SERVICE

 

 

J'en reviens toujours à ce sens du SERVICE, de la mise à disposition de la personne du Monarque à la communauté de ses sujets. C'est l'une des caractéristiques essentielles de la monarchie.

C'est cette notion chrétienne d'assistance au prochain,  de service, tant prônée par Ste Jeanne d'Arc («Messire Dieu premier servi »); c'est cette notion de devoirs de l'individu vis à vis de la communauté dont il est issu, où il est investi de certaines responsabilités, particulièrement s'il a une position sociale privilégiée par l'intelligence ou la fortune; position qui disparaît avec l'inversion républicaine des valeurs au profit de la notion de droit de l'individu sur la communauté, qui en devient alors responsable, et où il s'est arbitrairement autoproclamé comme égal en droit à tous les autres...

L'essence monarchique passe au contraire par cette reconnaissance de la responsabilité individuelle à tous les échelons et cette notion de service de la communauté qui précisément l'implique. Il est de ce point vu particulièrement frappant - ce que nous avons tous vu à l'occasion des (trop) rares images retransmises à l'occasion du Jubilé de la Reine d'Angleterre - de constater que dans son tout premier discours de présentation, à l'annonce de la mort de son père, alors qu'elle se trouvait en représentation au fin fond du Commenwealth, la première phrase officielle de la princesse Elisabeth, à 22 ans, se présentant au peuple dans une allocution télévisée en tant que future Elisabeth II Regina a été : «Je me mets à votre service».

A-t-on jamais vu un républicain, accédant à la magistrature suprême, employer une telle formule??? Cela me fait penser que dans notre histoire récente, la seule personnalité qui a eu un réflexe de cette nature explicité d'une façon analogue a été le maréchal Pétain: « Je fais à la France le don de ma personne » Discours du 17 juin 1940... Encore parlait-il là de la Patrie et non pas de communauté humaine.

Là en effet, est bien dissocié l'état du sol, la Patrie, de l'Etat du sang, la nation : seul le roi par sa nature, sa filiation et son sacre a su et pu incarner cette alliance...et ce, dès l'origine! Le fier Sycambre, (courbé ou non, avec ou sans Alphonse Allais, les carembars et autres joyeusetés) par l'onction sacrale de St Rémy à incarné la sédentarisation en terre de Francie (la patrie) des envahisseurs et colonisateurs Francs ( la nation) avec le soutien de l'Eglise et le Secours de Dieu.

La véritable révolution "nationale", celle de Valmy, comme le soulignent tant les Maçons, est d'avoir "sorti" la nation de son alliance territoriale, et par là même de légitimer son existence propre dissociée du sol, indépendamment de la Patrie, le sol qu'elle habite,  rompant ainsi définitivement sur le plan conceptuel cette alliance royale marque de la symbiose du sol et du sang.

Cette "nation" allait alors pour exister indépendamment de son sol, revendiquer pour ses membres des privilèges individuels qualifiés de "droits" à l'opposé de l'état de service de la communauté que l'individu devait à ses semblables, membres de la même nation...d'où, droits acquis, irresponsabilité, et maintenant au bout de la "décomposition étatique" du à la démocratie, selon la conception nietzschéenne, un invraisemblable prêchi-prêcha sur "l'incivilité" et la citoyenneté, c'est à dire la nécessaire responsabilisation de chacun et le retour au devoir individuel de solidarité communautaire : en un mot, le retour à une conception proprement monarchique, au sens historique, de la place de l'individu dans la société...

Quelque part, étrangement aujourd'hui, la restauration semble s'amorcer au milieu des désordres sociaux, en termes de philosophie politique autour du concept de civilité, du devoir de chacun envers son prochain, de cette notion de service .

CT