Hommages à Serge de Beketch

In Memoriam

Hommages en Video

(disponibles le 15 – 10 – 2007)

 

http://www.dailymotion.com/video/x373gd_hommage-serge-de-beketch_politics

http://www.dailymotion.com/related/5369917/video/x37ahn_messe-serge-de-beketch

http://www.dailymotion.com/related/5379035/video/x35wx5_testament-serge-de-beketch

 

 

Le Libre Journal

de la France Courtoise

 

A Dieu ! Serge.
(1946 - 2007)

 

Le dernier "Libre Journal de Serge de Beketch" sur Radio Courtoisie sera diffusé en direct ce mercredi 10 octobre de 18h00 à 21h00. Sous la direction de Bernard Antony, cette ultime émission sera intégralement consacrée à son défunt patron. D'autre part, les obsèques de Serge auront lieu vendredi prochain 12 octobre à 10h00, en l'église Sainte-Odile sise 2 avenue Stéphane Mallarmé, à Paris XVII (Métro ligne 3, Porte de Champerret).

 

Serge de Beketch nous a quitté dans la nuit du 6 au 7 octobre – jour de la fête de son saint Patron –, des suites d’une longue maladie qu’il avait contracté voici quinze ans. Il allait sur ses 61 ans.

Depuis que j’appris par les ondes de Radio Courtoisie la nouvelle de sa première hospitalisation début août, je n’ai pas cessé de prier chaque jour la Bienheureuse Vierge Marie sur les Mystères Douleureux, pour qu’elle nous le laisse encore un peu à notre affection ici-bas. Mais son Créateur en a décidé autrement, et c’est en cette solennité du Très Saint Rosaire qu’il a rappelé Serge. Quel beau symbole finalement pour nous tous qui l’aimions et qui avons prié pour lui : n’est-ce pas là le signe que nos prières n’ont pas été vaines et lui ont assuré un aller direct au Paradis ? Symbole encore pour les catholiques patriotes et identitaires puisque le 7 octobre est la date anniversaire de la bataille de Lépante contre les Turcs...

Maintenant, qu’adviendra-t-il du Libre Journal de la France Courtoise ? J’espère simplement que Danièle de Beketch – l’épouse de Serge –, et Patrick Gofman, son "bras gauche" depuis quelque années déjà, décideront d’en continuer la publication, car vraiment ce journal est unique : unique par sa forme, unique par sa fréquence de parution, unique par sa ligne éditoriale, unique par l’eclectisme des sujets qui y sont traités, unique par son ton polémique et caustique, unique par la richesse des collaborateurs – journalistes professionnels et professionnels journalistes – dont il a su s’entourer depuis bientôt quinze ans. Unique enfin car ayant toujours un temps d’avance dans l’actualité : combien de fois en effet Le Libre Journal a-t-il fait des révélations qui ne firent les gros titres de l’actualité que trois semaines, deux mois, six mois... voire deux ans plus tard ?

L’illustration la plus emblématique de la clairvoyance du Libre Journal est certainement cette double page du n°312, daté du 21 janvier 2004, commentant un rapport confidentiel de la Police aux frontières et intitulé "les islamistes font la loi à Roissy et Orly", et qui donna matière à un livre d’un candidat aux élections présidentielles... deux ans et demi plus tard seulement ! (Philippe de Villiers : Les mosquées de Roissy – éd. Albin Michel, 19 avril 2006)

Quant au site <www.francecourtoise.info>, il est le fruit d’une initiative totalement indépendante du journal papier. Serge ne nous a jamais donné de directives concernant sa création, son développement, son administration ; non, rien que le renouvellement de sa confiance et ses remerciements à chacun de nos échanges ponctuels par courriels.

Hier le but du site des "Amis du Libre Journal" était de faire connaître l’un des meilleurs journaux de la résistance française et catholique. Aujourd’hui, quel que soit l’avenir du Libre Journal, ce site continuera autant que faire se peut son rôle de témoin des talents de polémiste et d’orateur de Serge.

