Projet de repentance à l'usage de l’église dite conciliaire

 

Texte résumant sur quelques pages l’ensemble des griefs faits par la Tradition catholique à l’église conciliaire, transmis par Hervé le Francien (VR) 25-10-2002.

 

 

1. Je me repens d'avoir fait appel à des théologiens hétérodoxes (pour ne pas dire hérétiques), déjà stigmatisés à ce titre par Rome, de même qu'à des bouillons de culture syncrétistes comme Taizé, et de m'être appuyée sur les élucubrations de ces catholiques plus que douteux pour préparer en secret - voire en loges - le deuxième Concile oecuménique du Vatican, dit « pastoral » et non pas dogmatique, dont le but véritable (et atteint) était de faire 1789 dans l'église », formule lancée d'un ton triomphant juste après le concile par le très progressiste Cardinal Suenens.

 

 

2. Je me repens, en particulier, d'avoir truqué ce concile avant même qu'il commence et d'y avoir pratiqué jusqu'au bout le coup de force permanent, dans la plus pure tradition de l'Agitprop bolchevique. Il est vrai que, lors de tractations conduites à Metz par le Cardinal Tisserand, je m'étais engagée à ne pas y renouveler l'indispensable condamnation du communisme génocide, ennemi juré de Dieu et de la chrétienté, mon but étant d'assurer la présence « oecuménique » à Rome de membres de l'église « orthodoxe » russe noyautée par le KGB, agissant ainsi au mépris des catholiques dont la persécution par Moscou et ses satellites n'avait jamais cessé et ne s'est du reste pas ralentie depuis, bien au contraire, alors même que les naïfs croient le communisme vaincu. Ainsi ai-je pactisé partout avec la Révolution pérenne et son dernier avatar en date, allant jusqu'à trahir - au nom de mon Ostpolitik insensée – les catholiques des pays où règne ce régime abject, par exemple en « lâchant » les Uniates d'Ukraine, que n'ont cessé de persécuter nos « frères séparés » prétendument orthodoxes, mais authentiquement à la botte de Moscou et haineusement anti-romains.

 

 

3. Je me repens d'avoir proscrit de la façon la plus arbitraire, illégale et totalitaire la célébration de la seule Messe qui vaille : celle, immémoriale, que le Pape saint Pie V a restaurée en donnant aux prêtres le droit de la célébrer jusqu'à la fin des temps, non sans fulminer d'avance l'anathème contre quiconque prétendrait les en empêcher. Cette attitude aberrante devait me conduire à excommunier (de facto, sinon de jure, et pour cause !) les derniers catholiques et leurs pasteurs – taxés de schisme - tout en laissant pérorer et parader à son aise l'hérésie néo-moderniste, quand je ne l'y encourageais pas. Témoin, entre autres, le grand charivari que j'ai permis aux charismatiques - ces convulsionnaires d'inspiration protestante et possédés par « l'esprit », certes, mais lequel? - d'organiser au cœur même de la chrétienté, dans la Basilique Saint-Pierre de Rome, puis sur son parvis, alors même que partout dans le monde je fermais les lieux saints à la Tradition et à ses cérémonies authentiquement catholiques.

 

 

4. Je me repens d'avoir désacralisé le Saint Sacrifice de la Messe au point de le transformer en une sorte d'événement festif New Age axé sur l'adoration de l'« Homme » plus que de Dieu.

Je me repens d'en avoir fait un simple mémorial, un vulgaire « repas communautaire » niant implicitement la Présence réelle et la Transsubstantiation, au point de rendre la fréquentation de la « messe de Paul VI » recommandable aux protestants par leur hiérarchie, qui - depuis Luther, moine défroqué, débauché et déséquilibré - exclut que la Messe puisse être ce qu'elle a été, est et restera avant tout : un Sacrifice propitiatoire non sanglant.

Je me repens d'avoir institué là un office protestant à 98%, avec un zeste de Kabbale (« Dieu de l'univers » au lieu de « Dieu des forces célestes » pour traduire « Deus Sabaoth ») et un soupçon de jargon maçonnique (« fruits de la terre et du travail des hommes » au lieu de « le pain sacré de la vie éternelle et le calice de l'éternel salut » pour traduire « Panem sanctum vitae eternae et Calicem salutis perpetuae » ), ce qui est peu surprenant lorsqu'on songe que cette « messe » est sortie toute armée d'une obscure commission (une loge, en somme) dont j'avais confié la présidence au prélat franc-maçon Annibale Bugnini, assisté de six conseillers protestants et de quelques néo-modernistes jouant les « catholiques-alibis ».

