est nécessaire pour capter les consciences des masses (dont les "tièdes"), ce dont je suis persuadé ; c'est très bien et vraiment pertinent.

Je conseille à tous de voir ce film, mais de le prendre pour ce qu'il est = une interprétation symbolique caricaturale.

Je me rends à l'évidence que ce film est génial par ce qu'il provoque et non par ce qu'il contient. Mon point de vue n'est pas si éloigné du votre.

Amitiés montréalaises,

Raphaël

Mahoud (VR), 4 mars 2004 :

De  : "Gerfaut" : « Ponce Pilate est particulièrement sympathique dans le film »,

N'oublions pas que selon la Tradition, (et les évangiles apocryphes je > crois), celui-ci se serait converti au christianisme, et serait mort > martyr (voir les "mémoires de Ponce Pilate" d'Anne Bernet). Et puis > zut, c'est normal qu'un franco-italien soit sympathique, perdu au > milieu de tous ces juifs  ;o)

Gerfaut (VR), 4 mars 2004 :

Héhé, rien que sa coupe de cheveux m'est sympathique dans le film, c'est > dire qu'il m'en faut peu quand on me prend par les sentiments ! Un ami > m'avait dit que c'était une unité de légionnaires Gaulois qui était de > service à Jérusalem au moment de l'affaire, un connaisseur fin historien pourrait-il le confirmer ?

SdeB (VR), 4 mars 2004 :

Cela me parait  douteux pour de nombreuses raisons dont la plus forte est qu'a l'exception des membres de la Légion Alouettes, gaulois élevés à la citoyenneté romaine par César en récompense de leur courage au combat, il fallut attendre l'empereur Claude pour que les gaulois accèdent a la citoyenneté romaine. Or Claude n'a reçu la pourpre qu'en 55 après JC. Donc a l'époque de la crucifixion, il n'y avait pas de légions romaines constituées de gaulois citoyens de mémoire; C'est a dire que les seuls gaulois servant dans les légions étaient cantonnés en gaule transalpine.

Cette histoire de légionnaires gaulois à Jérusalem semble être une invention talmudique destinée à associer de manière symbolique la France, fille aînée de l'Eglise, au crime de déicide. Un travail intéressant a étudier est celui de Catherine salles qui avance que Ponce Pilate n'a accédé a la volonté des juifs de tuer Jésus que pour se concilier leurs bonnes grâces après avoir multiplié les provocations contre eux à la demande son protecteur Sejan qui voulait créer en Palestine, un foyer d'agitation afin de faire limoger le général en poste à l’époque et de le faire remplacer par son oncle Blaenius. Mais Sejan tomba en disgrâce en 31 et le plan avorta, obligeant Pilate a se réconcilier avec le sanhédrin. Sauf erreur et sous réserve de confirmation par plus férré que...

Doc 'Tuscum Libro

Paul le Hérisson (VR), 4 mars 2004 :

1° La Judée ne disposait pas de légion mais d'unité auxiliaires, Ponce Pilate n'ayant que rang équestre.

2° Les unités auxiliaires - cohorte d'infanterie ou aile de cavalerie - ne sont pas composées de citoyens romains ; je n'ai pas le temps de chercher, mais l'origine des auxilia de Judée doit se trouver dans l'article auxilia de la Pauly-Wissowa qui est consultable en bibliothèque ou, au pire, dans Cheesman (G. L.), The Auxilia of the Roman Imperial Army, Chicago, 1975 qui, bien que court, m'est trop rébarbatif pour que je m'y plonge ce soir.

3° Il était commun d'engager dans les légions des hommes n'étant pas citoyens romains en considérant que comme il ne peut y avoir de non-citoyen romain dans les légions, en s'engageant ils le deviennent de facto... Tordu mais efficace.

4° L'hypothèse selon laquelle un préfet romain ai pu souhaiter complaire ou, pire encore, ait cédé à la pression de la pouillerie juive pour condamner un aussi pouilleux qu'eux, ne correspond en rien à tout ce que l'on sait de la mentalité romaine. Concevrait-on un officier SS à Dachau peser le pour et le contre en discutant avec des rabbins - qu'il écouterait avec respect et attention - pour savoir qui il peut tuer et qui il ne doit pas tuer ?

Il faut se rendre à l'évidence : crucifier un juif de plus ou de moins, les romains s'en lavaient les mains.

Gerfaut (VR), 4 mars 2004 :

Oui ! C'est effectivement "d'auxiliaires" Gaulois dont il m'avait parlé, j'ai parlé de "légionnaires" par abus de langage, ce qui a induit Serge en erreur, mais la nuance est importante. Mea culpa ! Ceci dit, il ne m'a pas donné leurs horaires de service, et j'ignore si les auxilia gauloises étaient panachées de germains ou autres...ou 100% gauloises.

 

 

 

Dom Eymerich (VR), 1er avril 2004 :

Pour ce qui est du film, je suis arrivé tellement blindé en prévision des souffrances de La Passion de Notre Seigneur que ces scènes ultra-réalistes m'ont laissé assez détaché.

Par contre, a chaque flash-back, l'émotion me submergeait totalement, fruit du décalage entre la vie et l'enseignement du Christ, et la punition injuste qu'il lui en coûtait. Style " C'est a l'Homme qui a dit et fait ça que l'on réserve un tel châtiment?!?!?!?! HONTE!!! ".

Les apparitions de Satan, Ange déchu séducteur, et ses manifestations chez les humains ( enfants mal éduqués cruels, femmes aux paroles assassines, hommes à la violence sadique, populace débile et haineuse, ... ) me font beaucoup penser à l'influence malveillante de l'Anneau Unique chez Tolkien.

Une petite concession faite aux juifs : lorsque Pilate se lave les mains et se déclare innocent du sang qui va être versé, la phrase où le pharisien dit " Que son sang retombe sur nous et nos enfants! " n'est pas traduite dans le sous titrage... Juifs = peuple déicide = antisémitisme = po bien, nan...