Serge était un puit de connaissances et il s’intéressait à tout. Ses émissions du mercredi soir sur Radio Courtoisie en resteront une vivante illustration : après la demi-heure de "coup de gueule" et de commentaires au vitriol sur l’actualité politique française, les sujets les plus divers étaient abordés. Cela pouvait aller de l’art de la composition florale aux ovnis, en passant par la médecine de Sainte Hildegarde, la musique sans solfège, le créationnisme, la gastronomie, le scoutisme, ou encore l’histoire de la fabrication des poupées...

Serge était également ferrovipathe. Lorsque je le vis pour la dernière fois dans les locaux du Libre Journal, celui-ci me fit un exposé passionné et passionnant sur l’histoire de la révolution du chemin de fer, au détour duquel il me confia que l’un de ses rêves était de réaliser un de ces prestigieux voyages dans l’Orient Express, ce train luxueux qui parcourt l’Europe et au-delà, jusqu’à Istanbul... Aujourd’hui, laissant sa famille et ses amis sur le quai des douleurs et du chagrin, Serge est parti, seul, pour un voyage plus prestigieux encore vers son Créateur.

Bon voyage ! Serge. A Dieu !

H. Lefrancien
administrateur du site

 


07 octobre 2007

Hommage à Serge de Beketch

Notre ami Serge de Beketch est décédé dans la nuit de samedi à dimanche.

C'est une perte immense qui nous frappe et nous attriste. Journaliste de presse et radio de grand talent, Serge de Beketch était d'abord et avant tout un infatigable combattant au service de la France, de la civilisation européenne et de la chrétienté. Les publications et émissions qu'il dirigeait constituaient autant d'espaces de liberté dans lesquels Serge témoignait toujours de son indépendance d'esprit et de son anti-conformisme.

Bruno Mégret, au nom de tous les cadres et militants du MNR, adresse à son épouse Danièle, à ses enfants et à ses proches, ses amicales condoléances.


Serge de Beketch est mort

Posté le 7 octobre 2007

lelibreimpertinent@free.fr

 

Serge de Beketch, figure majeure du journalisme national, est décédé après une très grave et longue maladie, dans la nuit du 7 au 8 octobre, jour de la Saint Serge. Fils d’un légionnaire mort au combat à Dien Bien Phu, il avait notamment été directeur de National Hebdo et de Minute, puis fondateur du Libre journal. Il fut aussi l’âme de Radio Solidarité puis de Radio Courtoisie avec Jean Ferré. Il s’agit là d’une perte cruelle tant il avait su associer avec talent toutes les facettes de la droite nationale . Nombre de militants lui doivent leur engagement et leur formation. Son style, ses centres d’intérêt multiples, son talent d’orateur et d’animateur en faisait un homme à part, hors du commun. ADG l’a immortalisé dans ses romans sous le pseudonyme de Serge Djerbitskine, dit Machin.

Il est d'origine russe avec une ascendance tartare. Son grand-père maternel était colonel dans l'armée française. Son grand-père paternel était aide-de-camp du général Dénikine, chef des Armées Blanches en Russie impériale. Son père, sous-officier de Légion étrangère, est "mort pour la France" à la bataille de Dien Bien Phu. Son histoire familiale conditionne son engagement politique à droite, puis à l'extrême droite, classification à laquelle il préfère celle de “royaliste-tendance-dure”.

Après sa scolarité comme enfant de troupe, il exerce divers emplois (manœuvre du bâtiment puis vendeur en librairie...). En 1966, il entre comme pigiste de la page des spectacles à l'hebdomadaire Minute.

En 1967, il s'engage dans Tsahal à l'occasion de la Guerre des six jours [1].

En 1970, il est embauché par Havas conseil où il participe a la création d'un département des “médias spécifiques”. Un temps adhérent de la franc-maçonnerie (grande loge de France puis Grande Loge Nationale) il s'en éloigne très vite, comme il a eu l'occasion de le raconter à plusieurs reprises[2].

Dès 1969, René Goscinny l'invite à collaborer comme scénariste aux pages d'actualité de l'hebdomadaire Pilote. Il écrira en outre diverses histoires en bande dessinée et rédigera pour les éditions Publicness les versions françaises des revues américaines Eerie, Creepie et Vampirella. Il collaborera également sous le pseudonyme d'Altamont Baker, à la revue internationale de l'image Zoom.

