Querelle des prétendants

 

Un nouveau débat dynastique ayant débuté avec l'année 2003 au grand dam de certains, avec le doute exprimé sur la stricte légitimité de tous les prétendants,

 

Claude Timmerman écrivit le 7 janvier :

 

...

Il n'y a pas de débat stérile, car il n'y a tout simplement pas sujet à débat, j'expose une situation avérée .

Je m'attache seulement à montrer qu'en regard des critères qu'ils ont eux-même portés au pinacle au nom de la légitimité dans la continuité à moins que cela ne soit l'inverse, les grands courants monarchiste historico-médiatiques qui occupent le devant de la scène, "légitimistes" et "orléanistes", ont jeté leur dévolu sur des poulains qui ne sont pas exempts de critiques.

_ Concernant Luis Alphonso, je réitère ce que je dis, et que tout le monde sait:

Son père ayant souhaité se remarier (ce qu'il ne put faire ayant été victime de "l'accident de ski" que l'on sait) a fait annuler son mariage par le pape...

( On peut d'ailleurs s'étonner qu'il y soit arrivé, Luis Alfonso étant bien la preuve de la consommation dudit mariage).

Cette annulation est une réalité incontournable à la quelle on ne peut rien.

Ceci place le malheureux Luis Alphonso en situation de bâtardise aux yeux de l'Eglise ...et en principe cela devrait glacer tous les psycho-rigides, si nombreux dans ces milieux, qui semblent, pour une fois, ignorer superbement le problème!.

Face à cela toutes les histoires liées à son origine espagnole, au Traité d'Utrecht, à sa personnalité, etc, etc...ne sont plus que billevesées.

_ Concernant les Orléans, la question est encore plus simple:

c'est l'affaire Chiappini à laquelle l'Eglise accorda tout son crédit.

Partant de là, tant que des analyses génétiques auxquelles ils se refusent curieusement absolument, n'auront pas été pratiquées en comparaison avec les seuls Bourbons indiscutables que sont les Bourbon Busset ou les Bourbon Parme, on est fondé à admettre comme monsieur Macquat que " Il n'y a plus de famille d'Orléans".

Cela n'est pas un scoop; les mémoires de Maria Stella Chiappini, authentique fille de Phillipe d'Orléans duc de Chartres er comte de Joinville, a été reconnue comme telle par le tribunal ecclésiastique de Faenza avant 1830 (date de la parution de ses mémoires) l'enfant ayant été substituée à un mâle pour de sordides motifs d"héritage: le fils du geolier de Mondigliana, Laurent Chiappini.

Bien entendu la sortie de ce livre assorti de tous les témoignages et des attendus du procès, a provoqué ( nous sommes en 1830 et cet enfant, Louis Philippe, vient de monter sur le "Trône des Français" ! ) une chasse aux exemplaires qui ferait pâlir de jalousie tous les membres des RG qui pourchassèrent les journalistes intéressés par Mazarine Pingeot...ou les chasseurs de cassettes incorrectes comme celle d'Ouradour (enfin autorisée depuis peu).

La plupart des exemplaires de l'édition originale furent récupérés et détruits.

Le livre est à la B.N. et à été réédité trois fois jusqu'en1838.

Hurler à la falsification paraît bien dérisoire, l"Eglise, surtout à l'époque étant l'institution la mieux informée du monde...et Laurent Chiappini sur son lit de mort a reconnu par écrit la substitution d'enfants!

( Je remercie au passage mes amis fouineurs de VR qui m'ont permis de trouver le seul exemplaire de l'édition originale de 1830 actuellement sur le marché!

Pas très cher, qui plus est, ce qui prouve à quel point ces problèmes sont aujourd'hui à l'écart des préoccupations du public...)

 

Tout ceci pour dire, et c'est la formule que répète Son Altesse Royale le Prince Sixte Henri de Bourbon Parme:

« En regard des Lois Fondamentales du Royaume, aucun des prétendants actuels n'est exempt de critiques.» 

Mon propos est simple : à l'instant où nous allons commémorer une nouvelle fois l'assassinat de Louis XVI, les royalistes doivent prendre conscience que leurs débats dynastiques sont aussi stériles que faussés et qu'ils n'ont d'autre choix rigoureux que de se réunir autour du Principe, et non de se diviser autour des Hommes.

