VOTER OU PAS ?

"Comptons nous", Débat.

 

Paul Turbier  19-10-2001 :

 

Anne MerlinChaz qui fréquente comme moi un forum de lecteurs figariens, me fait justement remarquer que le simple fait de se déclarer ouvertement royaliste fait que des têtes de redressent et que des bras se lèvent. Sur ce forum de 150 participants, déjà 5 ou 6 sont ouvertement dans notre camp. Par estimations pifométriques et intuitives on recoupe le chiffre que nous avait donné Pierre V.O. à propos d'une élection locale qu'il avait organisé dans le nord, soit 1, 5 à 1,7 %. Sans publicité, sans moyens de communications audio-visuels importants, ce résultat n'est pas négligeable et bien des partis qui battent beaucoup l'estrade politique ne sont pas certains de faire mieux.

    D'où vient donc que le royalisme semble terré ?

    Entre mille et une réponse possible, j'en vois une qui émerge : c'est qu'il est divisé. Le  premier combat qu'il nous faudrait donc livrer devrait nous faire affronter un ennemi que nous connaissons bien : nous-mêmes. A quels sacrifices sommes-nous prêts pour que notre division s'efface ?

 

Paul T.

 

Paul Turbier 22-10-2001 :

 

Notre nouvelle amie, Anne A., fait observer quelque part que seulement 2 ou 3% d'électeurs pourraient faire pencher la balance qui enverrait les socialo-communistes à la trappe. Certes, resteraient sur le plateau des ripoublicains peu fréquentables dont il faudrait s'occuper sérieusement, mais ce serait déjà un premier résultat. Qui pourrait fournir ces trois points décisifs ? Nous, qui constituons par conviction et principe un contingent d'abstentionnistes convaincus. Gardons nos convictions au fond de nos âmes, mais pourquoi ne pas pousser à la roue pour éjecter les pires ? En mars, au premier tour, une fleur de lys dans l'urne républicaine, mais au second tour, si un socialo est là, ouste!

Merci de m'avoir lu et de m'épargner vos injures.

 

Paul le Hérisson 22-10-2001 :

 

Cher Paul,

Vous nous dites-là quelque chose de très provoquant. Vous faite, en quelque sorte du politiquement incorrect parmi les royalistes. Nos convictions, nos principes nous interdisent de voter pour les élections nationales (pour les élections locales, le problème me semble tout différent) mais est-ce notre intérêt ? Je ne vous cacherai pas être un abstentionniste actif et militant : je ne vote et je le fait savoir, mais il est vrai que c'est faire, là, le choix du pire. Certes, on peut penser et je suis en partie dans ce cas, qu'en choisissant le pire nous ne faisons qu'accélérer l'inévitable. Après tout, un peu plus de violence dans les écoles, un peu plus d'immigration et là ! les Français réagiront ! Mais est-ce bien vrai ? Il y a en premier lieu un problème moral : peut-on au nom de ses principes laisser arriver au pouvoir des gens par la faute desquels des innocents souffrirons ? Il est difficile de répondre d'autant que ce choix du moindre mal peut être élargie et, finalement, notre royalisme peut se ramener à une position intellectuelle vide de sens politique. Je suis donc partagé ; je comprend la position que vous évoqué mais je ne parviens pas à m'y rallier. Je ne voterai pas (même pas pour l'AR...). Que cela ne fasse pas de moi le censeur des autres postures, au contraire ! avant de m'abstenir de voter, peut-être m'abstiens-je de réfléchir assez et d'en arriver à la triste conclusion qu'il nous faut sauver les meubles avant même que de penser à rendre la maison au légitime propriétaire...

Paul le Hérisson

P. S. : l'autre problème, que j'ai oublié, est de situer où est le pire ; entre le MPF et la LCR, je vois, mais entre un socialo-mou pro-pacs et un un "heureux-peureux" pas anti-pacs par exemple ?