En 1975, Serge de Beketch quitte Pilote à la suite du départ de René Goscinny. Il devient chef des informations puis rédacteur-en-chef en 1979 de Minute. Il le quitte en 1986 à la suite d'un désaccord avec la nouvelle direction et occupe, à la demande de Jean-Marie Le Pen, le poste de directeur de la rédaction de National-Hebdo.

En 1990, à la demande de Serge Martinez, nouveau propriétaire du titre, il revient prendre la direction de la rédaction de Minute. En 1993, il est démis de ses fonctions par l'équipe qui, ayant racheté le titre à Martinez, le juge trop engagé politiquement. Il fonde alors avec son épouse, Danièle, son propre journal décadaire Le Libre Journal de la France Courtoise, version écrite de l'émission qu'il anime sur Radio Courtoisie (3 mercredis sur 4, de 18h00 à 21h00, avec rediffusion la nuit suivante de 2h00 à 5h00 puis le lendemain de 7h30 à 10h30).

Son engagement politique s'est nettement radicalisé avec les années. Le 22 janvier 1992, il réplique à Philippe Guilhaume, ancien président d'Antenne 2 et FR3, qu'il n'est, lui-même, « ni démocrate, ni libéral » (cité dans Le Monde, 12 février 1992). En 1995, il est directeur de communication de la mairie de Toulon, alors détenue par le maire Front National Jean-Marie Le Chevallier. Il mettra cependant de son propre chef un terme à cette collaboration au bout de quatre mois, considérant que l'incompétence et l'incurie de l'équipe municipale nuisent à l'image du Front National. Il fut également directeur du Patriote du Var.

Il fut un grand ami du journaliste et romancier A.D.G., qu'il rencontra en 1974 à Minute, et qui s'inspira de Serge de Beketch pour camper son personnage Sergueï Djerbitskine, alias Machin, journaliste alcoolique et anarchisant.

Serge de Beketch décède le 6 octobre 2007 des suites d'une hépatite B qu'il avait contracté 15 ans plus tôt en soignant sa maladie de Hodgkin.

 

 


SdB 7/10/2007

Tonitruant, rabelaisien et si délicat ami. Grand esprit, grande intelligence et ouvert au surnaturel. Capable de franchir certaines frontières de l'étrange mais vivant bien dans le concret.
Un esprit libre, la seule vraie liberté.

C'est un grand polémiste que perd la France.

C'est aussi un ami que je perds, je ne l'ai pas tant connu et il m'a tant donné.

Par quel miracle cet homme hors du commun put-il consacrer quelque temps à l'insignifiant petit belge que je suis? C'est à la fois un mystère dans ma vie et de mes meilleurs souvenirs.

Il était un concentré de toutes ces bonnes vertus et de ces excellents défauts qui donnent goût et sens à la vie.

Je boirai à sa mémoire ma dernière goutte de calvados de chez Walzac. Je lui souhaite bonnes retrouvailles avec ses amis et restaurateurs préférés, Pierre Monnier et tant d'autres déjà réunis.

Toutes mes pensées et mes prières à Danièle et à ses enfants.

Je prie aussi pour nous autres pauvres vivants qui restons seuls et pour le Libre Journal qu'il faut faire survivre.

J'arrête là ou je vais m'électrocuter à mouiller mon clavier.

 

Le lieutenant

lelieutenant@scarlet.be;
http://home.scarlet.be/vexilla/

Adieu Serge

Paris, le 7 octobre 2007
Saint Serge

Bernard Antony, Président de l’AGRIF

, communique:



