Une profession de foi intéressante :

 

Le Chouan écrit le 5-10-2002 :

Un ami m'envoie ceci.. Cela ouvre une bon débat :



« Je suis contre un rétablissement de régime. Je suis pour l’établissement d’un régime différent de l’actuel et de tous ceux qui l’ont précédé. A l’heure où tout va à la catastrophe humainement et écologiquement, tout est à réinventer.


Mon idée est régime constitutionnel et parlementaire ; des parlements de provinces qui seront plus à l’écoute des électeurs, simplifiant l’administration, la rendant moins coûteuse et plus efficace.


Le sénat qui a remplacé la chambre de pairs devrait être supprimé. Pour équilibrer les pouvoirs les parlements comme le souverain devraient avoir une part du législatif et de l’exécutif, rendant plus rapide l’établissement des lois, et offrant un traitement plus logique des décisions en vertu de leurs priorités et de leur échelle d’importance pour la Nation. Une reforme politique ne pourra se faire que si on repense le mode de fonctionnement de l’administration et que l’on révise sa gestion.


Les français sont trop imposés, trop de taxes diverses, etc. Certains économistes ont déjà développé leurs thèses, et donné leurs conclusions. Nous avons l’image des souverains étrangers comme des gens qui touchent des milliards, le faste de la monarchie britannique nous éblouit Mais la monarchie britannique coûte moins de 0,01€ aux contribuables, de plus la Grande Bretagne est un état féodal, la liste civile est versée contre le bénéfice et l’usufruit du duché de Lancastre, qui rapporte plus à l’état britannique qu’il ne verse à la Reine. Les monarques européens n’ont pas de telles listes civiles, et elles se limitent dans les autres pays au souverain et à son héritier. La liste civile n’est pas comme nous pourrions le croire de l’argent de poche, le souverain doit avec cet argent faire fonctionner son cabinet, l’entretien des résidences mises à sa disposition, ses déplacements etc… Le revenu de notre président est juste son argent de poche, le reste est à la charge des différents ministères, sans parler de l’argent reversé par Matignon à l’Elysée. Le souverain est, lui, obligé de donner connaissance de l’usage de cette liste au parlement, chose que la présidence n’a pas à faire.


Nous n’empêcherons jamais les politiciens et les fonctionnaires véreux, mais l’idée que la noblesse retrouve un pouvoir, j’y suis totalement opposé. En quoi, sous le prétexte que je suis titré, devrai-je avoir plus de droit qu’un autre ? Si certain d’entre nous désirent entrer en politique grand bien leur face. Je n’ai pour ma part pas ce désir, et trouve ridicule de m’imaginer recevant l’aveu de mes vassaux ! Les souverains européens ne distribuent plus que rarement des titres qui sont généralement non transmissible (Belgique), d’autres pays n’en ont jamais donné (Norvège), et d’autres refusent d’en redistribuer (Vatican). Si un souverain désire remercier une famille avec un titre, pourquoi pas. Mais pas de retour de privilèges, au contraire supprimons ceux qui pourrissent notre société. »

 

Patagon écrit le 6-10-2002 :

 

Le Chouan cite :


« Le sénat qui a remplacé la chambre de pairs devrait être supprimé. Pour équilibrer les pouvoirs les parlements comme le souverain devrait avoir une part du législatif et de l'exécutif, rendant plus rapide l'établissement des lois, et offrant un traitement plus logique des décisions en vertu de leurs priorités et de leur échelle d'importance pour la Nation. Une reforme politique ne pourra se faire que si on repense le mode de fonctionnement de l'administration et que l'on révise sa gestion. »


Personnellement, j'aime bien l'idée d'avoir une chambre haute et une chambre basse. Pas deux chambres qui votent à tour de rôle les mêmes textes -car dans ce cas l'une des deux ne sert à rien, ou alors on risque le blocage- mais deux chambres qui représentent la Nation de manière différente, et qui traitent de sujets différents. En ce sens la constitution américaine (sur ce point) ne me semble pas loin d'être parfaite. Une chambre basse : la chambre des représentants qui représentent chacun x milliers de citoyens (de sujets) et qui traitent des questions locales (chaque état a plus ou moins de représentant (Rhode Island : deux, et la Californie une trentaine (de mémoire), et le Sénat composé de deux sénateurs par Etats qui votent les lois concernant la Nation dans son unité, en bref : la guerre, la paix, les impôts et lois fédérales, les juges de la Cour Suprême.)  Sur ce modèle, on pourrait imaginer une chambre basse représentant les sujets par groupe de cinq cent mille (par exemple, ça ferait quand même 300 représentants), et une Chambre des Pairs, à deux, trois, quatre Pairs par Province, les vraies bien sûr (Normandie, Bretagne, Béarn, Corse (Ca c'est pour Corsica) île Bourbon., pas ces départements issus de la Révolution Française), et où le Roi pourrait aussi nommer des personnalités méritantes, ou des représentants de certains corps de métier, certains Evêques, Le Chef d'Etat Major des Armées ®. Il pourrait même avoir un quota protégé, 75 par exemple.


