VALEURS et familles politiques

Texte de Paul Turbier  (VR) du 22-03-01, à propos

d'un exposé de Y. M. Adeline le samedi 17-03-01.

 

…Son analyse politique et philosophique de la gauche est indiscutable et il est vrai que ce qui la caractérise sur le fond  est le déni du sacré et un orgueil  anthropocentriste proprement satanique. Le tout n'avait néanmoins pas réussi à pénétrer l'âme du peuple jusqu'à très récemment. Je remarque (pour l'avoir vécu) que dans jusqu'aux années 40/50 le comportement des français suivant les critères de notre orateur (respect des valeurs, sens du sacré) était nettement à droite ce qui n'empêchait pas certains de voter "front popu".

    Mais le goût du travail bien fait, le respect de l'enfant, le besoin d'ordre étaient partagés par l'immense majorité sinon la totalité de la population. Ces valeurs étaient, de plus, largement enseignées. L'instituteur communiste du village et le curé en soutane réagissaient de façon identique s'ils pinçaient un garnement en train de s'essayer à fumer derrière la mairie : c'était le coup de pied au cul  avec l'approbation ultérieure des parents assortie d'une double dose (expérience personnelle vécue indirectement).

    Les facteurs qui ont détérioré cette ambiance ne sont pas de l'ordre du politique. Ce sont des évènements techniques, comme la généralisation de la pilule contraceptive et l'invasion nivelante de la télévision. Sans eux, Vallon-Langevin auraient travaillé pour rien , ou presque. C'est à partir de là que le vent à tourné dans le sens que nous constatons et que nous déplorons. Auparavant, les tribuns de gauche (Jaurès)  n'étaient entendus que dans les hémicycles et le paysan beauceron (mon parrain par exemple) vivait sans eux et très "droitement". Maintenant, ils sont tout les soirs dans toutes les oreilles. Auparavant, les filles et les garçons se débrouillaient comme ils pouvaient avec leurs élans en se mariant tôt. (Je me suis moi-même marié à 23 ans alors que ma jeune épousée n'avait que 18 ans et 15 jours). Maintenant, ils "copinent" très tôt et n'enfantent que chichement et tard. Les jeunes dames promènent un chien-insecte dans les salons comme une dérisoire compensation .

    Si donc les facteurs décisifs sont technico-économiques, il faudrait que les actions correctives soient du même ordre, ce qui rend, à mes yeux, le combat idéologique a peu près inefficace. Par contre des

facteurs à forte charge émotionnelle peuvent intervenir et replacer l'homme moderne face à la transcendance de sa propre existence : horreur des crimes pédophiles, peur du sida, guerre civile plus ou moins larvée, guerre tout court, effondrement économique. Mon père avait coutume de dire, en forme de boutade : "Ce qu'il faudrait, c'est une bonne guerre !". L'Eglise qui devrait être le prophète d'un renouveau, s'englue dans un mondialisme larmoyant et social et se détourne de façon pharisienne des questions essentielles.  Hélas ! La Bastille qu'il faudrait assaillir, aujourd'hui, c'est l'audiovisuel.