Le rappel à Dieu de Serge de Beketch m’affecte profondément. Près d’un quart de siècle d’une grande amitié bâtie sur une même foi, le même amour de la France et de la Chrétienté nous unissait en effet. Quelques franches divergences toujours surmontées n’avaient fait que la renforcer.
Mais au-delà de l’ami que je perds, du deuil que je partage avec son épouse Danielle, ses enfants Cyrille et Aymeric et leurs familles et auquel s’associent tous les amis de l’AGRIF, du Centre Charlier, de Chrétienté-Solidarité, c’est toute la résistance nationale, la résistance du pays libre qui ressent aujourd’hui l’affliction du départ d’un de ses acteurs irremplaçables.
Serge de Beketch n’était pas passé par une moderne école de la presse alignée, il avait tout appris sur le tas. Mettant au-dessus de tout sa liberté de jugement et d’expression, il était avant tout un journaliste libre, refusant toute soumission au prêt-à-penser, au politiquement correct, à la démocratie religieuse, au lobbies qui existent ou n’existent pas. Il était de la race des grands polémistes, sachant dans son Libre Journal de Radio Courtoisie alterner les coups de gueule sur l’actualité avec l’exquise gentillesse pour tous ses invités dans les registres les plus variés, même s’il n’en partageait pas toutes les convictions.

Conteur prodigieux et homme de radio passionnant, il était en même temps un artiste de l’éditorial qu’il savait souvent ciseler avec tous les dons de son esprit et notamment son humour.

La presse libre, si rare aujourd’hui, perd un homme irremplaçable au poste qu’il tenait. Il a quitté ce monde dans la foi et dans l’espérance. Nous continuons son combat.

par Vindos Cingetos publié dans : Actualités communauté : SI VIS PACEM, PARA BELLUM
 

 

SdB

Le 07/10/07 à 19:31 par Nicolas

Serge de Beketch !… je l’ai si bien connu ! Ah !… le militant ! Oh !… le polémiste !… son grand cœur ! sa barbe !…

Je ne vais quand même pas faire ça moi aussi ? Tant d’autres vont le faire beaucoup mieux que moi, et avec combien plus de titres rigoureusement incontestables à le faire.

Je vais juste raconter deux souvenirs. Deux repas qui se sont tous les deux déroulés l’été, voilà quelques années, aux abords de la place Franz Liszt, ce devait être au début des vacances ou l’on en approchait.

Serge est en tongs, t-shirt et bermuda : « Un chinois, ça vous va ? »

Je crois qu’il a pris des samoussa et des nems, et moi du porc au gingembre ; actualité politique et quelques nouvelles du ghetto. Ça nous changeait des mails que je lui envoyais pour alimenter les brèves du Libre Journal et auxquels il répondait, ou pas, selon qu’il avait le temps ou qu’il avait quelque chose à en dire. Il me raconte quelques anecdotes historiques, dont le massacre de soldats en déroute de la Grande armée dans un village juif au nom imprononçable, en Russie ou en Pologne. Un silence, Serge a un regard un peu vague, un peu vide, puis :

« Mais je ne pourrai jamais condamner tous les juifs sans distinction. Je ne peux pas parce que dans tous les juifs il y a René Goscinny. »

Un peu trop belle l’anecdote ? rarrangée ? oui, un peu, parce qu’il me cita en réalité deux noms, celui de Goscinny et un autre, celui d’un mathématicien qu’il avait connu, juif également, dont je ne me souviens pas mais pour qui Serge semblait avoir une grande estime.

Deux ans plus tard, c’est une pizzeria au lieu du chinois. Pizzas au poisson et il commande une bouteille d’Orvieto blanc très sec. Pour la première fois je vais remarquer durant le repas qu’il fait visiblement attention à ne pas boire beaucoup.

Il tousse, il est las. Le journal ? il aimerait bien le faire évoluer vers quelque chose de moins politique, s’intéresser à des sujets qui le passionnent depuis longtemps, des ovnis aux labos pharmaceutiques. Mais les lecteurs suivront-ils ? il faut bien vivre et vendre. Le public d’extrême droite, exigeant dans son genre, ne se conserve guère qu’en lui donnant à lire ce qu’il veut lire. L’avenir de Danièle aussi le préoccupe, il voudrait arriver à faire en sorte qu’elle ne soit pas complètement démunie quand il ne sera plus là. Alors : vendre, faire des abonnements sans trop se renier au milieu des polémiques avec les uns et les autres mais sans trop se fâcher pour rien non plus ; au jugé et à vue il continue donc malgré un désintérêt qui me semble évident et sincère pour de plus en plus de sujets strictement politiques ou électoraux.