C'est bien ce que répétait le Comte de Chambord!

Mes préférences personnelles fondées sur les capacités personnelles et l'exceptionnelle expérience politique du prince, n'ont absolument rien à voir là dedans!

Ceux qui me connaissent bien savent à qui je pense!

J'ajouterai, que si l'on admet que la continuité dynastique confère la légitimité, aujourd'hui celle-ci a définitivement disparue.

On en revient donc à l'aube nécessaire d'une nouvelle dynastie...Comme cela fut le cas avec l'avènement des Clovis, Mérovée et autres Hugues Capet.

Le nouveau prince, que Dieu agréera, pourrait être historiquement et biologiquement lié aux dynasties précédentes, mais ce ne pourra plus être un préalable!

Il pourra aussi venir d'ailleurs, cela ne doit plus avoir d'imporance. Cela ne peut plus avoir d'importance.

Il faut se renforcer autour du principe et faire taire nos sympathies et nos convictions partisanes pour se concentrer sur la Cause et se rassembler à son Service.

C'est le combat que je développe derrière le Prince Sixte Henri de Bourbon Parme depuis des années.

A l'opposé de tous ceux qui confondent la cause et sa progression sur le terrain avec le nombrilisme salonard où les petits fours en réunions privées et les soirées tapageuses parisiennes remplacent le militantisme sur le tas.

Raison pour laquelle je pense que, dans son attitude actuelle et dans ses manifestations, l'IMB fait le plus grand tort à la cause .

Il ne s'agit pas de ressusciter le Versailles de la Régence où certains nostalgiques rêvent de façon malsaine de recouvrer telle ou telle charge ...mais bien de restaurer l'image du monarque père du peuple comme le furent Louis XII ou Henri IV.

Je souhaite que même sur Vexilla Regis ce message puisse être entendu : c'est le seul espoir de voir un jour les choses changer.

Il faut admettre cette évidence:

« Le roi est mort en France! »

Puisque cette continuité est définitivement rompue, ce n'est pas à travers une pseudofiliation mais bien à travers l'Incarnation du Principe que le futur monarque potentiel puisera sa nouvelle légitimité.

C'est pourquoi, tous les prétendants actuels peuvent être renvoyés dos à dos, tant qu'ils ne s'attacheront qu'au premier aspect ici développé.

 

 

 

Réaction de Richard :

 

Je suis bien de votre avis.. et si vous prenez ce principe... <Mg de Bourbon Busset est le seul prétendant légitime au trône de France.

Amitiés royalistes

Richard

 

 

 

Réaction de Mahoud, le jour même :

Claude, il y a une chose au moins que je ne peux pas laisser passer dans votre message.

   Depuis toujours, et à toute époque, les enfants nés d'un mariage invalide avant la reconnaissance de nullité ont été reconnus comme légitimes(comme je suis nulle pour donner des exemples à chaud, j'appelle Anne Merlinchaz à mon secours pour donner des noms). Même si les parents vivaient dans un mariage nul, la chose n'était pas avérée, et en attendant la reconnaissance de nullité, ils demeurent en situation régulière.

     D'autre part il existe des quantités de motifs d'annulation, dont la non-consommation, qui pour être la plus simple et simplifier la procédure, n'en est pas moins l'une des plus rares ! Il est évident qu'elle n'a pas été plaidée pour le prince Alphonse.

     Le prince Louis comme son aîné le prince François mort en 1984 étaient donc parfaitement légitimes, et n'auraient en aucun cas dû céder leur place à un éventuel fils du prince Alphonse d'un second mariage.

   Sur le traité d'Utrecht...tout a déjà été dit sur VR...alors n'encombrons pas la Liste avec ces faux problèmes.