 

Richard 22-10-2001 :

 

Mon cher Paul

Je suis d'accord avec vous.. mais je me déplace et écrit "vive le Roy" sur mon bulletin... et comme j'habite un bled de 300 électeurs... tout le monde sait qui a déposé ce bulletin :)

Amitiés

Richard

 

Paul le Hérisson 22-10-2001 :

 

"Gardons nos convictions au fond de nos âmes, mais pourquoi ne pas pousser à la roue pour éjecter les pires ?"

Votre dernier message me fait réfléchir... Il peut sembler qu'il y ait une  contradiction interne dans mes différents propos car, ce choix du pire que je dis accepter plus ou moins consciemment pour la politique intérieure, il est clair que je le refuse sur le terrain géopolitique. Peut-être est-ce parce que je suis trop optimiste sur l'avenir de la France ? C'est sans doute, plutôt, que j'accepte les compromissions d'un état auquel j'appartiens, certes, mais sans le vouloir alors que voter est un acte personnel qui remettrait en cause mes engagements les plus profonds ; les hommes ont une morale, pas les états (et encore moins les républiques).

Paul le Hérisson

 

Laurent Douchin 22-10-2001 :

 

Bonjour à tous,

Foin de polémiques stériles autour d'un hypothétique retour du Roi et lequel. Arrêtons de nous draper dans une vertu antirépublicaine en refusant le principe du vote. La république nous donne des armes servons nous en. Maurras ne disait-il pas "par tous les moyens même légaux"? Alors, oui! Commençons par nous compter en votant pour l'AR, il sera toujours temps de nous étriller après si les Ripoublicains nous en laissent encore le loisir.

Car la surprise pourrait bien venir de là.

Montjoie Saint-Denis!!

 

Paul Turbier 23-10-2001 :

 

Réponse pour Richard

    J'en suis au même point sauf qu'il y aura deux bulletins dans l'urne et que certains se demanderont qui est l'autre. Mon épouse, Jérôme, la femme de Jérome, Gérard ? Va savoir, Charles!

 

Réponse à Paul le H.

    Je ne pense pas que l'important soit du domaine électoral. Le mécanisme électoral républicaine est secondaire dans ce qui me préoccupe de même que son aspect apparemment politique.

    Mon sentiment est que le potentiel de nuisance de Mister J. est très largement sous estimé. On ne peut le situer en valeur relative par rapport à celui de ses confrères maffioso-politicards, les uns sont au niveau bête et méchant de l'imbécillité et de la prévarication, mais lui se place sur celui fondamental des valeurs qui font vivre. Je crois comme nous tous que la révolution de 89 n'est pas terminée car son objectif principal, jamais avoué toujours discernable et pas encore atteint est la mort de Dieu. Mister J. est aujourd'hui le fer de lance de ce combat. Si la révolution avait eu pour objectif la correction d'un certain nombre d'inégalités flagrantes, elle se fut achevée au petit matin d'un certain 5 aout. Il n'en fut rien et ce combat continue appuyé sur les pires défauts des hommes : l'orgueil, l'hédonisme. Si j'apprends tout à l'heure que Mister J. privatise EDF ou La Hague, je n'en serais pas surpris outre mesure, mais ce qui me laisserait pantois c'est de le voir se mettre à défendre une quelconque cause qui soit orientée vers la vie. Comptons sur lui pour faire avorter les femmes, jeter les hommes dans la débauche homosexuelle, donner les enfants en pâture aux pédérastes de tout poil, favoriser l'empoisonnement des adolescents à coup de drogue libérée et de rave-parties. C'est un prédateur d'une toute autre nature que on pitoyable concurrent et il n'y a que chez les verts qu'on en discerne quelques autres. Les écarter n'est pas une action politique, c'est une nécessité de survie.

    Nous pouvons certes attendre le pourrissement naturel de la situation  et penser que par certain côté l'envahissement islamique va l'accélérer mais, chaque jour qui passe tue des enfants déjà nés ou en espoir de naître.