Voilà, j’imagine que les autres vont célébrer le militant, le combattant infatigable, inoxydable, « amis de la résistance bonsoir ». Sans doute ils n’auront pas tort, mais de Serge, je préfère le mien avec qui j’allais déjeuner de temps en temps aux alentours du Libre journal. Il vaut bien l’autre.


A Dieu Serge de Beketch

Publié par Thibaud à 12:57 dans RIP

Un an presque jour pour jour après le rappel à Dieu de Jean Ferré (10 octobre 2006), Serge André Yourevitch Verebrussoff de Beketch, cofondateur de Radio Courtoisie et patron d’émission d’un libre journal (18h le mercredi), fondateur du décadaire de résistance française et catholique Le Libre Journal de la France Courtoise est décédé dans la nuit de samedi à dimanche.

Homme de presse formé sur le tas (Pilote, Zoom, Minute, National Hebdo, LJFC…), grand ami de René Goscinny et du romancier-journaliste A.D.G., homme d’action (En 1967, il s’engage dans Tsahal à l’occasion de la Guerre des six jours), ancien franc-maçon (Grande Loge Nationale puis Grande Loge de France), directeur de la communication de la mairie de Toulon alors détenue par Jean-Marie Le Chevallier en 1995 (il démissionne au bout de 4 mois), voici quelques unes des multiples facettes de cet anarchiste de droite qui se qualifiait volontiers de “royaliste-tendance-dure”.

Catholique romain convaincu, grand ami du village de Riaumont, défenseur acharné du respect de la Vie (il parrainait la Marche pour la Vie de Renaissance Catholique, soutenait le Docteur Dor, président de SOS Tout-Petits, dans l’organisation de prières publiques de réparation du crime de l’avortement), membre de l’Alliance Générale pour le Respect de l’Identité Française, cofondateur du Cercle d’amitié française juive et chrétienne, auteur de bandes-dessinées et de quelques pamphlets comme Dictionnaire de la colère ou Catalogue des nuisibles, Serge de Beketch était un homme authentique et imprévisible.

Son humour, sa plume critique et son sens de la formule lui vaudront plusieurs comparutions judicaires et condamnations.

Serge de Beketch est décédé le 7 octobre 2007 des suites d’une hépatite B qu’il avait contracté 15 ans plus tôt en soignant sa maladie de Hodgkin.

J’ai pour ma part eu l’occasion de faire sa connaissance il y a un peu moins d’un an. Il nous avait très chaleureusement invité, Pierre (rédacteur sur e-deo et grand ami de Beketch) et moi à poser des questions à Bruno Gollnisch. Je lui dois donc ma première expérience radiophonique.

e-deo adresse ses condoléance à son épouse, à son fils et à ses nombreux(ses) ami(e)s de combat, son entourage. La France perd aujourd’hui un homme libre, vraiment libre. Puisse son exemple nous inspirer…

Addendum: ce 7 octobre, nous fêtons la Saint Serge…


lundi 08 octobre 2007

Serge de Beketch, le courage et le talent

 

Communiqué de presse de Bruno Gollnisch

 

 

Serge de BEKETCH, journaliste, ancien collaborateur du journal « Pilote », de « National-Hebdo », ancien directeur de « Minute », éditorialiste à Radio-Courtoisie, et fondateur avec son épouse Danièle du « Libre Journal de la France Courtoise », vient de nous quitter après une maladie douloureuse supportée avec beaucoup de courage. Il a rejoint son père, sous-officier de Légion étrangère, mort pour la France à la bataille de Dien Bien Phu,. et son grand-père paternel, aide-de-camp du général Dénikine, chef des Armées Blanches opposées à la révolution bolchévique. Bon sang ne saurait mentir.

 

Mes pensées vont avant tout à Danièle et à leurs deux fils, Cyrille et Aymeric.

 

Avec lui la cause nationale perd un esprit acéré, d’une ironie mordante, d’une très grande culture, et d’un courage exceptionnel. Nos positions ont parfois divergé, mais l’amitié ne s’est jamais perdue. D’un total irrespect à l’égard de la dictature du prêt-à-penser et du « politiquement correct », Serge a payé très cher, devant les tribunaux de la police de la pensée, sa liberté de ton. Il avait conservé intacte une qualité précieuse : la faculté de s’indigner des travers de l’époque. Et il y a de quoi faire ! Nous relirons son Dictionnaire de la Colère et son Catalogue des nuisibles en pensant qu’il est des plumes qui valent cent épées. La France perd l’un de ses derniers grands polémistes. C’est un mot qui veut dire « combattant ». Il a mené le bon combat. Qu’il repose enfin en paix.