    Et comme le dirait Paul : qu'il se lève d'abord, et agite son panache blanc ! (d'ailleurs je vous rejoins quand vous dites que l'important est de faire revivre le principe partout en France)

 

 

Réaction de Thierry Derringer, le même jour :

 

Je n’ai pas l’habitude d’intervenir sur ce forum, où, d’une façon générale je préfère rester dans l’ombre et compter les points. Mais votre argumentation sur la prétendue bâtardise du prince Louis me fait bondir, et, je m’empare séance tenante de mon « petit droit canon illustré » dans lequel je peux lire :

Can. 1137 - Sont légitimes les enfants conçus ou nés d'un mariage valide ou putatif.

Pour compléter le ou je me permet un petit coup de Littré :

Mariage putatif, mariage que les parties ont contracté à tort, mais de bonne foi, dans l'ignorance où elles sont des empêchements qui s'opposaient à leur union.

(Vous pouvez vérifier mes assertions à cette adresse :

http://www.adminet.com/jo/canon.html)

 

Vous pouvez penser que l’annulation du mariage s’est faite un peu légèrement (sur ce point je partage votre avis), il n’en demeure pas moins que l’annulation fait par Rome est totalement valide et donc le canon 1137 joue pleinement.

 

Sue ce je retourne dans mon trou.

 

Vive le Roi quand même.

 

 

Claude Timmerman à nouveau :

 

Je me doutais bien que j'allais déchaîner des passions.

De toutes façons, l'essentiel du problème n'est pas là...

On peut disserter à l'infini sur les causes canoniques d"annulation dont la plus fréquemment invoqué, je dis cela pour Mahoud qui m'en a parlé, n'est pas la non consommation mais bien:

« La non prise de conscience, par l'un des conjoints au moins, du caractère d"indissolubilité du lien marital, à l'instant où il a été contracté» (sic!)

Je connais au moins deux cas actuels de ce genre...

On peut disserter à l'infini sur l'affaire du traité d'Utrecht,

On peut disserter à l'infini sur les déclarations de renoncements aux prétentions dynastiques "pour eux et leurs enfants" des uns et des autres...

Tout cela  constitue des "taches" qui grippent le processus ( c'est bien ce que nous vivons depuis plus d'un siècle!)

A partir de là, nous vivons des soubresauts de divisions en groupuscules qui, au gré des modes et, il est vrai, du talent de certains des leaders.

Que serait l'orléanisme sans Charles Maurras et Léon Daudet ?

(J'entends d'ici une nouvelle vague de hurlements...)

Aujourd'hui nous avons en présence:

Le prétendu Louis, dit duc d'Anjou (Bourbon dits d'Espagne)

Le prétendu Jean, dit duc de Vendome (Orléans)

Le prétendu  Charles, dit prince de Bourbon (Naundorff)

Et éventuellement:

Le prince Sixte Henri de Bourbon Parme.

Sans parler des Bourbon - Busset...

Il se peut d'ailleurs que j'en oublie!...Ce dont je m'excuse...

AUCUN n'est indemne de critiques en regard des Lois Fondamentales du Royaume.

C'est la raison pour laquelle le mouvement royaliste est divisé en chapelles d'exégètes, souvent talentueux, qui ont toutes leurs partisans, qui ne visent qu'à hiérarchiser les objections pour "démontrer" que c'est "leur champion" qui est "le moins en désaccord" avec ces Lois et qui est donc l'indiscutable héritier potentiel de la couronne.

Evidemment cela n'ira jamais!

Et pour que cela aille un jour, que les plaies, certaines très profondes, se cicatrisent, que les animosités souvent violentes s"estompent, il n'y a qu'une formule:

EN REVENIR AU PRINCIPE AU DELA DES HOMMES

ce qui implique de renvoyer dos à dos les rivaux actuels pour ramener l'incarnation du principe en un homme différent au moins à l'écart de la lutte fratricide traditionnelle: le clivage Légitimiste / Orléaniste. Cela personne n'a le courage de le dire et de le faire mettre en pratique.

Je n'imagine pas demain par exemple, orléanistes et légitimistes se tendre la main pour porter demain sur le trône, ensemble, le prétendant d'un seul des deux camps!

Cette union nécessaire ne peut se faire qu'autour d'un homme venant d'un autre horizon.

En outre, on ne peut éviter, comme à l'époque où les rois étaient élus - car c'est ainsi que les dynasties ont toujours commencé - un certain concensus populaire.