    Dans le Post Scriptum de votre message, Paul, vous évoquez le PACS ;  vous avez déjà mit le doigt sur la plaie.

 

Paul T.

 

  Merci en passant pour la qualité de vos messages.

 

Laurent Belkacem, 23-10-2001 :

 

Bonjour,

"La république nous donne des armes servons nous en. Maurras ne disait-il pas "par tous les moyens même légaux"?"

 Je crois qu'on en revient toujours au même problème : est-ce que le vote est vraiment une arme ? Je suis persuadé du contraire. Cela peut être le cas, dans une élection locale, par exemple municipale. Il y a effectivement un travail à faire pour persécuter les maires ou les oppositions rouges et aider les maires ou les oppositions qui partagent certaines de nos valeurs (ce qui limite quand même le champ d'application, la gauche commençant à Le Pen).

C'est aussi le cas des élections administratives. Je viens d'être élu, … Cette longue parenthèse pour démontrer qu'un vote national ne sert à rien. Ce ne sont que des pertes de temps, et des dérivatifs pour propager le mythe du citoyen, de l'égalité des droits, etc. Vous imaginez, on rogne déjà les sondages de Le Pen de cinq à dix pour cent ; que peuvent bien représenter les deux à trois pour cent de "vote" royco ? Ce serait comme parler du vote anarchiste... folklo, au mieux.

L'initiative de l'AR est assez intéressante, mais pas comme objectif électoral ; mais si elle n'est pas capable de forcer le compromis royaliste, elle n'aura même pas cet effet de comptage.

Alors, la République nous offre des armes ? Pour encore un peu de temps, vu les dérives liberticides de nos élus droidlommeux. Il pourrait être intéressant de profiter de la mode royaliste (même Steevy est royaliste ! Oui, Steevy du Loft), puisque ce sont les médias qui participent d'une bonne partie de la création de sens, aujourd'hui.

Alors, ce ne sont pas des députés royalistes qu'ils nous faut, puisqu'ils ne seraient pas en nombre suffisant pour faire même obstruction à quoi que ce soit (il devraient sans doute collaborer avec les rapouris et autres vermines ripoublicaines).

C'est d'une visibilité médiatique (autre que les traditionnels Points de vue et autres berneries), une crédibilité, en somme. C'est ce qu'ont su acquérir les bolchos, et c'est une victoire que nous allons payer au prix fort, et pour de longues années. Dans la presse, nous avons quelques voix (encore un peu trop ghéttoïsées), à la télé quelques heures par an... sur internet, le royalisme pointe son nez, grâce aux réseaux nationalistes...

Il se trouve que j'ai étudié, en sociologie, le mouvement gay (en particulier au niveau culturel) - un parallèle serait peut-être intéressant à découvrir : comment une idéologie (puisque c'est une idéologie, pas seulement un mode de vie) partant sur des bases universellement réprouvées parvient à s'emparer du pouvoir culturel, à imposer ses vues (les créatures publicitaires participent clairement, depuis une demi-douzaine d'années, de l'imaginaire homosexuel), pour finalement remporter de grandes batailles au niveau des valeurs ? On pourrait répondre rapidement en mettant en exergue la présence d'un terrain favorable (ce que l'on appelle en médecine le terrain morbide, je crois) à ce développement. Mais plutôt que de se focaliser sur les stratégies qui perdent (élections, nationalisme, nostalgie Oas...), pourquoi ne pas étudier pour une fois celle des vainqueurs ?

Amicalement,

Laurent Belkacem

HONNEUR PATRIE VALEUR DISCIPLINE

 

Merlinchaz 23-10-2001.

 

Paul Turbier pose un vrai problème : un royaliste, pour qui le vote d'une majorité contre une minorité n'a pas de sens, peut-il et doit-il voter ?