Vive le Roi, Vive la future Charte Royale pour protéger les sujets des abus des Parlements.

 

Le Lieutenant a écrit le 6-10-2002 :

A titre d'information, semblable débat a eu lieu en Belgique.

Le texte qui suit est tiré de http://www.senate.be/magazine/1997_1/bevoe_fr.html où l'on trouve aussi un intervew du président du Sénat et un historisque de celui-ci (pas le président, le sénat ;-)). Ce texte n'est pas inintéressant, la réforme non plus, malgré une solution partiellement inaboutie, due aux inévitables compromis et quelques sottises inévitables en une démocratie ou le Roi n'a qu'un pouvoir limité. A noter que la France Royale dont rêvent beaucoup a un caractère en fait de type fédéral, avec le souhait de respect des régions historiques et la riche diversité qui en résulte. La différence pour la Belgique est le birégionalisme et la faiblesse du pouvoir fédéral source de bipolarisation dangereuse, en France un pouvoir Royal fort et un grand nombre de régions devrait éliminer le risque de tensions explosives pour l'unité nationale. Voici le texte :


"Le Sénat sait ce qu'il veut  

Un aperçu des compétences du Sénat Une monarchie constitutionnelle et parlementaire, organisée autour d'un bicaméralisme intégral, telle est la Belgique unitaire qu'a voulue le constituant de 1831. Un Etat fédéral en lieu et place de l'Etat unitaire, est le résultat de la réforme qu'a votée le constituant de 1993. Pour adapter les institutions à cette réalité, le parlement a été remodelé en fonction de la spécificité de chaque chambre législative.

La réforme de l'institution parlementaire a cherché non seulement à améliorer la qualité et la rapidité du travail parlementaire en évitant les interminables navettes entre les deux chambres, sources de redites et doubles emplois, mais aussi à mieux coller à la réalité fédérale.


'Cure de jouvence' pour un Sénat nouveau ...

Des deux chambres législatives, c'est au Sénat que la réforme de l'Etat a apporté les modifications les plus profondes.


La Constitution, outre le fait d'avoir ramené l'âge d'éligibilité des sénateurs à 21 ans au lieu des 40 exigés auparavant, a imparti à la Haute Assemblée un rôle politique spécifique axé sur la législation, les relations internationales, les rapports entre l'Etat fédéral et les communautés et régions, ainsi que le droit d'enquête.


Chambre de réflexion

Le Sénat a toujours eu une vocation de chambre de réflexion législative. La conception qu'il se fait de son rôle a toutefois donné un nouvel essor à cette mission entre autres avec l'organisation de grands débats de société. Dans ce cadre, le Sénat a organisé un important colloque sur les relations entre justice et presse.


En 1996, il a également tenu un débat économique sur la problématique de la SNCB et des transports en général, débat qui préfigure les discussions futures sur des sujets essentiels pour la société de demain.


La commission des Affaires sociales finalise la préparation d'un débat sur l'exclusion sociale en séance plénière. D'autres thèmes qui conditionneront la société du XXIème siècle -l'euthanasie par exemple- devront être abordés, bien que ces questions soient délicates à traiter en raison des sensibilités politiques et philosophiques diverses. Ce rôle, certes difficile mais passionnant, revient au Sénat. Ces débats doivent déboucher sur des initiatives législatives ou politiques.


Chambre de rencontre

Sans devenir la chambre des entités fédérées à part entière, le Sénat s'est mué en chambre de rencontre, le lieu privilégié des relations entre le pouvoir fédéral et les entités fédérées, grâce à la présence, en son sein, de vingt-et-un sénateurs issus des conseils de communauté.


Règlement des conflits d'intérêts Le Sénat a trouvé un nouveau champ d'action en étant seul compétent pour se prononcer, par voie d'avis motivé, sur les conflits d'intérêts qui opposeraient le parlement fédéral et les conseils de communauté ou de région."