Le passage où Barrabas est préféré à Jésus m'a renvoyé comme toujours à la stupidité des choix " démocratiques " où une foule manipulée est prête à toutes les horreurs. Cela renvoie également à la révolution "française " où des activistes à la solde des anglais ont manipulé la populace pour aboutir aux abominations que l'on sait...

Je dois dire que je suis ressorti de la salle comme un somnambule, titubant presque a chaque pas. J'ai erré pendant plus d'une heure, marchant au hasard en bord de mer; puis faisant le tour des différentes églises à cette heure fermées du centre ville, récitant des prières, revivant le film.

Je suis rentré enfin chez moi, j'ai mis le CD de Pâques par les moines de Fontcombault, puis celui du Requiem des Rois de France. J'étais toujours " ailleurs ". J'ai épluché comme au ralenti une orange, peinant à l'avaler ensuite.

Je me suis couché et j'ai dormi d'un sommeil sans rêves, ultra calme, comme cela ne m'était pas arrivé depuis une éternité.

La puissance de l'image est totale: ce film m'a scotché littéralement, et je compte bien retourner le voir ce w-e!

J'oublie sûrement plein d'autres choses, mais ça va me revenir.

 

 

 

Moi aussi (VR), 2 avril 2004 :

Une de mes filles (16 ans) est allée voir "La Passion du Christ" avec des élèves de sa classe et un abbé. A son retour, je lui ai demandé de mettre par écrit ses impressions, je vous les livre ici :

"J'ai vu le film « La Passion du Christ » de Mel Gibson. Je ne m'y étais pas franchement préparée. Je savais que ça allait être dur, on me l'avait dit avant mais je ne m'attendais pas à ça. C'est dur, très dur même. Mais ce n'est pas le plus marquant. A chaque passage, chaque flash back, on voit tout l'amour du Christ et je crois que c'est ça le plus fort dans le film, le message d'amour. Ces flash back avec la Ste Vierge sont particulièrement émouvants. L'amour qui règne tout au long du film est très marquant.

A la fin du film on n'a qu'une envie, c'est de pleurer toute la nuit car pendant tout le film une chose m'a particulièrement marquée : toutes ces souffrances atroces que nous voyons, c'est à cause de moi, de nous, de l'homme. Comment après ça ne pas être bouleversé ?

Après le film nous sommes allés faire une adoration avec confession.

Maintenant ce n'est plus pareil, lorsqu'on rend service, on se dit que c'est un coup de fouet en moins.

Je garde un souvenir très poignant du film, j'ai sans cesse des images qui me reviennent à l'esprit. Il faut au moins 24h pour récupérer, pour assimiler.

Les mises en relation de la Passion avec des moments de la Cène, de la vie publique de Jésus sont tellement belles. Je ne crois pas qu'on puisse après ça écouter les évangiles de la Passion sans être profondément bouleversé.

Sur le moment on ne voit que la haine des hommes et la souffrance mais après on revoit les passages d'amour profond de Dieu et le film est d'autant plus fort."

 

 

 

Reinette (VR), 4 avril 2004 :

Désolée de rabâcher avec La Passion, mais j'ai vu la film hier, et je voulais vous livrer mes impressions.

Je dois avouer que malgré tout, je partais avec quelque réserve, du fait de ma tendance à croire que même les meilleurs catholiques, lorsqu'ils défendent une cause qui leur parait juste, ont tendance à etre "trop à fond", et à se voiler quelques défauts dont la critique était peut-être justifiée. Difficile de faire confiance à un acteur d'Hollywood dès qu'il s'agit de parler de Notre Seigneur ! Difficile de faire confiance à un film, à un laïc, à un étranger....

Mais au fur et à mesure du film, j'ai attendu l'erreur, le "trop", le burlesque, l'antisémitisme,... je n'ai rien vu de tout cela. Maintenant je dis haut et fort à mon tour  _ et sans craindre de paraître "trop à fond" _ : vous pouvez voir le film comme un catéchisme, ces images ne gâcheront pas celles que vous vous etes déjà faites, elles sont un support de prière qui peut correspondre à n'importe quel chrétien. Le regard du Christ y est magnifique, l'acteur a su y mettre toute la douceur et la miséricorde que je cherchais vainement dans les yeux des précédents interprètes du Christ. J'attendais spécialement cette douceur dans un des passages les plus beaux de la Bible, celui où Pierre, comprenant qu'il vient de trahir 3 fois le Christ, croise son regard tandis que les soldats l'emmènent. J'ai toujours pensé que dans ce regard, le Christ avait du trouvé le moyen de lui redire une dernière fois tout son Amour, toute sa miséricorde et toute sa confiance. Je n'ai pas été déçue. Le regard de Marie est tout aussi émouvant, chaque scène où elle apparaît fend le coeur, car elle est la seule qui n'y soit pour rien, (conçue sans péché), et c'est pourtant celle qui souffre le plus. Mais elle aussi, Jésus, Consolateur, la rassure dans une scène courte et sobre mais très belle.

S'il faut vraiment faire une critique, il y a peut-être une apparition du diable avec un enfant monstrueux dans les bras au moment de la flagellation qui m'a paru un peu surfaite, d'autant qu'on n'en comprend pas bien la symbolique.

Autre critique qui est plutôt une question : dans le film, le personnage de Marie Madeleine qui accompagne Jésus aux pieds de la Croix n'est autre que la femme adultère. Dans les représentations traditionnelles, j'ai plutôt été habituée à ce qu'on l'assimile à la pécheresse de l'onction de Béthanie. Dans la Bible, il n'est dit d'elle que le fait que Jésus l'avait délivrée de 7 démons. J'ai entendu tant et plus que Mel Gibson avait suivi scrupuleusement les Evangiles... Quelqu'un aurait-il une explication à cela ? Merci à ceux qui pourront m'éclairer.

