Réflexions sur l'évolution de notre société

Message de Claude Timmerman, 26-04-2003.

 

Au sein des turbitudes....

 

Les réflexions de notre ami Paul sur l'évolution de notre société et le rôle de l'Eglise m'enchantent souvent, mais il est une série de points qui me semblent de la première importance sur lesquels, pas plus lui qu'un autre ne me semblent soulever ou insister suffisamment: l'origine et la motivation de ce déclin de l'Occident que chacun s'accorde, sous une forme ou sous une autre à déplorer.

En effet, la civilisation ouest européenne est indissociable du rôle de l'Eglise dans la société...au moins depuis le baptême de Clovis, générateur du sacre royal et de la symbiose du trône et de l'autel qui a fait de la monarchie le régime politique de la France et de toute l'Europe post romaine dans l'Empire d'Occident.

Or bien au delà des questions de Foi ou de morale, cette institution a été le fondement et le moteur des éléments de notre société:

- l'éducation (et la science) assurée par les clercs puis les ordres spécifiques (oratoriens, jésuites, frères des écoles chrétiennes, dominicaines, soeurs du bon sauveur, etc...)

- le contrôle de la société civile, des aspects religieux de la cérémonie d'adoubement des chevaliers aux "empêchements" avoués du mariage et à l'interdiction de mariages consanguins.

- l'administration de la société civile (registres d'état civil et structuration de la famille, par le baptême, le mariage, et les enterrements)

- l'administration territoriale par le découpage en diocèses, doyennés et paroisses. (un truc qui marchait si mal que la glorieuse révolution l'avait soigneusement conservé en en changeant simplement les noms : départements, cantons, communes)

- la santé par l'édification et la gérance des lazarets, hospices, hôpitaux puis dispensaires, sans parler de la foultitude de médecins ecclésiastiques au moins jusqu'au XIX° siècle, et des ordres de religieuses consacrées aux malades et aux indigents, comme les soeurs de Saint Vincent de Paul...

- la justice où les préceptes toujours appliqués du décalogue et la présence des crucifix dans les prétoires rappelaient assez l'importance de la religion dans la morale chrétienne qui présidait à l'élaboration de nos lois.

- la promotion sociale, toujours prônée par l'Eglise et dans l'Eglise, où par le mérite et ses qualités propres un individu pouvait s'élever de la fange aux plus hautes fonctions : combien peut-on compter de Woosley dans les curies?

- la participation des cadres ecclésiastiques aux instances politiques (ministres, ambassadeurs, conseillers, pour ne parler que de ceux là...)

Ceci reposait sur deux piliers: la tradition catholique sur le plan religieux et la continuité monarchique sur le plan politique, la seconde découlant de la première.

Pour changer la société il fallait donc s'attaquer à l'autel avant se s'attaquer au trône, ce que les conventionnels de 92 ont vite compris...Cela est bien connu.

Ainsi naquit la république et l'idée de laïcité comprise alors comme l'exclusion du religieux d'un certain nombre de domaines (administration, santé, justice, éducation, etc...)

C'est ce régime sous lequel nous avons vécu jusqu'à aujourd'hui et qui est en train de changer.

En effet cette exclusion de la religion du seul domaine politique laissait le citoyen continuer à croire à ses valeurs et à sa tradition plus que millénaire...et l'expérience prouve que cela est encore beaucoup trop: aujourd'hui si moins de 15% des français déclarent aller à la messe, 65% se déclarent catholiques, se marient et se font enterrer à l'Eglise...où une majorité, bien que cela soit en baisse constante, font encore baptiser leurs enfants!

Changer la société implique donc de rompre l'esprit de la tradition chrétienne dans la tête des chrétiens. C'est ce que qu'a réalisé Vatican II en changeant le rite, et le gouvernement de Chirac en mettant en chantier le "fait religieux"...

- Changer le rite a naturellement conduit par la multiplication des traductions des textes à casser la tradition religieuse transmise de génération en génération, donc à créer dans les milieux même les plus religieux un fossé entre les générations : les prières et même les citations les plus classiques et les plus connues, points de repères des catholiques les moins religieux sont plus ou moins gravement altérées.

Nous ne prendrons que deux exemples:

« Celui-ci est mon fils bien aimé, en lui j'ai mis ma complaisance » devenu je ne sais quoi,

« Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté » devenu " aux hommes qu'il aime"

Pour ne pas parler de la charité devenue "amour" ce qui encore plus maladroit en français que d'en d'autres langues ou amour s'exprime toujours par plusieurs termes suivant ses sens distincts.

Aujourd'hui donc ces repères traditionnels ont sauté.

Pire la nouvelle traduction de la bible se voulant faite au "mot à mot" donne de ce texte sacré une impression de galimatias loufoque inintelligible cautionné par certains "auteurs modernes de renom" qui ont contribué à cette chienlit.

Le tout n'a qu'un but : désacraliser les fondements même de notre religion après avoir, grâce à Vatican II, selon les propres termes d'un provincial jésuite "désacraliser l'Eglise".

Dans ce contexte, l'intervention d'un enseignement laïc des religions, le "fait religieux", tel qu'il est envisagé par notre médialogue (d'extrême gauche ce n'est pas un hasard) ex activiste, apôtre des terroristes les plus exécrables, Régis Débraye, tombe à point nommé.

Il est riche de menaces et de conséquences.

- Mise sur un pied d'égalité de toutes les religions, du fétichisme au polythéisme, des religions les révélées aux sectes pseudoreligieuses les plus bizarres...voire sataniques.

- Enseignement factuel dénué de toute référence à la Foi et au Sacré du "religieux" envisagé comme philosophie ou morale avant d'être simplement taxé de superstition déviante à la prochaine génération...et enseigné par des gens non formés, non préparés...et en général athées.

- Remplacement à terme du catéchisme par ce galimatias d'extrême gauche même dans les milieux catholiques de tradition...

- Incitation pour les croyants "irrécupérables" au syncrétisme religieux chez les jeunes .

Au total, le but sera atteint : détacher la morale "devenue civile" de toute conception religieuse et balayer à la fois son bien fondé et son rôle social dans la continuité de sa pratique.
Ce dernier ciment, fondement traditionnel de la société occidentale aura enfin sauté : la maçonnerie et le judaïsme y travaillent conjointement depuis plus de deux cents ans!

Ce n'est donc pas un hasard si aujourd'hui les Etats Unis, dernière province d'Israël, le plus ardent pourfendeur de la renaissance monarchique dans les pays restaurés de l'Europe de l'Est, le pays de toutes les sectes et de tous les fétichismes, font figure de prototype de la civilisation émergente, et de la culture mondialiste...

 

                                                Claude T.