Je me repens d'avoir profané les lieux saints en les prêtant à n'importe qui pour n'importe quel usage, en reléguant le Saint-Sacrement dans les bas-côtés, voire la sacristie, en laissant déposer les hosties par des mains non consacrées dans des mains non consacrées, en permettant à des jeunes filles de servir la « messe », en remplaçant l'autel par une table de cuisine tournant le dos à Dieu, mais faisant face à l'« Homme » (dont Paul VI a même proclamé fièrement que j'avais le culte !), en supprimant le banc de communion, en ôtant les statues, etc. etc., bref, en faisant tout pour éliminer le respect dû au surnaturel.

Je me repens d'avoir jeté aux orties le latin, langue sacrée depuis que les premiers chrétiens l'ont empruntée à leurs persécuteurs pour adorer Dieu d'une seule voix dans tout l'Empire romain, surmontant providentiellement ainsi la malédiction de Babel.

Je me repens d'avoir voulu, par tous ces attentats, tuer le Saint Sacrifice de la Messe dans l'espoir fou et impie d'étouffer l'Eglise Catholique, dont il est le fondement, afin de me substituer définitivement à celle-ci.

 

 

5. Je me repens d'être revenue sur les enseignements de tous les papes d'avant 1958, ne serait-ce qu'en cautionnant cette monstruosité maintes fois condamnée qu'est la « liberté religieuse », porteuse de laïcisme, donc de révolte permanente contre le Christ-Roi, sous l'influence évidente des libres-penseurs » que j'avais accueillis en mon sein.

Je me repens, en fait, d'avoir ridiculisé dans l'esprit de l'immense majorité des catholiques les notions de dogme, de doctrine et de magistère, exposant ainsi les âmes au doute, à l'indifférence, à l'apostasie et aux ténèbres extérieures.

Je me repens d'avoir été le loup déguisé en brebis et fourvoyant celles-ci pour mieux les perdre.

 

 

6. Je me repens d'avoir laissé (ne serait-ce qu'en France) bon nombre de mes évêques, archevêques et cardinaux - infiltrés dans l'église par les pires ennemis d'icelle - délirer de la manière à la fois la plus grotesque et la plus crapuleuse dans tous les domaines possibles, par exemple :

 

- en fraternisant ouvertement avec lesdits ennemis - athées, talmudistes, marxistes, protestants et maçons, entre autres - au point même, pour beaucoup, de se faire carrément francs-maçons quand il ne s'agit pas de francs-maçons qui se sont faits prêtres et ont progressé dans les deux hiérarchies à la fois selon les excellents préceptes de leurs grands ancêtres de la Haute Vente d'Italie ;

 

- en fermant les églises de France aux « indésirables » - membres de la droite nationale non païenne qui souhaitaient recevoir le baptême ou auxquels leurs proches voulaient donner des obsèques religieuses, ou encore fidèles de la Tradition décédés, parmi lesquels des prêtres - pour mieux en ouvrir les portes à tout ce qui n'est pas catholique et, de préférence, tout ce qui est le plus anti-catholique ;

 

- dans une logique suicidaire, en faisant don à l'islam prosélyte et conquérant (surtout pas aux « intégristes », c'est-à-dire au petit reste de catholiques véritables !) des églises désertées par les fidèles à cause de la dérive conciliaire, précisément ; or, c'est là, pour ce même islam, un signe infaillible de faiblesse et la preuve qu'il a désormais le champ libre sur le territoire d'une chrétienté dont les pasteurs même s'appliquent à hâter la décomposition ; à cause de ces ventres mous, l'Europe occidentale n'est plus tout à fait le dar-el-harb que les mahométans ont vainement cherché à envahir pendant treize à quatorze siècles ; elle est même en passe de s'assimiler au dar-el-islam et de voir ainsi ses habitants s'intégrer bon gré mal gré à l'oumma , dont les membres méprisent, ostracisent et persécutent les non-musulmans, qui ne sont à leurs yeux que des dhimmis , assujettis quand même à l'odieuse chariah ;

 

- en pétitionnant, défilant et manifestant à la moindre occasion avec la racaille trotskiste, qui est fanatiquement internationaliste, immigrationiste, francophobe, anticléricale et avorteuse ;

 

- en se livrant à de honteuses pitreries et en proférant de scandaleuses énormités, comme le très regrettable « Monseigneur » Gaillot ;

 

- en multipliant les déclarations, prises de position et actions les plus bassement démagogiques, collaborationnistes, voire hérétiques, car bien dans l'irrespirable « air du temps », qui est à l'hédonisme, au relativisme, au naturalisme, à la tiédeur, au métissage forcé, à la destruction des nations, à la tolérance de l'intolérable, etc. etc. etc.