 

On retrouve ici des idées dans la ligne du système américain évoque par Patagon, j’y observe un autre sujet de réflexion : dans le texte ci-dessus on voit le sénat belge chargé également des aspects éthiques. Dans un système plus transcendant comme le souhaitent une majorité sur VR, on pourrait se demander dans quelle mesure ce rôle devrait relever du Roi seul ou être sujet des travaux de ce sénat.

 

Paul Turbier, le 6-10-2002 :

Le Chouan et Patagon mettent la question du parlement sur le tapis à propos de chambres hautes ou basses. Je suppose qu'ils n'envisagent ce problème sous l'angle royaliste.

    Or sous cet angle, l'utilité d'un parlement, royal ou provincial, est mince, purement technique et se limite à mettre en forme et à enregistrer les décisions royales ou celles des gouverneurs de provinces . Louis XV les avait supprimés sans inconvénients majeurs et leur rétablissement par Louis XVI se révéla funeste.

    Les conseils rapprochés qui assistent le Roi ou les gouverneurs servent de chambre pour délibérer sur le fond. Le fait que leur effectif soit de quelque personnes plutôt que de quelques centaines est plutôt favorable sur le plan de l'efficacité et de la réactivité.

    Et le peuple ? comme toute décision d'action gouvernementale engendre une dépense et que toute dépense doit être intégrée à un budget et que tout budget comprend des ressources mises en face des dépenses on est conduit à lever des impôts pour faire face aux dites dépenses. C'est là que le peuple intervient en consentant ou non à l'impôt par des modalités diverses et variées..

    C'est en proposant ces mécanismes à des patriotes sincères mais aujourd'hui républicains qu'on peut les amener à envisager le retour à la monarchie héréditaire. En passant on pourrait comme au supermarché, comparer les prix et on verrait vite qu'entretenir des chambres de notables est un luxe dispendieux.

    Comme dit souvent Sergeen reprenant un adage d'origine oubliée par moi, c'est mon opinion et je la partage.

 

Paul T.

 

Patagon, le 7 octobre 2002 :

Une cuistrerie: Le Chouan met la question du parlement sur le tapis, Patagon ne fait que la reprendre.

Sur le fond: il est vrai que les chambres ne servent pas à grand chose. Mais attention, si pas de chambre(s) le Roi devra s'entourer de hordes d'anciens élèves de l'Ecole Royale d'Administration (l'E.R.A., les rats héhéhé) pour gouverner le pays.  Et personnellement je me méfie plus d'une caste auto proclamée élite d'ignorants arrogants, que d'une assemblée de bavards.  Ces "élites" sont toujours les premières à trahir, et à pousser pour les choses à la mode  (c.f., Spengler sur le déclin de l'Europe)...

En fait  les chambres deviennent automatiquement des lieux de bavardages et de grandes déclarations humanitaires, si elles n'ont rien d'autre à faire.  Aujourd'hui 80% des lois (je crois) sont des ré-écritures de directives Bruxelloises, et donc on s'ennuie un peu au Palais Bourbon, alors on vote des textes sur le génocide arménien, ce qui est, vous en conviendrez, pas du tout mais du tout alors le travail d'un parlement.

Un parlement, une chambre basse, doit d'abord voter les impots.  Tenir les cordons de la bourse.  Et en ce sens la proximité territoriale avec les électeurs et plutôt une bonne chose, surtout dans notre bon pays ou l'esprit centralisateur et jacobin et donc parisianiste est presque une seconde nature.  Bien sûr, un certain nombre de dispositifs techniques doivent garantir que l'esprit ne peut être tourné facilement, par exemple, un député ne pourrait servir que un ou deux mandats, le nombre de jours à Paris doit être limité...

 Rien n'interdit bien sûr le roi d'avoir un conseil rapproché, et il convient même qu'icelui ai le dernier mot (le roi, pas le conseil) sur les parlements.

Enfin, nous ne sommes plus en 1849, le peuple est habitué a cette forme de représentation (j'appellerai cela le sensu fidei) et le roi ne pourra revenir sur deux cents ans d'histoire même républicaine (mon coté Bainvillien).

Pour finir, nous sommes maintenant très intégrés dans une Europe supranationale et des parlements très enracinés seraient une bonne défense contre les crétineries bruxelloises (désolé mon lieutenant,

j'aime trop le plat pays pour supporter cette assemblée de bavards et d'idiots).

Quoique on puisse aussi me rétorquer, que justement, nous sommes maintenant trop intégrés dans une Europe quasi fédérale pour que cette question ai le moindre intérêt, et honnêtement, celle du roi aussi.

 

Paul Turbier, le 7 octobre 2002 :

Patagon a écrit :

> Une cuistrerie: Le Chouan met la question du parlement sur le tapis, Patagon ne fait que la reprendre.