Ceci implique un individu éduqué pour cela, proche du peuple et indépendant des appareils précités.

Il y a toutes sortes d'objections contre LOUIS XX, comme contre chacun des autres.

Je n'ai rien contre lui...et surtout rien pour.

A titre personnel je trouve qu'il n'a absolument pas "le profil de l'emploi" et "qu'il ne fait pas le poids".

Ce n'est que mon opinion actuelle...qui ne m'empêcherait nullement, si le cas se présentait, de le soutenir et le servir aussi activement que fidèlement, si un réel consensus monarchique se faisait autour de son nom.

J'ai fait un test avec cette affaire de mariage et des déclarations de son père car elle est exemplaire des passions que cela peut déchaîner et de " l'exégèse réfutatoire des objections " que cela provoque.Cela n'a pas raté!

Tout argument provoque aussitôt une levée de boucliers des partisans et une nouvelle exégèse visant à montrer que dans la hiérarchie des objections, ce nouvel argument doit, bien entndu, se hiérarchiser en dessous de ceux qui s'opposent à légitimer le prétendant des copains!

La royauté n'est pas X - Files, mais il est sûr qu'en matière de légitimité, force est de reconnaître que « La vérité est ailleurs...»

CE N'EST PAS SUR LE PRINCIPE DE LEGITIMITE QUE LE CONSENSUS SERA TROUVE.

L'EXPERIENCE HJSTORIQUE DEPUIS UN SIECLE LE PROUVE !

Tant que l'idée monarchique voudra se limiter à puiser sa légitimité dans le principe de continuité on arrivera à rien.

Comme le répète sur le terrain le Prince de Bourbon Parme, où il est toujours présent, lui, à la différence de la plupart des autres, pour se battre pour l'idée, et non la personne: « Il faut admettre aujourd'hui que le Roi est mort en France depuis plus d'un siècle. La restauration du principe monarchique ne peut plus se faire sur la base du principe de continuité dynastique.»

Si chacun voulait bien le comprendre, dans l'état de corruption des acteurs politiques républicains actuels, bien des choses pourraient changer car très visiblement la situation est en train de mûrir!

 

 

 

Mahoud :

 

Bon, cette fois-ci je suis d'accord...ce n'était pas le peine de dire des bêtises pour en arriver là, hmmm?  ;o)))

    Ce qu'il faut c'est un Roi, c'est à dire un gars prêt à mouiller sa chemise pour aller à Reims (et si c'est Louis, c'est mieux, si c'est un autre, on le prendra quand même (sauf un Orléans, bien entendu, car comme dirait Henri de Fersan, un Orléans c'est pire qu'une glace kiwi-cerise ;o))

   Et pour aller avec, ou plutôt autour, comme une crème anglaise autour d'un fondant au chocolat, d'autres gars prêts à se battre pour le défendre (et des femmes pour eux et pour Lui pour faire des bébés et accroître le nombre des princes et des combattants, mais là Claude T. n'est plus d'accord, c'est bien connu  :o)

A Reims, vite ! (pardon Serge)

Mahoud

 

 

 

Juste Blanc en retour :

 

- "un Orléans c'est pire qu'une glace kiwi-cerise".

En voilà un argument qu'il est bon, avec de tels adversaires la famille d'Orléans peut dormir tranquille et rassurée.

Et puisque nous sommes entre nous mais chuuut!!!! au sujet du traité d'Utrecht qui vous emm.... tellement, savez pourquoi il n'est pas valable, hein!!?, et bien simplement parce que ce n'est pas le Roi Philippe V qui y a apposé sa signature..... mais sa MAIN! ouuiii!!, sa menotte n'en faisait qu'à sa tête si je puis dire!!! mais ne le répétez surtout pas, le Duc de Vendôme pourrait y perdre sa légitimité.

J.B.

 

 

 

Marc, à la nuit tombée :

 

Bah quoi!!!!!

C'est bon une glace Kiwi-cerise, non?