Annelysdefrance (VR), 4 avril 2004 :

Reinette : « .. vous pouvez voir le film comme un catéchisme, ces images ne gâcheront pas celles que vous vous êtes déjà faites, elles sont un support de prière qui peut correspondre à n'importe quel chrétien. »

D'accord avec vous. Pour moi, ce matin à la messe, j'ai écouté la lecture de la Passion avec les images du films dans la tête, et je crois que j'ai mieux prié que d'habitude en pareille circonstance.

Je n'en dirai pas plus pour ne pas tomber sous le coup du reproche que je faisait à notre ami au nom de noisettes au lait.

En ce qui concerne Marie-Madeleine, je me suis posée la même question. Toutefois, les exégètes diffèrent quant à son identification, et il est certain que pour ceux pour qui elle était, non une prostituée, mais une femme mariée qui avait péché, l'assimilation à la "femme adultère" rencontrée dans un autre passage est possible.

Combien y a-t-il eu de Marie ? Marie, soeur de Lazare et de Marthe, Marie de Magdala, la pécheresse qui répand du parfum sur les pieds du Christ, Marie qui est la première à qui se manifeste le Christ ressuscité, la femme adultère ... Les Évangiles ne nous permettent pas de conclure, de savoir laquelle est laquelle. Nous avons l'habitude de penser que Marie de Magdala, la pécheresse au parfum, Marie de Béthanie et Marie témoin de la résurrection sont une seule et même personne. Mais rien ne nous le prouve, de même que rien ne nous prouve qu'une de ces Marie, ou plusieurs, ou toutes, ne sont pas "la femme adultère".

Pardon de cette explication de textes, qui n'est pas, je le reconnais, la principale préoccupation de VR.

Amitiés à tous

Vive le Christ-Roi ! vive le roi !

Anne

 

 

 

Le Chouan (VR), 5 avril 2004 :

Je vous livre le papier que j'ai écris pour un journal sur le film la Passion.

Bonne lecture

R

La Passion : un film missionnaire.

Mel Gibson a-t-il réalisé le film le plus controversé de la décennie voire de l'histoire du cinéma ? Prenons le recul du photographe, de l'observateur pour avoir un avis aussi bien d'un point de vue chrétien que d'historien.

Quel film !Epoustouflant dira un chrétien, même peu pratiquant. Cela remue au plus profond de soi,  occasionne même un choc. Ces images montrent ce qu'a réellement enduré le Christ à cause de « nous », pour « nous » pardonner, pour « nous » racheter, pour « nous » ouvrir les porte de son royaume. Après avoir vu ce film, rien ne sera plus pareil. Et à la récitation des Mystères Douloureux du Saint Rosaire, ce sera l'image du Christ de Mel qui viendra à l'esprit des récitants  et non plus celle d'un Christ beau, blond aux yeux bleu n'ayant qu'une petite plaie sur le coté. La douleur signifiant le sacrifice reprendra sa place. Le talent de l'acteur, son identification totale au Christ restera dans toute les mémoires. Le réalisme a définitivement  chassé le symbolisme.

L'observateur, lui, a vu un film qui se rapproche le plus de la vérité historique et en se replaçant dans le contexte de l'époque où une condamnation à mort dans ces conditions ne devaient pas être une partie de plaisir. Les hommes de ces temps n'étaient pas des tendres, la souffrance et la mort d'autrui les indifféraient. C'est avec un grand réalisme que le sang s'étale, se répand sur l'écran et dans notre société dédiée à l'image et aux images chocs, la violence et la mort sont notre quotidien. Rappelons nous certains reportages de mort en direct.  Mel Gibson dénonce aussi la manipulation des foules par les médias de l'époque : les prêtres. Et  les peuples sont si versatiles et si sensibles aux sirènes...

Quant à l'antisémitisme.. nenni, point de cela. Le réalisateur a montré une foule en transe dont la classe de notables a condamné cet innocent si dérangeant pour le politiquement correct d'alors et un peuple, qui, voyant ces souffrances extrêmes,  devient compatissant. Ce peuple ne représente-t-il pas la foule anonyme de l'Humanité ? c'est à dire Nous tous, pécheurs ? Et que dire des Romains, si ce n'est la force, le pouvoir en place et l'occupant.

En conclusion, ce film ne peut pas laisser indifférent, que l'on soit Chrétien ou Païen car s'il démontre la cruauté humaine, il décrit avec exactitude le sacrifice librement choisi d'un homme par amour de l'humanité. C'est un film inspiré, c'est un film missionnaire.

 

 

 

Alain Texier (VR), 5 avril 2004 :

Je suis allé voir ³La Passion² Mardi Saint au  soir, un peu   à reculons je le  confesse, avec le  viatique  recommandé par notre prêtre tradi: mouchoir et  chapelet, chapelet que je n¹ai pas quitté de la  soirée.

    Ce film n¹est pas anti sémite ainsi qu¹en attestent  tous ceux qui sont allés le voir... Le problème, c¹est que  ce  qualificatif erroné est la plupart du temps donné par ceux qui ne  l¹ont pas vu. Il serait plutôt défavorable aux romains  à moins de reprendre les très justes remarques de Richard sur les lieux , les  gens et les temps qui ne peuvent  être comparés aux nôtres.

    La vérité c¹est  qu¹il est très anti -Texier tant  je me suis senti honteux et   desespéré  d¹avoir  vécu et  agit tant de  fois d¹une façon qui ont  conduit le Christ là où  il a insisté pour passer  afin de me racheter. Fasse le ciel que lors de mes prochaines tentations , les images de la Passion  de Notre seigneur  se superposent  sur  celles   qui pourraient m¹induire au mal... Ce serait un ³ miracle ³ de plus à porter au crédit de l¹étonnant  film de Mel Gibson.

 

 

 

S.deB.(VR), 8 avril 2004 :

… le latin parlé dans "la Passion" est un vrai bonheur. Latin élégant pour Pilate et Claudia, latin de caserne pour les centurions. C'ést un vrai bonheur d'entendre parler cette langue comm si elle était vivante  et de retrouver, sur le vif, nos bonnes vieilles regles. L'impératif notamment puisqu'il s'agit de bidasse qui utilisent naturellement le vieux quatuor dianolique du "dic, duc, fac, fer" ( dis ! Conduis ! Fais ! Porte)

     Depuis, ,je relis le "De bello" avec un oeil nouveau.

