L'église des maîtres

 

Le message évangélique pouvait s'adresser en esprit à tous les hommes et par préférence aux pauvres, aux faibles, aux humbles, aux esclaves, aux "heureux" des béatitudes. Dès l'instant où la nouvelle religion a pu prétendre au gouvernement spirituel de la société humaine, elle ne pouvait plus miser seulement sur les opprimés, à moins de leur prêcher l'insurrection. Elle a cherché à se concilier, c'est à dire à convertir, les maîtres du jour ou du lendemain : les empereurs, l'aristocratie romaine, les Barbares envahissants. De même, plu tard, fit elle porter ses efforts sur  les Normands et même sur les Mongols. Dans l'Europe médiévale, renaissance, classique, l'Église tint, on le sait, dans ses mains la société chrétienne aussi longtemps qu'elle tint les Princes aristocrates terriens ou marchands. Elle reste bourgeoise au XIX siècle, jusqu'au jour où l'ébranlement de la domination bourgeoise l'incite à prendre le vent de  l'histoire, à rechercher l'appui des formes sociales montantes, des ouvriers des villes, des peuples prolétaires et prolifiques. Si elle s'est détournée de la "bourgeoisie", ce n'est pas tant à la recherche de nouveaux opprimés qu'à la recherche de futurs maîtres.

Mais, même au prix du sacrifice de sa mythologie traditionnelle et de sa laïcisation socialisante et humanitaire, l'Église peut elle faire revivre, en le greffant sur des masses qui la détournent d'elle, sa domination périclitant ? L'homme moderne a besoin d'une foi, peut être plus vulgaire, sommaire et primaire que la foi chrétienne, mais peut-être autre.

Thierry Maulnier

 

Texte transmis par Richard (VR) jrap@online.fr janvier 2001

 

 

 

Cité à nouveau en août 2002 sur VR , il suscita la réaction suivante  de  Jean Claude Lepine :

 

 

Cher Richard,

 

NON, NON, NON, et NON !

 

Ce texte est injurieux, stupide ! Il n'est même pas argumenté ! L'Église des maîtres et puis quoi encore ! Je t'invite à relire l'excellent courriel de Paul le Hérisson sur l'âne de Buridan.

Je connais tes ressentiments vis-à-vis de notre Sainte Mère suite aux condamnations de l'A. F., mais il y a de l'abus, je veux bien croire que ton ignorance est purement passive, mais si tu persistes, je finirai pas croire qu'elle est active ! 

D'une part, l'Église est constituée de clergés, il y avait un clergé hostile à l'A.F., mais il y en avait un autre très favorable et qui s'est investi corps et âme pour faire connaître et développer le mouvement. Vous étiez bien content de compter sur nous pour lancer votre mouvement ! Quand on considère

par exemple l'action de Dom Besse qui en dépit de l'athéisme revendiqué par les dirigeants de l'A.F. a traversé la France de long en large pour faire connaître le mouvement. Quand Pie X a exprimé clairement son soutien à l'A.F.

à la Mère de Maurras et l'a invité à réclamer une prompte conversion de son fils, en ce temps-là vous ne crachiez pas sur l'Église. Lorsque le Sillon a été condamné, sa doctrine n'étant pas conforme avec les enseignements de Notre Sainte Mère l'Église, Maurras n'a pas dénoncé l'Église des traites ! Et nous pourrions continuer Ad aeternam !  L'Église c'est deux mille ans d'histoire ! Forcément il y a eu des apparences de faux pas et de maladresses ! Et puis ce n'est pas tant l'Église qu'il faut juger mais les courants, les influences qui s'y exerçaient. Le pontificat libéral de Léon XIII n'est pas comparable à celui plus conservateur de Pie X, celui de Pie X n'étant pas comparable non plus à celui de Pie XI et celui de Pie XI n'est en rien comparable avec celui de Pie XII.....etc. Il y a au sein de l'Église une recherche de continuité, un cheminement comme se complaise à le dire les modernistes, mais cependant l'Église n'hésite pas à prendre des chemins étroits et tortueux. Et puis si tu trouves que l'Église est malade, souffrante, et mal soignée et bien tu fais comme moi ! Au grands maux les grands remèdes ! Tu rejoins la fraternité ou les sédévacantistes ou que sais-encore ! Mais de grâce pas d'abandon et encore moins de coups !L'histoire de la Monarchie française et intimement liée avec celle de l'Église ! Penses-tu qu'en dressant l'une contre l'autre tu adoptes la bonne tactique ? N'as tu pas le sentiment que la Monarchie française n'est rien sans l'Église et que l'Église contaminée par les idées de 1789 à bien perdu de son éclat !

Quitte à me répéter, je ne suis pas d'accord avec le clergé moderne qui oeuvre au Vatican depuis trop longtemps, mais je me considère membre à part entière de l'Église catholique et à ce titre,  ton texte m'offense.

Je te serai infiniment reconnaissant de ne plus l'évoquer et de demander qu'il soit retiré du site du Lieutenant avec son accord bien entendu.

 

Bien amicalement. 

 

Jean-Claude LEPINE

Omnia restaurare in Christo