    Je ne dirais pas que la surprise de me retrouver cuistre ce lundi matin m'ait rendu le réveil joyeux, mais cependant je tenterais d'être assez lucide et calme pour continuer le débat.

    Patagon, assigne à la chambre basse la fonction de voter les impôts. D'accord, bien sûr, mais inquiétude sur son recrutement. Si ses membres sont des représentants élus à la manière des députés républicains, c'est à dire à la suite d'une candidature investie par une coterie politique, merci beaucoup, nous avons donné et nous en crevons.

    Que voyez-vous donc, cher non-cuistre ?

Paul T.

 

André Clert même date :

Mais non, cher Paul, notre ami Patagon ne vous traite pas de cuistre. Il s'excusait seulement d'apporter une précision, sans pour autant se prendre vraiment pour un pédant vaniteux et ridicule. Bon lundi à tous les deux.

André

 

Patagon, itou :

Une précision pour redonner son sourire à Paul Turbier, cuistrerie ne le concernait pas lui, mais moi.  Je l'entendais dans le sens de précision -un peu pédante- de langage.  C'est donc moi-même que je visais.

Sur la désignation des députés: bigre vaste débat.  Je pense en fait que le suffrage universel ne doit pas l'être du tout.  Que la capacité d'être élu doit être réservé à certains, et le fait de voter à un peu

plus grand nombre.  Comment définir les catégories: l'age, l'enracinement, les réussites...  le nombre d'enfants (non Macgama, me tapez pas...).

Amicalement, et surtout à Paul.

 

Annelysdefrance, 8-10-2002 :

Personnellement, je n'ai absolument rien contre le suffrage universel en soi. Je n'oublie pas que pour les élections aux assemblées révolutionnaires et pendant presque tout le dix-neuvième siècle, c'est la portion la plus à gauche de l'intelligentsia de l'époque qui s'est opposée au suffrage universel, comme elle s'est ensuite opposée au suffrage féminin.

Ce n'est pas le suffrage universel qui me paraît à rejeter : c'est les élections auxquelles il s'applique et la manière dont il est pratiqué.

Pour le "consentement à l'impôt" (totalement oublié depuis longtemps, puisque notre Parlement n'a son mot à dire que sur moins de 5% des dépenses financées par l'impôt et donc sur celui-ci), il me semble que connaître l'opinion de tous, même les plus faibles et les plus incapables de discernement politique, est nécessaire, puisque tous paient au moins la TVA etc.) Cela exigerait, pour éviter les consultations trop fréquentes (encore que celles-ci pourraient être rendues plus faciles et accessibles grâce à l'Internet) une prévision budgétaire à quatre ou cinq ans et non pas sur une seule année(étant entendu qu'en cas de très graves événement imprévus, il pourrait y avoir des budgets et donc des consultations intérimaires). La proposition de l'exécutif pourrait d'ailleurs être accompagnée de propositions alternatives, expliquées par leurs promoteurs, et entre lesquels les électeurs-contribuables pourraient choisir. Il est bien évident d'autre part que, s'il est nécessaire que, s'étant vu exposer (selon le cas, par le roi, par le gouvernement de la province, par la municipalité ou par "l'opposition") les motifs du niveau de l'impôt demandé, le vote porte sur celui-ci, et non sur les détails du budget qui aurait été préparé par un Conseil.

Le rôle du Parlement serait alors essentiellement législatif : examiner les propositions du gouvernement, les amender éventuellement et assurer ainsi le consentement à la loi, des garde-fous constitutionnels empêchant (comme c'est d'ailleurs le cas, dans une certaine mesure, dans la constitution de la Vème République) qu'une coalition d'occasion puisse repousser une proposition par pur esprit d'opposition ou de cabale, sans présenter elle-même un projet constructif alternatif qui puisse être adopté, si le roi y consent.

Pour les élections de personnes participant aux Parlements ou aux organes équivalents dans les provinces, ou aux municipalités, ce qui me paraît être à écarter c'est la désignation des candidats par les partis politiques.

Les candidatures, qu'il y ait vote par liste ou au scrutin uninominal, devraient être personnelles et il devrait être interdit aux partis politiques, syndicats ou autres corps  et de les susciter, et de leur accorder leur patronage.

En revanche, il devrait être permis aux candidats d'exposer librement et suffisamment leurs qualifications, éventuellement le bilan de leur action politique antérieure, s'il y a lieu.

Le rôle des partis politiques serait alors un rôle de réflexion et de proposition.

Vive le Christ-Roi ! vive le roi !

