Qu'est-ce qu'un royaliste ?

Il me semble qu'il nous faut réfléchir à notre étiquette de royaliste. Car si nous mettons de côté le roi, la forme de gouvernement que cela entraîne, que reste-t-il ? Des hommes, des femmes qui ont une idée, un principe et qui au mieux s'efforcent de le vivre. Certes, mais est-il besoin d'être royaliste ou monarchiste pour cela ? Se définir comme anti-républicain, c'est en quelque sorte dire que l'on n'est pas d'accord avec ce qui est actuellement, se mettre en marge même du fameux compromis nationaliste dont il fut question il y a peu… Militer pour une idée n'est pas suffisante sous quelque forme que l'on donne à cette action. On n'empêchera pas les critiques du sempiternel retour au passé, en arrière et autres expressions toutes faites sur le servage, et autres billevesées colportées depuis la révolution.

Pourtant quel meilleur moyen pour comprendre ce qui pourrait advenir que de connaître ce qui fut. N'oublions pas : le bicentenaire de la Révolution fut enfin l'occasion de découvrir des écrits nouveaux qui faisaient état non seulement de la Vendée, mais aussi des multitudes de refus dans toute la France de la révolution.

Depuis deux cent ans, la république nous trompe et assoie sa pérennité sur l'ignorance de tous.
Il me semble que pour l'instant nous sommes réunis autour d'une idée qui la monarchie mais que cela ne nous fait pas des royalistes pour autant.

Peut-être pourrait-on débattre à ce propos. Ce midi, j'ai cherché un petit livre de Volkoff sur mes rayons : son Du Roi (n.d.wm. : aux éditions Julliard/L'Age d'Homme) qui date de 1987, en plein millénaire capétien. Il se termine au bout de quatre-vingt pages par une citation de Lawrence Durrel : " La société est un organisme, non un système. Sa plus petite unité est la famille, et en vérité la royauté est la structure qui lui convient le mieux, car la famille royale est un reflet de la famille humaine et l'idolâtrie qui s'attache à elle est légitime... C'est une nécessité biologique que les rois. Peut-être sont-ils un reflet de la constitution même de l'âme ". Et Volkoff termine : " Si l'on nous accorde que la société des hommes a besoin d'être gouvernée et non pas seulement gérée et policée, qu'un pays peut avoir une autre vocation que celle d'une épicerie en gros, que la cité terrestre n'est peut-être pas absente du plan de dieu, nous sommes amenés à nous interroger sur le visage que prendrait un Etat qui se voudrait d'abord humaniste. Ce pourrait être, Monseigneur (je le dirais au prince les yeux dans les yeux), un visage d'homme. "

N'est-ce pas un début de piste pour passer de notre monarchisme commun à un royalisme tempéré entre nous mais virulent contre l'ennemi ?

Gérard de Villèle (VR) 13-12-2000.