 

 

 

Henri de Fersan, 8 avril 2004 :

Voici ce que j'en disais :

            Le dimanche des Rameaux, je suis allé voir le film « La Passion » réalisé par l'acteur australien Melwin Gibson. Je n'avais plus mis les pieds dans un cinéma depuis six ans lors de la sortie de Titanic. Je n'ai qu'une chose à dire : il faut voir ce film, c'est un devoir de chrétien. C'est une oeuvre d'une immense richesse et d'une spiritualité émouvante. Réalisée selon les critères modernes et s'adressant aussi à un public sans culture religieuse, La Passion nous prend à la gorge sans nous lâcher. Quand on sait que le Christ est mort à cause de nos péchés et que, par amour pour nous, Il a subi un calvaire dont seul le Fils de Dieu pouvait sortir vivant jusqu'à la Croix, on se sent coupable. Coupables, nous le sommes tous. Vous, moi, eux, les Juifs, les Romains, les Gaulois, jusqu'au plus humble des Kikuyus. Tous. En 10 ans de journalisme, j'ai lu des témoignages à faire dresser les cheveux sur la tête de Yul Bryner et à vous faire méditer sur les vertus thérapeutiques du lance-flamme. Mais jamais, je ne dis bien : jamais, je n'ai été aussi retourné que lors de la scène de la flagellation et celle de la crucifixion. J'avais froid de la tête aux pieds, gelé jusqu'à la moelle des os moi qui suis célèbre pour sortir en chemise en plein hiver. A chaque coup de fouet, 117 au total, on sursaute et on repense à tous ses péchés et on se dit : « Bravo, tu es fier de toi pauvre abruti ? Vois comment il souffre par ta faute ». Quand on voit les Romains le clouer à la Croix, on a l'impression de sentir dans ses propres paumes la morsure du fer. Dans ce film, Mel Gibson montre bien que nous sommes tous coupables. Absolument tous. Coupables les Juifs, fils de Sem, qui l'ont condamné à mort. Coupables les Romains, fils de Japhet qui l'ont torturé et méprisé. Coupables les serviteurs noirs de Hérode, fils de Cham qui riaient de le voir enchaîné. Coupable la Synagogue et coupable l'Empire, coupables les Barbares également, incarnés par cette éphémère présence de ce légionnaire romain, mercenaire venu de Germanie qui, trinquant avec ses frères d'armes devant le Christ enchaîné, lance « prosit ! », seul mot du film n'étant ni en latin, ni en araméen. Sauvés, nous pouvons tous l'être, comme le personnage humain qui était le plus émouvant du film, Dismas, le bon larron, deuxième personne à rentrer au Paradis et qui sur la Croix implore la miséricorde, lui dont la vie ne fut que violence et rapines mais qui, à l'ultime instant, se repend sincèrement. Lui, le plus méprisable des hommes élevé par sa rédemption au rang des plus grands. Sauvés comme Marie-Madeleine, l'ancienne prostituée de haut vol sauvée par le Christ de la lapidation et qui, brûlant sa vie de péchés et de vices, mourra dans la sainteté. Sauvé comme Simon le Cyrénéen, qui, réquisitionné par les Romains pour porter la Croix, se montrera d'abord rétif pour ensuite compatir aux souffrances infligées à Notre Seigneur et comme Malchus, le serviteur à l'oreille tranchée qui, guéri miraculeusement par le Christ, comprit enfin. Sauvé aussi comme ce Noir, serviteur du roi Hérode dont le regard rencontrera celui du Christ et dont la conversion immédiate annonce celle de l'Afrique. Sauvés comme le légionnaire Crassus, premier non-juif à se mettre à genoux devant la Croix et le commandant en chef Abenader, qui enlèvera son casque devant la Croix en signe de soumission. Sauvés comme Claudia, la femme de Ponce-Pilate qui apportera du linge à la Vierge Marie et bien sûr, sauvés comme Saint Pierre, l'apôtre vindicatif qui au moment crucial reniera trois fois son Seigneur. Damnés, certains le seront. Chacun des personnages mentionnés ci-dessus à son exact négatif dans le film. Damnés comme Gismas, le mauvais larron, qui blasphèmera jusqu'au bout et qui aura les yeux crevés par un corbeau sur la croix. Damnés comme Hérode, semblant tout droit sorti de la Gay Pride avec sa perruque et ses yeux maquillés. Damnés comme Caïphe et Anne, les Pharisiens confis dans leur haine et leur refus du Christ et qui jusqu'au bout persisteront à ne pas comprendre. Damnés comme cette soldatesque romaine, se partageant ses vêtements, l'humiliant, brutes épaisses au cerveau atrophié dont la violence n'est que le seul motif d'exister. Damnés comme Judas, qui, symboliquement, après être devenu fou sous les tourments du démon, ira se pendre avec une corde trouvée sur le cadavre d'un âne. Ce film fait également réfléchir sur des problèmes de sociétés contemporains, preuve absolue que nil novi sub sole. Ponce Pilate par exemple. Averti deux fois par César, disgracié et muté depuis 11 ans dans cette province hostile et éloignée, il incarne la fonction publique. Pilate, ce sont ces élus, ces hauts fonctionnaires, ces catholiques à postes de responsabilités qui refusent de « se mouiller » de peur de compromettre leur carrière. C'est la lâcheté quotidienne devant l'esprit du monde. Pilate est sans nul doute un brave type. Mais il a oublié de devenir un type brave. Il se lava les mains pour les garder propres et pures. Le problème, c'est qu'il n'avait pas de mains. Prenons les Grands Prêtres. Quand le Temple s'écroula comme l'annonçait la prophétie, les Pharisiens ne pensent pas un instant à la réalisation de celle-ci. Le regard de Caïphe est éloquent : ses yeux furètent et sa seule pensée est l'estimation du devis des réparations :  «Oï Oï Oï, ça va coûter une fortune !!! ». Les Pharisiens sont les Juifs d'hier et d'aujourd'hui : corruption, faux témoignages, mauvaise foi, haine inculquée dès la petite enfance, mépris raciste pour les autres, flatteries intéressées vis-à-vis des puissants, refus d'admettre ses erreurs, ses fautes et ses crimes. Ewige Jude. Le juif éternel. Regardez Caïphe et vous y verrez Elie Wiesel, Lénine, BHL, Sharon, Alexandre Adler ou même tous ceux qui, lançant leur campagne de haine contre ce film prouvèrent qu'ils seraient prêts à le crucifier une seconde fois. Judas, c'est le désespoir de l'homme qui a perdu Dieu. On le voit à quatre pattes ramasser les trente sicles d'argent prix de la livraison de son maître. Mais il rendra l'argent. Le remord. Mais le remord sans la miséricorde de Dieu, c'est la mort. Le démon le tourmentera jusqu'à ce que, désespéré, il aille se pendre. Devant Hérode, Jésus ne prononça pas un mot. Et pour cause : englué dans sa vie de fornication, d'orgies et de beuveries, il ne pouvait tout simplement pas l'entendre. Notre société, celle de la pilule, de l'avortement, des films pornos, de la Gay Pride ne veut pas entendre Jésus. Elle mourra sans lui. En vérité je vous le dis, La Passion est le plus grand film de l'histoire du cinéma. C'est le seul commentaire qui vient aux lèvres quand on en sort. Deo Gratias.