Anne

 

Michel Séguy, 8-10-2002 :

Rappelons que, sous la royauté, le vote existait et parfois même au suffrage universel (homme et femmes) :

* pour les communes par exemples et villages. Bon nombre de "conseils municipaux" étaient élus par tous.

* et a divers échelons intermédiaires.

* et rappelons que, parfois, les évêques étaient élus: Saint-Augustin par exemple le fut.

Il n'y a pas de "signe du mal" dans le fait d'élire.

ne pas confondre "république" et "suffrage universel" ou "élection".

MS

 

Patagon, le 8 octobre 2002 :

Ma formule tenait plus de la boutade que de la profession de foi politique.  Cela étant, concernant l'élection des membres du parlement, j'aurai du dire simplement que tous ne devraient pas voter: le vote à 18 ans est une ânerie, le droit d'être élu encore fier de son acné juvénile aussi.  Le minimum me semble 25/30, obligations militaire révolues.

On peut imaginer mille autres limitations, le principe, ce me semble est que seules les personnes dont on peut raisonnablement penser qu'elles sont saines de corps et d'esprit, et doté du minimum d'expérience devraient avoir voix au chapitre.

Concernant les élections, ils ne devraient pas non plus y en avoir cent cinquante: la ville, la région, le ou les parlements nationaux.  Point. Cela limite d'autant les consultations. 

Pour l'impôt, plusieurs principes, avant même le vote du budget, devraient dominer les débats: l'équilibre budgétaire en est un, la simplicité un deuxième.  Et là je vous rejoins, c'est l'affaire de tous. C'est d'ailleurs la fonction première que j'avais donnée à la chambre basse dans ma première péroraison sur les parlements: le vote des budgets, et donc la tenue des cordons de la bourse.  Chose bien oubliée de nos crétins d'assemblées. 

Je ne vous chercherai pas non plus des poux dans la tête sur les budgets à cinq ans.  Travaillant dans le domaine de la défense, c'est une nécessité.  Un porte-avion est construit en cinq à dix ans, un sous-marin en cinq à six, est la moindre série s'amortie sur dix ou quinze ans.  Pareil pour les transports, et de plus, pas loin de cinquante % du budget de l'état servant à payer les salaires et pensions des fonctionnaires, les engagements budgétaires sont verrouillés sur trente ou quarante ans.

Il n'y a que sur les moyens de votre dernier point que je reste prudent. Comment interdire les partis qui sont une conséquence de la lutte politique.  Je ne vois qu'un moyen, c'est de rendre la fonction politique un aspect temporaire de la vie de chacun.  Plus de  Chirac homme politique en sortant de l'ENA et passant sa vie à vouloir devenir Honcho Numero Uno.  Que des Cincinatus, mais les institutions ne nous protègent vraiment de rien.  Seule la valeur des hommes...

Il me semble que Montesquieu à écrit de belles choses la dessus.

Amicalement,

 

Le Lieutenant, 8-10-2002 :

Le suffrage universel a en soi l'avantage de rendre tout le monde partie prenante à la gestion de l'état. Il ne devrait toutefois pas être exclu de voir parfois ce droit être retiré, c'est d'ailleurs le cas lors de la suspension des droits civiques pour des criminels (Il en fut parfois fait mauvais usage politique, mais ce n'est pas le sujet ici).

Ce qui me semble critiquable dans le suffrage universel tel qu'entendu de nos jours, c'est à dire universel et égalitaire, c'est que le vote du plus bête a autant de poids que le vote du plus responsable. Les plus bêtes étant de loin le plus nombreux, le suffrage universel fait d'une démocratie - régime où le pouvoir, car éligible, est condamné à séduire l'électeur type le plus répandu - une machine à satisfaire les imbéciles et le rabaissement du débat au niveau le plus bas est inévitable.

Un vote censitaire résout ce problème, mais aussi retire l'avantage de voir tous se sentir concernés et prive une partie des nationaux du sentiment d'appartenance à une communauté dont ils se sentent exclus. Une solution souvent oubliée est le suffrage universel plural, tous votent, mais certains en fonction de mérites à définir auront des voix supplémentaires. Ainsi un évêque aura plus de poids qu'un taliban de faubourg, un chef d'entreprise qui assure du travail à des centaines de personnes plus de voix que son vide corbeilles poivrot, un général plus à dire qu'un objecteur de conscience et une mère de famille nombreuse plus d'influence qu'une vierge folle.

 

Annelysdefrance, 8-10-2002 :

Patagon me demande : Comment interdire les partis qui sont une conséquence de la lutte politique.  ?