 

« Amis de la Reconquête » 10/10/2007

 

Ce mercredi soir la voix chaude de Serge ne retentira plus... "Amis de la reconquête, bonsoir"... Combien de fois avons nous entendons ce salut après les dernières mesures des "Partisans Blancs"? Certains s'étonneront de ce que je me sois pas encore manifesté: ni absence, ni indifférence, une totale incapacité à aligner 3 lignes en pensant à Serge sans pleurer... Totalement idiot, mais c'est ainsi ( le lieutenant visiblement dans les mêmes dispositions me comprendra)... Serge était pour moi un ami et un complice à travers la grande aventure du Libre Journal... J'étais entré en contact avec lui par hasard: un de mes amis m'ayant conseillé de lui envoyer mes articles. J'ai balancé quelques papiers par fax qu'à ma grande surprise il publia sans même me connaître de visu ni m'avertir... Venant à Paris 3 mois plus tard je suis bien évidemment passé le voir... J'ai découvert un homme très cordial d'une extraordinaire culture historique religieuse et politique. J'étais alors dans une très mauvaise passe, j'avais perdu ma femme et je sombrais dans une réelle dépression... Durant des mois, c'est mon activité pour le Libre Journal qui m'a maintenu attendant numéro après numéro ce qui "était passé"... Parce que Serge ne m'a jamais appelé pour me dire s'il passait tel ou tel papier...C'était toujours la surprise!... C'est comme cela que j'ai repris le dessus... Et puis le contexte a changé: Serge m'a contraint à me mettre à l'informatique (parce qu'il en avait marre de faire saisir mes articles)- Je lui dois cela aussi!Comme mon entrée sur VR où il m'a parrainé. Une extraordinaire complicité est née où il a toujours fait une totale confiance: jamais il n'a mis en doute ce que je pouvais écrire et lorsque c'était "très chaud" il me contactait pour me dire "Bon Claude, je passe ce truc mais sans que vous le signiez, comme cela si on se prend un procès de toutes façons vous ne serez pas en cause"! Serge avait le dos large et savait protéger, et c'était un combattant responsable qui savait prendre des risques. C'était aussi un homme d'une extrême cordialité toujours tourné vers les autres et attentif à ce qu'il pouvait faire pour eux. Serge était aussi un enquêteur redoutable qui aimait aller au bout des sujets et au fond des choses. Humour grinçant, verbe incisif, maniant superbement la langue, dénonciateur infatigable des ennemis de notre occident chrétien, c'est pour moi le "Léon Daudet de l'après guerre". Il a durant des décennies contribué à maintenir l'esprit catholique et royaliste qui menaçait de finir au rayon des oubliés de l'histoire. Ce soir sur RC nous n'entendrons plus sa voix...Mais il nous lègue son combat, son esprit et sa fougue, son exemple, sa foi en la Catholicité et la Royauté. Son combat contre l'islamisation, le métissage, etc... Lui, descendant des derniers partisans blancs, a été depuis trente le pionnier des partisans des blancs dans un pays qui les oublie de plus en plus... Alors, si j'adresse mes plus affectueuses pensées pour Danielle, je ne peux m'empêcher d'adresser un message à tous ceux qui l'ont entouré et qui ont participé à son action médiatique. Car il nous faut continuer son action, nous, ses "amis de la reconquête", aujourd'hui orphelins... Ce sera encore la meilleure façon de l'honorer et de conserver son souvenir bien vivant...Là où il est, il saura nous inspirer pour continuer son combat...

 

Claude Timmerman

 

 

 

Merci Claude de ton intervention qui vient toujours au bon moment.  Dans de pareilles situations, l'émotion est très forte, il faut parfois prendre un instant de recul pour réaliser ce que l'on voudrait. Ici il s'agit de témoigner de notre reconnaissance, de notre amitié, de cette camaraderie qui s'était installée avec un personnage hors du commun. Dans le temps qui nous est donné ici bas, nous avons tous un rôle à tenir, il peut être fier, et sa famille aujourd'hui de la mission qu'il a accomplie.