Le Marquis. (qui n'a toujours pas de préférence pour le prétendant)

 

 

 

Xavier Couvert, le lendemain :

 

Pour moi, il n'y avait tout simplement que deux possibilités :

- l'officielle, celle de l'AF, (que j'apprécie beaucoup par ailleurs, Pierre Pujo, Michel Fromentoux, etc... sont des personnes tout à fait remarquables), orléaniste, que je n'arrive pas à admettre du fait de la trahison de Philippe Égalité, du libéralisme maçonnique de son fils Louis-Philippe, et des opinions gaullistes de feu le Comte de Paris, mais dont les successeurs étaient reconnus, me semble t'il, comme légitimes par Charles Maurras et les dirigeants de l'AF.

- l'autre, dite "légitimiste", qui m'a toujours été présentée comme la plus "sage" et la plus ancienne du fait de l'antériorité des Princes Bourbon d'Espagne, donc ce fameux Louis XX, qui a fait un tabac, il y a quelques années à Lyon lors de sa visite au cours de laquelle il a reçu la médaille de la ville de Lyon des mains du très républicain et maçonnique Raymond Barre, mais qui, en même temps, a su se rendre très populaire de nos jeunes gens, scouts, cadets, etc....

Dans mon esprit, je suis donc naturellement "légitimiste". Probablement par défaut plus que par réelle conviction. Peut-être aussi par nostalgie ?

Maintenant, j'adhère pleinement à votre position, qui est aussi celle d'Alain Texier, d'Anne Lys, de Paul Turbier et de beaucoup d'autres : ce qui compte, c'est le Principe monarchique. S'il le faut, et bien nous changerons de dynastie !!  Cela s'est déjà fait dans le passé, pourquoi pas à nouveau ?

Mais si nous continuons à nous disputer sur ces questions, je vais finir par suivre la voie (peut-être finalement la plus sage) de Richard : vive les Bourbon Busset !!

Je n'ai pas encore bien compris qui ils étaient, mais tant pis !  Ce n'est pas le plus important, et au moins, cela a le mérite de mettre de la bonne humeur dans nos échanges épistolaires.

Mais SVP, si nous pouvions comme l'a demandé maintes fois Paul Turbier, commencé à travailler sur des sujets de fond, ce serait quand même bien. L'opuscule de Paul Turbier me semble une excellente base de travail.

Amicalement à tous,

Xavier.

 

Annelysdefrance, le 9 janvier 2003 :

 

<<<On peut d'ailleurs s'étonner qu'il y soit arrivé, Luis Alfonso étant bien la preuve de la consommation dudit mariage).Cette annulation est une réalité incontournable à la quelle on ne peut rien. Ceci place le malheureux Luis Alphonso en situation de bâtardise aux yeux de l'Eglise >>>

 

Que je suis contente d'avoir un nouveau sujet de discussion avec vous, cher Claude (votre article du LJ m'en donne d'autres, mais on verra plus tard).

 

Je crois que vous faites une erreur en droit canonique : la constatation de la nullité d'un mariage religieux (pour quelle cause, on ne sait, comme pour Caroline de Monaco il ne s'agit évidemment pas de non-consommation) n'a pas pour effet de faire des enfants conçus pendant le mariage annulé des bâtards. Le maintien de leur légitimité a toujours été de règle : les enfants conçus pendant un mariage, qu'il soit valide ou putatif, sont légitimes (canon 1137), le mariage putatif étant un mariage invalide conclu de bonne foi.

 

Ce n'est pas parce que les rois d'Angleterre, pour se débarrasser d'éventuels rivaux ou de successeurs qui ne leur convenaient pas, ont déclaré bâtards les enfants de mariages qu'ils avaient eux-même fait annuler (sans que l'Eglise, d'ailleurs, les ait elle-même annulés) que c'était la règle : la preuve, d'ailleurs, c'est que Mary Tudor, issue du mariage de Henry VIII avec Catherine d'Aragon, prétendument annulé, a régné du consentement du pape et de toute l'Europe chrétienne.

 

C'est pourquoi le bâtard de Bourbon, souche des Bourbon-Busset n'est pas dit bâtard parce que le mariage a été annulé mais parce qu'il n'y a (et il n'y a jamais eu) de preuve d'un mariage (clin d'oeil à Richard !)

 

Amicalement

 

Anne