Je ne pense pas qu'il faille interdire les partis politiques : je vois en eux une force de réflexion et de proposition. En revanche, je souhaite qu'ils ne soient pas les véritables électeurs de nos représentants dans les Parlement, gouvernements de provinces ou municipalité, donc qu'il leur soit interdit et de désigner  les candidats, et de leur apporter un soutien public.

Je crois que les électeurs sont assez intelligents, pour la plupart, pour voir si les positions de tel ou tel candidat sont cohérentes avec celles de tel ou tel parti : et il ne serait pas interdit à un candidat de faire savoir qu'il est d'accord avec telle ou telle proposition d'un parti (quitte à se voir démentir, le cas échéant).

 

Paul Turbier, 8-10-2002 :

Cette réponse d'Anne ne me surprend pas car nous avons déjà échangé quelques propos de vive voix sur le sujet.

    En ce qui me concerne, je ne crois pas que les électeurs soient très intelligents. Certains d'entre eux le sont mais la plupart ne le sont pas et il n'est que de voir les résultats de Vitrolles et ceux des dernières présidentielles pour s'en convaincre.

    Je crois que le rôle quasi-institutionnel qui est aujourd'hui celui des partis est cause de malfaisance et je m'accommoderais bien de partis qui ne seraient que des cercles d'opinion , des forum en direct où certains, de convictions communes, pourraient se retrouver pour affiner leurs argumentaires et organiser des réunion prosélytiques. Ils vivraient des cotisations de leurs membres et des ressources qu'ils retireraient des manifestations publiques qu'ils organiseraient. Pas question de les subventionner sur le dos des contribuables.

    Mais les laisser investir des candidats, non et non! zut et rezut!

    L'idée même de candidature pour un mandat de représentation me cause un sentiment de répulsion. C'est le bon moyen de récolter des arrivistes, carriéristes bref, des ambitieux et c'est peut-être là que gït l'un des virus qui tue les républiques.

    Nous en avons parlé avec Anne et son mari à propos des 500 signatures républicaines en évoquant l'annulation de cette procédure et son remplacement par le choix des présidentiables par un collège restreint ( 1000, 10 000 membres) tiré au sort parmi les français (lesquels, bonne question!) inscrits sur des listes ad hoc. Mais comme c'est là une affaire de républicains, nous n'avons considéré cette évocation seulement pour ce qu'elle est, une pure spéculation intellectuelle.

    Cette possibilité resterait cependant valable dans un royaume pour l'élection d'un maire ou pour la soumission au choix du Roi de trois ou quatre gouverneurs potentiels. Je vais peut-être l'introduire dans mon opuscule ce qui corrigera l'une de ses faiblesses. Cher Lieutenant , attendez-vous à une

édition revue et corrigée.

 

Xavier écrit, 9-10-2002 :

Patagon a écrit : Concernant les élections, ils ne devraient pas non plus y en avoir cent cinquante: la ville, la région, le ou les parlements nationaux.  Point. Cela limite d'autant les consultations.

Réponse :

Je ne suis favorable qu'à une seule élection au suffrage universel, celle des communes. Toutes les autres ne sont que du pipeau, de la démagogie, et pas possible de faire autrement que de passer par les partis. Si vous les retirez par la porte, ils rentreront par la fenêtre.

UNE SEULE ELECTION : celle pour laquelle nous sommes compétent : l'élection de proximité !

Cordialement à tous.

 

Paul Turbier,  le16-10-2002 (en réponse au Lieutenant sur le vote plural) :

Universel, censitaire ou plural, le scrutin, censé refléter la volonté populaire est forcément imparfait. Céline avait exprimé l'inconvénient du système universel de façon abrupte en disant que ce sont "toujours les plus cons qui gagnent". En fait la situation est pire, car si ce sont toujours les plus bêtes qui élisent les gredins, ce sont toujours les gredins qui gagnent.

    Le mieux serait peut-être de ne pas voter directement et de participer à la vie publique par d'autres moyens. Pourquoi pas la palabre africaine qui conduirait à un vote en deux étapes. On discute en petits groupes et chaque groupe mandate un grand électeur qui vote en fonction de la tendance dégagée. Pour règler des problèmes de droit coutumier, une antique coutume de l'Artois faisait fonctionner une turbe (d'où mon patronyme) de 10 personnes qui après débat désignait un rapporteur (le turbier) lequel  rendait compte des débats.

    Le premier niveau sert de filtre.

    Un système à deux étages a déjà fonctionné en France  sous la troisième république pour élire le président. L'électeur de base ne se sentait pas pour autant frustré et le résultat n'était pas pire que ceux que nous connaissons aujourd'hui.

