Perben et l’avortement

Message d’annelysdefrance, 6-12-2003.

 

On ne peut décidément rien attendre de bon de ce gouvernement ... ni de cette assemblée.


  J'ai entendu ce matin que Perben avait donné l'ordre (depuis quand un ministre a-t-il le   droit de donner des ordres à l'Assemblée nationale, représentant, en République et même en   Ripoublique, le peuple SOUVERAIN ?) de retirer l'amendement Garraud créant un délit d'interruption involontaire de grossesse, pour ne pas entraver le DROIT des femmes à l'avortement.


  Depuis quand est-ce inscrit dans la loi comme un DROIT ? je pense que j'ai dû manquer un chapitre de la longue saga de l'avortement. J'en étais restée à la loi Veil qui le DEPENALISE, et aux lois subséquentes qui le font rembourser par la Sécurité sociale, en prolongent le délai, obligent les médecins à le pratiquer et suppriment pratiquement tous les très légers obstacles qu'y mettait la loi Veil. Mais je ne savais pas que la loi en faisait un DROIT absolu et sacré auquel nul ne peut porter le plus léger ombrage, fût-ce de façon imaginaire.


  Si je ne me trompe pas, il s'agit donc d'une nouvelle avancée de la culture de mort. On est passé de l'interdiction à la tolérance, de la tolérance aux mesures facilitant la mise à mort de l'enfant à naître. Les folles féministes en revendiquaient le DROIT. M. Perben, M. Raffarin, M. Chirac en font maintenant un DROIT SACRE, plus sacré que tous les autres. On peut porter atteinte à la propriété d'autrui, on peut vilipender sa patrie, piétiner son drapeau, offenser la pudeur des enfants, mais on ne peut pas infliger le quart du commencement du début d'une ombre au DROIT SACRE A L'AVORTEMENT !


  Dût-on pour cela dire à toutes les femmes enceintes qu'elles n'ont RIEN dans leurs entrailles, que si le malheur et le deuil les frappent par la mort prématurée de l'enfant qu'elles portent, elles n'ont pas le droit de s'en plaindre puisqu'elles n'ont RIEN perdu. On les plaindra, on les indemnisera si dans un accident un vêtement s'est déchiré, mais si elles perdent l'enfant qu'elles portent avec amour depuis des mois, ce sera comme si elles n'avaient RIEN perdu.


  La Cour de Cassation avait eu la folie de tenir ce raisonnement, contraire à toutes les lois, tirant argument de l'inexistence d'un statut de l'embryon et du foetus et demandant implicitement à la représentation nationale d'en formuler un.


  La cohérence n'étouffant pas la Cour de Cassation, ces magistrats n'ont pas songé que l'embryon et le foetus ont déjà un statut en droit civil, puisque "L'enfant conçu est tenu pour né toutes les fois qu'il y va de son intérêt" et qu'il peut hériter dès l'instant de sa conception. Ils n'ont pas songé qu'il a déjà d'autres droits, celui, dès le sixième mois, d'avoir, s'il  meurt "in utero" un acte de naissance (suivi immédiatement d'un acte de décès) et d'être inscrit sur le livret de famille, de recevoir une sépulture décente, de donner à sa mère des droits à congé de maternité et même de figurer parmi les trois enfants donnant droit à congé de maternité prolongé.


  Faudra-t-il, pour complaire au Planning familial (dont il faut rappeler qu'il a été fondé par une nazie, dans l'intention d'éliminer autant que possible les "peuples inférieurs), supprimer toutes ces lois, obliger la maman éplorée à retourner au travail dès qu'elle se relèvera, laisser l'enfant posthume sans héritage ? Car y a-t-il quelque chose qui soit plus "de l'intérêt" de l'enfant conçu que de vivre ?


  Je suis écoeurée de voir que l'enfant non encore né vaut moins qu'une paire de collants déchirés, laquelle sera, elle, scrupuleusement comptée dans l'indemnisation due à la victime d'un accident...


  Amitiés à tous


  Anne