 

 

 

Annelysdefrance (VR), 8 avril 2004 :

Mgr Rey, évêque de Toulon, ne partage apparemment pas les réticences (litotes) de certains de ses confrères pour le film de Mel Gibson.

Je me félicite de plus en plus d'être, par l'église Saint-François de Paule de Toulon (fraternité St Pierre), diocésaine de Toulon.

Vive le Christ-Roi ! vive le roi !

Anne

Texte de son message :     

"A propos du film de Mel Gibson

  La Passion du Christ

 Toulon, lundi 5 avril 2004

  La polémique virulente et tapageuse à propos du fils de Mel Gibson, « la Passion du Christ », a déjà assuré son succès commercial aux Etats Unis, après que le scénariste eût expurgé son oeuvre des scènes qui l'auraient entachée d'antisémitisme. Plus de 100 millions de spectateurs. Une recette de près de 300 millions de dollars (pour un coût de production 10 fois moindre). Et ce n'est qu'un début ! Le scénario est le récit dans les langues de l'époque (araméen, hébreu, latin, grec) des onze dernières heures de la vie du Christ.

  J'ai été voir le film, sans a priori. L'oeuvre du réalisateur américain, qui se définit comme un catholique traditionaliste, se veut « réaliste », dans la ligne d'une longue tradition artistique qui remonte au XIIIème siècle et dont la crucifixion de Grünewald au XVème, est le plus bel exemple.

  Certains commentateurs parlent à son propos de « matraquage compulsif de la violence », « d'obscénité de la torture spectacle dans un flot d'hémoglobine », « Un mauvais service rendu au Christianisme », « Une oeuvre antichrétienne » (P. Valadier). Et pourtant, la violence n'excède pas ici, et de très loin, celle banalisée et gratuite, dont des millions de téléspectateurs ou d'internautes s'abreuvent chaque jour ! Ces images coup de poing peuvent heurter des sensibilités et conduire certains à s'abstenir d'aller voir le film (qui est interdit aux moins de 12 ans).

  Mais cette cruauté exposée sans détour à l'écran reproduit fidèlement les brutalités subies par le Christ, telles que les connaissances actuelles scientifiques, historiques et archéologiques nous permettent de les reconstituer. On ne peut accuser Mel Gibson de faire de la Passion autre chose qu'elle n'est : la mise à mort qui est infligée à Jésus ! Le réalisateur n'invente rien. Le supplice encouru ramène inexorablement le spectateur à la prophétie d'Isaïe concernant le Serviteur Souffrant « Il était sans beauté, ni éclat pour attirer nos regards, et sans apparence qui nous eut séduit... Maltraité, il s'humiliait, il n'ouvrait pas la bouche, comme l'agneau qui se laisse mener à l'abattoir » (Is 53). L'apôtre Paul n'a-t-il pas toujours présenté la croix comme un scandale ! (1Cor1,23).

  Le lynchage qu'a subi le Christ fait ressortir, au contraire sa détermination d'aller jusqu'au bout, son humble consentement à la volonté du Père dans un combat spirituel où, dans le film, le Mauvais en figure androgyne reste toujours à l'affût.

  Le Christ se bat les mains nues. Il répond à la violence par le don de soi. A la douceur du Christ fait écho celle de sa Mère. Sa continuelle et silencieuse compassion qui accompagne son Fils tout au long du film et le porte jusqu'au Golgotha.

  Mel Gibson veut faire éprouver au spectateur dans sa sensibilité et dans son âme, l'horreur des outrages et l'injustice qui frappe l'Innocent. Son propos est de mettre l'esthétique d'une dramaturgie pleine de densité et d'intériorité au service d'une contemplation du sacrifice du Christ. Le rythme poignant, la rhapsodie des « flash-back », le jeu somptueux des ombres et des lumières que le cinéaste dit emprunter à l'univers du Caravage, la puissance de figuration et la qualité d'interprétation des acteurs, les séquences successives de ralentis ou de mélopées, la subtile symbolique des signes et des gestes distillés tout au cours du long métrage (par exemple le lien théologique entre le sacrifice de la croix et l'institution de l'eucharistie, ou la relation entre l'eau de Pilate et celle du lavement des pieds, le bois de la Croix et celle du charpentier...) font de ce film à le fois une fresque historique parfois iconique, et un reportage pathétique sur l'offrande du Christ.