    Quelque soit le mode de scrutin, l'essentiel me parait être l'élimination de la candidature investie. Cette déplorable habitude transgresse en fait la volonté du législateur puisque le parti politique investisseur intervient comme un joueur de bonneteau en mettant sous le nez de l'électeur une personnalité à représentativité sélective et réduite.

    J'ai évoqué le problème pour un hypothétique royaume dans un petit opuscule que le Lieutenant héberge sur son site, opuscule dans lequel je parle de placet. Je crois avoir entendu ce soir que le premier ministre mijote quelque chose de ce genre dans son projet de décentralisation régionale.

 

Montgarnaud, 16-10-2002 :

Le suffrage universel plural (une voix par membre de la famille), je me souviens d'avoir lu cela, pour certains scrutins,  dans "Votre Bel Aujourd'hui" de Maurras.

 

Annelysdefrance, 17-10-2002 :

Oui, mais... Maurras écrivait en un temps où les familles nombreuses étaient françaises de souche. Aujourd'hui, beaucoup, peut-être la plupart sont maghrébines, maliennes, etc. et françaises seulement "de papier". Est-il bien utile de leur donner plus de poids dans la vie de la France ?

 

Xavier, le 18-10-2002 :

Je suis aussi favorable au système familial du suffrage. Le principe est bon en soi et juste. L'application en est difficile en raison des circonstances présentes, mais cela ne doit pas remettre en cause le principe.

Deux manières de voir les choses :

1. Si les familles musulmanes sont plus fécondes que les familles non musulmanes (j'allais dire "chrétiennes" !), c'est tout à l'honneur des familles musulmanes. A nous de faire en sorte d'infléchir la tendance avec une véritable politique familiale et de redonner à nos concitoyens le goût des enfants et l'espérance de la Patrie. En clair, de rechristianiser le pays.  Grande et belle tâche certes utopique à vue humaine, mais avec le secours de NSJC en soutien de notre travail efficace, gardons espoir !

2. Non seulement stoppons l'immigration et infléchissons la spirale, mais il s'agit de revoir totalement le Code de la Nationalité et de revenir en arrière purement et simplement, de remettre en cause les fausses nationalités françaises de toutes ces familles qui ne sont pas, de fait, françaises.

Bien sûr, tout cela n'est pas d'actualité puisque nous n'avons aucun pouvoir à l'heure actuelle. Rien n'est d'actualité, ni la politique familiale, ni le vote familial, ni la remise en cause du Code de la Nationalité, ni le reflux de l'immigration, etc...

Mais un jour viendra, et soyons prêt pour ce jour là... l'Espérance reste une des vertus théologales.

 

Annelysdefrance, 19-10-2002 :

Ce n'est pas du tout l'optique musulmane : la femme est pour l'homme musulman un objet de plaisir, plaisir qu'il ne faudrait pas contrarier le moins du monde en tentant d'espacer les naissances, même quand la santé de la mère le rendrait souhaitable. Les maris ne sont pas prêts à la continence conjugale totale ou partielle (méthodes de contraception naturelle) que les meilleurs catholiques pratiquent si nécessaire. La mère n'a pas le choix d'accepter ou de refuser.

Pour les familles qui sont dans ce cas (il y en a certainement qui ont beaucoup d'enfants par choix, et je ne parle pas d'elles), où est le mérite ? où est l'honneur ?

 

Annelysdefrance, 17-10-2002 :

Paul Turbier propose : <<On discute en petits groupes et chaque groupe mandate un grand électeur qui vote en fonction de la tendance dégagée<<

et on obtient la composition et les résultats des Etats-Généraux de 1789 ! Il me semble que tout système est mauvais, parce que la nature humaine (Rousseau me pardonne !) est mauvaise depuis la faute originelle, mais que le suffrage universel est - peut-être, je me garderais bien de l'affirmer -le moins mauvais de tous.

A condition toutefois d'éliminer des votants : les trop jeunes (jusqu'à 21, 23 ou 25 ans), parce que trop influençables, les personnes en traitement psychiatrique momentané ou définitif, parce que n'ayant pas le discernement suffisant pour voter, les condamnés au moins pendant dix ans après l'accomplissement de leur peine (le temps qu'ils se réhabilitent

éventuellement).

 

Michel-Hugues MICHEL 18-10-2002 :

Le suffrage universel n'est pas mauvais en soi (quoique...) , c'est la conception de souveraineté nationale qui se fonde sur le suffrage universel qui provoque le malheur pour notre pays.