 

je garde quelques échanges privés en mémoire, dans les bons et les très mauvais moments,  où il trouvait toujours la pointe de sagesse et d'humour réconfortante. je ne le savais pas si malade lors de notre dernier échange, nous échangions autour des traitements Beljanski, je le sollicitais pour obtenir de précieux conseils.

 

Dans les nombreux échanges sur VR, je me souviens d'un mail particulièrement plaisant, sur l'enfance et les libertés qu'enfants, nous avons eu la chance de connaître. il m'avait fait rire en lisant son expérience de l'après guerre... ce coté bon -enfant m'avait plu.

En voiture, puisque c'est principalement là que je peux joindre RC, il m'est arrivé de m'arrêter car je me tordais de rire en l'écoutant, et il nous faisait rire en brossant le tableau de toutes les horreurs qui nous entourent... Avec Nicole quand nous partions le mercredi pour la Soupe il n'était pas rare que nous stoppions nos discussions pour écouter Serge.

 

Passionné, passionnant il nous a donné à tous de l'espoir, la volonté de ne pas nous laisser écraser par le rouleau des médias à la botte, des pensées toutes faites et de l'aculture environnante.

Je n'étais pas, comme certains d'entre vous probablement, sur la même ligne dure, radicale du Royalisme que lui  mais sur le fond, nous avions la même attente... son fameux " au Roi, et vite ! " comme il a raison !

 

Dans notre humble travail de l'Institut Louis XVII il a toujours répondu présent quand nous le sollicitions, et je lui en serai toujours reconnaissant.

il a eu , quelques interventions sur VR à ce sujet qui m'avaient fait chaud au coeur ( sans jeu de mot Mahoud ! )

 

Serge laisse un vide mais un héritage qu'il nous faut faire fructifier. Je ne devais pas être présent vendredi, mais je me suis organisé, c'est la moindre des choses pour ce qui ne fait, je l'espère, que débuter.

 

 

Oui, décidément, au Roi, et vite ! et que Dieu nous garde.

 

 

Bien tristement,

 

FB
UN ALBATROS S’EN EST ALLE

Chronique hebdomadaire de Philippe Randa, écrivain (www.philipperanda.com) et éditeur (www.dualpha.com) 10/10/2007


C’est un dernier témoin d’une époque désormais révolue. Une époque que les enfants du XXIe siècle n’ont forcément pas connue. Une époque de sombre traversée de désert politique pour les nationalistes français, puis de renaissance sur fond de diabolisation ; une époque où la presse ressemblait encore plus ou moins à ce qu’elle avait été depuis sa création, avant la révolution internet… C’étaient les années post-68 ! Avec le terrorisme intellectuel de la gauche, l’exhibition (plus que la libération) sexuelle, les chocs pétroliers, l’immigration incontrôlée rapidement devenue incontrô¬lable et l’apparition de ces longues durées de chômage dont certains de se relèvent plus… C’étaient les années Giscard, les années Mitterrand, les années Chirac, les années de ceux qui ont le souvenir nostalgique de leur vingt et quelques années…

Ce témoin, c’était Serge de Beketch, emporté voilà quatre jours par ce qu’il est convenu d’appeler les suites d’une terrible maladie.

Je laisse à d’autres le soin de vanter ses qualités forcément inestimables autant qu’innombrables. La mort a au moins cet avantage qu’on vous pare subitement de toutes les qualités qu’il n’était pas question de vous reconnaître de votre vivant. On y passe tout autant sous silence vos défauts. La convenance l’exige, paraît-il. Paix aux cendres chaudes.

Mais la convenance est-elle vraiment de mise avec Serge de Beketch qui, toute sa vie durant, s’en est allègrement moqué, au grand dam de ses amis encore plus que de ses ennemis ?