  Faut-il voir le film de Mel Gibson ?

  A propos des réserves exprimées par un Comité épiscopal, un journal titrait abusivement « l'Eglise de France déconseille fortement le film de Mel Gibson ». Un retour à la censure ecclésiastique... qu'aura bravée Jean-Paul II et plusieurs dizaines d'évêques présents à Rome pour le lancement mondial du film !

  En découvrant cette oeuvre, sur bien des aspects, bouleversante, personnellement, je conseille vivement d'en faire a posteriori une relecture distanciée.

  Certes, elle n'est pas exempte de reproches. Par exemple, l'allusion trop furtive à la résurrection. Peu d'espace pour l'espérance dans cette descente aux enfers au coeur de la souffrance. Ou encore, le rajout au texte biblique de paroles ou de scènes qui relèvent de « révélations privées... ». Certaines caricatures (la soldatesque romaine avinée et indisciplinée) ou certains clichés. Aucune oeuvre d'art ne peut avoir la prétention de percer le mystère du Christ, et en particulier de sa Passion rédemptrice. Seule la foi permet d'y accéder.

  Néanmoins le film de Mel Gibson, malgré les quelques limites, se présente au public français peu coutumier du genre, comme un support efficace d'évangélisation, voir de première catéchèse qu'il serait incongru d'ignorer.

  Plusieurs témoignages attestent de son impact missionnaire et pour le chrétien qui entre dans la Semaine Sainte, l'oeuvre de Mel Gibson lui fait découvrir dans la prière, comment et jusqu'où « le Fils de Dieu m'aime et s'est livré pour moi » (Gal 2,20).

 + Dominique REY"

Paul turbier (VR), 9 avril 2004 :

Il n'y a pas que les évêques de Toulon et Montréal qui parlent en bien du film de Mel Gibson, le modeste prêtre de village qui a officié hier Jeudi Saint dans notre église en a fait le thème central de son homélie. Tant pis pour les mitrés à langue de bois.

Paul T.

 

 

 

Juste Blanc (VR), 11 avril 2004 :

Juste BLANC, accompagné de sa moitié, est allé voir la "passion du Christ" de Mel Gibson. Ce qui m'a interpellé entre autres; Ponce Pilate, patricien romain et homme de pouvoir, tiraillé entre la raison d'état, son besoin de justice et celui de ne pas déplaire aux juifs, lourde responsabilité déterminant toute la suite de l'histoire de l'humanité, en avait-il conscience? Le silence était total pendant toute la durée du film, j'irais jusqu'à dire que l'atmosphère était au recueillement, l'émotion présente. Très peu de paroles furent échangées à la sortie, chacun(e) avec encore à l'esprit les supplices acceptés par le Rédempteur pour notre salut. Quels contrastes entre les profondes convictions chrétiennes du producteur metteur en scène Mel Gibson, et l'incrédulité à peine cachée énoncée lors des  émissions thématiques sur ARTE et consacrées l'origine du christianisme où tous les doutes sont permis pour désacraliser la Sainte Mission du Sauveur.

Joyeuses Pâques à tous.

 

 

 

Le Lieutenant, 18 avril 2004 :

Très chargé ces derniers mois, j'ai fort négligé le site des textes Vexilla et mes interventions sur VR se sont limitées à peu de choses. Je viens de mettre à jour la page consacrée au film de Mel Gibson que j'ai vu en avant première belge le deux avril en famille grâce à la Fraternité saint Pie X. D'autres ont parlé du film mieux que je ne pourrais le faire, c'est un grand film, c'est un film de foi, voyez le en famille cela permettra de parler de la religion avec vos enfants. Il est effectivement très dur et cela peut en limiter l'accès, ma femme en a perdu la moitié en tenant sa tête dans ses mains. Lorsque j'en discutais dimanche passé avec Monsieur l'abbé Wegner, il estimait aussi que cet aspect très dur, bien que réaliste posait problème notamment pour la sensibilité des soeurs de la Fraternité.  Il m'a fait une autre observation que j'avais ressentie de façon informelle lors de la vision du film et qui constitue à mon avis probablement la seule critique fondée que l'on pourrait adresser à celui-ci : en soulignant la nature humaine du Christ et son passage par les épreuves auxquelles cette nature est soumise, on néglige un peu la très grande dignité du fils de Dieu fort bien rendue dans les oeuvres picturales qu'évoquent de nombreuse scènes du film par leur grande beauté.

Frappé par la dureté des scènes, j'ai relu les quatre évangiles dans le "Crampon" et dans la Vulgate de l'abbé Glaire pour constater que les évangiles sont assez discrets sur les peines subies et en particulier sur la flagellation citée essentiellement par Jean. Le livre qui a le plus inspiré Gibson est LA DOULOUREUSE PASSION DE N. S. JESUS CHRIST D'APRES LES MEDITATIONS D'ANNE CATHERINE EMMERICH Religieuse Augustine du Couvent d'Agnetenberg à Dulmen Morte en 1824. Je mets à votre disposition la traduction par M. l'Abbé de CAZALES (Fichier RTF compressé ZIP de 270 kBytes).

 

Paul Turbier, 18 avril 2004 :

Je viens tout juste de voir le film. Je suis atterré. Je m'accroche à l'idée que le cinéaste a peut-être forcé le trait. Comment le peuple qui fut au Golgotha a-t-il pu résister. Et les soldats ?

annelysdefrance, 19 avril 2004 :

Comment ? mais exactement comme les milliers de spectateurs (pourtant de bonne vie et moeurs) allaient voir écarteler Damiens ou rouer Cartouche. Sans s'émouvoir le moins du monde de leur abominable souffrance, en s'en réjouissant au contraire.