"La démocratie c'est le mal, la démocratie c'est la mort" dit Charles M.

Quelque soit le régime politique, la représentation de la population lui est nécessaire pour se tenir informé des réalités sociales et des doléances.

Que des parlements régionaux et professionnels s'occupent de garder les coutumes, d'administrer les biens publiques, d'arbitrer entre le taux d'imposition et les différentes caisses sociales (retraite, chômage, etc.)  soit. Et je suis partisan de ce genre d'organes lors de l'instauration future de la monarchie.

Qu'un parlement national aux ordres d'un parti (qui est lui même aux ordres de lobbies) puisse être désigné comme l'émanation de la souveraineté nationale, c'est à dire détenteur en droit de l'autorité suprême, cela m'est absolument insupportable.

En effet, en tant que machine totalitaire légitimée par l'élection, le parlement s'arroge non seulement les pouvoirs régaliens (police, justice, armée, diplomatie), mais aussi la possibilité de légiférer sur tout et n'importe quoi (l'avortement, l'euthanasie, les sentiments racistes, l'homosexualité) et donc d'imposer ses lois contre les lois "sacrées" (C'est le triomphe de Créon sur Antigone).

Pour qu'un parlement soit vraiment une "représentation"  et qu'il ne prétende pas exercer un "pouvoir illimité", je préfère le système du mandat impératif au suffrage universel, égal et secret qui délie l'élu du <<pays réel>>.

Avec le mandat impératif, je me retrouve sur la même ligne que les communards de 1870!!! à ceci prés que l'intention n'est pas de constituer une assemblée qui vote des "résolutions suprêmes", mais au contraire de réorganiser la France en corps intermédiaires avec le roi pour pilote.

C'est pourquoi, pour ma part, le système des état généraux n'était pas ce qu'il y avait de plus mauvais dans la monarchie, à condition qu'il ne dépasse pas son rôle de représentation. Une intuition me travaille sur ce thème: Convoquer les états généraux organisés en régions et en organisations professionnelles( de type coordination agricole, CDCA, transporteurs routiers,...) et nier la légitimité de représentation de la prétendue assemblée nationale. Bref la représentation du pays "réel" contre la représentation du pays "légal". C'est une idée à creuser...

 

Xavier, le 18-10-2002 :

Je reste pour ma part sur mon idée déjà exprimée, fondée sur la compétence. Je suis compétent pour élire le maire de ma commune ou de mon arrondissement, parce que je le connais et je sais ce qu'il est capable de faire. Ma compétence s'arrête là. Au-delà, tout suffrage universel est fondée sur l'incompétence. Donc il ne peut pas être ni bon, ni juste. C'est donc aux maires des communes, entre eux , d'élire leurs représentants aux Départements, puis, à ceux-là d'élire leurs représentants à la Région (ou plutôt la Province), et ainsi de suite...

Donc plus d'Assemblée Nationale (le Sénat est bien suffisant et beaucoup plus "sage"), et plus de Président élu au Suffrage universel. Et beaucoup d'économies en sus ! Et, encore en sus, c'en est fini des partis politiques et de la dialectique révolutionnaire Droite/Gauche.

Que d'avantages pour reconstruire progressivement le pays !

 

Annelysdefrance, 19-10-2002 :

Pas mal, pas mal. Encore que, qui nous garantit que le maire de telle petite commune, élu par amitié plus que pour ses compétences d'ailleurs, sera plus compétent pour élire les sénateurs que l'instituteur, le médecin, le professeur agrégé ou l'ingénieur habitant sa commune ? Et si "sage" soit-il, trouvez-vous que le Sénat a toujours raison, notamment lorsque élu par des "grands électeurs" eux-mêmes élus par des adversaires résolus du traité d'Amsterdam, il l'a approuvé à la quasi unanimité ?

Evidemment, notre volonté royaliste exclut absolument le "Président de la République élu au suffrage universel", sur ce point je suis bien d'accord.

Pour dire le vrai, je serai assez d'avis que les budgets (quinquennaux et non annuels) soient votés par référendum (local, régional ou national), car le principe du consentement à l'impôt n'est pas né avec la République et ne devrait pas mourir avec elle, et que, faute de mandat impératif, les "représentants", quels qu'ils soient, ont de gros risques de trahir la volonté de leurs mandants, surtout dans ce domaine.

D'autre part, il me paraît plus important d'interdire aux "représentants" des électeurs de légiférer sur les "questions de société" sans mandat exprès

de leurs électeurs (et souvent contre la volonté de ceux-ci) que de discuter sur leur mode d'élection.