Je dois avouer - qu'on me donne les verges - que j'ai toujours voté. Il m'est arrivé de me rendre au bureau de vote pour déposer un bulletin blanc, mais je ne me suis jamais abstenue. J'ai même, en vertu d'une anomalie du code électoral d'alors, voté quelques jours avant d'être légalement électrice ...

 

Je crois volontiers au slogan de la C.G.C. (syndicat auquel j'ai appartenu en militante) : "S'abstenir, c'est adopter le parti-pris des autres".

 

Nous vivons sous la domination d'une gauche omniprésente, avouée ou masquée. Il me semble que la priorité est de nous en débarrasser. Si nous pouvons, par un vote pour des candidats (à notre choix) qui ne soient pas de cette gauche, éviter que le choc du deuxième tour ne soit entre la gauche avouée (Jospin) et la gauche masquée (Chirac et tutti quanti), tant mieux. Sinon, il nous restera au deuxième tour à nous débarrasser de l’un ou de l’autre ... en attendant de nous débarrasser de l’autre, à la manière d’Horace.

Il me semble que le petit pourcentage de voix que nous représentons peut peser lourd (ce qui n’a rien de « démocratique », grâce à Dieu !). Pourquoi y renoncer ?

Cela n’empêchera pas que notre vrai recours soit le Roi, quand il plaira à Dieu de nous l’envoyer, et à nous-mêmes de nous engager suffisamment à son service.

Vive le Christ-Roi ! vive le roi !

Anne

 

Paul le Hérisson 23-10-2001 :

 

J'entend bien vos arguments, Paul T., et je suis d'accord pour juger le Jospin comme étant un produit très nocif et totalement instable (n'y avait-il pas eu un empoisonnement à la "jospacine", il y a quelques temps ? mais peut-être que je confond...). Là où je me refuse à vous suivre, c'est à propos de votre jugement de la droite. Elle n'est pas nuisible uniquement par bêtise ou par malhonnêteté ; le mal est structurel. Vous dîtes qu'avec le PACS, j'ai mis le doigt sur la plaie, mais justement ! Parlons-en. Certes, la gauche a largement (mais avec des nuances) poussé ce machin hybride qui n'est ni plus ni moins qu'une formidable bombe à retardement contre notre civilisation (je ne crois pas exagérer un seul instant), mais où était la droite ? La mère Boutin, comme ses "amis" l'appellent a eu plus à souffrir des attaques de son propre camp que de celles d'en face ! Vous dîtes que la privatisation de l'EDF d'un coup de poudre de Josperlinpinpin ne vous surprendrait pas. Je suis d'accord, mais toute la différence qui existe entre droite et gauche aujourd'hui se résume à cela : les modalités de la gestion économique du pays, rien de plus. Nul débat sur le PACS. Nul débat sur les "rave-parties" : Chirac condamne les "free-parties", pas les "raves" ! Voter à droite, peut-être mais où est la droite ? Admettons que je veuille bien voter, mais pour qui ? pour un homme de droite qui aura voté la loi sur le patronyme ? Qui n'aura reproché au PACS que son incohérence fiscale ? Qui aura dansé la techno à coté de Madelin ?

Dois-je continuer ce trop facile jeu de massacre ?

Sincèrement, je pense que la droite n'est pas moins -ou si peu que s'en est indécent- corrompue que la gauche par le milieu ambiant. Faire le choix du "moins pire" ne me semble pas du tout évident.

Posons clairement la question, êtes-vous sûr que Chirac soit moins nocif que Jospin en tant que président ? êtes-vous sûr qu'en ayant Chirac président, on n'ait pas droit à une seconde tournée de Jospin (c'est la maison France qui régale) premier ministre ? Soyons plus provoquant, êtes-vous sûr que si JMLP avait été président quand il était encore vivant (politiquement, je veux dire...) les choses iraient mieux aujourd'hui ? Moi, je me le demande et, après tout, si je répondais affirmativement, ce serait mettre fin à l'essence de mon royalisme...

Paul le Hérisson