Et ne dites pas que ces moeurs ne sont plus de notre temps : on a vu de bons pères de famille teutons torturer et voir sans réagir mourir dans d'atroces souffrances des résistants et des juifs, résister aux gémissements du saint Père Kolbe et de ses compagnons laissés mourir de faim ; on a vu de bons pères de famille (et même de bons prêtres et bonnes religieuses) hutus participer au massacre des tutsis, on a vu de braves enfants cambodgiens
massacrer une grande partie de la population du pays ; on a vu des irakiens et des palestiniens probablement, en temps ordinaire, pas plus mauvais que d'autres, déchiqueter des américains ou des israéliens.

Si vous pensez que vous ne le feriez pas, vous avez sans doute raison. Mais êtes-vous sûr que vos voisins, et même vos enfants, ne se laisseraient pas entraîner à mettre en charpie Jean-Marie Le Pen, Chirac ou Hollande si on leur avait suffisamment "monté le bourrichon" contre eux ?

Amitiés

Anne

Chris. 18 avril 2004 :

Cela s'appelle le mystère d'iniquité. De plus, pour ceux qui ont vu le film plusieurs fois (j'en suis), ne pensez-vous pas qu'il soit atroce de tomber encore dans le péché ?

Amitiés,

Christophe, juif, romain, lâche, c'est selon...

Dom Eymerich, 19 avril 2004 :

N'oublions pas l'influence de Satan, très bien montrée dans le film!

Marie, en suivant le Christ à travers la ville, le repère dans la foule et le fixe d'un regard des plus durs...

Satan a fini de sourire, même si le Christ n'a pas fini de souffrir...

Chris., 19 avril 2004 :

Mel Gibson a forcé le trait sur certains points (une scène ma paraît complètement inutile, à la limite du ridicule ; pardon pour ceux qui ont fait de ce film LA représentation idéale de la Passion) : lorsque l'on retourne la croix et que celle-ci, soutenue par on ne sait quoi, laisse un Christ pantelant et en suspension... La scène est beaucoup trop longue, avec une Marie-Madeleine qui, là, force le trait de manière ostensible... De même, lors du portement de croix, cette couronne d'épine dont on a très bien montré lors de son imposition sa dangerosité et sa dureté, se tordant comme un vulgaire bout de plastique lorsque le visage de Simon de Cyrène le touche... Ridicule... Le passage "Eloï Eloï, lama sabachtani" une fois de plus incompréhensible pour les non-initiés (alors que tous ceux qui l'ont entendu savaient à quoi il faisait référence) ; d'autres films sont tombés dans ce travers... Gibson a raté une occasion grandiose d'utiliser les langues de l'époque pour en même temps faire un parallèle, comme au début du film, avec tous les passages de l'Ancien Testament se rapportant au sacrifice (on aurait pu voir, par exemple, en trame de fond, une psalmodie en hébreu de ces passages avec leur référence, voire, pourquoi pas, celle d'un rabbin new-yorkais de 2003 en train de les psalmodier lui-même)... Le traitement de l'image de Satan est très réussi, en revanche, on ne comprend rien à deux moments : ce serpent qui va "tâter" le Christ au jardin des Oliviers (là aussi, des passages de l'Ecriture auraient pu expliquer) n'est pas rendu correctement (limite ridicule là-aussi) ; la défaite du démon évoquée à la fin, même si le parallèle avec la "larme de Dieu" est intéressante, aurait mérité là aussi une densité plus importante...

Bref... Si ce film est effectivement la meilleure oeuvre cinématographique concernant Notre Seigneur (et de cela, je n'ai aucun doute), il est regrettable que le réalisateur n'ait pas profité de l'excellence des acteurs
et de la portée de tout le matériel historique, religieux pour faire une oeuvre plus dense... J'espère que le DVD sortira une "full version" un peu plus complète, cette oeuvre le mériterait bien. Je comprends maintenant la réaction du Père Charles-Roux sur Mel Gibson ; je vais revoir cet après-midi le film pour la quatrième fois, je voudrais m'ôter de l'esprit l'idée de film "bâclé" sur certains points.

Pardon pour mon iconoclasme.

Christophe.

Reinette, 19 avril 2004 :

D'accord avec vous pour le retournement de la croix : je me souviens d'avoir repensé à ce moment au mail que l'un de vous avait envoyé à propos de 2 juifs qui disaient avoir ri pendant tout le film tant il est burlesque. Il est vrai qu'à ce moment du film, tout spectateur mal informé et mal intentionné doit avoir pris ce détail un peu exagéré en note.

D'accord avec vous également pour le choix malheureux de Monica Bellucci dans le rôle de Marie de Magdala, non pas seulement parce qu'elle venait de tourner Irréversible (après tout Marie de Magdala était aussi une pécheresse et Dieu aime se manifester à travers les plus pauvres d'entre nous), mais simplement parce qu'elle surjoue et discrédite son personnage à coté de la formidable Marie (je ne sais plus le nom de l'actrice) dont la douleur et la détresse contenues sont largement plus évocatrices et impressionnantes.

En revanche en ce qui concerne le serpent, l'image me parait claire et justifiée : il est courant dans l'iconographie traditionnelle de représenter la Vierge ou Jésus en train d'écraser le serpent. Songez seulement à La Madone des Palefreniers du Caravage, où l'on voit Jésus dans les bras de la Vierge écrasant un serpent par dessus le pied de la Vierge. Certes, à l'époque (début XVIIè), le serpent symbolisait surtout l'hérésie réformiste. Dans le film, Jésus montre ainsi que s'il souffre au jardin des oliviers, c'est parce que nous nous détournons de lui au moment même où il nous appelle (cf 4ème poème du Cantique des Cantiques), quant à la tentation du diable, il y résiste et la rejette sans hésitation. Ne l'a-t-il pas déjà vaincu ?

Il fallait d'ailleurs, d'une façon ou d'une autre, montrer cette victoire sur Satan dans le film, puisque Mel Gibson a choisi de le faire apparaître clairement, d'où la scène finale à laquelle vous faites allusion. Il est vrai qu'on peut critiquer la manière un peu simpliste dont elle est figurée, mais elle était, selon moi, nécessaire.

Cris., 19 avril 2004 :

Oui, d'accord avec vous sur la nécessité de l'ostension de la défaite du démon ; c'est la manière qui me parait un peu cavalière.

