PÊLE-MÊLE 2

Petites sentences de grands hommes et de simples mortels

 

 

« La patience d'un ange et la douceur d'un agneau.

Notre âme est comme une place publique où la foule crie et se démène. La grâce est comme un enfant qui chante et que personne n'entend. Dieu parle très doucement. Toutes les choses divines sont douces ».

Un chartreux, Ecoles de silence,  Parole et Silence, 2001.

 

« Nous sommes des nains assis sur les épaules des géants, afin de pouvoir voir plus loin qu'eux, non que cela nous soit permis de toute manière par l'acuité de notre vision ou par la hauteur de notre taille, mais parce que nous sommes soulevés et enlevés vers les hauteurs par la grandeur des géants. »

Bernard de Chartres

 

« Le meilleur des anciens monarques français s'était proposé de rendre ses sujets assez riches pour qu'ils puissent chaque dimanche mettre sur la table une poule au pot. Mais ne faudrait-il pas préférer encore un gouvernement sous lequel le paysan mangerait plus volontiers un morceau de pain moisi que du rôti sous un autre et rendrait grâce à Dieu d'être né dans ce pays ? »

Novalis, Maximes et pensées.

 

« A quoi bon détruire les dictatures, si l'on continue, sous prétexte de discipline sociale et pour faciliter la tâche des gouvernements, à former des êtres faits pour vivre en troupeau? Ce ne sont pas les dictateurs qui font les dictatures, ce sont les troupeaux. »

Georges Bernanos

 

"Pour mettre un terme à ce carnage,
Il faut vers ce peuple sauvage,
Sans hésiter cré nom de nom
Braquer sans tarder le canon."
Les Amazones du Dahomey, cité in Liauzu (claude) et Liauzu (Josette), Quand on chantait les colonies, Paris, 2002, p. 90.

 

« Mon ami, une nouvelle invasion moderniste commence, et vous en voyez les fourriers. Cent ans de concessions, d'équivoques, ont permis à l'anarchie d'entamer profondément le clergé. La cause de l'ordre ne peut plus compter sur un grand nombre de ces primaires déclassés. Je crois que nos fils verront le gros des troupes de l'Eglise du côté des forces de mort. Je serai fusillé par des prêtres bolcheviks qui auront le Contrat social dans la poche et la croix sur la poitrine... »

Lettre de Bernanos à Massis 1927

 

« ça ira encore tant que votre industrie et vos capitaux vous permettront de faire du monde une foire, avec des mécaniques qui tournent à des vitesses vertigineuses, dans le fracas des cuivres et l'explosion des feux d'artifices. Mais attendez, attendez le premier quart d'heure de silence. Alors, ils l'entendront, la parole --non pas celle qu'ils ont refusée, qui disait tranquillement: Je suis la Voie, la Vérité, la Vie--mais celle qui monte de l'abîme: je suis la porte à jamais close, la route sans issue, le mensonge et la perdition. »

Bernanos (Journal d'un curé de campagne)

 

« Il est plaisant de réclamer l'Europe à grands cris. Elle ne naîtra pas sans un centre, une volonté. Aujourd'hui, c'est le rôle de la France. Mais par un sentiment de modestie ou d'impuissance qui perd nos Européens, ils refusent d'avance cette place magnifique et proposent de se fédérer autour du Grand-Duché de Luxembourg. Leur idée n'est pas que l'Europe sera plus forte, plus riche, plus menaçante au besoin. Ils veulent qu'elle soit faible et vaste, si vaste et si faible qu'elle attendrisse les nations de proie. Ils rêvent d'une immense Suisse, d'une bergerie universelle. Ces imprudent devraient craindre que ce champ clos n'apparaissent comme un excellent terrain de manoeuvres pour ces grands voyages touristiques qu'on appelle les expéditions militaires. »

Nimier (Roger), Le Grand d'Espagne, Paris, 1950, p. 44-45. (Finalement, ce champs clos s'avère bien peu clos et faute d'être un champ de manoeuvre pour tourisme militaire, il est devenu un terrain de camping pour tourisme longue durée en provenance du Maghreb...Mais, pour le reste, l'analyse reste bonne.)

 

« Toutes les cités, tous les Etats, tous les royaumes sont mortels ; toute chose soit par nature soit par accident un jour ou l'autre arrive à son terme et doit finir ; de sorte qu'un citoyen qui voit l'écroulement de sa patrie, n'a pas tant à se désoler du malheur de cette patrie et de le malchance qu'elle a rencontrée cette fois ; mais doit plutôt pleurer sur son propre malheur ; parce qu'à la cité il est advenue ce qui de toute façon devait advenir, mais le vrai malheur a été de naître à ce moment où devait se produire un tel désastre. »

Guichardin cité in Debord (Guy), Panégyrique. Tome premier, Paris, 1993 [1989], p. 52.

 

« Construire des conditions concrètes de paix pour les migrants et les réfugiés signifie s'efforcer sérieusement de sauvegarder tout d'abord le droit de ne pas émigrer, c'est-à-dire de vivre dans la paix et dans la dignité dans sa propre patrie ».

Jean-Paul 2, 15/12/03, Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié

 

Qu’on nous rende les rois et les reines, les princes, la cour et le bas clergé, les bourgeois et les demi mondaines, les bidasses et les maréchaux de France, les prolétaires et les paysans, les instituteurs en blouse grise de la IIIème République, mais qu’on nous garde des bobos ».

Pascal Sevran