Déjà, il avait une lourde hérédité qui ne le faisait pas bien voir des grands démocrates de progrès, qu’ils soient estampillés socialistes ou communistes : petit-fils de l’aide-de-camp du général Denikine, chef des armées blanches en Russie impériale et fils d’un sous-officier de légion étrangère « mort pour la France » à la bataille de Dien Bien Phu, comment voulez-vous qu’il portât plus que ça les gens de gauche dans son cœur ? Aujourd’hui que le communisme n’est plus grand chose, on peut dire de celui-ci du mal sans trop de danger. Les gens de droite ne s’en gênent pas. Mais durant les années giscardo-mitterando-chiraquiennes, il n’était guère conseillé de s’y risquer.

Serge de Beketch se jeta dans le politiquement incorrect avec une allégresse frôlant, il faut bien le dire, la folie pure : pilier de l’hebdomadaire Minute où il entra comme pigiste avant d’en être propulsé un quart de siècle plus tard son directeur de la rédaction après avoir dirigé entre temps celle de National hebdo, autre hebdomadaire, encore plus exécré des bien-pensants.

Puis, jugé par trop de monde « incontrôlable », il avait créé ce Libre Journal de la France courtoise qui paraît tous les dix jours depuis maintenant presque quinze ans… six ans après avoir co-fondé avec Jean Ferré Radio courtoisie où il y animait une émission toutes les semaines.

Et dire qu’il se définissait volontiers comme un paresseux congénital – je crois bien qu’il ne plaisantait pas et qu’il en était sincèrement persuadé – tandis que les vrais travailleurs se reconnaissent aujourd’hui plutôt cramponnés à leurs avantages acquis et aux 35 heures de madame Aubry.

Ami déclaré de Jean-Marie Le Pen, on ne se gêna pas pour lui faire porter l’étoile jaune la plus infâmante qui soit depuis un demi-siècle: celle de l’antisémite furieux… oubliant toutefois qu’il s’était s’engagé en 1967 dans Tsahal à l’occasion de la Guerre des six jours et qu’il fut le co-fondateur quelques années plus tard du Cercle d’amitié française juive et chrétienne (avec Bernard Antony, Alain Sanders, Jean-Pierre Cohen et Pierre Semour).

Il fut également franc-maçon et ne s’en cacha jamais, surtout après avoir rompu assez brutalement avec les obédiences qui l’avaient si profondément déçu. Depuis, il n’était guère tendre envers les frères trois points. Au moins avait-il approché de près le Grand Architecte de l’Univers autrement qu’à la lecture de quelques livres de fantasmes aussi obsolètes que maniaquo-complotistes… Ça ne l’empêcha pas, toutefois, de conserver nombre d’amis maçons, à tel point qu’on aurait pu parfois se demander non pas qui était frère dans son entourage… mais qui ne l’était pas. J’exagère ? Sans doute, mais ça l’aurait bien fait rire et il était vraiment trop mal placé pour reprocher à qui que ce soit d’exagérer.

Car Serge de Beketch exagérait, il faut bien le dire quand même ! En tout ! En journalisme, en politique, en religion, mais encore plus, peut-être, en amitié. Ça lui donnait un côté Don quichotte, un peu maladroit, gaffeur, irritant autant que touchant, bref un côté albatros, vous savez ce vaste oiseau des mers auquel Charles Baudelaire a consacré un de ces plus beaux poèmes.

C’est que Serge, en fait, et pour tout vous avouer, était bien semblable au prince des nuées ; il hantait la bêtise et se riait des juges… Il s’en était retrouvé forcément exilé au milieu des huées de la bien-pensance… sauf que lui, ses ailes de géant, personne n’était parvenu à les couper !


Note
Allez donc lire l’entretien où il raconte son parcours professionnel (http://fr.novopress.info) ; et allez donc voir aussi le site du Libre Journal (http://www.francecourtoise.info)… et si vous ne le connaissiez pas, procurez-vous enfin un numéro du « très beau et très cher » (dixit son fondateur) Libre Journal, disponible dans certaines librairies ou par abonnement annuel au prix de cent dix euros payables en une ou plusieurs fois. En espèces, par chèque ou mandat (avec les regrets, déjà du vivant de son vénéré directeur, de ne pas accepter les bons de la semeuse et les chèques Tintin) à l’ordre de SDB, 4 place Franz Liszt 75010 Paris.


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