Quant au serpent, son symbolisme est évidement sans ambiguïté ; je reproche seulement le côté obscur (pour un non initié, cela ne veut pas dire grand chose) et la manière dont l'image est traitée. Gibson a du génie (le personnage de Satan est une très grande réussite), mais la copie aurait mérité d'être relue plusieurs fois.

Amitiés,

Christophe.

Reinette, 21 avril 2004 :

J'allais dire : tout de même, avec un minimum de culture, le serpent,  ça parait évident même pour un non chrétien, quant à ceux qui en manquent à ce point (de culture), ce ne sont certainement pas des gens qui se posent beaucoup de questions alors ils laisseront ce détail de coté et seront peut-être touchés simplement par l'extrême souffrance qu'a pu accepter de subir un homme par amour, et ce sera déjà bien...

Mais je me rétracte au souvenir d'un commentaire qu'avait fait devant moi, il y a quelques années, un étudiant en histoire de l'art religieux, sur un tableau de Ribera : "L'Immaculée Conception". Voici quelques pièces de choix parmi les éléments les plus cocasses de ce commentaire (j'avais fini par le prendre en note, c'était trop unique ! ) :

"On peut remarquer que la Vierge est vêtue d'un long manteau sombre, alors que son visage est lumineux, le manteau doit donc avoir une symbolique un peu négative pour les chrétiens." " Son visage est lumineux mais elle ne sourit pas : la Vierge est elle vraiment heureuse ?" " Les étoiles de l'Europe entourent sa tête et elle tient une branche d'arbre dans une main [ le rameau d'olivier bien sur], et une rose dans l'autre, ce qui rend l'atmosphère  très poétique... "

Mais je réserve le meilleur pour la fin : "La Vierge se tient debout sur un croissant de lune, symbole de l'Islam, ce qui signifie que les chrétiens veulent vaincre l'Islam, et qu'ils finiront par l'écraser [je l'espère!!], cependant on ne voit qu'un seul pied de la Vierge, l'autre étant caché par son manteau...."

A la fin de l'exposé, je demandai au jeune-homme ce que signifiait pour les chrétiens "Immaculée Conception", il ne me répondit point. De toute évidence il n'avait absolument pas préparé son analyse, et, pris de court, il avait tenté sa chance avec des boniments délirants agrémentés d'allégories sibyllines, qui apparemment, lui étaient apparues peu risquées...(il est vrai qu'on s'en sort très bien avec cette méthode devant un Braque ou un Picasso, et on devient merveille d'éloquence et d'érudition devant un monochrome ou une anthropométrie d'Yves Klein).

Ce qui m'inquiète le plus, c'est que les gens qui étaient avec nous notaient consciencieusement tous les détails de cet édifiant discours...

 

annelysdefrance, 21 avril 2004 :

<<<Le grand prêtre et tout son entourage, c'est-à-dire le parti des sadducéens, étaient remplis de fureur contre les Apôtres : ils les firent arrêter et jeter publiquement en prison. Mais, pendant la nuit, l'ange du Seigneur ouvrit les portes de la cellule et les fit sortir en disant : « Partez d'ici, tenez-vous dans le Temple et là, annoncez au peuple toutes les paroles de vie. ».Ils obéirent et, de bon matin, ils entrèrent dans le Temple et se mirent à enseigner. En arrivant, le grand prêtre et son entourage convoquèrent le grand conseil, tout le sénat des fils d'Israël, et ils envoyèrent chercher les Apôtres à la prison. En arrivant, les gardes ne les trouvèrent pas dans la cellule. Ils revinrent donc avec cette nouvelle : « Nous avons trouvé la prison parfaitement verrouillée, et les gardiens en faction devant les portes ; mais, quand nous avons ouvert, nous n'avons trouvé personne à l'intérieur. » En entendant ce rapport, le commandant de la garde du Temple et les chefs des prêtres, en plein désarroi, se demandaient ce qui se passait. Là-dessus, quelqu'un arriva avec cette nouvelle : « Les hommes que vous aviez mis en prison, les voilà qui se tiennent dans le Temple, et ils instruisent le peuple ! » Alors, le commandant partit avec les gardes, pour ramener les Apôtres, mais sans violence, parce qu'ils redoutaient que le peuple ne leur jette des pierres. Actes des Apôtres">>>

La dernière phrase de ce passage aide à comprendre ce qui s'est passé dans la nuit du Jeudi Saint et au matin du Vendredi Saint, et qui est déjà indiqué par des passages des Évangiles indiquant que ceux qui complotaient contre le Christ tenaient à agir en secret "par crainte du peuple" :

Il y a deux "peuples" de Jérusalem : d'une part ceux qui ont assisté aux miracles du Christ, ont parfois mangé du pain multiplié par lui, qui lui sont dévoués, qui l'ont acclamé au jour des Rameaux ; ce sont ceux-là que "les Sadducéens", parmi lesquels" le Grand Prêtre et son entourage" redoutent.

Et puis, il y a "le parti des Sadducéens" et des gens sans aveu rameutés, sans doute à prix d'argent, par le Grand Prêtre (et le film l'indique clairement) qui vont hurler "Qu'on le crucifie !" et faire libérer Barrabas.

Ceux-là seuls (impliquant Dieu dans leur malévolence, mais Dieu n'est pas engagé par leurs paroles) qui ont pu dire "Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants !"

Ceux-là seuls (et non leurs enfants et descendants) sont les Juifs déicides. Encore, comme le Christ l'a dit, "ne savaient-ils pas ce qu'ils faisaient".

Nous avons des reproches temporels à faire à une partie de la communauté juive. Nous ne sommes pas d'accord avec l'interprétation talmudique que les Juifs modernes ont donnée des écritures. N'imitons pas pour autant les Juifs déicides du Vendredi-saint en essayant d'obliger Dieu à maudire leur descendance et leurs coreligionnaires de bonne foi.

Amitiés à tous

Anne