 

 

7. Je me repens d'avoir introduit l'erreur dans la Vérité, c'est-à-dire d'avoir obscurci cette dernière - ce qui insulte la mémoire de tous les martyrs ayant versé leur sang pour elle et elle seule depuis deux mille ans - en prônant, pratiquant et imposant un faux oecuménisme, véritable piège du Malin qui revient à faire croire que tout se vaut : la vraie Religion et les fausses ; or, ce prétendu oecuménisme - qui m'attire du reste le mépris croissant des fausses religions : beau résultat parmi d'autres ! – dépouille évidemment ladite Religion de tout son crédit auprès des fidèles comme des âmes qui auraient pu s'y convertir, mais qui sont désormais fortement incitées à continuer de chercher d'hypothétiques « voies de salut » dans leurs cultes hérétiques, schismatiques, païens ou sataniques habituels, tandis que les ex-fidèles - complètement désorientés - perdent la Foi en tout ou partie et deviennent indifférents, quand ils ne se laissent pas coopter par des sectes religieuses ou antireligieuses, ayant pignon sur rue ou non.

 

 

8. Je me repens, dans le même ordre d'idées, d'avoir organisé à Assise en 1986, puis un peu partout en souvenir de ce happening démentiel, de véritables pandémoniums des fausses religions, mises sur le même pied que la vraie. Je me repens de n'avoir rien voulu comprendre aux avertissements du Ciel lorsque, onze ans jour pour jour après ce scandale inouï, Assise a été frappée par un tremblement de terre dévastateur qui - entre autres signes sans équivoque - devait causer la destruction du maître-autel de la cathédrale, sur le tabernacle duquel on avait obligeamment prié les bouddhistes de poser leur idole, tandis que sous ce même autel, dans la crypte, la châsse contenant les reliques de saint François demeurait intacte.

 

 

9. Je me repens d'avoir cherché à faire croire que les « avancées conciliaires » (par exemple, la « suppression » du démon et du péché originel et actuel) étaient irréversibles, comme si quelques dizaines d'années de tragiques errances rappelant la folie arienne pouvaient gommer dix-neuf siècles de saint et patient labeur au service de cette Foi, de cette Espérance et de cette Charité qu'a prêchées Celui dont le Nom est le seul par lequel nous puissions être sauvés.

 

 

10. Je me repens d'avoir gaspillé en des JMJ purement médiatiques et ostentatoires - destinées à prouver la vigueur de la Foi des jeunes, mais ayant au contraire crûment mis à nu la désolante ignorance des intéressés en matière de religion - la soif d'absolu d'une jeunesse en friche qui, lorsqu'elle parvient à échapper au bourrage de crâne ambiant, constate l'inanité du Novus Ordo Missae et se dirige de plus en plus vers les sectes, à défaut d'avoir entendu parler de la Tradition Catholique autrement qu'en termes injurieux.

 

 

11. Je me repens d'avoir tout mis en oeuvre afin de diviser le mouvement traditionaliste, d'abord en tirant prétexte des sacres de 1988 pour terroriser une partie des « tradis » et les pousser à quitter la Fraternité Saint-Pie X (je leur avais fait miroiter un leurre en forme d'indult), ensuite en laminant la Fraternité Saint-Pierre - produit pourtant bien docile de cette scission - par des grenouillages indignes, enfin en essayant de provoquer le même genre d'éclatement au sein du noyau organisé de la résistance catholique, la Fraternité Saint-Pie X, oeuvre de Mgr Marcel Lefebvre, à laquelle j'ai proposé, selon ma bonne habitude, des «négociations » qui ne sont qu'un miroir aux alouettes de plus, quand bien même il est possible qu'au départ, le Saint-Père les ait sincèrement conçues comme un vrai moyen de réconciliation. Je me repens d'avoir agi, ce faisant, sous l'inspiration de celui dont le nom signifie « diviseur ».

 

 

12. Je me repens d'avoir déboussolé un peu plus encore les fidèles en pratiquant la « repentance » à tort et à travers, autrement dit en battant ma coulpe sur la poitrine des saints papes qui se sont succédés au cours des siècles, et cela pour des fautes imaginaires : avoir évangélisé les païens en renversant leurs idoles selon les instructions du Divin Maître, redressé les hérésies en les combattant résolument lorsqu'elles prétendaient s'imposer par les armes, rouvert les routes de Jérusalem aux pèlerins après des siècles pendant lesquels l'islam prédateur les avait impunément tués, rançonnés ou réduits en esclavage, voire - comme le Vénérable Pape Pie XII - sauvé des milliers de juifs de l'extermination, pour se faire accuser longtemps après de s'être désintéressé de leur sort et même d'avoir collaboré avec les nazis, sans que je réagisse avec toute la fermeté voulue contre d'aussi nauséeuses calomnies, le pontife en question présentant à mes yeux la tare manifeste d'avoir été le dernier pape pré-conciliaire, autant dire le dernier pape incontestablement catholique.

 

 

13. Je me repens d'avoir accéléré ma fuite en avant vers le précipice à mesure que s'affirmait mon cuisant échec. L'arbre se juge à ses fruits, et les miens - tout colorés et appétissants qu'ils pussent être à la vue de certains - se sont révélés secs, amers, gâtés ou moisis à la dégustation de tous ceux qui conservent tant soit peu de palais. Ainsi, je me repens d'avoir provoqué la désaffection des églises, monastères et séminaires et d'avoir tendu, devant ce véritable désastre, l'écran de fumée d'une prétendue « nouvelle Pentecôte » pour tenter de faire oublier les déclarations de Paul VI lui-même déplorant que les « fumées de Satan » se fussent introduites dans l'Eglise.

 

 

14. Je me repens d'avoir réservé un enterrement de première classe au miracle comme aux révélations de Fatima, et notamment d'avoir menti au moins par omission sur le troisième secret (qui m'est archi-défavorable) tout en exaltant les apparitions « mariales » de Medjugorje, qui ne sauraient venir du Ciel tant les messages de la « Gospa » sont répétitifs, lénifiants et inconsistants (conciliaires, en quelque sorte), tant elles attirent les charismatiques » comme le sirop attire les mouches, tant les voyants et leurs « sponsors » présentent une sainteté pour le moins douteuse. Je me repens donc, d'une part d'avoir censuré la Très Sainte Vierge Marie, d'autre part d'avoir prétendu reconnaître sa parole dans une véritable bouillie pour les chats.

 

 

15. Je me repens d'avoir mis le Saint Suaire de Turin sous l'éteignoir depuis sa prétendue datation au carbone 14 de 1988, alors que j'ai appris depuis - en toute certitude - que celle-ci n'était qu'une grossière imposture (dans mon idée, les ostensions de 1998 et 2000 devaient être les dernières, si possible). Il est vrai que je n'ai pas tardé à me coucher devant la fausse science et ses diktats antichrétiens, par exemple les fariboles évolutionnistes que Jean Rostand - biologiste athée, mais honnête - avait eu le courage intellectuel de dénoncer en écrivant que l'évolution » était « un conte de fées pour grandes personnes ». Je me repens d'avoir vu en fait dans le Saint Suaire, comme dans son message miraculeux et sans ambiguïté, un obstacle massif à ma seule véritable obsession : l'extension de l'« oecuménisme » à tout et n'importe quoi.

 

 

16. Je me repens d'avoir contribué - notamment par cet oecuménisme dévoyé – à ériger le trône de l'Antéchrist, dont le règne passera par l'instauration d'une religion mondiale n'ayant évidemment rien à voir avec la Religion Catholique et ne pouvant déboucher que sur la fin des temps annoncée par saint Jean dans son Apocalypse, point d'orgue de la Révélation. Les précurseurs de l'« homme d'iniquité » auront été nombreux en mon sein.

 

 

17. Je me repens d'avoir entraîné, par ces multiples et criminels errements, la chute en enfer d'un grand nombre d'âmes, et je sais qu'il m'en sera demandé raison au Jugement Dernier, dont j'attends le Jour en tremblant.

 

 

18. Je me repens de ne pouvoir me repentir de tous mes méfaits et manquements tant ils ont été nombreux et tant leur évocation m'épouvante aujourd'hui.

 

 

19. Je me repens, pour l'essentiel, d'avoir sombré dans le schisme et l'hérésie en me séparant du Catholicisme de toujours et d'avoir sévi jusqu'en

cet instant béni où, avec la plus vive et la plus sincère contrition, ainsi que le fervent espoir de voir le Juge Suprême pardonner à mes membres, j'ai l'indicible soulagement de me réintégrer enfin à l'Eglise Une, Sainte, Catholique, Apostolique et Romaine, seule porteuse du message de Vérité de Notre Seigneur Jésus-Christ, unique Sauveur des hommes de bonne volonté, à laquelle je restitue humblement les clefs de saint Pierre dont j'ai usurpé la garde pendant un demi-siècle environ.

 

 

20. Je me repens. Je me repens. Je me repens. JE ME REPENS !!.